Cours C1 : Théorie des organisations





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2.8.Évolution politique dans la deuxième modernité


Ici à nouveau, il serait faux de considérer les logiques nationales et cosmopolitiques dans un rapport d'exclusion. Au contraire, les deux registres coexistent, entrent en conflit dans une logique d'inclusion additive.

Un premier scénario met en oeuvre de nouveaux sujets politiques dont la montée en puissance est nécessaire à celle de l'optique cosmopolitique. Ces nouveaux partis défendent les intérêts transnationaux à la fois sur le plan transnational et sur le plan national. Leurs valeurs et leurs objectifs touchent l'ensemble des citoyens du monde, ils se réclament des valeurs et des traditions de l'humanité. Les questions liées à la globalité sont au coeur de leur imagination politique. Enfin, ils ne sont possibles que comme partis multinationaux.

Un second scénario part du principe que, dans un premier temps, la dynamique du cosmopolitisme ne peut être traitée que dans le cadre national, par des processus politiques nationaux (Grande / Krieski). Ce n'est que lorsque l'échec de ce mode d'organisation est reconnu que l'on peut envisager la création de partis politiques transnationaux. Dans la période transitoire, l'évolution des partis nationaux peut être envisagée comme suit.

Pluralisation de Gauche











Protectionniste

Ouverte au monde

Souveraineté / identité

Nationale / autonome

Gauche protectionniste

Gauche néolibérale / troisième voie

Transnationale / coopérative

Gauche-citadelle transnationale

Gauche cosmopolitique

La gauche protectionniste défend le modèle de l'État national pour préserver les acquis de la première modernité européenne : la démocratie parlementaire et l'État-providence - sociaux démocrates de l'État-providence, écologistes, communistes.

La gauche néolibérale reconnaît les défis de la mondialisation et élabore une nouvelle synthèse entre État national et marché mondial dans le but d'adapter le concept de social démocratie au nouveau contexte. Elle promeut une nouvelle conceptualisation des notions de communauté, de nation, de citoyenneté. Elle favorise l'internationalisation de l'État national par son intégration dans les rapports économiques mondiaux et dans les organisations supranationales.

La gauche citadelle se caractérise dans le contexte européen par un attachement à un État social et une politique de migration allant de le sens de l'Europe-forteresse.

La gauche cosmopolitique a foi en l'élargissement cosmopolitique de la démocratie. La notion de communauté nationale est remplacée par la constitution d'une identité et de réseaux cosmopolitiques. Priorité est donnée à la construction d'une « autre mondialisation » : taxe Tobin, respect des droits de l'homme. Elle privilégie la démocratisation des institutions supranationales et thématise les inégalités globales en dehors du contexte national. Ce mouvement ne peut croître qu'à la condition de forger des alliances politiques nord-sud - les verts, certains mouvements à l'intérieur d'autres partis, certains mouvements de la société civile.

Pluralisation de droite











Protectionniste

Ouverte au monde

Souveraineté / identité

Nationale / autonome

Droite ethnique ; xénophobe

Droite néolibérale ; « troisième voie de droite »

Transnationale / coopérative

Droite citadelle transnationale

Droite cosmopolitique

La droite ethnique est xénophobe et cherche à mettre en oeuvre un isolement ethnique et économique.

La droite néolibérale préconise à la fois une politique d'ouverture économique et de xénophobie.

La droite citadelle transnationale met en oeuvre dans un cadre transnational une politique de droite néolibérale.

La droite cosmopolitique est représentée par les pères de l'Europe marqués par l'autodestruction des États-nations de la première modernité (de Gaulle, Adenauer, Schuman, Alcide de Gaspari). Elle est fondée sur le catholicisme d'où elle tire les principes de l'architecture fédérale supranationale. « L'Europe des patries » initiale se heurte toutefois à la contradiction existant entre d'une part, la création d'un État européen et, d'autre part, la subsistance des États nationaux, flagrante depuis l'avènement du capitalisme européen initié avec l'introduction de l'Euro.

Entre droite et gauche, les frontières se brouillent comme le montre le basculement de la politique néolibérale de gauche en politique néolibérale de droite. L'évolution de la politique des partis met en évidence une contradiction restée latente entre démocratie et liberté d'une part, et capitalisme mondialisé d'autre part. Il est nécessaire de redéfinir les frontières entre les espaces politiques émergeant.

La question de savoir quelle voie est la voie gagnante est toujours fondamentalement ouverte. La gauche cosmopolitique ne peut augmenter son pouvoir que par le biais d'alliances avec ou contre les États et avec ou contre des fractions du capital pour, en particulier, ancrer le droit des travailleurs et de l'environnement dans les règles auxquelles l'économie accepte volontairement de s'astreindre et dans les accords de commerce généraux. Les stratégies de renforcement de ce contre-pouvoir sont les suivantes :

  • l'union des multiples initiatives à condition qu'elle soit assumée comme un signe distinctif de la nature et de l'identité du nouveau cosmopolitisme ;

  • l'alliance transnationale avec des mouvements, des États et des fractions du capital sans lesquels toute action est vouée à l'échec ;

  • l'autocritique, qui met à nu son argumentation et d'où elle tire sa force tout en la mettant à l'abri d'une dérive idéologique.

2.9.L’aube du cosmopolitisme


Le combat contre la mondialisation ne peut se concrétiser que par la mondialisation de ce combat. Paradoxalement, « la résistance à une mondialisation par le haut se réalise par une mondialisation par le bas » (Richard Falk). Ainsi, la mondialisation s'impose grâce au pouvoir de ses ennemis. Cependant, le résultat de cette mondialisation par le bas n'est pas le même car il est issu de la résistance des citoyens à la mondialisation néolibérale. Les conflits qui se jouent autour de la mondialisation ouvrent l'espace à un nouvel ordre mondial du pouvoir : le régime cosmopolitique. Ses différents acteurs, les États, le capital, les Organisations Non Gouvernementales, ne peuvent parvenir seuls à imposer leur mondialisation : les ONG ne peuvent se passer de l'autorité des États ; le capital lui-même est dépendant des États et de la « morale » de la société civile. Les multiples jeux de pouvoir entre acteurs font avancer le cosmopolitisme, à la fois dans son développement, par la prise en compte de l'altérité de l'autre, et dans sa critique. Mais, in fine, seule l'instauration de nouvelles régulations internationales peut obliger l'économie à reconnaître le primat de la politique.

Transformation de la légitimité de la politique mondiale




Première modernité

Deuxième modernité




Optique nationale

Optique cosmopolitique

Cadre de référence

National / international

Transnational / cosmopolitique

Niveau / portée

Société internationale des États nationaux ; souveraineté du droit

Acteurs transnationaux ; gouvernement qui ne gouverne pas, organisations financières supranationales, organisations non gouvernementales, grands groupes transnationaux.

Sujet

Etat national, droit international

Individus, États, droits de l’homme

Source de légitimation

Vote : démocratie

Approbation : autolégitimation ; dangers qui menacent l’humanité

Type de fondation

Théorie du contrat ; inductive, de bas en haut

Droits de l’homme et domination : déductive, de haut en bas

La légitimité et la légalité du régime cosmopolitique ne peuvent provenir que de l'universalité de leurs principes fondateurs. Il s’agit d’une auto-fondation raisonnée, « s’imposant après la fin de la raison ». En effet, non seulement les États ne sont pas représentatifs des individus dans leur rapports de pouvoir entre eux, mais encore, ils ne sont pas les seuls acteurs du régime cosmopolitique. Par ailleurs, les principes cosmopolitiques (les droits de l'homme) s'étendent indépendamment de leur ratification par les États (qui précisément refuseraient leur approbation dans les cas les plus critiques). Trois sources possibles de souveraineté cosmopolitique peuvent être identifiées :

  • le droit à la raison : le régime politique se réalise par auto-fondation ;

  • le positivisme juridique : La validité des principes cosmopolitiques est établie par leur degré d'application empirique. Le régime cosmopolitique se fonde au fur et à mesure qu'il s'impose ;

  • le pragmatisme : La validité des principes cosmopolitique s'établie dès lors que le régime cosmopolitique résout globalement les problèmes globaux.

Seul le bien recèle en lui la possibilité de comprendre le bien. En d’autres termes, seul le cosmopolitisme vu comme le bien permet de comprendre le bien apporté par le cosmopolitisme. Toute critique du régime doit entraîner une mise à l'écart pour défaut de compréhension. Ainsi, dans le régime cosmopolitique, la démocratie passe-t-elle au second rang, derrière les principes « éternels » du cosmopolitisme. Pour prévenir le danger inhérent au caractère a-démocratique du régime cosmopolitique, il est nécessaire de veiller d’une part à ce que la démocratie et les droits de l’homme soient toujours associés, et, d’autre part, à faire en sorte que le cosmopolitisme lui même soit le moteur de cette fusion. Le « despotisme cosmopolitique », l’instrumentalisation par un État suffisamment puissant des dangers cosmopolitiques, pourra alors être évité.

3.Commentaires

3.1.Acteurs du méta-jeu de pouvoir


Le méta-jeu de pouvoir fait ici intervenir les États, les acteurs de l’économie mondiale et les mouvements de la société civile mondiale. Les groupes terroristes internationaux sont assimilés à des mouvements de la société civile dont la cible serait le monopole d’État de la violence. Leur fonctionnement et leurs objectifs sont-ils toutefois directement comparables ? En simplifiant, les mouvements de la société civile globale reposent sur les droits de l’homme, l’écologie. Sur quels fondements reposent les mouvements terroristes ? La légitimation des ONG repose sur leur moralité, peut-on en dire de même pour les groupes terroristes ? Alors que l’objectif principal des ONG est la construction de l’État cosmopolitique, et, in fine, la fusion avec l’État, les groupes terroristes ne semblent pas suivre les mêmes buts. Enfin, les moyens utilisés par les ONG, essentiellement la mise en perspective des risques civilisationnels au travers des média, sont à l’opposé des actes terroristes.

Dans leurs fondements, dans leurs sources de légitimation, dans leurs objectifs et les moyens qu’elles déploient pour les atteindre, les religions peuvent également révéler une nature différente de celle des ONG.

Les groupes terroristes sont des acteurs importants de la politique mondiale : ils justifient des actes importants relevant de la politique internationale depuis le 11 septembre 2001. Les religions sont également des acteurs essentiels du jeu politique mondial et sont, par nature, des organisations transnationales. Elles dirigent de nombreux États influencent la politique d’États plus nombreux encore. Quelles stratégies devront déployer les États vis-à-vis de ces autres acteurs dans la perspective de l’instauration du régime cosmopolitique ?

3.2.Le méta-pouvoir des Organisations Non Gouvernementales


Les États-nations sont en mesure d’instrumentaliser les Organisations Non Gouvernementales de multiples manières : par des moyens financiers, par l’accès à l’information, par la diplomatie… D’autre part, dès lors que l’objectif des mouvements de la société civile est l’État cosmopolitique, le développement de liens étroits avec l’État est inévitable. Qu’advient-il alors de la « moralité » des mouvements de la société civile dès lors qu’un certain nombre d’entre eux sont les instruments des États. Quel acteur utilise alors le pouvoir des risques civilisationnels et à quelle fin ?

3.3.Le caractère a-démocratique du régime cosmopolitique


Le régime cosmopolitique recèle un paradoxe entre ses fondements (les droits de l’homme en particulier) et la forme de son instauration (sa nécessaire auto-fondation). Les risques inhérents à l’auto-fondation d’un régime ne peuvent-ils pas devenir la source de pouvoirs contraires au régime cosmopolitique ? Quels seraient alors les acteurs exploitant ces risques et dans quel objectif ?

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