Cours C1 : Théorie des organisations





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2.6.Stratégies des mouvements de la société civile

2.6.1.Stratégies de dramaturgie du risque


Les stratégies de dramaturgie du risque utilisent l'écart existant entre les déclarations des grands groupes -et les gouvernements- et la réalité perçue par les masses. Cet écart trouve, sur les marchés, une résonance qui entraîne l'impossibilité de contrôler ces derniers et, en conséquence, l'impossibilité de contrôler les profits (Cf. l’exemple des plants transgéniques en Europe).

2.6.2.Stratégies de démocratisation


Ces stratégies s'appuient sur le décalage croissant entre des États fondés sur la démocratie et le déclin criant de la démocratie dans les prises de décision qui engagent le collectif. Elles s'emparent de convictions fondamentales, relatives à la dignité humaine, pour les convertir en désir d'action, en s'appuyant sur les informations fiables conjuguées à des témoignages humains (dans le cas des droits de l'homme notamment).

2.6.3.Stratégies de cosmopolitisation


Ces stratégies des mouvements de défense ont pour objectif d'affirmer le rôle des États, en raison de leur importance, en tant que créateurs de valeurs, d'institutions et de politique, dans leur projet cosmopolitique. Cependant, les mouvements de défense sont à la fois dépendant des États, pour imposer leurs objectifs, et adversaires de ces mêmes États -et des grands groupes économiques. D'un côté, leur objectif est de convertir les États aux valeurs de la société civile, de l'autre, leurs succès les rendent superflus.

2.7.Mutations de l’État et de la politique dans la deuxième modernité

2.7.1.Nouvelles formes d'État dans la deuxième modernité








Interdépendances globales dans la deuxième modernité




Position de fermeture / Protectionnisme

Position d’ouverture / ouvert au monde

Souveraineté nationale / autonome

État ethnique

État néolibéral

Souveraineté transnationale / coopérative

État transnational

État cosmopolitique / régime cosmopolitique

Dans la réalité, les modèles purs présentés dans le tableau se combinent, l'optique nationale comportant toujours historiquement quelques éléments de cosmopolitisme.

L'État ethnique


Tandis que dans la première modernité le nationalisme était dirigé vers l'extérieur (la conquête, l'assimilation de l'étranger), dans la seconde modernité, l'ethnicisme est fondé sur l'exclusion (le refus de vivre avec les autres, le rejet de l'universalisme). L'unité du peuple, de l'État, de la démocratie et de la nation, présentée comme idéal, a été détruite par la mondialisation.

La diffusion des systèmes de communication de masse (radio, télévision, ordinateur) favorise la création de réseaux transnationaux actifs qui s'opposent à l'État national. Ces réseaux provoquent des conflits centrifuge au sein des États polyethniques. La mondialisation affaiblissant l'État national, une alliance paradoxale se noue entre les acteurs de la mondialisation et les ethnicistes en vue de permettre à ces derniers de prendre le pouvoir d'un État délégitimé et dépolitisé. Autrement dit, la dénationalisation de l'État favorise sa re-ethnicisation.

Les États ethniques sont dans une dynamique de déclin :

  • l'objectif étant de fabriquer la différence ethnique, les États voisins deviennent des ennemis ;

  • l'État fait la guerre à ces propres citoyens et inversement, c'est une guerre civile d'État;

  • les institutions de base et les principes fondamentaux des droits de l'homme partent en déliquescence ;

  • les répercussions sont globales car l'indignation de l'opinion publique mondiale met les États nationaux ou cosmopolitiques dans une position de tolérance, donc de participation à ce conflit barbare.

L'État néolibéral


l'État néolibéral est la configuration Étatique dans laquelle la politique suit la logique du pouvoir économique. La probabilité que l'État national se mue en État néolibéral s'accroît au fur et à mesure que les États se disciplinent pour entrer en conformité avec l'économie mondiale, ce que le FMI peut imposer grâce au levier du crédit (le FMI contrôle au début du vingt et unième siècle plus d'un tiers des États de la planète).

Il s'agit d'un modèle d'auto-démantèlement actif du pouvoir, de la politique et de la démocratie qui étaient le propre de l'État national.

L'État transnational et cosmopolitique


Ces États utilisent les sources de pouvoir offertes par la souveraineté coopérative transnationale. Pour l'heure, ce régime prend un tour protectionniste soit global et unilatéral - c'est le cas pour les États-unis-, soit multilatéral -c'est le cas pour l'Europe. Si cette coopération servait également la reconnaissance et la garantie de la diversité, il s'agirait alors de l'ébauche d'une régime cosmopolitique.

La réaction au terrorisme global a montré l'efficacité de la coopération transnationale des États. Ces derniers ont cependant plusieurs handicaps :

  • ils jouent en second, après le pouvoir économique mondial ;

  • ils jouent contre un pouvoir économique diffus et mobile ;

  • ils souffrent d'un déficit de légitimation du à la mondialisation ;

  • ils sont handicapés par les égoïsmes qui les isolent les uns des autres.

La pluralisation du monde des États


Du régime de l'État-nation, les États évoluent en ordre dispersé vers les catégories citées précédemment. La question de l'équilibre entre ces nouveaux États se pose dès aujourd'hui au travers, par exemple, du décalage, sur la question de la protection du climat, entre la position des Etats-Unis, celle d'un État national hégémonique, et celle de l'Europe, plus cosmopolitique. Cependant, ce problème n'a été jusqu'ici ni reconnu ni traité.

Quant à connaître les chances de réussite des différentes formes d'État, celles-ci peuvent être évaluées par l'étude des conflits de possibilités : est-il possible de pratiquer une ethnicisation de l'État tout en restant dans le marché mondial ?
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