Cours de Madame Blanc-Noel 2008 2009 Le paradigme de l'uniformisation du monde 29 Le paradigme essentialiste 31 Le paradigme de l’hybridité 34 «L'exception française»





télécharger 243.72 Kb.
titreCours de Madame Blanc-Noel 2008 2009 Le paradigme de l'uniformisation du monde 29 Le paradigme essentialiste 31 Le paradigme de l’hybridité 34 «L'exception française»
page7/7
date de publication02.10.2017
taille243.72 Kb.
typeCours
e.20-bal.com > droit > Cours
1   2   3   4   5   6   7

« L'exception française  »: entre ignorance de la problématique de la mondialisation culturelle et engagement extrême



J'ai fait le constat, précédemment, du peu de place que la littérature scientifique française donnait à la problématique des interactions entre les cultures dans la mondialisation. En fait, celle-ci n'y est pas totalement occultée, mais lorsqu'elle est traitée, c'est le plus souvent dans le cadre d'études sectorielles : je viens d'évoquer les africanistes Jean-Loup Amselle et Jean-François Bayart. .J'aurais pu citer .Jackie Assayag pour son travail sur l’Inde34 ou Dominique Wolton et Armand Mattelart pour leur approche sous l’angle des sciences de la communication35. De toute évidence, il n'y a pas, pour l’instant, en France, de tentative de théorie globale de la mondialisation culturelle, et l’on trouve très peu d'analyses sous l’angle de la science politique qui seraient par exemple rattachées au concept d' « hégémonie ». Un tel mutisme français sur cette problématique pourtant fondamentale pour le siècle à venir est troublant, alors que les travaux anglo-saxons sur le sujet abondent. C' est pourquoi on peut se demander si cette situation n'est pas due au contexte sociopolitique propre à la France.

Je me risquerai à émettre deux hypothèses pour expliquer ce constat, l’une relevant de la politique étrangère, l'autre de la politique interne, toutes deux étant liées.
La première hypothèse est que la France, qui fut le deuxième plus vaste empire colonial au monde, a produit, à l'époque coloniale, sa propre mondialisation36. Celle-ci était de nature non seulement politique et militaire, mais aussi économique, juridique et bien sur culturelle. La plupart de ces dimensions ont disparu - ou plutôt se sont profondément transformées - depuis les décolonisations et l'aspect culturel, à travers la francophonie, [...] dans toute son ambiguïté hégémonique, en est un des vestiges les plus durables. Mais il ne faut pas oublier qu'au-delà de la langue, l'hégémonie culturelle de la France reposait aussi sur des valeurs universalistes énoncées a la fin du XVIIIème siècle et qui allaient devenir, à l’époque contemporaine, la base d'un consensus international sur la démocratie, les Droits de l'homme, l'égalité, etc., pouvant donc servir de modèle « contre-hégémonique » face à un modèle culturel anglo-saxon...
Je ne discuterai pas, ici, comme le feraient les tenants du paradigme de l’hybridité, du fait que la mythologie nationale a eu tendance à s’attribuer les mérites de la création de ces idées, qui sont plutôt, en réalité, le produit d'une hybridation historique des esprits très cosmopolites que furent les élites du XVIIIème siècle, esprits qui plus est pétris de culture antique, elle-même hybride37... Le résultat qui m’intéresse plutôt ici, est que la France, en se glorifiant de la création de ce fonds culturel universaliste, a adopté une posture proselytiste qui est toujours la sienne, et que l'on peut observer quotidiennement dans le débat politique national et international. Je livrerai une petite anecdote à ce propos. Lors d'une rencontre officielle franco-lettonne à laquelle j'ai participé, un sénateur français et un universitaire letton échangeaient sur la démocratie sans parvenir à se mettre d'accord. Je fis remarquer au sénateur que la mésentente était due au fait que la conception lettone de la dernocratie est, pour diverses raisons historiques et culturelles, plus proche de la théorie de la souveraineté populaire (de Rousseau) que de celle de la souveraineté nationale (de Sieyès), et je lui demandais s'il ne pensait pas que ces interprétations divergentes de Ia mise en œuvre de la démocratie risquaient de créer quelques dissensions entre anciens et nouveaux membres de l’Union européenne (la France ayant, d'ailleurs, réconcilié les deux interprétations dans la constitution de la Vème République). Mais le sénateur clôt le débat en tranchant la question avec une réponse très française : « Il n’y aura pas de problème, parce que nous leur apprendrons la démocratie »... Je me mis alors à méditer, devant ce beau témoignage du prosélytisme français, sur les raisons pour lesquelles l'adjectif « arrogant » est si souvent collé à celui de « français » dans les milieux internationaux...
Ainsi la première hypothèse que j'avancerai est que l'universalisme, ou plutôt une forme d'universalisme prosélytiste, si profondément ancré dans la culture politique française, fait que ce pays a, plus que d'autres, des difficultés à appréhender les enjeux de la mondialisation culturelle. Plus qu'ailleurs, on a du mal a y prendre la mesure de phénomènes nouveaux, que la mondialisation culturelle révèle peu à peu, ici et là, depuis la fin de la guerre froide - et qui sont présents en France même, mais dans des franges plutôt marginales de sa scène politique : la révolte contre le modèle capitaliste et contre le modèle démocratique, la haine de l'Occident, le repli sur des éléments culturels jugés archaïques. En restant attachée à ses propres combats liés à la diffusion des idéaux universalistes classiques, la France n'est que peu attentive, pour l'instant, aux turbulences de la mondialisation culturelle, sauf lorsqu'elles font irruption de manière brutale dans l’actualité... Seule la théorie du clash des civilisations de Huntington, par le débat qu'elle a provoqué, à ébranlé ses solides certitudes, mais peut-être parce que cette théorie relevait, tout comme l'universalisme prosélytiste français, du paradigme universaliste, familier à la culture politique du pays...
La seconde hypothèse pour laquelle la problématique de la mondialisation culturelle n'est pas encore très étudiée en France est liée à la culture juridico-politique du pays, qui tient dans sa maxime « liberté, égalité, fraternité ». La sacro-sainte égalité des citoyens, des usagers, des justiciables, etc., n'est pas seulement un postulat philosophique, mais bel et bien un principe dans lequel s’inscrit tout le droit positif français. Cela empêche la France d'aborder de front les conséquences que la mondialisation pose et posera de plus en plus à son identité nationale.
Pour prendre l’exemple de l’immigration, chacun sait que, tous les Français étant égaux devant la loi, il n'y a pas lieu de faire la différence entre un citoyen de longue date et un citoyen fraichement promu à cette qualité. C' est pourquoi aucune statistique officielle ne saurait prendre en compte ce critère. C'est ainsi que, faute de pouvoir cerner les problèmes, il n'y a pas de problème... Et pas de réponse lorsqu'on s'aperçoit que des jeunes gens en plein désarroi identitaire se disent « marocain » ou « algérien », alors que leur famille est française depuis trois générations, lorsqu’on s’aperçoit que des milliers de gens en mal d'identité se refugient dans la recherche d'une tradition religieuse réinventée par l'intégrisme, ou encore lorsqu'on débat en 2006 pour savoir si un Martiniquais38 est assez représentatif de la Nation pour présenter le journal de vingt heures !... Alors que la Martinique est colonie française depuis le début du XVIIème siècle (avec quelques intermittences) et que l’égalité des citoyens est un principe de droit positif depuis la fin du XVIIIème siècle... Tout se passe comme si les principes égalitaristes et universalistes paralysaient le pays quand il s'agit de réfléchir à sa propre multi culturalité, et, au-delà, aux conséquences et aux enjeux culturels de la mondialisation qui a pour effet de démultiplier ce phénomène.
J'ajouterai une dernière remarque : la France est un pays de passion politique, non de pragmatisme. A chaque fois que les conséquences de la mondialisation culturelle font irruption dans le débat politique français, les différentes prises de position ont tendance à s'aligner sur l'axe idéologique fondamental hérité de la Révolution française et qui a traversé toute la guerre froide39. Or, comment envisager des politiques sociales efficaces, par exemple sur le sujet des violences faites aux femmes, au celui de l'illettrisme, si l'on traite toutes les situations relevant de cette catégorie de façon uniforme ? Les travailleurs sociaux savent bien que les actions à mener diffèrent en fonction des situations et des contextes...
Il est révélateur également que l'un des rares courants théoriques qui se soit intéressé - et même spécialisé - a la problématique de la mondialisation culturelle soit celui dit de « l'après-développement », dont les penseurs sont pour la plupart d'anciens marxistes extrémistes prônant aujourd'hui une haine viscérale de l’Occident, du modèle capitaliste et de la démocratie - du moins de sa forme dominante actuelle, à savoir la démocratie pluraliste. Ils plaident pour le retour à des cultures villageoises « traditionnelles », écologiquement correctes, frugales mais dignes, où l'échange économique serait remplacé par le don et la politique confiée à des « sages » bienveillants40... L'ampleur qu'a prise ce courant dans certains cercles universitaires, auprès des ONG françaises se consacrant à l'aide au développement et auprès de la jeunesse en fait une « exception française » dans la réflexion internationale sur le sujet.
Sans aller jusqu'à ces extrêmes, les reflexes de repli idéologique sur des postures héritées du passé peuvent être un frein à une réflexion authentiquement scientifique et productive. La mondialisation pose et posera de plus en plus de problernes politiques mobilisant le facteur culturel, sur un espace politique plus vaste et dans un temps politique plus rapide que ce que nous avons connu jusqu'à présent. Or, à la différence des facteurs économiques et politiques, que les intellectuels ont l’habitude de manier et qui sont en quelque sorte l’apanage de cercles cultivés, la dimension culturelle, démultipliée par les medias, a un fort pouvoir émotionnel et manipulateur, même auprès des plus simples des habitants de la planète... Ce qui en fait une dimension explosive. Il est donc urgent de mener une réflexion nourrie et authentique sur ce thème...

BIBLIOGRAPHIE

Abu-Lughod, Janet, Before European Hegemony : The World System A.D. 1250-1350, Oxford University Press, 1989.

Allemand, S. Ruano Borbalan, J-C., la mondialisation, Le cavalier bleu, coll. Idées reçues, 2002

Amin, Samir, Eurocentrism, Monthly Review Press, 1989.

Amin, Samir, Pour un monde multipolaire, Syllepse, 2005.

Amselle, Jean-Loup, Branchements, anthropologie de l'universalité des cultures, Flammarion, Coll. Champs, 2001.

Amselle, Jean-Loup, Logiques métisses, Payot, Bibliothèque scientifique, 1999.

Anderson, Benedict, l'imaginaire national, réflexions sur l'origine et l'essor du nationalisme, la découverte/poche, Paris, 2002.

Appadurai, Arjun, Après le colonialisme. Les conséquences culturelles de la globalisation, Payot, 2001.

Appadurai, Arjun, Fear of Small Numbers, An Essay on the Geography of Anger, Durham, London, Duke University Press, 2006.

Assayag, Jackie, La mondialisation vue d'ailleurs, Seuil, coll. La couleur des idées, 2005.

Badie, Bertrand, Culture et politique, Economica, Paris, 1993.

Barbe, Philippe, l'anti-choc des civilisations, Médiations méditerranéennes, Paris, L’Aube, 2006.

Barber, Benjamin, Djihad versus McWorld, Mondialisation et integrisme contre la démocratie, Hachette, Pluriel, 1996.

Bayart, Jean-François, Le gouvernement du monde, Fayard, Paris, 2004.

Bayart, Jean-François, L'illusion identitaire, Fayard, Paris, 1996.

Bayly, C.A. La naissance du monde moderne, Paris, eds de I'Atelier poche, 2007.

Ulrich Beck, Pouvoir et contre-pouvoir à l'heure de la mondialisation, Flammarion, coll. Champs, 2003.

Ulrich Beck, Qu'est-ce que le cosmopolitisme, Paris, Aubier, 2006.

Berger, Peter, Huntington, Samuel, Many Globalizations, Cultural Diversity in the Contemporary World, Oxford University Press, Oxford, 2002.

Bibliographie non classée (et provisoirement incomplète).

Braudel, Fernand, Grammaire des civilisations, Flammarion, coll. Champs.

Bruckner, Pascal, Le vertige de Babel, Paris, Arlea, 2000.

Buruma, Ian, Margalit, Avishai, Occidentalism, The West in the Eyes of Its Ennemies, New

York, The Penguin Press, 2004.

Castells, Manuel, Le pouvoir de l'identité, Fayard, Paris, 1999.

Clark, Ian, Globalization and Fragmentation, International Relations in the Twentieth Century, Oxford University Press, 1997.

Cohen, Daniel, Richesse du monde, pauvreté des nations, Flammarion, coli. Champs, Paris, 1997.

Coulmas, Peter, Les citoyens du monde, Histoire du cosmopolitisme, Paris, Albin Michel, 1995

Cuche, Denys, Le concept de culture dans les sciences sociales, repères n°205.

Georges Com, Orient-Occident, la fracture imaginaire, La Découverte/Poche, 2105.

Croucher, Sheila, Globalization and Belonging, The Politics of Identity in a Changing World, Rowman and Littlefield, Lanham, 2004.

Croucher, Sheila, Globalization and BelongingRowman and Littlefield, Oxford, 2004. Cultures et mondialisation

Demorgon, Jacques, L’histoire interculturelle des sociétés, Economica, Paris, 2002.

Doytcheva, Milena, Le multiculturalisme, La Découverte, Repères, Paris, 2005.

Eisenstadt, Shmuel, Approche comparative de la civilisation européenne. PUF, Paris, 1994.

Eisenstadt, Shmuel, Comparative Civilizations and Multiple Modernities, Brill, Boston, 2003. Volume1.

Ellul, Jacques, La trahison de l'occident, Princi Negue, 2003.

T. Fabre, E. La Parra, Paix et guerres entre les cultures, entre Europe et Méditerranée, Actes Sud, 2005.

Featherstone, Mike, éd. Global Culture, Nationalism, Globalization and Modernity, London, Sage, 1990.

Febvre, Lucien, l'Europe, genèse d'une civilisation, Paris, Perrin, 1999.

Goody, Jack, L’orient en Occident, Seuil, Paris, 1999.

Goody, Jack, L'Islam en Europe, Paris, La Découverte, 2004.

Gruzinski, Serge, Les quatre parties du monde, histoire d'une mondialisation, Seuil, coll. Points histoire, H.358.

Guillebaud, Jean-Claude, Le commencement d’un monde, Seuil, 2008.

Hannerz, Ulf, Transnational Connections, Routledge, London, 1996.

Hardt, M. Negri, A. Empire, 10/18, Paris, 2000.

Held, D. McGrew, A. Global Transformations, Politics, Economics and Cultlure, Stanford University Press, 1999.

Held, David, Me Grew, Anthony, Globalization/Anti-globalization, Polity press, Cambridge, 2002.

Huntington, Samuel, Le choc des civilisations, Odile Jacob, 1997.

Jacquin-Berdal, D., Oros, A., Verweij, M. Culture in world Politics London, 1998.

King, Anthony, éd. Culture, Globalization and the World-System, Contemporary Conditions for the Representation of Identity, University of Minnesota, 1997.

Laberge, Jean, Une argumentation contre le relativisme. Cégep du Vieux Montréal, www.cvm.qc.ca/encephi/CONTENU/ARTICLES/contrel.htm

Latouche, Serge, occidentalisation du monde, la Découverte/poche, 2005 (pour cet auteur, textes et extraits d'ouvrages en ligne sur : http://1libertaire.free.fr/SLatouche41.html)

Leclerc, Gérard, La mondialisation culturelle. Les civilisations à l'épreuve. PUF, Paris, 2000. Lewellen, Ted, The Anthropology of Globalization, Bergin and Garvey, Westport, 2002.

Malmborg M, Strath, B. eds., The Meaning of Europe, Berg, Oxford, 2002.

Mattelard, Armand, Diversité culturelle et mondialisation, La découverte, Repères, Paris, 2005. Nadoulek, Bernard, l'épopée des civilisations, Eyrolles,2005.

Nederveen Pieterse, Jan, Globalization and Culture, Global melange, Lanham, Rowman and Littlefield, 2004.

Nemo, Philippe, Qu'est-ce que l'Occident ? Puf, Paris, 2004.

Neumann, lver, Uses of the other, the "East" in European Identiy Formation, University of

Minnesota Press, Minneapolis, 1999.

Niezen, Ronald, A World Beyond Difference, Blackwell, London,2004.

Rosenau, James, Dynamics Beyond Globalization, Princeton, Princeton University Press, 2003. Robertson, Roland, Globalization, Social Theory and Global Culture, London, Sage, 1992.

Roy, Olivier, Généalogie de l'islamisme, Hachette, Pluriel, Paris,2001.

Sayad, Abdelmalek, la culture en question,sur : http://pagesperso-orange.fr/chevrel/sayad.html

Scholte, Jan Aart, Globalization, a critical introduction, New York, Palgrave Mc Millan, 2005 (2nd ed.)

Sen, Amartya, La démocratie des autres, Pourquoi la liberté n’est pas une invention de l'Occident, Payot, Paris, 2005.

Seurin, Jean-Louis, La démocratie pluraliste est-elle exportable? Universalisme démocratique et relativisme culturel, in : Seiler, Badie, Berges et al. La politique comparée en questions, IEP de Bordeaux LCF editions, 1994.

Smith, Anthony, Nations and Nationialism in a Global Era, Blackwell, Oxford, 2002

Steigerwald, David, Culture’s Vanities, The paradox of cultural diversity in a Globalized World, Lanham, Rowman and Littlefield, 2004.

Thiesse, Anne-Marie, la création des identités nationales, Seuil, Paris, coll. Points, 2001.

Todorov, Tzvetan, La peur des barbares, au-delà du choc des civilisations, Robert Laffont, 2008.

Tomlison, John, Globalization and Culture, Polity Press, Oxford, 1999.

Wallerstein, Immanuel, L'Occident, le capitalisme et le système-monde moderne, sociologie et sociétés, avril 1990, vol. 22, n°1, p. 15-52. En ligne sur http://classiques.uqac.ca/contemporains/WALLERSTEIN_Immanuel/Occident_capitalisme/Occident_capitalisme.html

Wolton, Dominique, L'autre mondialisation, Flammarion, Coll. Champs, 2003.



1 Voir l’article de Serge Latouche, Les effets culturels de la mondialisation :
UNIVERSALISME CANNIBALE OU TERRORISME IDENTITAIRE
sur http://1libertaire.free.fr/SLatouche23.html

 Extrait de « Penser les relations internationales », Michel Bergès (dir.), l’Harmattan, 2008.

2 Nous faisons référence ici au sens anthropologique du mot culture, dans la lignée de la définition d'Edward Tyler, qui désignait ainsi dans son ouvrage Primitive Culture « le tout complexe qui inclut la connaissance, la croyance, l'art, les choses morales, la loi, la coutume et toutes les autres aptitudes et habitudes acquises par l'homme en tant que membre de la société ». Voir Denys Cuche, La Notion de culture dans Les sciences sociales, Paris, La Découverte, 1996.

3 Au Chiapas comme en Equateur, par exemple. Cf. «Les Indiens, force émergente en Equateur», Le Monde, 13 juillet 2006 (à propos de Pachakutik, principale organisation politique indigène de l'Equateur).

4 Cf. a ce propos Koichiro Matsuura, « L'enjeu culturel au cœur des relations internationales », Politique étrangère. N° 4, 2006.

5 Dominique Wolton, L'Autre Mondialisation, Paris, Flammarion, 2003, col. « Champs », p. JO.

6 Pour des exemples. cf. Manuel Castells, Le Pouvoir de l'identité, Paris, Fayard. 1999.

7 Ulrich Beck, Pouvoir et contre-pouvoir à l'heure de la mondialisation. Paris, Flammarion, col. « Champs », 2003.

8 Benjamin Barber, Djihad vs. Mac World, Paris, Hachette, Pluriel. 1995.

9 Samir Amin, L'Empire du chaos. La nouvelle mondialisation. Capitaliste, Paris, L'Harmattan, 1992.

10 Jean Ziegler, L'Empire de la honte, Paris, Fayard, 2005.

11 Michael Hardt, Antonio Negri, Empire. Harvard, Harvard University Press, 2001.

12 Michael Hardt, Antonio Negri, Multitude, War and Democracy in the Age of Empire, Penguin Books, 2005.

13 Jean Birnbaum, «Enquête sur une détestation française », Le Monde. 25-26 novembre 2001.

14 Ian Buruma, Avishai Margalit, Occidentalism, the West in the Eyes of its Enemies, Penguin, 2004.

15 Par exemple lorsqu'il prétend que les nouvelles technologies d’information vont tuer la créativité artistique. Or, on observe que l'internet est aujourd'hui un formidable tremplin pour de nouveaux talents... Ou encore lorsqu'il prophétise que le marché va tuer la création russe : « Sous le régime soviétique, les poètes dissidents pouvaient réussir à faire publier en cachette leurs œuvres, qu’on lisait en privé. A l'heure du capitalisme, ils ne peuvent plus rien publier, en partie parce qu’il n’y a plus rien à quoi s'opposer de façon évidente, mais surtout parce que la poésie n 'est pas rentable » (B. Barber, op. cit. p. 108). Cette prophétie est également démentie par l'actuelle très bonne santé de la production littéraire russe, la Russie fut d'ailleurs l'invitée d'honneur au Salon du Livre de Paris, en 2005...

16 Cf. John Tomlinson, Globalization and Culture, Oxford, Polity, 1999.

17 Samuel Huntington, Le Choc des civilisations, Paris, Odile Jacob, 1997.

18 Ibid. p. 140.

19 M. Castells, op. cit.

20 Idem.

21 Anthony Smith, Nations and Nationalism in a Global Era, Cambridge, Polity Press, 1995, et the Antiquity of Nations, Cambridge. Polity Press, 2004.

22 Ivan Illich est une des références intellectuelles centrales de ce courant, ce qui explique les récentes rééditions de ses travaux. Cf. Ivan Illich, (Œuvres complètes, Paris, Fayard, 2004, 2 tomes).

23 L'essentiel de leurs thèses se trouve dans Majid Rahnema. The Post-Development Reader, London, Zed Books, 1997 et dans Michel Bernard, Vincent Cheynet, Bruno Clementin, Objectif décroissance, Lyon, Silence, 2003.

24 Cf. la remarquable synthèse d’Anne-Marie Thiesse, La Création des identités nationales, Paris, Seuil, col. «Points», 1999.

25 Cf. Les travaux des africanistes, tels que Jean-Loup Amselle ou Jean-François Bayart.

26 Serge Latouche, L'Occidentalisation du monde, Paris, La Découverte, 1989. Cet auteur définit également l'Occident comme une « anti culture » forcément destructeur des cultures traditionnelles et hégémonique.

27 Serge Latouche parle à ce sujet d' « universalisme cannibale ». Cf. Serge Larouche. Universalisme cannibale ou terrorisme identitaire, sur le site: http://1libertaire.free.fr/SLatouche23.html

28 Yao Assogba, « Le droit et Le contexte culturel peuvent-ils faire bon ménage ?, Le Devoir, Montréal, 7 janvier 2006, p. A6 : cf. site Internet : http://classiques.uqac.ca/contemporains/assogba_yao/hyperrelativisme_culturel/assogba_yao_2004_01_07.doc

29 Mais qu'est-ce que l'Occident ? Ce concept flou (cette prénotion, aurait dit Durkheim) mériterait d’être éclairci, ce qui représente une tache considerable... à laquelle s'est attaché, dans ses enseignements, Michel Berges.

30 Rosenau, James, Dynamics Beyond Globalization, Distant Proximities, Princeton University Press, 2003. Sheila Croucher, Globalization and Belonging, Rowman and Littlefield, 2004.

31 Benedict Anderson, L'imaginaire national, Paris, La Découverte Poche. 2002.

32 Anne-Marie Thiessc, op. Cit.

33 Jean-François Bayart, L'Illusion identitaire, Paris, Fayard, 1996. Jean-Loup Amselle, Logiques métisses, Payot, 1990.

34 Jackie Assayag, La Mondialisation vue d'ailleurs, Paris, Seuil, 2005.

35 Dominique Wolton, op. Cit, Armand Mattelart, Diversité culturelle et mondialisation, Paris, La Découverte, 2005.

36 L'historien britannique Niall Fergusson parle, à propos de I'empire britannique, d'une, « anglobalization ». On peut extrapoler ce concept au cas français. Niall Fergusson, Empire. How Britain made the Modern World, Penguin Books, 2004.

37 Voir la discussion de I'historien Lucien Febvre sur le caractère occidental - ou oriental ? - de ce qui est considéré comme le berceau civilisationnel de I'Europe, à savoir la Grèce antique (en oubliant les influences germaniques ou celtes par exemple}. Lucien Febvre, L 'Europe, genèse d'une civilisation, Paris, Perrin, 1999.

38 Il s'agit d’Harry Roselmack, qui présenta le journal télévisé sur TF1.

39 Par exemple, on a vu la gauche française s'opposer au port du voile à l'école et dans les services publics en se référence au combat pour la laïcité, or cette même gauche soutient traditionnellement les immigrés, les sans-papier, la diversité culturelle... Pour sa part, la droite s'oppose également au port du voile, mais au nom des valeurs républicaines nationales (laïcité, universalisme...), sans vraiment aborder au fond la question de l’identité national... Un autre exemple réside dans le refus par des intellectuels de gauche de la mise en place de statistiques ethniques, au motif que cela masquerait Les « fondements sociaux des inégalités » (c'est-a-dire les différences de classe). Cf. Alain Blum, « Les limites de la statistique », Le Monde, 1er août 2006.

40 Majid Rahnema, “Towards Post-Development : Searching for Signposts, a New Language and New Paradigms”, M. Rahnema, dir., The Post-Development Reader, op. cit.

1   2   3   4   5   6   7

similaire:

Cours de Madame Blanc-Noel 2008 2009 Le paradigme de l\L’ideologie en économie elle existe car on a deux paragdigme principaux...

Cours de Madame Blanc-Noel 2008 2009 Le paradigme de l\1 Le paradigme biologique introduction la naissance des sciences...
«transformisme» (les modifications des espèces sont dues à l’influence directe du milieu)

Cours de Madame Blanc-Noel 2008 2009 Le paradigme de l\«Le grand changement de paradigme : du capitalisme de marché aux...
«Le grand changement de paradigme : du capitalisme de marché aux communaux collaboratifs») (3)

Cours de Madame Blanc-Noel 2008 2009 Le paradigme de l\Régularités et intégration du «techno-push» et du «demand pull» dans...
«techno-push» et du «demand pull» dans l’approche en terme de paradigme technologique et de trajectoire

Cours de Madame Blanc-Noel 2008 2009 Le paradigme de l\Du grand commerce caravanier а la mondialisation contemporaine :...

Cours de Madame Blanc-Noel 2008 2009 Le paradigme de l\Lieu : salle de réunion du Laboratoire Population Environnement Développement
«Le paradigme de la fragmentation urbaine approches critiques : E. Dorier et J. Farah.»

Cours de Madame Blanc-Noel 2008 2009 Le paradigme de l\Congrès Marx International V section Etudes Féministes Atelier 7...

Cours de Madame Blanc-Noel 2008 2009 Le paradigme de l\La nouvelle societe du cout marginal zero. Que retenir pour une education...
«Le grand changement de paradigme : du capitalisme de marché aux communaux collaboratifs») (3)

Cours de Madame Blanc-Noel 2008 2009 Le paradigme de l\«Ne prenons pas la terre pour une dinde ! A noël, réchauffons nos cœurs»
«Vivre autrement» sont l’initiative d’un collectif d’associations, mouvements et services chrétiens, 8 lors de la 1ère campagne de...

Cours de Madame Blanc-Noel 2008 2009 Le paradigme de l\Le développement «humain» : un mot lourd de sens éthique et politique
«d’un chemin révolutionnaire»3 «d’une nouvelle vision du progrès humain» ouverts par le recours à ce paradigme






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
e.20-bal.com