Chapitre I : Introduction





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Chapitre I : Introduction



L’objectif de ce séminaire est de vous proposer des repères théoriques sur les principaux débats épistémologiques et méthodologiques rencontrés dans les sciences sociales aujourd’hui, de vous présenter les « manière de faire » de la recherche. Ces jalons méthodologiques et techniques vous permettront de construire votre objet de recherche en vous initiant à la pratique sociologique.
Introduction à la méthode
Le sociologue est conduit à appréhender le monde social d’une manière spécifique. En sociologie, on peut recenser une multiplicité de paradigmes et de références théoriques, des rivalités entre écoles…. Certaines antinomies peuvent être qualifiées de « classiques » : matériel / idéel, objectif / subjectif, collectif / individuel, macro / micro. Aujourd’hui, on parle davantage de constructivisme social, la réalité sociale n'est pas donnée ou naturelle mais elle est construite.
On peut définir la méthode de la façon suivante : « un ensemble concerté d’opérations, mises en œuvre pour atteindre un ou plusieurs objectifs, un corps de principe présidant à toute recherche organisée, un ensemble de normes permettant de sélectionner et coordonner les techniques. Elles constituent de façon plus ou moins abstraite ou concrète, précise ou vague, un plan de travail en fonction d’un but.» (M. Grawitz, Méthodes des sciences sociales, p. 352).
Toute recherche utilise ensuite des techniques (technique de l’interview par exemple). Il faut donc distinguer méthode et technique : « la technique représente les étapes d’opérations limitées, liées à des éléments pratiques, concrets, adaptés à un but défini, alors que la méthode est une conception intellectuelle coordonnant un ensemble d’opérations, en général plusieurs techniques » (M. Grawitz, idem, p. 353).

Il existe plusieurs techniques :

  • étude des individus : interview, questionnaires, analyse de discours

  • étude de groupe : observation, étude de documents

  • sondages

  • analyses documentaires...


La sociologie est l’étude de la réalité sociale. Pour acquérir le statut de science, la sociologie s'est détachée de la philosophie historique. Parmi les premiers sociologues, nous pouvons citer Saint-Simon, Comte, Marx, Durkheim.
Auguste Comte (1798-1857) : a défini la physique sociale (premier nom de la sociologie comme « la science qui a pour objet propre l’étude des phénomènes sociaux ». Pour A. Comte, la sociologie doit résoudre les problèmes sociaux et il cherche à étudier les faits sociaux à la manière des phénomènes physiques ou chimiques. Par conséquent, le rôle du sociologue est d’élucider les lois de fonctionnement de la société pour permettre de soigner ses maux. La sociologie est la science du présent.

Le cadre théorique, l'observation et l'expérimentation (méthode comparative et historique) sont selon Comte des étapes indispensables pour connaître la réalité sociale.
Alexis de Tocqueville (1805-1859) : a étudié les facteurs historiques, politiques, économiques et sociologiques.
Vilfredo Pareto (1848-1923) : a analysé le changement social.
Emile Durkheim (1858-1917) : premier sociologue à avoir élaboré une méthode scientifique dans Les règles de la méthode sociologique (1895). Durkheim a cherché à résoudre de façon scientifique la « question sociale » renvoyant à la question du consensus social lié au développement de l’individualisme et à la « montée des égoïsmes » dans le contexte d’industrialisation.
Dans Règles de la méthode sociologique, il définit une méthode rigoureuse d’analyse des faits sociaux, définis comme « toutes manières de faire (…) susceptibles d’exercer une contrainte sur l’individu ». Il étudie le suicide, la famille, le mariage, le crime, la religion.

Durkheim, s'appuyant sur les travaux du physiologiste Claude Bernard, cherche à résoudre la question des rapports entre l’individu et la société (les parties et le tout) : l’individu ne peut se concevoir hors de la société dont il fait partie et ses différentes consciences collectives (morales, familiales, religieuses, juridiques).
A travers la notion d'anomie, il pose le problème des degrés d’intégration à la société. La solidarité est l'élément commun à toute existence sociale. Il distingue :

      • la solidarité mécanique dans les sociétés à conscience collective forte

      • la solidarité organique dans les sociétés complexes où sous l’influence de la division du travail il y a complémentarité

Pour Durkheim « un fait social se reconnaît au pouvoir de coercition externe qu’il exerce ou est susceptible d’exercer sur les individus » (institution, éducation…). Par conséquent, la cause déterminante d’un fait social est à rechercher dans les faits sociaux antérieurs, pas dans la conscience individuelle.
Durkheim définit une méthode d'étude des faits sociaux :

  • 1ère règle : étudier les faits sociaux comme des choses

  • but de la sociologie : découverte de relations générales entre les phénomènes

  • l’observation : n'est pas une simple description des faits. Les observations doivent être utilisables et vérifiables par tous, puis systématisées.

  • Expérimentation : la seule méthode applicable à la sociologie est la méthode comparative


Marcel Mauss (1872-1950) : ethnologue et sociologue. Esquisse d’une théorie générale de la magie (1902), Essai sur le don (1923-1924). Un fait social pour Mauss comporte des dimensions économiques, religieuse, juridique et il ne peut se réduire à un seul de ces aspects. Mauss tente d’appréhender l’homme dans sa réalité concrète. Il insiste sur la valeur de la méthode comparative permettant « d’établir des rapports d’une certaine généralité ».
Dans Essai sur le don, forme archaïque de l’échange, Mauss s’interroge sur la signification sociale du don dans les sociétés tribales : le don met en jeu de nombreux rouages (juridique, religieux, économique, etc.), ce n’est pas un élément isolé. C’est un fait social total.
Karl Marx (1818-1883) et Friedrich Engels (1820-1895) : Marx a donné une explication aux contradictions de la société. Sa méthode est la dialectique qui se veut une explication totale de la société.
Max Weber (1864-1920) : Dans l’Ethique protestante et l’esprit du capitalisme (1904), il montre que l’esprit, les croyances d’une société peuvent s’étudier objectivement. Sa méthode est la sociologie compréhensive distinguant l’évolution objective des institutions et la signification que les institutions ont pour ceux qui les vivent. Ces deux aspects sont complémentaires et représentent des façons différentes d’appréhender la diversité du réel.
« Nous appelons sociologie (…) une science dont l’objet est de comprendre par interprétation l’activité sociale, pour ensuite expliquer causalement le développement et les effets de cette activité ».
Weber met également en avant l'indispensable objectivité du savant et prône la neutralité axiologique. La vocation du sociologue doit être la connaissance pour la connaissance. Il faut séparer constatations empiriques et jugement de valeurs.
Pour Weber, le savant ne peut prétendre rendre compte de la totalité du phénomène. Ce sont des modèles ou constructions intellectuelles permettant d’appréhender certains aspects de la réalité.
Le concept exprime un aspect significatif de la réalité en retenant ce qui individualise le phénomène. En revanche, le type idéal sélectionne et accentue certains aspects de la réalité.


La sociologie moderne :
Etats-Unis :
Le fonctionnalisme : pose la question centrale du fonctionnement des systèmes sociaux.

Auteurs : T. Parsons, R. Merton, P. Lazarsfeld.
L’école de Chicago et l’interactionnisme : H ; Blumer (psychosociologue), E.C Hugues (sociologue du travail), W.L. Warner (anthropologue).

Le fait social n'est pas donné mais c'est un processus qui se construit dans le cadre de situations concrètes. L’interactionnisme utilise la démarche ethnographique et notamment l’observation participante.

Ex / Goffman, Asiles, 1961 : pendant un an il mène la vie des internés dans un hôpital de Washington pour décrire la condition des malades mentaux.
L’ethnométhodologie : A. Schütz (1899-1959), Structure intelligible du monde social (1932). Il réintroduit l’homme dans la sociologie.
Allemagne :
Ecole de Francfort : T.W Adorno, Horkheimer (1895-1973), H. Marcuse, Adorno (1903-1969), Habermas, Luhmann.
En France :
Pierre Bourdieu (1930-2002): Le métier de sociologue. Bourdieu met la sociologie au service de la critique sociale : la sociologie doit contribuer à la contestation et à la transformation de l’ordre social en dévoilant les ressorts cachés du pouvoir, les inégalités, l’ordre dominant. Bourdieu a élaboré une sociologie critique qu’il applique à l’école, la culture, l’art ou la société en général. Il fonde ses travaux sur les rapports et les dominations symboliques.
Concepts-clés : le champs, le capital culturel, le pouvoir symbolique, l’habitus. Bourdieu cherche à dévoiler les mécanismes de domination qui s’exercent entre les individus dans les différentes sphères (champs) du macrocosme social. Ex : l’école, le capital culturel….

  • le champ : « espaces structurés de positions (ou de postes) dont les propriétés dépendent de leur position dans ces espaces et qui peuvent être analysés indépendamment des caractéristiques de leurs occupants (en partie déterminées par elles) ».

  • l’habitus : ce sont les gestes, pensées, manière d’être, acquis à tel point qu’on en oublie l’existence. Ce sont donc des routines mentales, inconscientes qui nous permettent d’agir « sans y penser ». Grâce à l’habitus, nous évoluons librement dans un milieu donné sans avoir besoin de contrôler consciemment ses mots ou ses gestes mais on prend conscience de l’habitus lorsqu’on est plongé dans un milieu autre que le sien (un ouvrier invité à une soirée mondaine car différents habitus linguistiques). L'habitus est « une machine transformatrice qui fait que nous reproduisons les conditions sociales de notre propre production, mais d’une façon relativement imprévisible ». Les habitus sont donc des marqueurs de l’origine (sociale, ethnique…) des individus. Il apporte ainsi des éléments d’explication au problème de la reproduction sociale.

  • au-delà des capitaux économique et culturel, il met en évidence un capital social et un capital symbolique.


L’individualisme méthodologique :Raymond Boudon (1934): « le principe de l’individualisme méthodologique énonce que pour expliquer un phénomène social quelconque – que celui-ci relève de la démographie, de la science politique, de la sociologie ou de toute autre science sociale particulière – il est indispensable de reconstruire les motivations des individus concernés par le phénomène en question et d’appréhender ce phénomène comme le résultat de l’agrégation de comportements individuels dictés par ces motivations ».


Georges Balandier : anthropologue qui observe la décolonisation des Etats africains et leur évolution.
Alain Touraine : historien, Evolution du travail ouvrier aux usines Renault (1955).
Michel Crozier : sociologue des organisations.

Chapitre II: La démarche des sciences sociales est-elle scientifique ?

Question préalable : « Comment cette activité consacrée à la réflexion sur la société » a-t-elle pu accéder au statut de science ?
Les sciences humaines, à la faveur du développement des sciences naturelles, s’orientent vers une recherche plus scientifique. Ce sont d’abord des considérations politiques qui ont guidé la réflexion sur la société (Aristote, Platon, Ibn Kaldoun, Thomas More, Machiavel, Thomas Hobbes, John Locke). Tous ces auteurs se posent la même question : l’origine de la société mais leurs réponses diffèrent. Une véritable science sociale exige une démarche objective.
La rupture vient avec Montesquieu, qui est pour R. Aron, le fondateur de la sociologie moderne. Montesquieu récuse toute explication d’essence théologique ou morale, recherche les causes des évènements, les classer et les ramener à un petit nombre. Montesquieu critique la doctrine du droit naturel et rejette les impératifs politiques qui en découlent : il réclame une séparation de la religion et de la science, il défend l’idée d’une science du politique fondée sur l’autonomie du politique. Il adopte une attitude scientifique. Il est ainsi le premier à affirmer l’interdépendance des phénomènes sociaux.
La même évolution se retrouve dans d'autres sciences humaines (économie, statistique) et s'orientent vers une démarche plus scientifique. L’évolution est également due à l’essor des sciences de la nature : l’esprit scientifique, l’influence de l’Encyclopédie, la philosophie positive, ont modifié les façons de penser dans tous les domaines (succès des sciences de la nature au XVIIIè).
La science implique la mise à l’écart de ses convictions, la recherche d’observations, d’explications et de solutions, même limitées mais vérifiables par des méthodes accessibles à tous.


      1. La définition de l’objet


A l’instar de M. Grawitz, nous pouvons employer indifféremment sciences sociales, sciences humaines et sciences de l’homme. Les sciences sociales ont pour objet l’étude de l’homme dans son milieu social (l’homme et ses activités) ce qui pose une question : peut-on étudier l’homme de la même manière qu’un objet physique, qu’un corps biologique ?
Les méthodes utilisées par les sciences sociales sont des méthodes spécifiques. Les faits sociaux (ce qu'on étudie) sont ceux qui résultent de la vie en société.
De par cette nature particulière, on a longtemps contesté aux sciences sociales la possibilité d'étudier scientifiquement la réalité. Il est cependant difficile d'adopter une attitude rigoureusement neutre et objective face aux phénomènes sociaux donc le chercheur doit être vigilant au cours de sa recherche.
La notion de falsifiabilité chez Popper : C’est un instrument critique nécessaire pour évaluer une théorie. Pour Popper, tout savant bâtit des hypothèses ou des systèmes théoriques et les soumet à l’observation et à l’expérimentation (mise à l’épreuve). La vraie preuve chez Popper, c’est l’impossibilité de confirmer l’hypothèse contraire.
4 étapes pour la mise à l’épreuve d’une théorie :


  • comparaison des conclusions entre elles : on éprouve la cohérence interne du système

  • recherche de la forme logique de la théorie : déterminer si la théorie a les caractéristiques d’une théorie empirique ou scientifique ou tautologique

  • comparaison de la théorie à d’autres théories : but principal = déterminer si elle constituerait un progrès scientifique si elle survit aux différents tests

  • mise à l’épreuve de la théorie en procédant à des applications empiriques des conclusions qui peuvent en être tirées


Tant qu’une théorie résiste à des tests systématiques et rigoureux et qu’une autre ne la remplace pas dans le cours de la progression scientifique, on peut dire que cette théorie a « fait ses preuves ».
Qu’est-ce qu’un fait social ? (Durkheim)
Les questions préalables de Durkheim sont les suivantes :

  • Y a-t -il un domaine, un objet, des faits sociaux spécifiques ?

  • Y a-t-il une méthode applicable à cet objet ?


Il réfléchit à quelles conditions la sociologie peut être une science : on peut parler de science s’il existe un objet et une méthode scientifique c’est-à-dire la possibilité de relier les faits sociaux entre eux. Ce qui permet de reconnaître les faits sociaux c’est la contrainte donc il faut expliquer cette contrainte (au niveau conscient et inconscient).
La méthode d’étude des faits sociaux chez Durkheim :


  • considérer les faits sociaux comme des choses : la sociologie est une science comme les autres et son but est la découverte de relations générales entre les phénomènes

  • importance de la définition : il faut limiter le champ de la recherche et savoir de quoi l’on parle. Il faut substituer aux notions de sens commun une première notion scientifique

  • l’observation n’est pas un simple compte-rendu mais elle doit constituer les faits : l’observation doit être faite de manière impersonnelle, les observations doivent être utilisables et vérifiables par tous avant d’être systématisées

  • la méthode comparative est la seule qui convienne à la sociologie


Durkheim cherche d’abord à définir ce qu’est un fait social : tout fait social existe en dehors des consciences individuelles « non seulement ces types de conduite ou de pensée sont extérieures à l’individu, mais ils sont doués d’une puissance impérative et coercitive en vertu de laquelle ils s’imposent à lui, qu’il le veuille ou non ».

  • les faits sociaux ne sont pas des incarnations individuelles donc ce n’est pas leur manifestation au niveau de l’individu qui en font des faits sociaux

  • il délimite le domaine de la sociologie : « il ne comprend qu’un groupe déterminé de phénomènes »

  • il énonce le recours nécessaire à l’expérience pour procéder à la dissociation entre fait social et répercussions individuelles

  • technique privilégiée dans le cadre de son expérimentation : la statistique

  • formule un nouveau questionnement : il introduit des « manières de faire » au côté des « manières d’être »

  • terrain d’observation = la division politique de la société (divisions morales)

  • technique d’observation : le droit public

  • conclut par une nouvelle définition du fait social « est fait social toute manière de faire, fixée ou non, susceptible d’exercer sur l’individu une contrainte extérieure ; ou bien encore, qui est générale dans l’étendue d’une société donnée tout en ayant une existence propre, indépendante de ses manifestations individuelles ».


Le couple empirie / théorie : les critique de la « suprême théorie » (Wright Mills) et des « méthodologues » (Bourdieu)
Qu’est-ce qu’une expérience scientifique ? c’est une expérience qui contredit l’expérience commune.
Wright Mills : critique de la « suprême théorie »
Il se livre à une critique de l’œuvre de Parsons, Système social. La Suprême théorie a eu peu d’influence et elle est difficile à comprendre. La Suprême Théorie a choisi un niveau de pensée si général qu’il n’y a pas d’observation (beaucoup d’abstractions dans les typologies). Parsons veut faire une « théorie sociologique générale » et il élabore pour W. Mills « un royaume de concepts ». Pour W. Mills, les suprêmes théoriciens ont mal abordé de grands problèmes sociologiques, ils ne descendent pas dans l’arène sociologique parce qu’ils croient que le modèle d’ordre social construit est un modèle universel.
Bourdieu : critique des méthodologues :
Thèse : il faut dépasser les débats académiques et soumettre la pratique scientifique à une réflexion à la science se faisant. Pour Bourdieu, les méthodologues sont plus occupés à rechercher une logique idéale de la recherche mais ils « ne peuvent en effet s’adresser qu’à un chercheur abstraitement défini par l’aptitude à réaliser ces normes de perfection, bref à un chercheur impeccable, c’est-à-dire impossible ou infécond ». Et si on obéit inconditionnellement à un ensemble de règles logiques, on se trouve face à un effet de « fermeture prématurée » par rapport aux définitions et aux concepts. Or, les possibilités de changement sont une des conditions de l’invention dans certaines phases de l’histoire des sciences.
Il parle donc de rigorisme technologique qui « repose sur la foi en une rigueur définie une fois pour toutes et pour toutes les situations c’est-à-dire sur une représentation fixiste de la vérité ou, partant, de l’erreur comme transgression de normes inconditionnelles, s’oppose diamétralement à la recherche des rigueurs spécifiques , qui repose sur une théorie de la vérité comme théorie de l’erreur rectifiée ».
Bourdieu s’oppose aux purs théoriciens car ils veulent imposer aux savants leur idéal de la cohérence intégrale et universelle des concepts. Ce faisant, ils paralysent la recherche avec l’impression de pouvoir tout penser, sous toutes les formes. Or, ce n’est pas le cas dans la pratique scientifique « on ne peut espérer construire des problématiques ou des théories nouvelles qu’à condition de renoncer à l’ambition impossible, dès qu’elle n’est pas scolaire ou prophétique, de tout dire sur tout et dans le bon ordre ».
Bourdieu critique la « grande théorie » : les théories doivent moins se nourrir de l’affrontement purement théorique avec d’autres théories mais plus de la confrontation avec des objets empiriques toujours nouveaux. Pour Bourdieu, il est nécessaire de rompre avec l’opposition théorie / pratique car cela empêche de concevoir une connaissance pratique ou une pratique connaissante.
L’activité scientifique comme activité sociale et les conditions sociales de production de la science : la notion de champ scientifique, l’ « affaire Sokal » et «l’ « affaire Tessier »
Bourdieu : il est important de connaître les conditions sociales de production de la science, comment ont été faits historiquement les problèmes, les outils, les méthodes, les concepts que l’on utilise. Il entend faire la sociologie des conditions sociales de production de l’objet. Il étudie l’apparition d’un champ scientifique relativement autonome et les conditions sociales de l’autonomisation de ce champ.
Les objets de la science sociale et la manière de les traiter entretiennent toujours une relation intelligible avec le chercheur défini sociologiquement (origine sociale par exemple).
Ex : Historiciser la science politique : les échanges entre l’histoire et les sciences sociales sont nombreux. L’histoire est considérée comme étant une discipline empirique. La question est de savoir si l’on peut transférer les pratiques et les techniques des historiens ?


  • Dans la science politique, il existe une tradition de l’histoire des idées politiques et les historiens font de l’histoire du politique,

  • Les politologues ont découvert les archives.



Chapitre III : La méthode comme base déontologique de la science

La sociologie est considérée comme une science comme les autres mais elle est confrontée à des problèmes particuliers liés :


  • au fait que le sociologue appartient au monde social qu’il veut analyser et comprendre : le sociologue saisit le monde social sur un mode préréflexif donc il doit établir une distance.

  • au rapport qui s’établit entre l’expérience savante et l’expérience donnée du monde social : par conséquent, le sociologue doit procéder à une rupture entre les représentations sociales du sens commun et le discours savant.


Le sociologue, pour construire ses objets doit rompre avec ce qui se donne à lui spontanément.


  • La question de la rupture : pour que la sociologie soit considérée comme une science, elle doit rompre avec les présupposés de la sociologie spontanée. C’est ce qu’on appelle la rupture. On peut différencier quelques types de rupture : contre les prénotions, contre les théories traditionnelles...




  • La question de l’objectivation : Le problème de l’objectivation est un problème majeur qui se pose à tout sociologue : Durkheim insistait dans Les règles de la méthode sociologique sur la nécessité de « traiter les faits sociaux comme des choses » mais cela pose une vraie question : comment rendre l’objectivation possible lorsque le chercheur étudie des univers sociaux auxquels il appartient ?




  • La question de l’ethos du savant : quelle doit être l’attitude du savant dans cet univers particulier ?



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