Recherche et enseignement; Innovation; Politiques publiques; Politiques industrielles





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TITRE DU DOCUMENT

Les leviers de l’innovation aujourd’hui et demain – Le développement de l’entreprise

NOM AUTEUR 1

HATCHUEL

PRENOM AUTEUR 1

Armand

NOM AUTEUR 2

LECANTE

PRENOM AUTEUR 2

Christophe

NOM AUTEUR 3

REINHART

PRENOM AUTEUR 3

Laure

NOM AUTEUR 4

BOUTIN

PRENOM AUTEUR 4

Matthieu

NOM AUTEUR 5




PRENOM AUTEUR 5




DATE DOCUMENT




SÉRIE

Débat – Travaux de groupe

DISCIPLINE 1 (6 – voir liste)

Sciences sociales

DISCIPLINE 2 (45 – voir liste)

Economie et administration des entreprises

LOCALISATION

France

THÈME (29 – voir liste)

Recherche et enseignement ; Innovation ; Politiques publiques ; Politiques industrielles

MOTS-CLÉS (liste à construire)

Financement ; Investissement ; Accompagnement ; Capital risque

DATE

Mardi 13 janvier 2015

CYCLE NATIONAL




SESSION




ATELIER

Innovation et dynamique des territoires

UNIVERSITÉ D'ÉTÉ




PAROLES DE CHERCHEURS




CERCLES




AUTRE




DROIT D'AUTEUR




DROIT À L'IMAGE




RESTRICTION D'USAGE




Première journée

Quels territoires pour l’innovation ?
Les leviers de l’innovation aujourd’hui et demain – Le développement de l’entreprise

Armand HATCHUEL, professeur, Chaire théorie et méthodes de la conception innovante, Ecole des Mines de Paris

Christophe LECANTE, président de l’IHEST, vice-président en charge de l’innovation, comité Richelieu, président de TecKnowMetrix

Laure REINHART, directrice des partenariats innovation chez Bpifrance

Matthieu BOUTIN, chargé de mission, CIGREF

Mardi 13 janvier 2015

Participants du groupe :

- Jean-Luc Fouco, président d’Aquitaine Développement Innovation, membre du conseil scientifique de l’IHEST

- Jean-François Cervel, inspecteur général de l’administration

- Philippe Bonnet, directeur du Centre de Recherche Rhône-Alpes Arkema

- Catherine Véglio-Boileau, journaliste indépendante, conseil éditorial

- Philippe Borne, INPI Strasbourg

- Jean-Yves Nothias, investisseur en capital risque dans le secteur des biotechnologies, ancien auditeur de l’IHEST

- Sylvane Casademont, directrice de cabinet, DGRI, membre du conseil d’administration de l’IHEST

- Pascale Brenet, Enseignant-chercheur Université de Franche-Comté, responsable du PEPITE Bourgogne-Franche-Comté

- Laure Perrin-Vidoz, déléguée générale du Centre européen nutrition santé (CENS)

Laure Reinhart : Aussi paradoxal que cela puisse paraître, je ne vais pas parler de financements car ce n’est pas le sujet de notre discussion. Je commencerai par un constat banal, mais néanmoins essentiel. L’innovation, quelle qu’en soit la définition, a un effet de levier que l’on peut mesurer aujourd’hui dans les entreprises. Bpifrance accorde des moyens financiers mais est très vigilant sur les conséquences sur l’entreprise de ces moyens accordés. Depuis le début de la crise, on constate que les entreprises innovantes, que nous avons accompagnées, ont un taux de croissance et un taux de recrutement supérieur de 2 points par an à l’ensemble des autres entreprises. Les entreprises qui n’innovent pas décroissent.

Chez Bpifrance, nous identifions trois façons d’être au côté des entreprises pour les inciter ou les aider à innover : le financement, l’investissement dans les entreprises et l’accompagnement. Il ne sert à rien de financer ou d’investir si on n’accompagne pas l’entreprise. L’accompagnement est évident lorsqu’on investit puisque l’investisseur entre alors au conseil d’administration de l’entreprise. Il l’est moins lorsqu’on finance. Le financement, pour être efficace, doit avoir une dimension qualitative : avoir un discours clair et précis vis-à-vis des entreprises, agir rapidement et de manière progressive, éviter de changer d’avis. Ce dernier point est le plus difficile dans la mesure où nous ne sommes que des opérateurs. Les pouvoirs publics peuvent changer d’avis en fonction d’événements endogènes ou exogènes.

L’activité d’investissement dans le domaine du capital-risque a crû de façon très importante en France tant en termes de montants investis que d’entreprises accompagnées. Notre pays occupe désormais la deuxième place européenne, derrière le Royaume-Uni. La création de Bpifrance a été l’occasion de mettre le focus sur ce point. Nous avons une capacité d’intervention directe dans le domaine de l’innovation aujourd’hui supérieure à 1 milliard d’euros. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le capital innovation est maintenant rentable en France. Il semblerait donc qu’il soit mature ou du moins entré dans une phase de maturité.

Accompagner une entreprise signifie essayer de comprendre les facteurs qui vont lui permettre d’innover de façon majeure, défixante pour reprendre la terminologie d’Armand Hatchuel. Il s’agit de comprendre ce que l’entreprise veut faire, d’éclaircir son chemin et de lui faire rencontrer les bons partenaires.

Nous accompagnons 3 types d’entreprises :

- Les start-ups, parce qu’elles démarrent et ont des besoins importants tant en matière de financement que d’accompagnement et d’investissement. Pour ce faire, nous travaillons en collaboration avec notre écosystème, qui est très riche.

- Les entreprises en phase d’accélération. Il est pour nous essentiel de les repérer. Nous avons ainsi lancé le Pass French Tech, qui consiste à sélectionner dans les territoires une vingtaine d’entreprises par an selon des critères de croissance et à renverser la charge de la preuve pour ces entreprises. Le groupe d’acteurs mis en place (Ubifrance, Coface, INPI, Direction générale des entreprises, Bpifrance, pôles de compétitivité) ira voir l’entreprise (au lieu que ce ne soit l’entreprise qui se déplace) pour prendre connaissance de son projet et lui proposer une solution coordonnée.

- Les vieilles entreprises innovantes. On peut créer des activités intéressantes en incitant de vieilles entreprises à continuer d’innover. Je citerai deux exemples. Thomas Apiculture, une entreprise qui fabrique des produits pour l’apiculture, a été reprise par un dirigeant plus jeune et dynamique. Constatant que la toxicité des produits vendus pour endormir les abeilles tant pour les abeilles que pour le miel, il est entré en contact avec l’INRA. Ils sont en train de mettre au point un produit complètement défixant. Deuxième exemple, Mathieu Lustrerie, qui a obtenu le prix de l’innovation de l’INPI. Cette entreprise familiale a été fermée en 1990, puis reprise par le fils des créateurs, qui a innové en transformant les bougies en ampoules-bougies et le lustre en véritable objet de décoration. Elle compte aujourd’hui 20 salariés et réalise un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros.

Pour finir, nous avons travaillé ces 9 derniers mois à la mise en place d’un référentiel permettant de donner une nouvelle vision de l’innovation « sous toutes ses formes », afin de nous aider à repérer dans l’ensemble des innovations celles qui sont créatrices de valeur. Considérer l’innovation sous toutes ses formes, c’est prendre en compte l’innovation de produits et de services, l’innovation marketing, l’innovation de procédés, l’innovation dans les modèles d’affaires, l’innovation technologique et l’innovation sociale. Nous avons bâti un référentiel, qui va être débattu avec l’ensemble de la communauté, pour nous permettre ensuite de faire correspondre à ces innovations des produits de financement adaptés.
Jean-Luc Fouco : Les entreprises innovantes, qui ne réalisent pas encore de chiffres d’affaires, ont des difficultés à lever des fonds. Quelle est votre politique en la matière ?
Laure Reinhart : Ces entreprises sont évidemment dans notre écran radar mais nous n’investissons pas dans l’amorçage. Or, ces entreprises sont en général plutôt en phase d’amorçage. Le critère du chiffre d’affaires n’est pas homogène en fonction des différents secteurs : en particulier les entreprises de biotechnologies ne peuvent pas vivre sans capital risque. Lorsque ces dernières sortent de la phase d’amorçage et entrent dans une phase de dépenses élevées, elles ont un besoin impératif d’ouvrir leur capital et font appel au capital-risque. Les autres entreprises, celles qui ont besoin de 200 à 400 000 euros de fonds propres, recourent aux fonds d’amorçage. Bpifrance intervient par l’intermédiaire du fonds national d’amorçage, qui a été dégagé des investissements d’avenir. Au niveau de l’amorçage, la proximité avec les entreprises est essentielle et ne peut être appréhendée que dans le cadre des territoires. Il faut donc que les fonds d’amorçage soient territoriaux.
Pascale Brenet : En fonction des types d’entreprises que vous accompagnez, quels sont les principaux freins ou leviers en matière d’innovation ? Au-delà de la question du financement, que devrait-on essayer de résoudre en priorité ?
Laure Reinhart : Parmi nos outils, nous disposons de l’avance remboursable en cas de succès, qui implique d’être capables de repérer les entreprises en succès et celles en échec. Lorsque nous accordons des financements sous la forme de subventions, nous n’avons pas en général de retours qualitatifs des entreprises. Avec l’avance remboursable en cas de succès, les entreprises sont obligées de nous raconter ce qu’elles deviennent. L’échec technologique ne représente qu’une petite partie des échecs. Le principal échec est lié à la diffusion du produit ou du service sur le marché. L’échec vient aussi d’un défaut de calage du produit par rapport au marché. De plus en plus d’entreprises impliquent les utilisateurs, les usagers dans la définition de leurs produits et de leurs services. Cette implication est un levier pour accélérer l’innovation.

L’un des autres freins à l’innovation vient de ce que les entreprises ne dégagent pas suffisamment de cash flow pour pouvoir financer seules leur innovation. D’où notre rôle en matière de financement. La difficulté tient au fait que les banques classiques sont en général relativement frileuses. Certaines banques, comme BNP Paribas, avec lesquelles nous travaillons, sont en train de mettre en place quelques produits spécifiques pour les entreprises innovantes, qui ne présentent pas les caractéristiques d’entreprises qu’elles auraient envie d’accompagner de façon plus classique.
Un participant : Vous pensiez faire réagir M. Hatchuel par vos propos. Pourquoi ? En quoi vos propos contredisent-ils les siens ?
Laure Reinhart : Armand Hatchuel indiquait que l’argent public n’était pas bien utilisé lorsqu’il servait à financer de l’innovation fixante. Or, la moitié de nos financements porte sur de l’innovation fixante. L’État nous donne des moyens que nous essayons d’amplifier par des effets de levier. Il faut donc que les entreprises soient capables de rembourser. Or, le retour sur investissement est plus long pour des innovations de rupture.

Nous intervenons à tous les niveaux de maturité, y compris dans l’innovation incrémentale qui consiste à modifier progressivement le mousqueton.
Paul Maitre : Le CIGREF, qui rassemble de grandes entreprises, a pour mission de promouvoir la culture numérique comme source d’innovation et de performance. Quel est votre point de vue ?
Matthieu Boutin : Nous vivons une véritable révolution numérique dans la société et dans les entreprises. Je rentre du CES de Las Vegas où Emmanuel Macron et Axelle Lemaire ont affirmé que les grandes entreprises sont incapables d’innover. Selon eux, l’innovation ne peut venir que des PME innovantes et des start-ups. Le rôle des grandes entreprises serait donc de financer les start-ups. Ces conclusions peuvent prêter à discussion. Elles ne correspondent pas à la réalité que nous observons au sein du CIGREF. Les entreprises sont en pleine transformation numérique. L’innovation peut être envisagée sous deux aspects. Certaines grandes entreprises vont chercher à financer et à acheter de l’innovation auprès d’autres entreprises ; d’autres grandes entreprises portent l’innovation en leur sein. C’est par exemple le cas de La Poste, qui présentait sur son stand au CES de Las Vegas des innovations, assez importantes et non concurrencées sur d’autres stands, dans le monde des objets connectés. Face à cet exemple, il est difficile de soutenir que les grandes entreprises sont incapables d’innover. Néanmoins, on peut considérer qu’il existe des difficultés par rapport au tissu des start-ups françaises. Beaucoup de remontées sont faites sur la difficulté (en matière d’achats, de contrats) des petites entreprises à travailler avec des grandes. C’est en effet extrêmement compliqué.

Le CIGREF essaye de sensibiliser sur ce point et est signataire du pacte PME, fantastique initiative portée par de grandes entreprises et l’État français pour faciliter ces relations.

L’innovation passe aussi par des collaborations. On parle beaucoup d’innovation ouverte mais il reste du chemin à parcourir en la matière.

Notre cercle de l’innovation travaille sur différents sujets, dont la démarche d’innovation dans la grande entreprise. La démarche d’innovation implique déjà d’être capable d’innover en interne, de revoir ses modèles d’affaire de manière à rester innovant et compétitif avec la transformation numérique. Kodak est l’exemple même de l’entreprise qui a raté sa transformation numérique. Elle renait peu à peu de ses cendres mais rencontre encore des difficultés. Les entreprises qui ne bougent pas, qui n’avancent pas vis-à-vis du numérique, connaîtront un jour ou l’autre le même problème. Initialement tournés uniquement vers le web, les GAFA, ces géants du web américains, ont désormais des business models, qui touchent d’autres marchés. Par exemple, Google vient d’annoncer le lancement d’offres d’assurance. Et en effet, Google est le mieux placé pour connaître l’intégralité de votre vie : toutes les données sur votre voiture, vos habitudes, votre santé, etc. Dans les années à venir, ils seront capables de proposer des contrats d’assurance beaucoup plus fiables et proches de vos besoins que n’importe quel assureur aujourd’hui. Les entreprises sont donc réellement forcées d’innover pour rester compétitives dans ces milieux.
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