Cours C1 : Théorie des organisations





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Pouvoir et contre-pouvoir à l’ère de la mondialisation

Ulrich Beck

Cours C1 : Théorie des organisations

Philippe Mocquard

1.L’auteur


Ulrich Beck est né en 1944 en Allemagne. Il est aujourd’hui professeur à l’université de Munich et à la London Business School. Ulrich Beck est très étudié dans les universités d’Europe du Nord, du Royaume-Uni et du Canada, notamment depuis la traduction en 1992 de « La société du risque » en anglais. Il rencontre moins de succès en France ou « La société du risque » n’a été traduit qu’en 2002.

Bibliographie


  • Risk society : towards a new modernity (1986)

  • Counter poison (1991)

  • Ecological enlightenment (1992)

  • Ecological Politics in an age of risk (1994)

  • The normal chaos of love (1995)

  • The reinvention of politics : rethinking modernity in the global social order (1996)

  • Democracy without enemies (1998)

  • What is globalization (1999)

  • The brave new world of work (2000)

  • Global America ? The Cultural Consequences of Globalization (2003)

  • Pouvoir et contre-pouvoir à l’ère de la mondialisation (2003 en Français)

Postulat


La politique mondiale peut être modélisée au travers du concept de méta-jeu dont les acteurs sont le capital global, les mouvements de la société civile et les États-nations.

Hypothèses


Les politiques des États, de même que les sciences politiques, restent confinées aux horizons nationaux tandis que, pour leur part, les acteurs économiques et les mouvements de la société civile jouent dans l’espace global. De ce fait, le politique n’est plus en mesure de répondre aux problèmes posés par la mondialisation.

Le régime cosmopolitique, fondée sur les principes des droits de l’homme et de la démocratie, constitue la seule alternative réaliste permettant de rétablir le primat du politique sur le pouvoir économique, dans le respect des valeurs humaines universelles.

2.Résumé

2.1.Nouvelle théorie critique

2.1.1.Dans le méta-jeu de la politique mondiale, les règles issues de la première modernité ne s'appliquent plus


La nouvelle théorie critique se propose d’expliciter la politique mondiale au travers du concept du méta-jeu. La théorie du méta-jeu repose sur la logique de modification des règles : les rapports de pouvoir existant entre les institutions et les organisations changent et se renversent. Ainsi, cohabitent au même moment une politique établie et une politique alternative en constante redéfinition. La confusion entre catégories, acteurs et règles, la réécriture permanente du scénario est la nature même du méta-jeu. Le méta-jeu de la politique mondiale met en scène trois types d'acteurs : les acteurs de l'économie mondiale, les acteurs de la société civile et les États-nations qui deviennent ainsi des enjeux de pouvoir. Tandis que dans la première modernité l'ancien jeu de la politique mondiale mettait en scène un seul type d'acteur : l'État-nation.

2.1.2.Les acteurs du méta-jeu de la politique mondiale


La notion d'acteur de l'économie mondiale se réfère à des actes non coordonnés réalisés par des entreprises ou par des flux financiers dont les conséquences secondaires font pression sur les autres acteurs. Les groupes terroristes internationaux entrent dans cette catégorie. Le capital mondial joue dans l'espace global sans reposer sur une organisation propre. À l'inverse, les États et les mouvements de la société civile disposent d'une organisation établie, mais ils doivent se constituer politiquement dans l'espace global.

La fabrication et l'utilisation ou la consommation des même produits à l'échelle mondiale entraîne de fait l'émergence du « consommateur mondial » en tant que contre-pouvoir. Ce contre-pouvoir se fonde sur la possibilité qu'a le consommateur de ne plus acheter et de pénaliser ainsi un produit donc un acteur de l'économie mondiale. Face à ce pouvoir du consommateur mondial, les acteurs de l'économie mondiale ne disposent d'aucune riposte car il n'y a aucun danger (risque) à ne pas consommer un produit particulier. Cependant, ce pouvoir est limité car, d'une part, il présuppose un pouvoir d'achat, et, d'autre part, il dépend de la capacité des consommateurs à s'organiser.

La stabilité de la politique mondiale repose sur la rénovation des règles du jeu la régissant, abandonnant les anciennes catégories du champ national et inter-national pour s'ouvrir à l'époque cosmopolitique. L'État, seul acteur du méta-jeu restant au niveau national, doit se transnationaliser, se cosmopolitiser pour enrayer le déclin de son pouvoir à l'échelle mondiale. Les États qui s'accrochent aux anciennes règles du jeu inter-national ne peuvent pas gagner ; ils ne peuvent ni découvrir ni mettre en oeuvre les nouvelles sources de pouvoir existant dans le nouveau contexte de la politique mondiale.

2.1.3.Enjeu du méta-jeu et espace des possibilités


En simplifiant, l'objectif du capital est d'instrumentaliser l'État et la théorie de l'État à son profit, sous la forme d'un État néolibéral, pour légitimer ses actions. Son « programme » est autorégulé et auto-légitimé. La société civile mondiale, pour sa part, a pour objectif de développer les liaisons entre la société civile et les États, créant ainsi une forme cosmopolitique d'étaticité. Elle tire sa légitimité de sa « moralité ».

Dans la première modernité, les institutions internationales ne pouvaient être légitimées qu'au travers des États-nations. Dans la seconde modernité, le cosmopolitisme dispose de sources de légitimation autonomes issues en particulier des droits de l'homme associés à « l'autorité » qui permet, en cas de conflit, de les imposer. Ces sources de légitimation peuvent toutefois déboucher sur un « faux cosmopolitisme » qui les instrumentalise. Ainsi, le risque terroriste a légitimé le recours aux armes à des fins de défense intérieure, des déclarations de guerre à des États sans agression préalablement constatée de leur part, à l'instauration d'un État d'urgence et, enfin, un recul du droit au niveau international et à l'intérieur de chaque pays. De la même façon que la perception du risque terroriste a été utilisé par les États pour justifier leurs actions, la perception des risques écologiques et financiers globaux, est un levier puissant pour les États et pour la société civile. L'enjeu du méta-jeu de pouvoir est bien le fondement de la légitimation du politique.

Les stratégies possibles, pour chacun des trois groupes d'acteurs, renvoient aux possibilités d'interaction entre eux. L'optique nationale empêche les États-nations de prendre la mesure des possibilités s'offrant à eux. Tous les indicateurs utilisés pour mesurer la globalisation présupposent l'existence du national et de l'international ; ils obéissent par définition à la logique nationale. Par exemple, la mesure donnée par l'indicateur du commerce international, censé exprimer le volume des échanges entre États, les produits vendus, ne reflète pour l'essentiel que les déplacements de marchandises, ni vendues ni achetées, entre les différentes filiales géographiques d'entreprises mondiale, c'est à dire un commerce intra-entreprise (pour 50% du total). La réalité de la globalisation n'est pas mesurée.

Dans ce contexte, les marges de manœuvre sont importantes pour tous les acteurs et particulièrement pour les États car :

  • la pression créée par la mondialisation est moins forte qu'on le suppose ;

  • dans de nombreux domaines, les acteurs sont dans l'attente de régulation et de coopération à l'échelle internationale ;

  • la mondialisation ne balaie pas purement et simplement les institutions existantes ;

  • la mondialisation a des effets très variables sur la capacité d'action des États.

2.1.4.Nationalisme et cosmopolitisme dans les champs politiques et sociologiques


La foi en l'État national est en général justifiée par le fait que la démocratie n'a été réalisée, et ne serait réalisable, qu'au sein de l'État-nation. Dans ce contexte, société signifie société d'État national. L'État et son gouvernement sont la pierre angulaire de l'analyse politologique. Cette perspective a valeur dans le champ politique, c’est l'optique nationale, et dans le champ sociologique, il s’agit alors du nationalisme méthodologique. Elle fait appel aux notions d'homogénéité culturelle, de communautarisme et de multiculturalisme. À l'instar de la notion d'économie nationale, la notion de sociologie nationale est en bout de course.

À l'inverse, le cosmopolitisme méthodologique considère que l'appartenance à une culture liée à un territoire et close sur elle-même est un non-sens car il est impossible de dire, à un moment donné, si on appartient à telle culture ou à telle autre et dans quelle mesure. Au contraire, il considère comme normal de vivre entre plusieurs cultures, d'avoir plusieurs origines. Il reconnaît les modes de vie transnationaux, les organisations et dynamiques transnationales, supranationales et leurs sources de pouvoir.

2.1.5.Exemple de l’application de la Nouvelle Théorie Critique aux inégalités sociales


Pourquoi, alors que les inégalités mondiales progressent, les États ne prennent-ils aucune initiative ?

Le rapport de la Banque Mondiale publié en mars 2002 indique qu'entre 1960 et 2000, la part du revenu mondial perçu par les 20% les plus riches de la population mondiale est passée de 70% à 90%, tandis que celle allant aux 20% les plus pauvres est passée de 2,3 à 1%. L'aide au développement a diminué de 20% entre 1990 et 2002. Chaque année, 200 milliards de dollars transitent du Sud vers le Nord pour le seul service de la dette, tandis que le flux de capitaux privés du Nord vers le Sud a diminué en 2001 pour la cinquième année consécutive et a perdu 100 milliards de dollars en 2002 par rapport à sa valeur de 1997.

En son sein, l'État-nation détermine et légitime les inégalités au nom d'un principe de performance : la répartition inégale et légitime du revenu, par exemple. Les inégalités sont reconnues et acceptées par les plus démunis. Leur perception présuppose l'existence au sein de l'État-nation de normes d'égalité, entre hommes et femmes, pour l'habitation, pour l'enseignement, par exemple. Ces dernières empêchent, en l'absence de telles normes au niveau mondial et donc de champs de perception communs, de percevoir les inégalités en dehors des frontières de l'État. La comparaison entre nations est impossible car les inégalités mondiales sont hors des champs de perception nationaux. Ainsi, en ramenant les inégalités mondiales à son cadre de référence, l'État-nation les fragmente, les exclut et, de ce fait, les pérennise et légitime l'inaction.

2.1.6.Objectifs de la Nouvelle Théorie Critique


Le nationalisme méthodologique est remis en question par les évolutions suivantes :

  • la porosité croissante des frontières (l'émigration) ;

  • la mondialisation interne des champs d'expérience nationaux (droits de l'homme, critères d'égalité...) et des modèles nationaux de stratification sociale ;

  • l'émergence de nouveaux modèles transnationaux d'inclusion et d'exclusion (les conditions de vie dans les capitales mondiales).

Dans ce contexte la Nouvelle Théorie Critique se fixe les buts suivants :

  • identifier les formes et les stratégies d'occultation des réalités cosmopolitiques ;

  • critiquer la circularité nationale ;

  • proposer de nouvelles stratégies de recherche et de nouveaux concepts pour dépasser les routines existantes ;

  • re-imaginer le politique.
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