Xii. Les devoirs et les droits des fidèles quant à la liturgie La liturgie, facteur d'unité ecclésiale





télécharger 178.48 Kb.
titreXii. Les devoirs et les droits des fidèles quant à la liturgie La liturgie, facteur d'unité ecclésiale
page1/12
date de publication09.02.2017
taille178.48 Kb.
typeDocumentos
e.20-bal.com > droit > Documentos
  1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   12

XII. Les devoirs et les droits des fidèles quant à la liturgie

1. La liturgie, facteur d'unité ecclésiale


Un des chefs du mouvement liturgique, le belge Dom Lambert Beauduin, écrivait que « tous les livres liturgiques qui règlent journellement nos sacrifices, nos adorations et nos prières tirent leur puissance de louange, d'intercession et de sainteté du fait qu'ils nous sont donnés par le chef actuel de la hiérarchie. Qu'ils nous viennent de saint Léon, de saint Gélase, de saint Grégoire, peu importe pour le moment : leur titre transcendant et incomparable devant le Père qui est aux cieux et devant les fidèles, c'est qu'ils formulent la grande prière organisée par le Vicaire de Jésus-Christ. (...) Chaque fois que, dans le monde catholique, un fidèle s'associe à la sainte messe, à l'office divin, aux solennités du cycle, à un acte liturgique, il communie à l'adoration et à la prière du grand prêtre et par lui de toute l'Église : c'est le fils qui se nourrit à la table du Père commun, du saint-père. (...) École de respect et d'attachement au chef suprême de la hiérarchie visible, la liturgie resserre aussi fortement les liens de chaque Église diocésaine. L'évêque y apparaît comme le Père et le Pontife unique de son Église, qu'il accomplisse la liturgie par lui-même dans l'église-mère, ou par ses coopérateurs dans les églises filiales de nos paroisses »1.

L'unité s'opère indépendamment des conditions de sainteté ou d'indignité du ministre2.

2. La participation active à la liturgie

a) La notion de participation active


Du fait que la liturgie est une action de l'Église tout entière, tous les fidèles ont le droit de participer de façon active dans la liturgie, mettant ainsi en œuvre leur sacerdoce commun. Ce droit n'est pas codifié expressément. Il découle cependant du canon 835 et est explicitement formulé par le concile.

Il prévoit, en effet, une « participation active des fidèles, intérieure et extérieure, proportionnée à leur âge, leur condition, leur genre de vie à et leur degré de culture religieuse » (SC 19). Cependant ce droit n'a pas été inclus dans le statut fondamental des fidèles, peut-être pour qu'il n'y ait pas de confusion entre la participation active dans la liturgie à laquelle tous les fidèles ont droit, et la participation active par le biais de ministères ou de services laïcs à caractère liturgique.

Le Serviteur de Dieu Pie XII avait déjà mis l'accent sur ce point : « L'ensemble du culte que l'Église rend à Dieu doit être intérieur et extérieur (...). Mais l'élément essentiel du culte doit être intérieur. (...) La sainte liturgie demande que ces deux éléments soient intimement joints »3. En réalité, l'expression se trouve pour la première fois sous la plume de saint Pie X dans un motu proprio sur la musique sacré, publié en la Sainte-Cécile de l'an de grâce 1903 : « Notre plus vif désir étant (...) que le véritable esprit chrétien refleurisse de toute façon et se maintienne chez tous les fidèles, il est nécessaire de pourvoir avant tout à la sainteté et à la dignité du temple où les fidèles se réunissent précisément pour puiser cet esprit à la source première et indispensable : la participation active (partecipazione attiva) aux mystères sacro-saints et à la prière publique et solennelle de l'Église »4. Cette notion sera reprise par Dom Lambert Bauduin, comme idée-clé du mouvement liturgique5. Pie XI avait insisté dans cette direction6, puis Pie XII7 et enfin la congrégation des Rites était revenue sur ce point à propos de la musique sacrée : la participation « doit être avant tout intérieure, c'est-à-dire qu'elle s'exerce par la pieuse attention de l'esprit et par les sentiments du cœur. La participation se fait plus plénière si, à l'attention intérieure, se joint une participation extérieure, c'est-à-dire manifestée par des actes extérieurs, telle que l'attitude corporelle (en s'agenouillant, se tenant debout, s'asseyant), les gestes rituels, mais surtout par les réponses, les prières et le chant »8.

b) La participation active, dimension constitutive de la liturgie


Le concile consacre le titre II de la constitution SC à la « recherche de la formation liturgique et de la participation active » (nos 14-20). Si nous approfondissons la nature théologique de l'événement liturgique, nous comprenons que la vie de foi est essentiellement l'expérience de la rencontre salvifique avec Dieu dans l'histoire et que le culte ecclésial est le lieu primordial de cette rencontre, moyennant quoi la participation des fidèles à la liturgie s'impose comme un élément indispensable pour que ce dialogue se noue9. La participation se présente ainsi à nous comme une dimension constitutive de la liturgie10. Ce qui veut dire qu'elle ne saurait être un élément accessoire ou purement ornamental de la célébration, ni un idéal ou un objectif de l'action pastorale. Ceci implique d'éviter, ou de surmonter deux écueils : d'une part, de réduire l'événement liturgique au seul moment de la célébration et, d'autre part, de limiter la participation des fidèles à la seule activité extérieure, faisant appel à des « techniques d'animation ». L'âme de la participation active est, au contraire, à chercher dans la koinonia, c'est-à-dire dans la communion existentielle qui se produit entre Dieu et chaque fidèle dans l'action liturgique, de sorte que « la participation à la célébration constitue la médiation nécessaire pour participer à la vie divine, but auquel elle tend et qui est donné précisément au moyen des sacrements de l'Église »11. C'est pourquoi il serait injuste de classer les fidèles d'une paroisse en membres actifs et membres passifs, les premiers étant ceux qui participent activement, extérieurement, aux célébrations liturgiques, les seconds ceux qui se contentent d'une autre forme de participer de façon « consciente, active et fructueuse »12.

c) Un devoir et un droit des fidèles


Cette « participation active » est présentée comme un devoir et un droit des fidèles : « La Mère Église désire beaucoup que tous les fidèles soient amenés à cette participation pleine, consciente et active aux célébrations liturgiques, qui est demandée par la nature de la liturgie elle-même et qui est, en vertu de son baptême, un droit et un devoir pour le peuple chrétien, « race élue, sacerdoce royal, nation sainte, peuple racheté » (1 Pierre 2, 9 ; cf. 2, 4-5) » (n° 14/a). Trois fondements théologiques ressortent de ce point : a) la nature de la liturgie, qui est « l'exercice de la fonction sacerdotale de Jésus-Christ » (SC 7/c) ; b) le baptême, qui incorpore à l'Église et députe « pour le culte de la religion chrétienne » (LG 11/a) ; c) la restauration elle-même de la liturgie. Le texte ajoute, en effet : « Cette participation pleine et active de tout le peuple est ce qu'on doit viser de toutes ses forces dans la restauration et la mise en valeur de la liturgie. Elle est, en effet, la source première et indispensable à laquelle les fidèles doivent puiser un esprit vraiment chrétien » (SC 14/b). Le droit et le devoir fondamentaux de rendre un culte à Dieu ne se limitent pas aux seuls sacrements mais portent également sur les célébrations liturgiques non sacramentelles. Cela comprend donc le droit et le devoir de cette participation active, mais aussi le droit de rendre à Dieu un culte « selon les dispositions du rite propre approuvé par les pasteurs légitimes de l'Église » (c. 214 ; CCEO, c. 17). Le principal devoir en la matière est le précepte de la participation dominicale à la messe (c. 1247 ; CCEO, c. 881 § 1).
d) Les caractéristiques de la participation active
*) Active et consciente

La participation des fidèles est dite actuosa13 tout au long de la constitution, qualificatif auquel s'ajoute parfois celui de consciente14. L'Église se soucie « d'obtenir que les fidèles n'assistent pas à ce mystère de la foi comme des spectateurs étrangers ou muets, mais que, le comprenant bien dans ses rites et ses prières, ils participent consciemment, pieusement et activement à l'action sacrée » (n° 48). Cette participation fait que l'action de la communauté tout entière « clare exprimatur et foveatur » (IGMR 35). « Il n'y a pas de spectateurs dans l'action liturgique, mais seulement des acteurs »15, chacun faisant ce qui lui revient en vertu du sacerdoce ministériel ou de l'institution par l'Église ou de la charge reçue de façon stable ou non.

**) Intérieure et extérieure


Cette participation active doit être, nous l'avons dit, « intérieure et extérieure » (SC 19). Pour cela, concernant d'abord la participation intérieure, les fidèles sont invités à accéder à la liturgie « avec les dispositions d'une âme droite » et à « harmoniser leur âme avec leur voix », coopérant à « la grâce d'en-haut, pour ne pas recevoir celle-ci en vain » (n° 11). Les clercs pour leur part doivent être formés de sorte qu'ils participent « de toute leur âme » aux célébrations (n° 17). Le silence est, lui aussi, une forme de participation. Le concile y revient à propos de la liturgie des heures : « Tous ceux qui acquittent l'office, soit choralement, soit en commun, accompliront la fonction qui leur est confiée le plus parfaitement possible, soit quant à la dévotion intérieure, soit quant à la réalisation extérieure » (n° 99/b). Par conséquent, la participation en question ne saurait se limiter à des paroles, des chants ou des attitudes, ni à une présence immobile. « Elle est essentiellement une conjonction de la vie des fidèles à la vie même de Dieu, sous trois aspects intrinsèquement liés entre eux : offrande de soi intérieure à l'unique sacrifice du Christ, transformation de la nature humaine réellement associée à la nature divine, et germe de salut éternel »16. La participation active se réalise donc « avant tout par une disposition intérieure par laquelle le Christ s'unit intérieurement aux membres de l'assemblée au sein du mystère par lequel il se communique. Elle se manifeste et s'alimente à son tour de l'attention religieuse de l'esprit et de l'écoute de la Parole de Dieu (SC 33) ; de l'union à la prière du célébrant ; du dialogue et du chant, dans lesquels l'esprit est en accord avec la voix ; dans le recueillement du silence ; dans les attitudes corporelles (SC 11 ; 30) »17. Pour favoriser la participation extérieure, « on favorisera les acclamations du peuple, les réponses, le chant des psaumes, les antiennes, les cantiques et aussi les actions ou gestes et les attitudes corporelles. On observera aussi en son temps un silence sacré » (n° 30). Le prêtre est invité à mettre au service de la célébration eucharistique « ses capacités pour la rendre vivante avec la participation de tous les fidèles », sans que cela nécessite d'innovation, tout au contraire, il « doit s'attacher au rite établi dans les livres liturgiques approuvés par l'autorité compétente, sans ajouter, enlever ou modifier quoi que ce soit »18.

***) Pleine


Cette participation est aussi qualifiée de pleine ou plénière. « La participation extérieure est la manifestation spontanée de l'intérieure et, d'une certaine manière, elle l'intensifie. À son tour, la participation intérieure assure la signification complète des divers actes de la participation extérieure : elle en est comme l'âme. Le résultat en est la participation en plénitude »19. Cette participation peut devenir plus parfaite quand les fidèles reçoivent la communion avec des espèces consacrées au cours de la messe à laquelle ils participent (n° 55/a).

****) Communautaire, facile et fructueuse


D'autres qualités peuvent encore être mentionnées en complément : communautaire (communitatis propria : n° 21/b), « célébration communautaire, avec fréquentation et participation active des fidèles », qui « doit l'emporter sur la célébration individuelle et quasi privée » (n° 27) ; facile (n° 79/a), fructueuse (n° 11). La participation active s'étend bien entendu au chant20  et la construction d'édifices sacrés doit en tenir compte (n° 124/c). En définitive, « le concile n'a pas seulement exprimé un idéal pastoral (la participation liturgique pleine, consciente et active), avec ses conséquences pratiques (des droits et des devoirs), mais il en a aussi établi les fondements théologiques : sa source (le sacerdoce baptismal) et sa motivation intime (la nature même de la liturgie) »21. De l'orientation réciproque du sacerdoce commun et du sacerdoce ministériel dont parle le concile (LG 10/b), il naît une relation de service pour le sacerdoce ministériel et une nécessité d'être servi pour le sacerdoce commun. Les fidèles ont besoin du service sacramentel et liturgique pour vivre pleinement leur vocation à la sainteté et pour réaliser les actions propres au sacerdoce commun.

Le code se fait l'écho de cette orientation conciliaire, de façon générale aux canons 835 § 4 sur la fonction de sanctification de l'Église et 837 § 2 (CCEO, c. 673) sur les actions liturgiques, et, de façon particulière, au canon 528 § 2 (CCEO, c. 289 § 2) à propos du devoir du curé d'assurer les moyens de sanctification à ses fidèles, au canon 898 (CCEO, c. 699 § 3) quant à la sainte Eucharistie, au canon 899 § 2 sur la synaxe eucharistique, au canon 1174 § 2 sur la liturgie des heures22.
  1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   12

similaire:

Xii. Les devoirs et les droits des fidèles quant à la liturgie La liturgie, facteur d\France / Mayotte / Comores / Administration
«avec ce nouveau statut, Mayotte aura des droits mais aussi des devoirs. IL sera demandé d’importants ajustements tels que l’interdiction...

Xii. Les devoirs et les droits des fidèles quant à la liturgie La liturgie, facteur d\Parlement et dépenses publiques1
«Litanie, liturgie, léthargie». C’est par ces mots qu’Edgar Faure caractérisait les débats parlementaires relatifs au projet de loi...

Xii. Les devoirs et les droits des fidèles quant à la liturgie La liturgie, facteur d\Catéchèse des 20 – 40
«Laïc» 31. La dignité des laïcs membres du peuple de Dieu 32. L’apostolat des laïcs 33. Participation des laïcs au sacerdoce du Christ...

Xii. Les devoirs et les droits des fidèles quant à la liturgie La liturgie, facteur d\Rapport du Président du Conseil d’Administration
«Charte de l’Administrateur», document distribué aux élus, précise les actions des administrateurs, leurs rôles, leurs droits et...

Xii. Les devoirs et les droits des fidèles quant à la liturgie La liturgie, facteur d\Libre-échange et protectionnisme au xixe siècle
«parties contractantes» aux droits et devoirs variant selon le degré d’adhésion

Xii. Les devoirs et les droits des fidèles quant à la liturgie La liturgie, facteur d\Séance 1 : Comment construit-on et diffuse-t-on un journal ?
«Droit d’enquêter librement»…), mais aussi des devoirs («Respecter la vérité»…). On appelle «déontologie» l’ensemble des règles et...

Xii. Les devoirs et les droits des fidèles quant à la liturgie La liturgie, facteur d\Pour l’organisme d’accueil
«Pour chaque stage ou période de formation en milieu professionnel à l'étranger, est annexée à la convention de stage une fiche d'information...

Xii. Les devoirs et les droits des fidèles quant à la liturgie La liturgie, facteur d\2è partie : L’invention de la citoyennete dans le monde antique (7h)
«la Respublica du peuple romain». Or un peuple est formé de citoyens. Attention, cela ne signifie pas qu’ils ont tous les mêmes droits...

Xii. Les devoirs et les droits des fidèles quant à la liturgie La liturgie, facteur d\1. Les droits humains et les médias en Russie1 Les militants des droits humains négligés

Xii. Les devoirs et les droits des fidèles quant à la liturgie La liturgie, facteur d\Theme n croissance, fluctuations et crises
«valeur produite» (C. A. ou V. A.) par unité de ce facteur (productivité en unités monétaires – productivité en valeur






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
e.20-bal.com