Cours C1 : Théorie des organisations





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2.2.Critique de l'optique nationale

2.2.1.Le cosmopolitisme


Le cosmopolitisme trouve ses racines dès l'antiquité (Diogène), à l'inverse du nationalisme qui relève de l'histoire récente (XVIII et XIX siècle). Le cosmopolite est à la fois citoyen du monde (Cosmos) et citoyen de l'État (de la citée, polis), il est l'égal des autres citoyens du monde mais différents des citoyens des autres États. Le cosmopolitisme relève de la distinction inclusive (et - et) tandis que le nationalisme relève de la distinction exclusive (ou – ou) : l'altérité de l'autre est reconnue dans l'égalité.

Le cosmopolitisme se distingue de l'universalisme de la dissemblance et de l'infériorité qui conduit à l'asservissement. Il se distingue également et de l'universalisme de la ressemblance et de l'égalité qui conduit à la conversion au sens religieux du terme. Ces deux types d'universalismes justifient par ailleurs le recours ultime à la violence physique.

Le multiculturalisme, quant à lui, se fonde sur l'existence de groupes homogènes intégrant les individus. Il s'oppose à l'individualisation. À l'inverse, le cosmopolitisme présuppose l'individualisation, c'est à dire l'appartenance simultanée des individus à des communautés différentes qui peuvent éventuellement s'exclure.

2.2.2.Déconstruction du nationalisme


Selon John Dewey, l'opinion publique ne naît pas des décisions de la collectivité publique mais des conséquences de ces décisions. En d'autres termes, c'est de la perception du risque que naît l'espace public. Dans la société globale du risque, cet espace n'est plus national mais global : le réchauffement planétaire constitue une menace reconnue par tous, justifiant l'adoption de normes mondiales et la conduite d'actions communes. Il existe d'ores et déjà une politique entre individus de pays différents qui se matérialise par la création des tribunaux internationaux, d'organisation supranationales ou encore par la création d'organisations non gouvernementales.

En corollaire, l'action politique ne présuppose pas l'existence de liens sociaux dans un cadre ethnique et un territoire défini. Fondé sur la « communauté préexistante » – les « peoples » et non les États ou les citoyens individuels (John Rawls : The Law of Peoples) – et sur le territoire, le nationalisme méthodologique s'effondre et apparaît comme un mode d'organisation mondial propre à la première modernité.

2.2.3.Erreurs du nationalisme méthodologique


Le nationalisme méthodologique est la source des erreurs systématiques suivantes, mises en évidence par la Nouvelle Théorie Critique.

  1. La transposition de catégories héritées de l'optique nationale dans l'analyse : on considère comme externes des éléments qui deviennent internes par le jeu de la transnationalisation (les risques mondiaux, les normes mondiales, la société civile mondiale, l'économie mondiale).

  2. La distorsion due à la fixation sur l'État-nation et non sur l'État : la dénationalisation de l'État apparaît comme une perte de souveraineté alors que, sous l'angle cosmopolitique, elle peut être perçue comme une étape fondamentale de la cosmopolitisation de l'État, donc de son redéploiement. D'autre part, alors que l'État néolibéral met son pouvoir au service de sa mise en conformité avec le marché mondial (privatisation, dérégulation...), que la gouvernance consiste à s'en remettre à la société civile mondiale pour démocratiser l'autorité et le pouvoir supranationaux, l'optique cosmopolitique s'oppose à la désétatisation de la pensée politique.

  3. Le caractère anhistorique et abstrait de l'État : la mondialisation économique, culturelle et politique change la signification du terme « État » (État concurrentiel, glocal, néolibéral, cosmopolite...);

  4. L'occultation du problème de la justification du pouvoir et de la domination supranationale : le nationalisme méthodologique conçoit la légitimité supranationale comme issue de l'ordre des États-nations, par l'intermédiaire des traités notamment (théorie du contrat). Or le régime de la deuxième modernité n'est pas une simple projection au niveau mondial de l'ordre de l'État-nation.

2.2.4.Nationalisme méthodologique, cosmopolitisme méthodologique, nihilisme méthodologique : synthèse








Première modernité : nationalisme méthodologique

Deuxième modernité : cosmopolitisme méthodologique

Postmodernité : nihilisme méthodologique

Frontière

Correspondance des frontières : la distinction nationale entre l’intérieur et l’extérieur domine quelque soit le thème ; l’appartenance politique est d’emblée donnée et exclusive

Politique des frontières : l’intérieur et l’extérieur se mêlent différemment selon le thème ; les frontières doivent être à chaque fois déterminées et justifiées ; appartenance politiques plurielles, pouvant en partie être choisies.

Disparition des frontières : « networks », « flows », « scapes ».

Classe / inégalité sociale

Sociologie nationale centrée sur l’état : les inégalités sociales sont thématisées uniquement et exclusivement à l’intérieur du cadre national (« hiérarchie consonante ») ; distinction ethico-nationale entre mobilité et migration.

Sociologie transnationale désétatisée : les inégalité sociales sont thématisées à l’échelle de la société mondiale et à plusieurs niveaux : global, transnational, intranational ; « hiérarchies divergentes – dissonantes » ; migration conçue comme mobilité (d’ascension sociale) à l’échelle de la société mondiale.

Théorie de la civilisation du global : industrie culturelle globale, exclusion locale (« useless poor »).

Ethnicité / culture

Culture hégémonique du ou bion – ou bien ; prémisses d’homogénéité dominées par la majorité ; « problèmes des minorités » ; essentialisme caché ; universalisme négateur des différences ; la race et l’espace constituent un discours potentiellement très dangereux ; objectif politique : assimilation et intégration

Culture limitée du et – et : typologie des formes de vie transnationales. Dilemmes et contradictions de la culture cosmopolitique ; métamorphose quantitative et qualitative des majorités en minorités et inversement ; reconnaissance ethniques ; désessentialisé.

Culture sans frontières du et – et : pluralité sans hiérarchie (« hybride ») ; coexistence universelle des différences culturelles, identités désessientialisées, susceptibles d’évoluer.

Éthique

Éthique de l’exclusion : l’Autre absent ; prédominance du particulier face à l’universel

Éthique de l’exclusion inclusive : l’Autre présent ; prédominance de l’universel fac au particulier (« nation cosmopolitique »)

Éthique du relativisme universel. Incommensurabilité des points de vue ethniques spécifiques à chaque contexte.

Économie

Distinction entre économie domestique et industrie (familiale et marché) dans le cadre normatif national ; passage des sociétés agraires avec des marchés locaux, dans lesquelles les techniques de production sont restées inchangées durant des siècles, et où le lien social se fondait sur une croyance et des rituels religieux communs, à une modernité nationale où économie de marché, démocratie et culture nationale se conditionne réciproquement et dominent.

Distinction entre État national et économie mondiale : réorganisation dé- ou extra territorialisée de l’économie sans cadre normatif d’un état mondial ; apparition d’une société mondiale de marché et du moi, où le capital, mais pas le travail, a acquis une mobilité sans limites, où les populations sont en majorité urbanisées, où les religions et ethnicités sont pluralisées et les inégalités sociales radicalisées

Crises et contradictions culturelles du capitalisme global. (postmoderne).

État – politique

Fusion en apparence nécessaire de l’espace et de la politique : État = État territorial = État national ; assimilation de la souveraineté à l’autonomie ; l’indépendance des États, l’autodétermination nationale et l’accomplissement des tâches centrales nationales (prospérité, droit, sécurité) coïncident.

Découplage de l’espace et de la politique : déspatialisation de l’état et de la société (« État cosmopolitique ») ; distinction entre souveraineté et autonomie ; les tâches nationales doivent être accomplies à l’échelle transnationale ; la perte d’autonomie peut apporter un gain de souveraineté.

Vision du monde post-politique.
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