Economie / Développement / Environnement





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Economie / Développement / Environnement

Forum de l'Eau à Marseille : Les enjeux du Bassin du Nil



(MFI / 21.02.12) L’eau est un enjeu vital qui dépasse les conflits stratégiques ou politiques y compris la guerre pour le pétrole. En Afrique, le Bassin du Nil est un de ces enjeux majeurs qui oppose notamment les deux Grands de la région, l’Egypte et l’Ethiopie.
Le bassin du Nil couvre une superficie d’environ 3,1 millions de km2, soit 10 % du continent africain. Dix pays se partagent ses eaux : le Burundi, la République démocratique du Congo, l’Egypte, l’Erythrée, l’Ethiopie, le Kenya, le Rwanda, le Soudan, l’Ouganda et la Tanzanie. Un onzième y a aussi accès, l’Etat nouvellement proclamé du Sud-Soudan. Sur plus de 330 millions de personnes vivant dans les 10 Etats riverains, 160 millions se trouvent au sein du bassin versant du Bassin du Nil où le secteur économique dominant est l’agriculture.

Les Etats bordant le Nil ont lancé en 1999 l’Initiative du bassin du Nil (IBN) qui devrait fournir un cadre de coopération pour l’ensemble des pays-membres.

L’objectif est le développement à travers l’utilisation équitable et le partage des avantages de cette ressource commune. Si aucun accord n’a pu être trouvé, l’Egypte captant la plupart de l’eau qui irrigue la vallée du Nil, les nouvelles autorités égyptiennes souhaitent accroître la coopération avec les autres membres, ce que n’a pas réussi le régime de Hosni Moubarak.
Nouveau Traité de partage des eaux du Nil
Ainsi, un comité tripartite (Egypte-Soudan-Ethiopie) s’est réuni en Ethiopie pour évaluer le barrage du Millénaire dont la construction a été décidée par Addis-Abeba.

Les Egyptiens ont exprimé le souhait de s'entretenir avec les ministres de l'Irrigation des pays du Bassin du Nil, qui participeront au Forum mondial de l'Eau à Marseille, en mars prochain, au sujet d'une initiative égypto-soudanaise sur un accord.

L'Ethiopie, le Kenya, l'Ouganda, le Burundi, le Rwanda et la Tanzanie sont signataires depuis 2010 d'un nouveau Traité de partage des eaux du Nil. Ce texte remet en cause un précédent qui datait de 1929, élaboré par la Grande-Bretagne au nom de ses colonies arrosées par le fleuve, et amendé en 1959 par l'Egypte et le Soudan.

Le premier Traité de partage accordait la part du lion à l'Egypte et au Soudan, qui à eux seuls jouissaient d'environ 90 % des eaux du Nil. L'Egypte disposait également d'un droit de veto pour s'opposer à tout projet sur le fleuve. Le nouveau texte signé par les six pays contestataires renie complètement le précédent, supprime le droit de véto égyptien et surtout ne définit aucun quota d'accès à l'eau.

De plus, l’Ethiopie a lancé début avril 2011 le chantier de son Grand barrage du Millénaire, qui se situera près de la frontière soudanaise. Le Millenium Dam devrait être prêt pour 2014. Il produirait plus de 5 000 mégawatts, retiendrait près de 63 milliards de m3 d'eau et deviendrait le premier barrage d'Afrique.

Face à tout cela, le gouvernement de Moubarak avait affirmé que la création d'un système remettant en cause le quota des eaux du Nil constituerait une menace mortelle. Avec une population de plus de 70 millions d'habitants, l'Egypte redoute des pénuries d'eau d'ici à 2017. Elle s'était lancée dans une grande tournée des Etats du Bassin du Nil pour les faire changer d'avis. L'Egypte a aussi demandé à l'Ethiopie l'autorisation de mener des études d'impact du barrage. En vain. Elle a donc fini par refuser d'apporter le moindre soutien financier au projet. « C'est un projet gagnant-gagnant pour tout le monde, ont précisé des responsables éthiopiens. En régulant les flots, le barrage permettra de limiter la sécheresse et les inondations. Il facilitera aussi la navigation sur le Nil. Nous sommes un pays indépendant prêt à coopérer, mais il n'y a pas de raison que l'Egypte mène des études unilatéralement. »

Depuis le changement de régime, après la chute de Hosni Moubarak, l'Egypte a opté pour une autre stratégie en tentant un rapprochement diplomatique. Le Premier ministre, Essam Abdulaziz Shariff, a effectué une tournée des pays du Bassin du Nil. Après l'Ouganda, il s'est arrêté en Ethiopie. « Les deux pays vont instaurer de nouveaux rapports, non seulement en ce qui concerne l'eau mais aussi d'autres sujets de coopération », a affirmé un diplomate égyptien. L'Egypte et l'Ethiopie ont donc convenu de la mise en place d'une commission bilatérale qui gérerait tous les projets concernant le Nil.

« C'est un bon début, confirme Dina Mufti, porte-parole du ministère des Affaires étrangères éthiopien. Il faut voir où cela nous mène mais c'est un grand changement. »

Le 9 janvier 2012, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Mohammad Kamel Amr, a effectué un périple dans nombre d’Etats du Bassin du Nil – le Sud-Soudan, le Kenya, la Tanzanie, le Rwanda, la RDC et le Soudan. Entre 2005 et 2011, le volume des échanges commerciaux entre l’Egypte et les autres Etats du Bassin du Nil a augmenté à 400 %, les projets de coopération atteignant 180 millions de dollars.
Marie Joannidis

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