Presentation de l’armee francaise de 1914 a 1939





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1ère

partie


PRESENTATION DE L’ARMEE FRANCAISE DE 1914 A 1939



Pourquoi parler de l’armée de terre de 1914 à 1918, alors que le thème de cette étude est l’organisation de l’armée entre septembre 1939 et juin 1940 ?
En novembre 1918, la France sort victorieuse de ce qu’on appelle communément « La Grande Guerre ». Elle possède une armée de terre dense et solide, elle est à la fois massive par le nombre de ses divisions d’infanterie et de cavalerie mais souple dans ses échelons qui sont eux-mêmes structurés de manière hiérarchique.
Partie au combat avec l’expérience de la guerre « de 1870 », elle voit sa physionomie se transformer aux vues de l’évolution du conflit et de l’essor technologique qu’il engendre.
Cette armée est le fruit conjoint des quarante et une divisions d’infanterie et des dix divisions de cavalerie de l’armée d’active d’août 1914 (construite pas à pas depuis 1873 dans le seul but de la reconquête des provinces perdues de l’Est perdues par le traité de Versailles signé avec l’Allemagne impériale) et de l’armée des tranchées de ces quatre années de conflit qui ont vu naître en son sein des restructurations et innovations changeant de manière totale son image de 1914.
Ainsi l’artillerie, arme de seconde ligne, peu préparée à un conflit moderne et dynamique mais possédant une arme symbole qu’est le canon de « 75 » (canon léger de 75 mm) se retrouve dans un rôle de premier plan lors des grandes offensives de 1914 et 1918, par son action puissante et dévastatrice. L’armée de terre met également en œuvre des canons et obusiers de type courts et longs à calibre lourds, tel le canon de 155 mm Schneider de 1917 ou le canon de 400 mm sur plateforme ferroviaire.
L’infanterie, « Reine des batailles » voit son action accrue par la montée en puissance de son armement collectif et la restructuration de son organisation divisionnaire. L’évolution ultime de son appui direct se concrétise par la naissance du « char » ou « tank », véritable mitrailleuse sur chenille, permettant à la ligne d’attaque d’effectuer des percées significatives par la neutralisation des points de défense ennemis.
Les chars lourds de type Schneider ou Saint Chamond et plus encore le char léger Renault FT offre de nouvelles possibilités aux armes françaises.
Cependant, cette théorisation des chars comme accompagnement d’infanterie porte déjà en elle, le fruit de la discorde sur l’utilisation des blindés lors du second conflit mondial.
Cette première partie nous présente l’armée de terre française de 1918 à 1939. Il est en effet intéressant de comparer la structure militaire de la France lors des deux conflits majeurs qui ont marqués ce 20ème siècle et de saisir aussi la place et l’importance de l’armée en temps de paix ainsi que son organisation.
Cet ensemble peut-être considéré comme une vaste introduction au sujet qui nous concerne, mais se situe surtout comme la base de référence de nos travaux sur l’armée de terre française de 1939-1940.

- Nous verrons tout d’abord dans un premier chapitre, ce qu’est cette armée de terre française par son organisation territoriale et ses éléments organiques en août 1914 et en novembre 1918 pour nous pencher ensuite sur les conséquences de la 1ère guerre mondiale, et ce qu’elles induisent sur l’état d’esprit des chefs militaires et de leurs initiatives.
- Le deuxième chapitre traite de l’armée d’active de l’entre-deux guerre, qu’elle soit de métropole ou des colonies et territoires d’outre-mer, dans son organisation administrative ainsi que divisionnaire. Nous verrons que l’organisation territoriale de 1939 ne diffère que peu de celle de 1914.


I – L’armée de terre de 1914 a 1918 et la France de l’entre-deux guerre.

L’armée de terre en août 1914 est structurée en cinq grands ensembles de commandement combinés de manière hiérarchique et pyramidale.
Les deux derniers échelons existent de manière permanentes en temps de paix comme en temps de guerre. Les trois premiers ensembles sont mis sur pied à la déclaration de guerre ou lorsque le besoin s’en fait sentir, cependant ils sont prévus dès le temps de paix :
® le Grand Quartier Général (c’est l’état-major du généralissime, commandant les armées françaises et autres troupes étrangères sous commandement français), l’organisation de ce Grand Quartier Général est établi selon le décret ministériel du 28 juillet 1911.
® les groupes d’armées,
® les armées,
® les corps d’armées et corps de cavalerie,
® les divisions d’infanterie et divisions de cavalerie (montées ou à pied).

A – Le groupe d’armées.

En temps de paix et pendant les premières semaines des hostilités, le groupe d’armées n’existe pas, il est pourtant prévu selon le décret du 28 octobre 1913 (règlement sur la conduite des grandes unités). Le commandement de ces groupes d’armées est assumé dès le temps de paix par un officier général issu du « conseil supérieur de la Guerre ».
Ce « conseil supérieur de la Guerre », mis sur pied au cours du 19ème siècle et remanié par Freycinet en 1888, compte une douzaine d’officiers généraux désigné pour la responsabilité du commandement des armées et groupes d’armées en campagne.
Le décret du 28 octobre 1913 expose que le groupe d’armées est un « ensemble d’armées dont les opérations sont liées entre elles par les plans du Général en Chef » dans le but « d’imposer à l’ennemi la bataille générale dans des conditions susceptibles d’entraîner des résultats décisifs pour l’issue de la guerre ».
Le premier groupe d’armées (groupe d’armées Nord) est créé le 4 octobre 1914 sous le commandement du Général Foch. Cinq autres groupes d’armées seront mis sur pied au cours de la Grande Guerre dont deux sous commandements alliés :
® le groupe d’armées Centre,
® le groupe d’armées Est,
® le groupe d’armées de réserve ou de rupture,
® le groupe d’armées des Flandres (sous commandement belge),
® le « British Expeditionnary Forces » (sous commandement anglais).
Le groupe d’armées n’est donc qu’un organe de commandement et de décision. Il ne compte pas de troupes combattantes en son sein mais possède des moyens de transmissions pour diriger les échelons subalternes et des services divers.


B – L’armée.

La manœuvre stratégique pensée au niveau du Grand Quartier Général et du Groupe d’armée est appliquée par l’échelon inférieur qu’est l’état-major d’armée. Le commandement de l’armée dirige les opérations sur le champ de bataille par l’intermédiaire des unités de cavalerie et d’infanterie qu’il a sous ses ordres.
De la même façon que le groupe d’armées, l’état-major d’armée n’existe pas en temps de paix. Il est cependant prévu selon le décret du 28 octobre 1913 (vu au paragraphe précédent). Les officiers généraux commandant les armées sont issus du « conseil supérieur de la Guerre ».
L’armée est composée d’un état-major et d’éléments organiques d’armées (E.O.A) regroupant les armes de l’infanterie, de la cavalerie et de l’artillerie et de service. De manière hiérarchique, l’armée dépend du groupe d’armées, mais a autorité sur les corps d’armées mis à sa disposition.
Lors de l’attaque allemande en août 1914, le Grand quartier général déclenche le plan XVII (plan de réaction à l’attaque allemande), cinq armées (1ère à 5ème) sont créées et mises sur le pied de guerre. Neuf autres armées sont créées au cours du conflit, deux sont dissoutes, leurs numéros repris par d’autres corps.
® 1ère armée : 02 août 1914 – 11 novembre 1918
® 2ème armée : 02 août 1914 – 11 novembre 1918
® 3ème armée : 02 août 1914 – 11 novembre 1918
® 4ème armée : 02 août 1914 – 11 novembre 1918
® 5ème armée : 02 août 1914 – 11 novembre 1918
® 6ème armée : 26 août 1914 – 11 novembre 1918
® 7ème armée1 : 04 avril 1915 – 11 novembre 1918
® 8ème armée2 : 16 novembre 1914 – 04 avril 1915
® 8ème armée3 02 janvier 1917 – 11 novembre 1918
® 9ème armée4 : 05 septembre 1914 – 05 octobre 1914
® 9ème armée 06 juillet 1918 – 07 août 1918
® 10ème armée5 : 05 octobre 1914 – 11 novembre 1918
® Armée des Alpes6 : 10 août 1914 – 17 août 1914
® Armée d’Alsace7 : 10 août 1914 – 28 août 1914
® Armée de Lorraine : 17 août 1914 – 27 août 1914
® Armée d’Orient : 03 octobre 1915 – 11 août 1916

C – Le corps d’armée et le corps de cavalerie.

Les corps d’armées d’infanterie existent en temps de paix sous la forme de régions militaires. Dix huit régions militaires sont mises sur pied en vertu de la loi du 24 juillet 1873 et du décret ministériel du 06 août 1874.
Le 28 septembre 1873 est créé en Algérie le 19ème corps d’armée. La loi du 05 décembre 1897 et le décret ministériel du 08 février 1898 créent une 20ème région militaire, mise sur pied dans l’est de la France. Le 22 décembre 1913, on dénombre vingt régions militaires en métropole et le 19ème corps d’armée en Afrique du Nord.
On compte également un corps d’armée colonial et le gouvernement militaire de Paris. A la déclaration de guerre, les corps d’armée sont intégrés dans les armées et prennent le chemin de la frontière du Nord-Est.

1 – Répartition des corps d’armée sur le territoire métropolitain.



- 1er Corps d’armée : Lille

(E.M : 1ère et 2ème D.I)

- Nord

- Pas de Calais


- 3ème Corps d’armée : Rouen

(E.M : 5ème D.I)
- Calvados

- Eure

- Seine inférieure

- 5ème Corps d’armée : Orléans

(E.M : 9ème D.I + 7ème D.C)
- Loiret

- Loir et Cher

- Seine et Marne

- Yonne
- 7ème Corps d’armée : Besançon

(E.M : 14ème et 41ème D.I)
- Ain

- Haute – Saône

- Jura

- Territoire de Belfort
- 9ème Corps d’armée : Tours

(E.M : 17ème et 18ème D.I + 9ème D .C)
- Deux Sèvres

- Indre

- Indre et Loire

- Maine et Loire

- Vienne
- 11ème Corps d’armée : Nantes

(E.M : 21ème et 22ème D.I)
- Finistère

- Loire inférieure

- Morbihan

- Vendée

- 13ème Corps d’armée : Clermont-Ferrand

(E.M : 25ème et 26ème D.I)
- Allier

- Cantal

- Haute – Loire

- Loire

- Puy de Dôme

- 15ème Corps d’armée : Marseille

(E.M : 29ème et 30ème D.I)
- Alpes Maritimes

- Ardèche

- Basses Alpes

- Bouches du Rhône

- Corse

- Gard

- Var

- Vaucluse
- 17ème Corps d’armée : Toulouse

(E.M : 33ème et 34ème D.I)
- Ariège

- Haute Garonne

- Gers

- Lot

- Lot et Garonne

- Tarn et Garonne
- 20ème Corps d’armée : Nancy

(E.M : 11ème et 39ème D.I + 2ème D.C)
- Aube

- Haute Meuse

- Meurthe et Moselle

- Vosges

- Corps d’armée colonial : Paris

(E.M : 1ère, 2ème et 3ème D.I.C 1)
- Brest

- Paris

- Toulon

- 2ème Corps d’armée : Amiens

(E.M : 3ème et 4ème D.I + 3ème D.C)
- Aisne

- Oise

- Somme
- 4ème Corps d’armée : Le Mans

(E.M : 7ème et 8ème D.I)
- Eure et Loir

- Mayenne

- Orne

- Sarthe
- 6ème Corps d’armée : Chalons sur Marne

(E.M : 12ème, 40ème et 42ème D.I + 4ème et 5ème D.C)
- Ardennes

- Marne

- Meuse

- Meurthe et Moselle
- 8ème Corps d’armée : Bourges

(E.M : 15ème et 16ème D.I + 8ème D.C)
- Cher

- Côte d’Or

- Nièvre

- Saône et Loire
- 10ème Corps d’armée : Rennes

(E.M : 19ème et 20ème D.I)
- Côte du Nord

- Ile et Vilaine

- Manche


- 12ème Corps d’armée : Limoges

(E.M : 23ème et 24ème D.I + 10ème D.C)
- Charente

- Corrèze

- Creuse

- Dordogne

- Haute – Vienne
- 14ème Corps d’armée : Lyon

(E.M : 27ème et 28ème D.I + 6ème D.C)
- Basses – Alpes

- Drôme

- Hautes – Alpes

- Haute – Savoie

- Isère

- Rhône

- Savoie
- 16ème Corps d’armée : Montpellier

(E.M : 31ème et 32ème D.I)
- Aude

- Aveyron

- Hérault

- Lozère

- Pyrénées Orientales

- Tarn


- 18ème Corps d’armée : Bordeaux

(E.M : 35ème et 36ème D.I)
- Charente Inférieure

- Gironde

- Landes

- Basses Pyrénées

- Hautes Pyrénées

- 21ème Corps d’armée : Toul

(E.M : 13ème et 43ème D.I)
- Haute – Marne

- Vosges


- Gouvernement militaire de Paris : Paris

(E.M : 6ème, 10ème D.I + 1ère D.C)
- Seine

- Seine et Oise


En théorie, chaque corps d’armée est composé d’un état-major de corps, de deux états-majors de divisions d’infanterie. Ces deux unités ont une infanterie de type binaire, à deux brigades de deux régiments d’infanterie chacune. S’y ajoute une brigade à trois régiments d’artillerie de campagne, d’un régiment de cavalerie et les services. Il convient cependant d’y ajouter les unités constituant les dix divisions de cavalerie.
Le corps colonial engerbe les trois divisions d’infanterie coloniales, cependant celles-ci sont réparties entre le gouvernement militaire de Paris, la 10ème région militaire de Rennes et 16ème région militaire de Montpellier. Le corps de cavalerie n’existe pas en temps de paix, il est créé en application du plan de mobilisation appelé « plan XVII », il remplit les mêmes fonctions qu’un corps d’infanterie.
Durant le conflit, en sus des vingt corps d’armées d’infanterie métropolitains, du 19ème corps d’armées d’Algérie, du corps colonial et du corps de cavalerie précédemment cités, sont créés onze corps d’armées, un corps colonial et deux corps de cavalerie. A la fin du conflit, il reste en ligne trente corps d’armées, deux corps coloniaux et deux corps de cavalerie.
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