Politiques d'immigration de travail et construction nationale en Jordanie





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Politiques d'immigration de travail et construction nationale en Jordanie

(1975-2002)

Françoise De Bel-Air

Fait négligé par les tenants de l'économie néoclassique, les politiques des états ne laissent que peu de place aux régulations dites « naturelles », dictées par les lois du marché, de l'offre et de la demande (Wallerstein, 1974 ; Massey, 1999 : 303). L'immigration, plus particulièrement, fait l'objet de politiques élaborées par les pays d'origine et d'arrivée, car elle cristallise des perceptions liées « aux conceptions, aux mythes du pays, de la nation, de l'Histoire et des origines, au peuple, à la citoyenneté et au bien public ». Les politiques d'immigration sont donc « l'expression de l'intérêt national d'un état » (Hammar, 2001 : 19).

Dans cet esprit, on étudiera le rôle des politiques encadrant les migrations de travail dans le processus de construction nationale en Jordanie, du milieu des années 1970 à nos jours. Le premier chapitre reviendra sur le développement des migrations internationales massives affectant la Jordanie à partir de 1973. Le second chapitre évoquera l'évolution des dynamiques spécifiques de l'immigration de travail vers la Jordanie et les mutations radicales des politiques les gouvernant, dans le contexte bouleversé des années 1990. Au troisième chapitre, on confrontera politiques et pratiques, ce qui mettra en relief l'instrumentalisation de l'immigration de travail pour un contrôle des paramètres de la transition politique en cours dans le pays. La fin de la politique de la « porte ouverte » pour les travailleurs arabes, l'encouragement à l'emploi de la main-d'œuvre jordanienne redéfinissent en effet les limites du marché du travail national mais surtout, par extension, les paramètres de la citoyenneté et les limites de la Nation.
1. 1973-1992 : transition des dynamiques migratoires en Jordanie
1.1. émigration massive et développement de l'état rentier
Après la guerre de 1973 et la hausse des prix du pétrole, de nombreux Jordaniens, chômeurs ou exclus des réseaux de redistribution du capital1, quittent le pays pour les marchés du Golfe (graphique 1)2. Leurs effectifs croissent régulièrement, soutenus par le second boom pétrolier de 1979. Le nombre de travailleurs migrants, d'après les estimations les plus couramment utilisées, aurait triplé en une décennie, passant de 103 000 en 1970 à 305 000 en 1980.

Conséquence de ces mouvements, au milieu des années 1980, 40% de la population active employée travaille hors de Jordanie. Le chômage, supérieur à 12% dans les années 1950-1960 (Samha, 1990 : 215-227), encore élevé dans la Jordanie d'après 1967, est ramené à une situation de relatif contrôle de l'offre de main-d'œuvre.

L'implication du gouvernement dans le processus d'émigration est minimale et reste officiellement qualifiée de « politique de la porte ouverte ». Cette liberté laissée aux mouvements des émigrants s'inscrit d'ailleurs dans la vision politique panarabe du roi Hussein3, et assimile les migrations à l'une des dimensions du processus d'intégration dans le monde arabe4.

Mais plus encore, l'émigration des travailleurs jordaniens vers les pays du Golfe est directement liée à l'attribution des aides arabes à la Jordanie. La politique de laisser-faire à l'égard de l'émigration permet d'éviter des tractations avec les riches pays arabes. Afin de garantir la stabilité du pays et la régularité des flux de main-d'œuvre, ceux-ci versent de généreux montants à l'aide au développement en Jordanie : cette aide arabe représente donc une part irremplaçable de son PIB jusqu'au milieu des années 1980 (tableau 2). Ce système économique, contrôlé, selon la plupart des auteurs, par l'état, entraîne l'application du qualificatif d'état (semi-)rentier à la Jordanie (Beblawi/Luciani, 1987)5 ; le recours soutenu aux aides étrangères permet au régime de contrôler les modes de formation des groupes d'intérêt et de pression, constitués en fonction du type de revenus dont ils dépendent (Anderer, 1992).

Protection du revenu rentier de l'état et de sa répartition, l'émigration génère également, à partir de 1973-1975, un afflux de biens privés : les remises des travailleurs émigrés. Leur part importante dans le PIB (tableau 1) compense les effets de la nature clientéliste des relations état-société et de la nature improductive de l'économie. La hausse des revenus des familles entraînée par l'afflux des remises et l'accroissement de la masse monétaire disponible ont permis une progression du niveau de vie et la création d'une société de consommation en Jordanie. 70 à 80% du montant des remises sont absorbés par des produits de consommation importés. L’éducation des enfants et le logement canalisent également une partie de ces fonds, qui ne font pas l’objet d’investissements productifs (Samha, 1990 : 215-227) : ceci évite en retour une rationalisation de l'économie, déstabilisante pour le système de redistribution existant. Grâce à l'émigration des années 1970, c’est donc l'état mais aussi l'économie (Brand, 1994) qui se « rentiérisent ».
1. 2. Appel à la main-d'œuvre immigrée
à partir du milieu des années 1970 et en relation avec l'émergence de la rente, des flux d'immigration vers la Jordanie se développent rapidement (tableau 3) : le nombre de permis de travail est multiplié par 5,5 entre 1976 et 1979. Le tableau suggère également la forte part des travailleurs illégaux dans la main-d'œuvre immigrée, proportion qui oscille entre un et deux tiers des travailleurs jusqu'au milieu des années 1980.

Jusqu'à cette date en effet, si l'accès des non-Arabes au marché du travail jordanien était limité par la nécessité d'obtenir un permis de travail avant l'entrée dans le pays, la loi jordanienne permettait aux ressortissants des pays arabes d'y entrer librement et d'y résider sans permis de séjour6, à la condition toutefois de ne pas y travailler (Dib, 1979a : 15). Une autorisation du ministère du Travail était nécessaire afin d'embaucher un étranger, l'employeur restant tenu de recruter des travailleurs arabes en priorité sur les travailleurs non arabes7. Le développement important du travail clandestin des Arabes, résultant de la confusion entre l'entrée sur le territoire et l'exercice d'une activité, a pourtant été toléré jusqu'à la première tentative de régularisation massive des travailleurs illégaux en 1984.

à cette date, 93% de la main-d'œuvre est composée de personnes originaires des pays arabes, dont 90% dgyptiens (Royal Scientific Society – RSS – 1986). Les Asiatiques pour leur part détiennent au début des années 1980 environ 40% de l'ensemble des permis de travail délivrés, mais cette proportion comme on l'a vu ne traduit pas leur part exacte dans la population des travailleurs immigrés, en raison de la forte proportion de travailleurs illégaux.

Enfin, presque 90% des immigrants sont employés dans les secteurs de la construction, de l'agriculture, des services (tableaux 4 à 6). Leur répartition selon le niveau d'éducation indique que plus de la moitié d'entre eux détient un niveau d'études inférieur au secondaire. également, une majorité des migrants est non qualifiée.

Ceci incite à questionner la représentation, presque unanime chez l'ensemble des auteurs et policy-makers jordaniens et étrangers, de l'immigration de travail comme remplacement à la main-d'œuvre jordanienne expatriée. Cette représentation a justifié à la fois le recours à l'importation de main-d'œuvre depuis les années 1970 et, depuis la fin des années 1980, un discours politique stigmatisant celle-ci comme indésirable et responsable du chômage rencontré par les Jordaniens. De fait (tableaux 4 à 6), les caractéristiques professionnelles et éducationnelles des mains-d'œuvre locales non expatriées et immigrées sont différentes. On voit aussi que les deux populations n'opèrent pas dans les mêmes secteurs d'activité ni n'occupent les mêmes catégories professionnelles. Les travailleurs étrangers sont principalement employés dans l'agriculture et la construction, alors que les travailleurs locaux sont plutôt des employés « en col blanc », malgré leur catégorie professionnelle peu élevée.

Il en va de même pour les profils respectifs des immigrants et des Jordaniens expatriés : la répartition éducationnelle et professionnelle de ceux-ci, au moment de leur départ, ne correspond pas à celle des immigrants. Les migrants pouvant être qualifiés de remplacement aux Jordaniens expatriés (les techniciens, les travailleurs spécialisés) constituent à peine 6% de l'ensemble.

La part la plus importante des migrants se compose en réalité de travailleurs « secondaires » (secondary labour), employés dans des secteurs peu prisés par les Jordaniens parce que mal rémunérés, comme suggéré par la théorie du remplacement de l'émigration « primaire »8. Cependant, la particularité de ces secteurs d'emploi est qu’ils n’ont été développés qu'à partir de la fin des années 1970, par l'accroissement de la population, par la mise en place de plans de développement (dans l'agriculture par exemple) et par la prospérité nouvelle apparue en Jordanie grâce à la rentiérisation de l'état et de l'économie : l'émergence des services domestiques découle de l'apparition de nouveaux « besoins » stimulés par la rentiérisation de l'économie et des revenus des ménages. Les secteurs de la construction et celui de l'habitat enfin, ayant beaucoup bénéficié des retombées rentières dans l'ensemble du pays (Czichowski, 1991 : 303-327), emploient exclusivement des étrangers.

L'hypothèse d'un remplacement de la main-d'œuvre expatriée par les travailleurs étrangers ne tient donc pas. L'immigration a répondu à la mobilité ascendante de la population jordanienne non expatriée (ou l'a stimulée), la rentiérisation de l'économie ayant développé les ambitions de celle-ci en termes de salaires et de statut professionnel (job ladder effect) (Czichowski, 1990), malgré les niveaux d'éducation et de qualification peu élevés de cette population. Le marché de l'emploi en Jordanie jusqu'au milieu des années 1980 peut donc être qualifié de segmenté, selon la théorie du double marché du travail (dual labor theory).
émigration et immigration se conjuguent donc pour faire de la Jordanie un pays rentier, dont l'économie reste non productive. L'immigration de main-d'œuvre n'a pas répondu à une pénurie dans certains secteurs de l'économie, mais a servi le développement de nouveaux secteurs, tels ceux des services et de la construction, stimulés par l'émergence de cette rentiérisation de l'état et de l'économie. Enfin, les politiques d'émigration mais aussi d'immigration mises en place encouragent l'inscription des mouvements migratoires dans un système arabe moyen-oriental. Selon l'hypothèse que les limites attribuées au marché du travail et à son accès participent de la définition du territoire national9, cette perception du marché du travail comme arabe et non jordanien sous-tend une perception particulière du territoire jordanien : elle sert les ambitions de domination territoriale particulières à la dynastie hachémite, sa vocation à régner sur la Grande Syrie ancrée dans le rôle de leaders assumé par les Hachémites lors de la Grande Révolte arabe de 1916.
1.3. 1985-1992 : migrations de retour, migrations forcées et chute des revenus de la rente
Pourtant, cette décennie de développement de l'état rentier en Jordanie s'achève en 1985, avec le retour des premiers travailleurs expatriés dans les pays producteurs de pétrole, suivi du déclenchement de la seconde guerre du Golfe. Cette situation affecte le contexte de la présence immigrée en Jordanie.

Durant la première moitié des années 1980, la baisse des revenus pétroliers entraîne une récession au sein des économies des pays producteurs. De nouvelles politiques y sont mises en place, qui ont pour effet le remplacement progressif de la main-d'œuvre arabe par une main-d'œuvre asiatique. Le nombre de travailleurs émigrants jordaniens cesse alors d'augmenter de façon marquée à partir de 1983-1984 et des flux de retour font leur apparition. En conséquence, on observe une chute des montants de l'aide arabe versée à la Jordanie et des remises des émigrés au début des années 1980 (tableau 2 et graphique 2).

Le début de la décennie 1990 voit le troisième exode forcé de population vers le royaume en moins de quarante ans : 300 000 des 4 à 5 millions de personnes déplacées en raison de la « crise du Golfe » de 1990-1991 s'installent en Jordanie, des ressortissants du pays qui pourtant, pour la plupart, n'y avaient jamais vécu. Cette situation a eu de très fortes répercussions non seulement démographiques mais également économiques10 sur le pays d'accueil. L'effectif total de la population nationale augmente de 8 à 9%, portant les taux de chômage à plus de 30% (ESCWA, 1992) alors que la contribution au PIB des flux de remises des travailleurs expatriés tombe sous la barre des 10% en 1991 (tableau 1)11. La pauvreté marque une hausse à 19,8% en 1991, l'épargne rapportée du Golfe par les ménages s'épuisant rapidement (HKJ, 1991) et la forte pression exercée sur les infrastructures ayant entraîné une hausse générale des prix. L'aide arabe se tarit également, en raison de la position affichée par le roi Hussein, perçue comme favorable à l'Irak12.

Au plan politique enfin, l'afflux des returnees signe la perte de confiance à l'égard des régimes arabes et l'échec patent du nationalisme arabe (Shami, 1996). Le remplacement progressif des travailleurs arabes par les Asiatiques, puis la rupture brutale de la guerre du Golfe ont eu raison des représentations du marché du travail arabe, du dépassement des clivages nationaux par l'identité partagée et les valeurs communes.

2. L'immigration après la guerre du Golfe
Les mutations du contexte de l'immigration de travail, entraînées par les mouvements de retour à partir du milieu des années 1980, voient leur effet amplifié en Jordanie par une série de mesures et d'événements, dérivés en partie de la chute du revenu de la rente, qui changent le contexte politique et les modalités d'accès au capital pour les citoyens.
2.1. Contexte économico-politique
La rupture des relations administratives et juridiques entre la Jordanie et la Cisjordanie, annoncée par le discours à la Nation du 31 juillet 198813 de même que la signature des traités de paix – d'une part entre l'OLP et Israël à Oslo en 1993, puis entre la Jordanie et Israël à Wadi Araba en 1994 d'autre part – nous semblent avoir un lien direct avec les particularités des mutations du contexte de la présence des migrants de travail en Jordanie. En effet, ces deux types d'événements engagent un processus de construction identitaire à référent national et non plus arabe14.

Un autre fait intervient avec la signature du premier plan à moyen-terme d'ajustement structurel avec le FMI et la Banque mondiale15. À cette époque, la dette extérieure de la Jordanie s'élevait à plus de 6 milliards US$ en 1988 en raison du recours à l'emprunt international pour compenser la chute des montants des remises des migrants. Le désengagement forcé de l'état par la privatisation des moyens de production et la rationalisation de l'économie a donc bouleversé l'édifice des relations état-société sous-tendant la stabilité du régime hachémite, à savoir la redistribution clientéliste des ressources.
2.2. Persistance de l'immigration
Pourtant, malgré les redéfinitions identitaires de citoyenneté et l'essoufflement du mythe panarabe, malgré le retour des émigrés et la crise économique culminant à la fin de la guerre du Golfe, l'augmentation de la population et l'essor du chômage, malgré encore les revendications touchant à une reformulation des liens état-société et des modalités de l'accès aux ressources, il ne semble pas que les effectifs bruts de travailleurs immigrés aient subi de profondes mutations.

L'évolution du nombre des travailleurs immigrés est difficile à appréhender par les sources disponibles, à savoir le nombre de permis de travail accordés. En effet, les aléas de la législation sont tels qu’ils permettent de régulariser la situation des immigrés en cas, par exemple, d'amnistie des pénalités pour les travailleurs illégaux ou, au contraire, de maintenir ceux-ci dans la clandestinité. Les fluctuations du nombre de permis de travail accordés selon l'année ne reflètent donc que celles des politiques appliquées aux immigrés. Les effectifs totaux de travailleurs étrangers enregistrés officiellement en Jordanie à l'issue de la guerre du Golfe (détenteurs d'un permis de travail) montrent ainsi un pic artificiel en 1992, correspondant à une amnistie générale décrétée par le roi Hussein, qui a permis à beaucoup de travailleurs illégaux de régulariser leur situation.

Le nombre réel de travailleurs étrangers était estimé à 200 000-250 000 en 1990 par le ministère du Travail (Al-Khasawneh, 1992). Cette année-là, les travailleurs illégaux avaient été officiellement déclarés indésirables : 100 000 d'entre eux devaient par conséquent quitter le pays. Après le début de la crise du Golfe, 50 000 égyptiens furent expulsés et on prévoyait le renvoi de 70 000 sur les 90 000 travailleurs de ce pays16. La Jordanie ayant nié ces intentions, un rapport publié en mars 1991 indiquait que, sur environ 170 000 travailleurs étrangers restant en Jordanie, une minorité seulement disposait de permis de travail en règle. Sur les milliers d'expulsions prévues, seules 700 furent effectuées (Feiler, 1993 : 31). On peut toutefois remarquer que le nombre de permis de séjour diminue depuis un maximum observé entre 1982 et 198517, jusqu'en 1991, année de l'accueil des returnees (tableau 3). L'amnistie ayant été déclarée l'année suivante, le renouvellement de 96 416 titres de séjour paraît donc paradoxal dans une situation économique tendue. Encore une fois, la présence de migrants étrangers reste pourtant sans lien avec le nombre de permis de travail accordés annuellement (graphique 3), ce qui traduit une politique de maintien de la main-d'œuvre dans l'illégalité.

En 1991, la part des étrangers était estimée officiellement à 14% de la force de travail par le Plan quinquennal (HKJ / MP, 1993 : 37), soit 128 000 personnes. En 1996, selon les estimations du ministère du Travail, le nombre de travailleurs étrangers s'élevait à 255 000, traduisant une nette reprise, ou la persistance d'une immigration de travail malgré les conséquences de la guerre du Golfe et les niveaux de chômage élevés.

également, la distribution des migrants par nationalité reste identique à celle des années 1970-1980 : les Arabes constitueraient toujours, officiellement, de 70 à 80% de l'ensemble des migrants. La Jordanie n'a donc pas procédé au remplacement de la main-d'œuvre arabe par une main-d'œuvre asiatique.
2.3. Les discours sur l'immigration
2.3.1. Durcissement des politiques officielles ou promotion du travail clandestin ?
Même si les niveaux d'immigration de travail restent élevés, l'accélération des migrations de retour et la hausse des taux de chômage entraînent les premières mesures visant officiellement à l'élaboration d'un encadrement et d'une limitation de l'immigration. En 1986, la Société scientifique royale énumérait ces politiques comme suit (RSS, 1986 : 49-51) :
Politiques « indirectes » :
Ces politiques visaient à limiter l'exode des travailleurs jordaniens vers l'étranger et, en conséquence, à limiter le recours à l'immigration par :

- l'introduction de politiques d'attribution d'avantages sociaux aux travailleurs jordaniens, à savoir une sécurité sociale (retraites, assurances...), une amélioration des conditions de travail, l'ouverture de coopératives d'achat à l'usage des fonctionnaires et l'attribution de logements aux travailleurs jordaniens ;

- l'encouragement à l'emploi des nationaux et plus particulièrement de la main-d'œuvre féminine. Cette politique du développement de l'emploi des femmes passe par celui de l'éducation féminine, par la législation et par le développement d'infrastructures (crèches). Ces mesures sont supposées être renforcées par « le changement social survenu dans ce domaine, spécialement au cours des années 1970 et 1980 » (RSS, 1986) ;

- le développement de l'enseignement technique, ici destiné à combler les déficits de main-d'œuvre dans les domaines industriel et technique ;

- l'accroissement du nombre d'emplois, dans le secteur public comme dans le secteur privé ;

- l'attribution d'une priorité aux nationaux dans l'attribution d'un emploi. Le ministère du Travail et du Développement social s'assure de l'absence de postulants jordaniens avant d'accepter la nomination d'un étranger à un poste.
Politiques « directes » :



Révision de la législation sur l'immigration de travail
L'une des rares mesures directes adoptées visant à réduire les flux de main-d'œuvre immigrée est la réorganisation des formalités administratives régissant l'entrée et le séjour des travailleurs étrangers en Jordanie.

La forte proportion de travailleurs illégaux montrant la confusion entre l'entrée sur le territoire et l'exercice d'une activité professionnelle par les travailleurs arabes, la politique de discrimination positive destinée à assurer la domination numérique des migrants arabes s'interrompt en 1984. Cette année voit la promulgation d'une loi imposant aux travailleurs égyptiens un permis de résidence (Seccombe, 1986 : 377-391)18 et à l'ensemble des travailleurs l'obtention d'un permis annuel avant d'entrer sur le marché du travail (RSS, 1986)19. Cette loi marque la fin de la politique de la « porte ouverte », même vis-à-vis des migrants arabes.

La politique de limitation de l'immigration se durcit encore en 1987, avec l'application de la loi sur la lutte contre l'immigration clandestine. L'année 1996 voit un nouveau durcissement de la législation, avec l'appel du Premier ministre à une diminution du nombre de travailleurs immigrés. L'année suivante, deux fois moins de permis de travail ont été accordés (Migration News, 1997). En outre, cette même année est marquée par la signature entre l'égypte et la Jordanie d'un accord conditionnant l'entrée des travailleurs égyptiens sur le sol jordanien à l'obtention d'un permis de travail auprès de l'ambassade de Jordanie au Caire. De même, en 1999, le ministère du Travail et celui de l'Intérieur instaurent un système de contrôle plus étroit des lieux et conditions de résidence des travailleurs étrangers.

Les mesures d'expulsion des travailleurs illégaux, peu efficaces, doivent pourtant être vues avant tout comme un message « symbolique » de la Jordanie aux pays de départ. Dans l'impossibilité d'organiser son marché du travail, celle-ci leur remet la responsabilité d'une régulation des flux à la source. Mais les aléas des flux suivent aussi ceux des relations bilatérales entre états. Les expulsions décidées en 1990, qui n'ont finalement pas toutes eu lieu, ont d'ailleurs été empêchées par intervention au plus haut niveau. À la suite du « mini boom » économique ayant frappé la Jordanie lors de l'entrée des returnees dans le pays, l'amnistie royale de 1992 a en outre permis de répondre à la demande accrue en termes d'emplois dans le secteur du bâtiment entraînée par l'afflux des returnees.

L'encadrement administratif et juridique accru des migrations de travail, la succession de crises diplomatiques et le renversement de la logique régulant la gestion de l'immigration (une promotion du panarabisme par la liberté de mouvement accordée aux migrants arabes), ne doivent donc pas cacher la persistance d'une forte immigration, menée avec l'assentiment du régime. Pourtant, les taux de chômage en expansion entraînent une canalisation des migrants vers un nombre toujours réduit de secteurs d'emplois.
Répartition de la main-d'œuvre selon les secteurs d'activité20
Si l'accès des étrangers à l'emploi en Jordanie avait toujours été conditionné par l'absence de postulants jordaniens disponibles, les bas salaires acceptés par les étrangers en faisaient en outre une main-d'œuvre prisée. Mais à partir de 1986, le prix des permis de travail augmente fortement et régulièrement. De même, une succession de lois interdit peu à peu aux étrangers un certain nombre de secteurs d'activité, pour lesquels existe une main-d'œuvre jordanienne. En 1987, les permis de travail cessent d'être délivrés pour les professions demandées par les travailleurs jordaniens21. Dans le courant des années 1990, les seules professions ouvertes sans restriction aux étrangers étaient : « nettoyage pour le compte des hôpitaux et municipalités, vidange et lavage de véhicules, boulangerie, services domestiques, agriculture et transports manuels ». D'autres spécialités (infirmiers, employés de restauration ou d’hôtellerie, couture, travail textile, etc. étaient ouvertes aux étrangers à la condition express d'une insuffisance de main-d'œuvre jordanienne. En 1996, après une nouvelle fermeture de seize professions aux non-Jordaniens, l'accès officiel des étrangers au marché du travail ne peut pratiquement plus s'effectuer que par l'emploi dans les services domestiques, l'agriculture et la construction.
Législation à l'égard des étrangers et Droits de l'homme
Une autre dimension des politiques appliquées à l'immigration durant les années 1980-1990 concerne la législation sur l'absence persistante de protection sociale des travailleurs étrangers. Cette main-d'œuvre docile et corvéable à merci, mais surtout peu onéreuse pour l'employeur, se distingue de la main-d'œuvre locale, qui bénéficie à partir de cette période de droits sociaux, d'une couverture médicale, etc. et revendique un contrôle des salaires et des conditions de travail. Le respect du statu quo social, les relations clientélistes traversant la société rendent également peu maniable la main-d'œuvre jordanienne. Les étrangers, au contraire, ne disposent pas de capital politique ou social. La persistance de la clandestinité renforce encore la soumission des travailleurs étrangers, privés du recours légal minimal même à leurs propres instances (ambassades, etc.).

Outre la nouvelle discrimination qui les frappe officiellement, dans la définition des secteurs d'emplois leur étant ouverts, dans les salaires légalement inférieurs à ceux des Jordaniens, les étrangers sont exclus du nouveau code du travail de 1996. Les activités professionnelles vers lesquelles ils sont canalisés n'y figurent d'ailleurs pas22. Pour la même raison, ils ne disposent pas non plus de sécurité sociale. Cette discrimination reste donc « légale » au regard des lois internationales de protection des migrants, car elle ne s'exerce pas ouvertement selon la nationalité. Les travailleurs étrangers sont également interdits d'affiliation aux syndicats, leurs possibilités d'inscription dans les associations professionnelles sont restreintes, de même d'ailleurs que leur accès à tout type de mouvement associatif, professionnel ou non. Aucune institution officielle militant pour les droits des travailleurs ne semble s'être penchée sur leur cas, en dehors d'associations travaillant sur les Droits de l'homme. Enfin, l'institution de la kafala (cf. Rycx, dans ce même volume), qui subordonne totalement le migrant à la société d'accueil, n'est pas remise en cause.
2.3.2. émergence d'un débat de société
Parallèlement à cet essor de politiques encadrant une immigration toujours importante, mais maintenue de façon accrue dans l'illégalité, émerge un débat de société sur ce sujet, qui inscrit clairement ces mouvements de populations dans le nouveau contexte politique né des mutations démographiques, économiques et économico-politiques des années 1980-1990.

La question de l'opportunité de conserver sur le sol jordanien une main-d'œuvre immigrée a été abordée dès les années 1970 par les tenants d'une approche technocratique du développement de l'économie jordanienne. Dans cet esprit, l'émigration des Jordaniens qualifiés était assimilée à une « fuite des cerveaux » et le recours à l'immigration, en lieu et place d'une formation professionnelle des nationaux adaptée aux besoins de l'économie, était déploré.

Les mêmes arguments sont repris jusqu'à nos jours, dans le contexte de la récession économique frappant la Jordanie depuis la fin des années 1980. Ils font l'objet d'un débat public largement relayé dans les médias, les écrits scientifiques et les mesures de rationalisation de l'économie. Aux demandes de remplacement de la main-d'œuvre immigrée par les nationaux, émanant des technocrates ou des demandeurs d'emploi, s'oppose pourtant toujours l'argument de l' « impossibilité » pour un Jordanien de se contenter d'un salaire bas et d'effectuer les tâches laissées aux étrangers23.

Ces arguments s'inscrivent donc bien dans le contexte d'une réflexion sur les nouvelles modalités de redistribution des ressources, au sein de laquelle l'immigrant sert de bouc émissaire. La demande de travail constitue une demande d'accès au capital, non seulement économique mais aussi social et politique ; le refus d'effectuer les tâches des immigrés signale une revendication de statut particulière au système politico-social clientéliste caractérisant une économie et un état rentiers. On voit au contenu de ce débat que la transition politico-économique en cours depuis la fin des années 1980, le passage d'une économie de rente à une économie productive, s'effectue difficilement.
3. L'immigration au service du contrôle de la transition politique ?
On examinera dans cette troisième partie les arguments pouvant expliquer les hésitations de cette transition, manifestées dans l'écart observé entre les politiques supposées limiter l'immigration, et les pratiques, qui mènent à un maintien des migrants dans l'illégalité et repoussent la construction et la définition d'un marché du travail national impliquant les citoyens et leur ouvrant l'accès au capital économique et social. Cette « double politique » affecte, outre la définition des modalités de la redistribution des ressources, celle d'une citoyenneté nationale.
3.1. « Jordanisation » du marché du travail et construction nationale
Au-delà de la rationalité économique ou économico-politique, la progressive « jordanisation » d'un nombre croissant de domaines professionnels peut être interprétée comme une tentative de « démarcation des marchés du travail intérieur et extérieur », une politique « liée à la redéfinition des frontières et donc de la souveraineté nationale », qui demande d'« accepter une nouvelle définition de la citoyenneté » (Morales, 1992) basée sur la nationalité. La désignation soudaine de l'immigration de travail comme « illégale », la pénalisation d'une liberté de circulation entre pays arabes jusqu'alors considérée comme non seulement légale, mais souhaitable, participent de ce mécanisme de construction d'une souveraineté nationale : « le renforcement des frontières est un mécanisme facilitant l'extraction de la main-d'œuvre bon marché, par l'assignation d'un statut de criminel à un segment de la force de travail, l'immigration illégale » (Sassen, 1988).

La persistance de l'immigration, cantonnée à des professions peu attractives pour les nationaux, devient alors un élément de stabilité sociale, tandis que la pénalisation d'une partie des immigrants permet parallèlement d'utiliser l'immigration comme bouc émissaire dans la défense des politiques d'emploi effectivement pratiquées par la Jordanie, sur lesquelles pèsent les contraintes du clientélisme. Le fait que les migrants décrétés comme illégaux n'aient pas été véritablement expulsés du pays traduit cette dimension double du discours du régime à propos de la redistribution des ressources par le biais de l'emploi. Il tente, pour sa propre sauvegarde, de réconcilier deux logiques apparemment incompatibles, le plein-emploi et la persistance de liens clientélistes affectant l'égalité de la redistribution et le pouvoir productif de l'économie. Cette double politique est réalisée grâce à l'immigration, maintenue cette fois dans la clandestinité.

En outre, ce maintien de l'immigration, mais dans la clandestinité, nous semble également pouvoir servir d'outil de contrôle du rythme de la transition politico-économique en cours, par la perpétuation d'une segmentation de la société.
3.2. Segmentation sociale et économique
On a évoqué plus haut la segmentation de la main-d'œuvre selon la nationalité et le secteur d'activité au cours des années 1970. Le maintien dans l'illégalité de ces travailleurs, depuis la mise en place des mesures assimilant les immigrants arabes aux autres étrangers, n'a fait que renforcer cette segmentation. Ce marché était et reste segmenté en termes de type d'activités : services domestiques, nettoyage, activités manuelles (activités réservées aux étrangers) et emplois « en col blanc », gardiennage par exemple (activités considérées comme prestigieuses).

Il est aussi segmenté, au sein d'une même catégorie d'emplois, entre nationaux et étrangers. La comparaison entre les salaires des nationaux et ceux des immigrés montre des variations importantes : un travailleur jordanien sans qualification gagnait en moyenne 127 JD (dinars jordaniens) contre seulement 64 JD pour un étranger au cours des années 1990, soit 100% d'écart (Winckler, 1997). Les conditions de travail sont également restées meilleures pour les locaux, grâce aux politiques indirectes de protection de la main-d'œuvre jordanienne et aux avantages sociaux tels que congés payés, possibilités de cotisations à la retraite, à une assurance maladie.

Mais cette segmentation continue aussi, comme à l'époque de l'état rentier, de remplir une tâche symbolique non moins essentielle. Par la perpétuation des besoins en termes de services, elle contribue à l'illusion d'un partage plus général des ressources. également, elle permet la conservation des relations de pouvoir caractéristiques de l'état rentier. L'arrêt de l'immigration, même dans un contexte de hauts niveaux de chômage, aurait pour conséquence, dangereuse politiquement, une réorganisation du système économique qui imposerait une réforme importante du système de redistribution du capital (économique, donc aussi social et politique).

Pour assurer la persistance d'une segmentation du marché du travail en faveur des nationaux en quantité et en qualité, l'immigration devient alors structurelle et non plus temporaire, une situation paradoxale en période de crise économique. La présence de la main-d'œuvre immigrée contribue donc, dans ce sens également, à renforcer les structures de pouvoir existantes.
Conclusion
On peut donc avancer que le maintien de l'immigration permet de contrôler non seulement la transition politique en cours, mais aussi son rythme, de même que les mutations du système de redistribution entraînées par la quasi-disparition de la rente. La redéfinition des frontières, au sein desquelles doit désormais se limiter la redistribution, est liée à celle du marché du travail. Les politiques menées dans le but apparent de limiter les flux d'immigration et de rationaliser le système économique pour résorber le chômage constitueraient donc, pour leur part, une « déclaration symbolique ». Cette déclaration symbolique est adressée autant aux bailleurs de fonds internationaux, qui conditionnent l'attribution d'aides à l'engagement de réformes visant à rationaliser l'économie et le système politique, qu'à une partie des citoyens, privés d'accès aux ressources et forcés d'exercer une activité salariée.

Les contours d'un marché du travail jordanien fermé qui succède à un marché du travail arabe ouvert, les modalités de l'accès aux ressources au sein de frontières fixes et donc, plus généralement, celles de la citoyenneté jordanienne, souffrent ainsi d'une absence de définition claire. Le débat sur l'immigration, même biaisé car nationaux et immigrés n'occupent pas les mêmes secteurs d'activité, reste l'outil et le lieu de l'expression de ce malaise. La stigmatisation dans l'opinion de la campagne intitulée « la Jordanie d'abord », lancée fin 2002 pour promouvoir l'idée d'engagement des citoyens dans le processus de construction nationale, constitue un exemple parlant du malaise engendré par le décalage entre les discours et les pratiques, qui bloque le développement d'un sentiment de citoyenneté jordanienne.

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