Introduction Etymologie et sens du mot «travail»





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Le travail et la technique


Introduction 1

Etymologie et sens du mot « travail » 2

Travail et technique : des rapports dialectiques 2

L’ambivalence fondamentale du travail et de la technique 2

La technique, c’est le feu : le mythe de Protagoras 3

I. Esclavage ou libération ? 4

A. Le travail est une contrainte pénible 4

L’origine du concept de travail 4

Etymologie et sens 4

L’origine du travail selon la Bible 5

L’origine du travail selon Rousseau 5

Le mépris grec du travail 5

Le travail est nécessaire pour cadrer l’homme : un argument ambigu 6

B. Le travail comme moyen de libération 7

1. La maîtrise de la nature (Descartes) 7

Le travail comme processus d’humanisation (Hegel) 7

Le travail comme devoir moral (Kant) 9

4. La libération par la technique : la fin du travail ? (Marx) 10

C. L’aliénation par la technique 10

La technique affaiblit l’homme (taoïstes, Platon, Montaigne, Rousseau) 10

Ce qu’on possède nous possède 11

L’aliénation par la nouvelle organisation du travail (Marx) 11

5. Quand l’homme est enfin libre, il est devenu un esclave (Arendt) 12

6. Technique et politique 13

III. Technique, histoire et vérité 14

A. Histoire et progrès technique 14

B. Technique et vérité 14

1. Science et technique 14

2. Technique et dévoilement 15

3. Technique et politique 16

Annexes 16

Résumé 16

Quelques idées supplémentaires 17

Division du travail et progrès technique (Smith) 17

Travail et droit 18

Le travail fonde le droit de propriété (Locke) 18

Le travail comme devoir moral (Kant) 18

Le droit au travail ? 18

Illustrations 18

Exemples 18

Citations 18

Sujets de dissertation 19


Introduction




Etymologie et sens du mot « travail »


Le terme travail peut se comprendre en plusieurs sens. Etymologiquement, ce mot vient du latin tripalium, qui désigne un instrument de torture. On peut distinguer, outre le sens physique (produit d’une force par le déplacement de son point d’application), trois sens principaux du mot travail :

(1) Activité demandant un effort physique ou intellectuel prolongé.

(2) Activité rétribuée ou effectuée en vue d’un gain.

(3) Activité produisant un objet de consommation ou d’usage.

Ces distinctions sont importantes, parce que ces différents concepts ne coïncident pas. Par exemple, un travail rémunéré n’est pas toujours ressenti comme une contrainte ni même effectué en vue du gain.

Travail et technique : des rapports dialectiques


Il faudrait parler, plus précisément, des rapports au sein d’une triade : technique, travail et science.

D’un côté, c’est le travail et la science qui inventent les techniques. C’est par son travail et sa réflexion que Vinci a inventé tant d’instruments et des techniques comme le sfumato. Pour construire un télescope il faut d’abord connaître les lois optiques.

D’un autre côté, le travail naît de la technique, car c’est la technique qui permet de travailler, on travaille toujours en suivant une certaine technique. Et de même, la connaissance naît de la technique, grâce à l’expérimentation notamment : le télescope élargit notre horizon et enrichit notre connaissance.

Plus précisément encore, la division sociale et technique du travail permet une spécialisation des individus et un développement des techniques : elle est un facteur d’innovation majeur. En retour, le progrès technique décuple la productivité du travail. Bref, le travail améliore la technique et la technique démultiplie l’efficacité du travail.

L’ambivalence fondamentale du travail et de la technique


Il semble très difficile de critiquer la technique, car elle se présente comme un pur moyen. Un marteau, par exemple, n’est ni bon ni mauvais : tout dépend de l’usage (bon ou mauvais) que l’on en fait (construire une maison ou crucifier un homme). En tant que pur moyen, qui facilite la réalisation de la volonté humaine, il peut sembler bon « en soi ». Mais, en vérité, cette possibilité d’utiliser la technique à des fins radicalement différentes (produire des médicaments ou produire des armes) la rend foncièrement ambivalente. De plus, on pourrait critiquer cette idée selon laquelle la technique n’est qu’un pur moyen. Tout moyen n’impose-t-il pas un certain type de fins et de comportement, un certain type de rapport au monde ? On ne peut pas faire n’importe quoi avec un marteau : on peut surtout taper, et plutôt d’une certaine manière. De même, on peut penser que le rapport au monde que suppose et implique la technique moderne est un rapport d’étrangèreté et de domination qui est foncièrement mauvais.

Le travail présente une ambiguïté similaire. La valeur de l’objet technique se transmet au travail, car le travail est le moyen de produire l’objet technique. Mais nous voyons immédiatement que le travail, s’il apporte des produits de valeur, est en lui-même quelque chose de pénible. Nous retrouvons ici une ambivalence analogue à celle que nous avions remarquée dans le cas du désir1 : le travail est à la fois quelque chose de pénible dont on aimerait se passer et qui est la marque de notre finitude (de nos besoins et de la difficulté à les satisfaire), et le moyen de dépasser cet état de besoin et peut-être même de s’affranchir du travail lui-même. Par conséquent, nous aimons bien le travail, nous le jugeons positivement d’après ses effets, nous considérons que le travail est une bonne chose pour la société. Mais, à titre personnel, nous préférerions ne pas travailler.

La technique, c’est le feu : le mythe de Protagoras


Le mythe de Protagoras, que l’on trouve dans l’ouvrage éponyme2 de Platon, révèle une conception analogue de la technique. En effet, la technique y est expliquée par l’insuffisance de l’homme à survivre par des moyens naturels : contrairement aux autres animaux il est nu, il n’a ni griffes, ni crocs, ni écailles, ni fourrure, ni plumage. Voici ce que Platon nous raconte à travers le personnage de Protagoras :
Protagoras : Quand le moment d’amener à la lumière [les espèces mortelles] approcha, [les dieux] chargèrent Prométhée et Epiméthée de les pourvoir et d’attribuer à chacun des qualités appropriées. Mais Epiméthée demanda à Prométhée de lui laisser faire seul le partage. « Quand je l’aurai fini, dit-il, tu viendras l’examiner. » Sa demande accordée, il attribua aux uns la force sans la vitesse, aux autres la vitesse sans la force ; il donna des armes à ceux-ci, les refusa à ceux-là, mais il imagina pour eux d’autres moyens de conservation ; car à ceux d’entre eux qu’il logeait dans un corps de petite taille, il donna des ailes pour fuir ou un refuge souterrain ; pour ceux qui avaient l’avantage d’une grande taille, leur grandeur suffit à les conserver, et il appliqua ce procédé de compensation à tous les animaux. Ces mesures de précaution étaient destinées à prévenir la disparition des races. Mais quand il leur eut fourni les moyens d’échapper à une destruction mutuelle, il voulut les aider à supporter les saisons de Zeus ; il imagina pour cela de les revêtir de poils épais et de peaux serrées, suffisantes pour les garantir du froid, capables aussi de les protéger contre la chaleur et destinées enfin à servir, pour le temps du sommeil, de couvertures naturelles, propres à chacun d’eux ; il leur donna en outre comme chaussures, soit des sabots de corne, soit des peaux calleuses et dépourvues de sang ; ensuite il leur fournit des aliments variés suivant les espèces, aux uns l’herbe du sol, aux autres les fruits des arbres, aux autres des racines ; à quelques-uns même il donna d’autres animaux à manger ; mais il limita leur fécondité et multiplia celle de leurs victimes, pour assurer le salut de la race.

Cependant Epiméthée, qui n’était pas très réfléchi, avait, sans y prendre garde, dépensé pour les animaux toutes les facultés dont il disposait et il lui restait la race humaine à pourvoir, et il ne savait que faire. Dans cet embarras, Prométhée vient pour examiner le partage ; il voit les animaux bien pourvus, mais l’homme nu, sans chaussures, ni couverture, ni armes, et le jour fixé approchait où il fallait l’amener du sein de la terre à la lumière. Alors Prométhée, ne sachant qu’imaginer pour donner à l’homme le moyen de se conserver, vole à Héphaïstos et à Athéna la connaissance des arts avec le feu ; car, sans le feu, la connaissance des arts était impossible et inutile ; et il en fait présent à l’homme. L’homme eut ainsi la science propre à conserver sa vie ; mais il n’avait pas la science politique ; celle-ci se trouvait chez Zeus, et Prométhée n’avait plus le temps de pénétrer dans l’acropole que Zeus habite et où veillent d’ailleurs des gardes redoutables. Il se glisse donc furtivement dans l’atelier commun où Athéna et Héphaïstos cultivaient leur amour des arts, il y dérobe au dieu son art de manier le feu et à la déesse l’art qui lui est propre, et il en fait présent à l’homme, et c’est ainsi que l’homme peut se procurer des ressources pour vivre. Dans la suite, Prométhée fut, dit-on, puni du larcin3 qu’il avait commis par la faute d’Epiméthée.

Quand l’homme fut en possession de son lot divin, d’abord à cause de son affinité avec les dieux, il crut à leur existence, privilège qu’il a seul de tous les animaux, et il se mit à leur dresser des autels et des statues ; ensuite il eut bientôt fait, grâce à la science qu’il avait, d’articuler sa voix et de former les noms des choses, d’inventer les maisons, les habits, les chaussures, les lits, et de tirer les aliments du sol. Avec ces ressources, les hommes, à l’origine, vivaient isolés, et les villes n’existaient pas ; aussi périssaient-ils sous les coups des bêtes fauves, toujours plus fortes qu’eux ; les arts mécaniques suffisaient à les faire vivre ; mais ils étaient d’un secours insuffisant dans la guerre contre les bêtes ; car ils ne possédaient pas encore la science politique dont l’art militaire fait partie. En conséquence ils cherchaient à se rassembler et à se mettre en sûreté en fondant des villes ; mais quand ils s’étaient rassemblés, ils se faisaient du mal les uns aux autres, parce que la science politique leur manquait, en sorte qu’ils se séparaient de nouveau et périssaient.

Alors Zeus, craignant que notre race ne fût anéantie, envoya Hermès porter aux hommes la pudeur4 et la justice, pour servir de règles aux cités et unir les hommes par les liens de l’amitié. Hermès alors demanda à Zeus de quelle manière il devait donner aux hommes la justice et la pudeur. « Dois-je les partager, comme on a partagé les arts ? Or les arts ont été partagés de manière qu’un seul homme, expert en l’art médical, suffît pour un grand nombre de profanes, et les autres artisans de même. Dois-je répartir ainsi la justice et la pudeur parmi les hommes, ou les partager entre tous ? – Entre tous, répondit Zeus ; que tous y aient part, car les villes ne sauraient exister, si ces vertus étaient, comme les arts, le partage exclusif de quelques-uns ; établis en outre en mon nom cette loi, que tout homme incapable de pudeur et de justice sera exterminé comme un fléau de la société.

Platon, Protagoras, 320d-322d
Il est remarquable de constater que ce mythe explique simultanément l’émergence de la technique, de la justice et de la pudeur – tout comme dans le mythe biblique.


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