Résumé : Petite région marginale mais apte à de vastes aménagements hydrauliques, la vallée du Sourou (Burkina Faso) a été le cadre d’un projet grandiose mais peu réaliste dans le cadre d’une économie socialiste.





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Un contexte révolutionnaire



Survint en 1983, la Révolution nationale entraînée par le capitaine Thomas Sankara. Ce leader charismatique connaissait bien la région et avait connaissance des projets d’aménagements hydrauliques. Il était également partisan des grands travaux, entrepris sur un modèle socialiste et plus précisément albanais, travaux qui devaient susciter l’enthousiasme des masses dans un grand élan qui permettrait de substituer aux pratiques coutumières, la nationalisation des terres, tout en mobilisant une masse de jeunes gens qui, faute d’être employés sur un grand chantier, eussent été voués dans les villes à une inactivité dangereuse. La convergence de l’enthousiasme révolutionnaire et de la demande de travail devait trouver sa finalité dans la mise en œuvre du projet Sourou.

De fait, entre le début de la période révolutionnaire en 1983 et la disparition de Thomas Sankara en 1987, le barrage du Sourou et le petit canal de dérivation facilitant l’intrusion des eaux de crue avec un débit de 220 m3/s ont été édifiés, et des périmètres d’irrigation cumulant 1 000 hectares ont été aménagés. Ces résultats ne sont pas négligeables mais ils doivent être rapportés aux objectifs d’un Programme Populaire de Développement (PPD) qui portait sur 40 000 ha devant produire 120 000 tonnes de céréales. Observateur à la fois sympathique et critique, René Dumont s’était étonné à l’époque de l’hiatus existant entre les objectifs du PPD et la réalité observable sur le terrain4 : beaucoup d’acteurs peu et mal occupés face à la préférence accordée à de gros engins de terrassement, ce qui faisait dire à René Dumont qu’« aucun projet ne pouvait être plus gigantissime que le Sourou ». Il n’empêche qu’à l’époque des slogans affichés dans les rues de Ouagadougou proclamaient, tableaux idylliques à l’appui, que « le Sourou est l’avenir du pays », cependant que de grandes manifestations célébraient « la victoire du Sourou ».

Pour autant, l’effet de propagande ne suffisait pas à masquer le malentendu fondamental qui opposait les attentes des aménageurs à celles des aménagés.

Pour l’Etat, qu’il soit révolutionnaire ou non, un double objectif portait d’une part sur le recasement de réfugiés ou sur le transfert des populations excédentaires du Yatenga voisin, vers une région sous-peuplée, d’autre part sur la recherche de l’autosuffisance céréalière assortie de la réduction des importations de riz qui grevaient lourdement la balance des échanges. Cette politique était tympanisée par un slogan simple : « produisons burkinabé, consommons burkinabé ». Dans le contexte révolutionnaire, ce programme aussi simple qu’ambitieux passait par le transfert du domaine foncier, des collectivités locales à l’Etat, de la coutume à la rationalisation étatique. Ce transfert délicat devait être encadré par des Comités de Défense de la Révolution (CDR) supervisés par un Conseil National de la Révolution (CNR). Autrement dit, un activisme soutenu avec plus ou moins d’enthousiasme par des groupes d’étudiants et de colons cantonnés sur des périmètres modèles. Restait à organiser la mise en œuvre de ce programme et l’implantation des périmètres échelonnés tout au long de la rive orientale du Sourou. Ce fut d’abord le rôle des ORD5 puis, à partir de 1985, de l’Autorité de Mise en Valeur de la vallée du Sourou (AMVS). Cet organisme dépendant du Ministère de l’Eau mais financièrement autonome, fut chargé dès l’origine d’une mission englobant aussi bien la recherche que la mise en place et la gestion des périmètres irrigués à travers un réseau de coopératives. En fait, et dans les premiers temps, la création de cet organisme qui devait survivre à la Révolution, avait pour objectif la justification par l’action et le succès, du gouvernement révolutionnaire.

Les riverains du Sourou, qu’ils soient autochtones ou issus de mouvements migratoires, avaient en commun une vision utilitaire et simpliste d’un programme d’aménagement qui devait assurer leur autonomie vivrière. Dire qu’ils ont été surpris par l’ampleur du programme d’aménagement relève de l’euphémisme. Cependant leurs réactions ont rapidement divergé sur certains points tout en restant unanimes sur d’autres. Pour les allochtones, les grands travaux et la gestion des casiers irrigués a mis fin aux traditionnelles migrations de travail vers la Côte d’Ivoire et le Sourou a été perçu comme une terre d’accueil particulièrement offerte aux riziculteurs mossi. De leur côté les autochtones, submergés par l’afflux des migrants et dépossédés de leurs terres par la loi de nationalisation de 1984, se sont posés en victimes bien qu’ils détiennent de sérieux atouts, ne fut-ce que leur qualité de « maîtres de la terre » qui leur assurait une certaine priorité dans la répartition des parcelles mises en coopératives. Ils conservaient également le monopole de la récolte du riz flottant, ainsi que celui de l’élevage du bétail. Enfin, le processus de nationalisation ne s’étant pas étendu aux terres de culture pluviale, ils restaient maîtres de la gestion de celles-ci.

A travers ces positions respectives, on perçoit le jeu des tensions et conflits dont la Vallée6 est actuellement le cadre : les uns excipent du nombre, de leur cohésion et de leurs savoir-faire ; les autres de leurs droits coutumiers et de leur mainmise sur certaines activités ou certains terroirs. Maîtres de la terre et techniciens s’affrontent notamment au niveau du contrôle des coopératives. Toutefois, les uns et les autres sont unanimes à dénoncer les pesanteurs du système coopératif : des unités trop petites sont encadrées et subordonnés de fait, tant aux services centraux basés dans la capitale, qu’aux gestionnaires de terrain, techniciens, secrétaires, comptables et autres qui perçoivent des salaires fixes gagés par le travail des coopérateurs. Une fois ces salaires et charges financés, il ne reste que peu de chose aux coopérateurs, à supposer qu’ils ne soient pas endettés. D’où un désir de simplification et d’autogestion difficile ou impossible à assumer pour cause d’illettrisme et de manque d’expérience. Le relais par les générations scolarisées permettra sans doute de satisfaire ce besoin d’autonomie dans un futur proche.

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