Programmes mis en œuvre État de la recherche concernant la question du décrochage scolaire





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La question du décrochage scolaire dans la Politique de la Ville

 

Essai de définition du décrochage scolaire

Décrochage scolaire et Politique de la Ville

Les programmes mis en œuvre

État de la recherche concernant la question du décrochage scolaire

La place du décrochage scolaire dans la recherche française

L’analyse de la prise en charge par le système éducatif pour lutter contre le décrochage scolaire

L’analyse du décrochage scolaire dans une perspective plus large

Conclusion : une nécessaire prise en compte des approches européennes

Les auteurs 

Bibliographie
La question du décrochage scolaire est devenue un objet de débat public, ainsi qu’une priorité dans les politiques de la ville destinées à lutter contre les inégalités. Elle renvoie également aux représentations concernant les jeunes en situation d’échec, voir en état de marginalisation sur le plan social. De ce point de vue, appréhender la problématique du décrochage scolaire nécessite de la replacer dans une histoire longue qui est celle des publics scolaires en difficultés et qui a été marquée par plusieurs étapes majeures : la lutte contre l’échec scolaire et la question de l’insertion dans les années 1980 (ZEP-Mission Schwartz) ; celle de la prévention contre les violences scolaires au cours de la décennie suivante. La promulgation récente de plusieurs circulaires concernant la lutte contre le décrochage scolaire en fait un axe important de la dynamique « Espoir Banlieues », traduisant dans les faits les décisions du Comité interministériel des villes (CIV) du 20 juin 2008 qui visent à mobiliser plus largement l’ensemble des politiques de droit commun de l’État au service des projets locaux déclinés dans les Contrats urbains de cohésion sociale (CUCS). La mise en place des internats d’excellence ainsi que le discours prononcé au cours de l’été 2010 par le Président de la République à Grenoble dans lequel il était envisagé de repousser à 18 ans l’âge d’éligibilité aux dispositifs de lutte contre le décrochage scolaire est venu donner une nouvelle impulsion à ce dossier.

La synthèse qui est présentée ici s’organise autour de trois axes principaux. Tout d’abord une tentative de définition synthétique de ce que l’on entend par « décrochage scolaire ». Ensuite, la place occupée par la lutte contre le décrochage scolaire dans les dispositifs de la Politique de la Ville. Enfin, la présentation des principaux programmes mis en œuvre actuellement.

 

Essai de définition du décrochage scolaire

Le décrochage scolaire signifie généralement la prise de distance progressive de l’élève vis-à-vis de l’institution scolaire. De ce point de vue, la déscolarisation représente l’étape ultime du processus en actant la désaffiliation de l’élève au système scolaire. En amont, l’absentéisme chronique en est le principal symptôme. Le processus de décrochage scolaire peut s’expliquer de différentes manières, mais principalement par trois phénomènes liés aux apprentissages scolaires : le manque de résultats sur le plan scolaire ; l’instabilité dans le milieu scolaire ; la carence en matière d’acquisition de savoirs et de compétences. L’approche globale du phénomène reste néanmoins difficile à synthétiser dans la mesure où il renvoie à des données qui appartiennent en propre au profil psychologique des élèves dits décrocheurs. La prise en compte du profil familial des élèves concernés ainsi que celle de ses réseaux de sociabilité s’avère absolument nécessaire. Le sociologue Dominique Glasman avance le chiffre de 1% d’élèves déscolarisés en France. En revanche, le nombre des décrocheurs est différent selon les règles de comptage que l’on adopte. Les études en cours actuellement ne permettent pas de fournir des chiffres exacts. Cela n’empêche toutefois pas les pouvoirs publics de se mobiliser, à commencer par les services de la Politique de la Ville.

 

 

Décrochage scolaire et Politique de la Ville

Le président de la République a annoncé lors de son discours du 29 septembre 2009 en Avignon que la lutte contre le décrochage scolaire était une priorité nationale : « Nous allons mener une guerre sans merci contre le décrochage scolaire. Je n’accepterai pas que des jeunes quittent l’école à seize ans sans aucune perspective »

Dans le cadre du partenariat renforcé entre l’Education nationale et les différentes instances de la Politique de la Ville, en particulier le Comité interministériel à la Ville et le Secrétariat général à la Ville, la question du décrochage scolaire fait l’objet d’une approche partenariale tant au plan national que local. Une circulaire conjointe du Ministre de l’Education nationale et du Secrétaire d’État chargée de la Politique de la Ville en date du 18 décembre 2008 est venue préciser la mise en œuvre des décisions du CIV lors de sa séance du 20 juin de la même année. Une autre circulaire, datée du 22 avril 2009, signée par le Ministère de l’Éducation nationale, le Haut Commissariat à la jeunesse, le Ministère de l’intérieur, le Secrétariat d’Etat à la politique de la ville, le Ministère de la Justice, le Ministère de l’Agriculture et le Secrétariat d’Etat chargé de l’emploi pointent trois axes de progression :

- Améliorer le repérage des décrocheurs de la formation initiale;

- Construire une meilleure coordination locale pour accompagner les jeunes sortant de formation initiale sans diplôme, sur la base d’un diagnostic territorial;

- Soutenir les expérimentations locales de prévention et de traitement des sorties précoces de formation initiale.

 

Dans la perspective du Plan « Espoir Banlieues », il s’agit d’agir au plus près des sites concernés. Ainsi, dans le cadre de la géographie prioritaire, 215 quartiers ont été retenus par le CIV pour agir en matière de lutte contre le décrochage scolaire. Si les collégiens et les lycéens scolarisés dans les établissements situés dans ces quartiers constituent effectivement la cible privilégiée du dispositif, ceux qui y habitent sans y être scolarisés peuvent également être éligibles. Il faut également noter que si la conduite du programme appartient en propre à l’Education nationale, les ressorts locaux de la Politique de la Ville comme les délégués du Préfet ou les chefs de projet sont également mis à contribution, notamment pour l’élaboration d’un diagnostic partagé. Les équipes pluridisciplinaires de réussite éducative (PRE) ont été également largement mobilisées pour la mise en œuvre des programmes au plan local. Il est à noter toutefois que l’approche par la Politique de la Ville doit également permettre d’éviter à ce que la lutte contre le décrochage scolaire ne fasse l’objet que d’une approche étatique. Par le biais en particulier des Contrats urbains de cohésion sociale, il est nécessaire d’intégrer les associations dans les programmes qui sont mis en œuvre. Les centres de ressources ont ainsi produit un certain nombre de fiches d’expériences qui sont le fruit, au plan local, d’initiatives menées par les réseaux associatifs impliqués notamment dans les Programmes de réussite éducative. La Politique de la Ville doit donc favoriser une coproduction de la lutte contre le décrochage scolaire entre les services de l’État concernés (Politique de la Ville-Education nationale), les collectivités locales et les associations. L’exemple des actions conduites dans l’Essonne par la Maison de l’Innovation Pédagogique et de l’Orientation Professionnelle offre de ce point de vue des pistes de travail intéressantes1.

Le Secrétariat Général du Comité Interministériel des Villes a créé une nouvelle base documentaire dédiée à la lutte contre le décrochage scolaire : I-ville décrochage. Le développement d’un tel module en ligne rejoint  l’intérêt commun, exprimé par les partenaires, de se doter d’un outil partagé de capitalisation et de valorisation des expériences menées sur le territoire national en matière d’action de prévention du décrochage scolaire et d’accompagnement des décrocheurs. Il s’adresse, plus particulièrement,  aux professionnels dans et hors l’Éducation nationale.

Les programmes mis en œuvre

Dès le début de l’année 2010, les établissements scolaires concernés se sont engagés dans la lutte contre le décrochage scolaire. La première étape consiste à définir dans chacun des cas un dispositif local de prévention du décrochage et de suivi des jeunes décrocheurs. A cet effet, il est conseillé aux Comités de suivi locaux de mobiliser l’ensemble des partenaires locaux qui sont susceptibles d’intervenir : missions locales, dispositifs de la deuxième chance, réseaux d’aide à la parentalité… Comme cela a été dit, le suivi des élèves décrocheurs ainsi que les solutions personnalisées requises demeurent de la responsabilité de l’Education nationale et notamment des missions générales d’insertion (MGI). Des interrogations, relayées notamment par les centres de ressources de la Politique de la Ville investis sur ces questions, demeurent. Notamment celles qui concernent les liens avec la prévention de la délinquance ou bien la prise en compte de certaines notions comme celle de la souffrance morale en milieu scolaire. 

 

 

État de la recherche concernant la question du décrochage scolaire

La mise en débat scientifique des problématiques liées à la question du décrochage scolaire s’inscrit en réalité dans un champ de recherches plus vaste qui s’intéresse à l’état de l’école en fonction des différentes problématiques abordées par l’institution scolaire. Comme le rappelle Maryse Esterle-Hedibel, les questions de l’absentéisme, du décrochage, de la déscolarisation ont investi le débat scientifique à la suite des analyses portant sur « l’échec scolaire » puis sur les « violences scolaires ». Les différents travaux de chercheurs menés en France comme en Europe depuis une quinzaine d’années ont permis de préciser l’étendue du champ relatif à la question du décrochage scolaire, ainsi que d’établir une typologie des causalités pouvant permettre de mieux comprendre l’originalité du phénomène, ainsi que son développement au cours des dernières années. Il s’agit en particulier de mettre en perspective la problématique du décrochage scolaire vis-à-vis d’autres notions qui s’intéressent aux problématiques liées aux jeunes et au rapport qu’ils entretiennent avec l’Institution scolaire en général. Ainsi, par exemple, la notion de déviance s’enrichit alors d’un sens supplémentaire. Il faut également ne pas oublier les recherches nord-américaines comme celles qui sont menées au Québec et qui suggèrent des approches parfois inédites, notamment en ce qui concerne la construction de typologies2.

A partir des articles de Maryse Esterle-Hedibel « Absentéisme, déscolarisation, décrochage scolaire. Les apports des recherches récentes » (Déviance et société, 2006, Vol. 30, n°1, pp. 41-65) et de Dominique Glasman « Qu’est-ce que la déscolarisation ? » (La déscolarisation, sous la direction de Dominique Glasman et Françoise Oeuvrard, Paris, La Dispute, 2004, pp. 13-69), il s’agit de proposer un état de la recherche récente autour de trois axes principaux : tout d’abord, les hypothèses de recherches pour faire de la question du décrochage scolaire une questions à part entière ; ensuite, l’analyse des modalités de prise en charge de la question par l’Institution scolaire ; enfin, la prise en compte de problématiques liées à l’appréhension du phénomène de décrochage scolaire telles que l’évolution des formes d’organisation sociale et familiale, ou le rapport entre décrochage scolaire et délinquance juvénile. Le décrochage scolaire ne peut en effet être analysé pour lui-même mais nécessairement en fonction de son environnement social et socioculturel. Il faut également avoir à l’esprit que le terme même de décrocheur scolaire renvoie à des représentations liées à la notion de « dangerosité sociale » et d’inadaptation à la vie en société propre à certains jeunes.

 

 

La place du décrochage scolaire dans la recherche française

La montée en puissance de la problématique

Comme le rappelle Maryse Esterle-Hedibel dans le propos introductif de son article, l’explicitation du phénomène de décrochage scolaire est multi-factoriel et ne peut donc être pris pour un fait isolé, déconnecté des problématiques sociales généralement abordées. Il doit être replacé dans un contexte plus global qui est celui de l’évolution des problématiques traitées par l’Ecole au fil des dernières décennies. Il s’agit tout d’abord de la thématique de l’échec scolaire suite à l’entrée massive des enfants des classes populaires dans le système éducatif au cours des années 1960 et notamment de l’instauration du collège unique en 1975 ; ensuite, la lutte contre les violences scolaires dans les années 1990, au moment même où la question plus large de la lutte contre les violences urbaines s’affirme en force dans les dispositifs d’action publique ; enfin, à la fin de la même décennie, la lutte contre le décrochage scolaire et la déscolarisation. Selon Dominique Glasman, cette nouvelle investigation s’explique par trois éléments concomitants : la question non résolue de l’insertion professionnelle des non qualifiés arrivés en bout de cursus scolaire ; l’interrogation sur la pertinence des dispositifs existants ; la possibilité de prendre le problème en amont, c’est-à-dire avant qu’ils ne quittent le système scolaire. Dès lors, la question du décrochage scolaire est érigée en problème publique autant du point de vue de l’efficience scolaire que de celui de la cohésion sociale. D’où une prise en charge rapide par la Délégation interministérielle à la Ville (DIV) de la question. Un premier appel d’offres est lancé dès 1999 conjointement par les ministères de la Justice et de l’Education nationale, ainsi que par la DIV et le FASILD, pour mesurer et analyser scientifiquement le phénomène. Le lancement de la Veille éducative en novembre 2001 est une première réponse en soi, mettant l’accent sur les élèves exclus du système éducatif. La remise du rapport Machard deux ans plus tard sur « Les manquements à l’obligation scolaire » achève de faire de la question du décrochage scolaire une question d’intérêt général pour les chercheurs. La première question à laquelle ceux-ci ont à répondre concerne la possibilité ou non de dresser une typologie des élèves décrocheurs.

 

Tenter de dresser une typologie

Comme l’ont mis en évidence un certain nombre de chercheurs, la question du décrochage scolaire ne peut faire l’objet d’une explication univoque. La recherche d’une explicitation du phénomène renvoie autant à l’évolution du système éducatif au cours de ces dernières années, qu’à la montée en puissance du thème des violences urbaines et de l’apparition de nouvelles formes de délinquance juvénile. Parmi les pistes de recherches retenues généralement, figure celle de l’origine sociale des élèves décrocheurs. L’étude faite principalement à partir de lieux relevant de la géographie prioritaire ne doit toutefois pas faire oublier qu’il existe également des élèves décrocheurs issus de catégories sociales plus aisées. A contrario, une approche par l’origine ethnique n’apparaît guère concluante et ne peut constituer un mode opératoire. En réalité, comme le rappelle Maryse Esterle-Hedibel, « l’intérêt d’une typologie apparaît faible, eu égard à la complexité du processus ». Il n’en demeure pas moins que la question de la mesure du décrochage scolaire est essentielle afin de calibrer au mieux les dispositifs de lutte qui sont mis en place au sein du système éducatif.

 

 
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