Le Génocide au Cambodge Ben Kiernan





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Le Génocide au Cambodge – Ben Kiernan
p.58 : « Au bord de cette même nationale, écrit Ping Ling, les jeunes filles rassemblaient la vaisselle après avoir dîné au bord de la route, lorsque neuf chemises noires firent irruption dans le campement et ordonnèrent à tout le monde de partir sur le champ. C’en fut trop pour un garçon de vingt-trois ans qui se mit à trépigner devant les chemises noires en hurlant à tue-tête et en se frappant la poitrine à deux mains, avant de s’arracher les cheveux. Ensuite, raconte Ping Ling, il enleva ses vêtements jusqu’au moment où il fut entièrement nu. Toujours en trépignant et en hurlant. Puis il se jeta à quatre pattes et montra ses fesses d’une main, défiant les chemises noires de le frapper. Le jeune homme se releva et maudit les Khmers rouges, affirmant qu’ils mourraient tous en enfer et que le diable était son ange gardien et le protégeait à cet instant précis, qu’il pouvait tous les combattre d’une seule main. En se martelant la poitrine il se mit à danser comme un boxeur. Un Khmer rouge, un adolescent, braqua son M-79 sur le ventre du jeune homme. Un spectateur le supplia de ne pas tirer. Les gens commencèrent à s’éparpiller. Un Chemise noire plus âgé, coiffé d’une casquette Mao, posa la main sur l’épaule du jeune Khmer rouge pour le retenir. Il sortit posément son 45 de l’armée américaine et tira une balle dans la tête du malheureux fou. »
p.106 : « La Zone spéciale formait le fer de lance sur lequel comptait le Centre pour assurer son emprise militaire et politique sur les campagnes. […] Le secrétaire de la Zone spéciale était Vorn Vet, avec Son Sen pour adjoint. […]

Le secrétaire de zone [Sud-Ouest] était Mok. Grand, maigre, la peau claire, les cheveux gris avec un début de calvitie, il avait été l’un des chefs de guérilla près de chez lui à l’ouest, dans le district de Tram Kak, pendant la guerre contre les Français. L’administration française accusait les rebelles du secteur d’exactions contre la population, et un ancien bonze confirme que Mok tuait les gens ordinaires au même titre que ses ennemis politiques. »
p.112 : «  Quelques mois après l’évacuation des villes, on apprit de sources indépendantes que le Centre avait ordonné la fin des exécutions. »
Utilisation et abandon du peuple : p. 117-118 « Un document secret du Centre daté du 19 Septembre 1975 affirmait que par comparaison avec les révolutions chinoise, coréenne et vietnamienne, nous avons trente ans d’avance. […] nous devons répartir le peuple en fonction des besoins de production […] Le Nord-Ouest a besoin de 500000 travailleurs supplémentaires. […]La population de la zone Nord-Ouest atteignit 1.79 millions de personnes en mars 1976, contre 908000 en 1968. Quelque 800000 anciens citadins furent envoyés dans cette seule zone. Une catastrophe se préparait. Il fallait nourrir tous ces gens, mais l’on prévoyait de vendre 2 millions de tonnes de riz à l’exportation en 1977. »
p.140 : dossier du conflit sur les frontières terrestres et maritimes entre Cambodge et Vietnam : « Pol Pot commence par déclarer que son avis « ne diffère en rien » de ce qui vient d’être dit. Il veut seulement ajouter quelque chose. D’abord, « négocier avec el Viêt Nam le règlement du problème des frontières est notre tâche révolutionnaire du moment. » Il existe « un conflit chronique avec le Viêt Nam » et « nous ne sommes pas des idéalistes qui disent qu’il ne doit pas y avoir de conflits ». Pol Pot n’envisage pas de le résoudre. « A présent et dans le futur il y aura toujours conflit. Nous devons renforcer notre position. […] Même si nous ne réglons pas le problème, nous aurons l’expérience de cette négociation. » Le but de la négociation n’est pas pragmatique, mais dialectique. La leçon à en retenir : on ne peut pas négocier avec le Viêt Nam. »

Hypocrisie : Dans leur réponse, « nous insisterons sur notre amitié et notre solidarité. »[…] « L’amitié et la solidarité avec le Viet Nam sont sacrées à nos yeux. »
Aide de la Chine :

aide militaire pour le Cambodge p. 156 en contrepartie, le Cambodge offre des produits rares très convoités depuis longtemps par la Chine : « Le Lê Du quitta le Cambodge le 2 octobre, premier d’une série de bateaux qui acheminèrent en Chine une grande partie des richesses de la forêt cambodgienne. Tout compte fait, cela n’avait rien de nouveau. Ces produits exotiques, chéris des Chinois depuis des temps immémoriaux, formaient l’essentiel des présents que les monarques cambodgiens envoyèrent pendant des siècles en tribut à l’Empire du Milieu. Mais ces exportations prirent vite des proportions inquiétantes. La cargaison du Lê Du marqua le début d’un pillage sans précédent de l’écologie du Cambodge. […] Parallèlement « on exporta d’énormes quantités de riz à la fin de 1976 ». D’après Pech, un bateau quittait presque tous les jours le port avec un chargement de riz cambodgien.
Les structures sociales : déchus candidats et pleins droits.

Cambodge vu par l’Union des femmes vietnamiennes, conduite par Ha Thi Que : « Pour leur dernière soirée, les invitées assistèrent à un spectacle de chants cambodgiens interprétés par des solistes et une chorale. Il n’y eut pas de danses. La salle était vide, hormis les Vietnamiennes, dix membres de l’ambassade du Viêt Nam et un nombre égal d’invités cambodgiens. « La visite était finie, conclut Que. Nous n’avions eu aucun contact avec le peuple cambodgien ; on nous avait empêchées de poser des questions aux gens ordinaires. » Qu’advenait-il des Cambodgiens ? »

p. 194 : « Sur le plan social, la population se répartissait en deux groupes. Les habitants des villes évacuées et les paysans vivant dans les zones tenues par Lon Nol jusqu’en avril 1975 formaient à présent le « peuple nouveau » ou « peuple déchu ». Ils représentaient jusqu’à 30 pour cent de la population du Kampuchéa démocratique. La majorité paysanne, qui vivait depuis plusieurs années dans les zones d’insurrection appelées « bases », constituait le « peuple de base », encore appelé « peuple ancien ». »
Révolution paysanne ?

p. 197 : « En revanche, je monterai que la thèse d’une révolution paysanne conduite par le PCK ne tient pas. Avec autant d’efficacité qu’elle avait déjà ravagé la vie des Cambodgiens appartenant à d’autres races, la politique adoptée par le PCK écarta aussi presque tous les paysans khmers de souche, bien qu’ils n’en fussent pas encore conscients à une période aussi tardive que 1976. »

p. 198 : « La politique du Kampuchéa démocratique priva les paysans de trois caractéristiques de leur mode de vie auxquels ils étaient particulièrement attachés : la terre, la famille et la religion. La population du Cambodge se transforma en main-d’œuvre corvéable et non payée. »

p. 257 : « Mais, en 1977, l’Organisation du Kampuchéa démocratique était trop étroitement réglée et contrôlée pour autoriser des initiatives spontanées de la part des paysans.[…] La révolution paysanne de Vickery relève du mythe. Son analyse semble plus proche de la vérité dans la zone Est […] que dans la zone Sud-Ouest en général. Rien n’indique que les directions du Centre ou de la zone aient été « entraînées par les paysans. » Mais le PCK put néanmoins compter sur un large appui de leur part, au moins en 1975-1976. »
Zone Sud-Ouest 198 - 249

p. 200-201 : « Elle nous dit qu’on pouvait s’en tirer à trois conditions[…] ne rien savoir, ne rien entendre, ne rien voir. »

p.203-204 : « Les gens vraiment pauvres aimaient les Khmers rouges. Ils n’étaient pas très intelligents et cela leur faisait plaisir d’avoir autant à manger que les gens riches et instruits à qui ils en voulaient. Ils aimaient le régime et détestaient les gens de Phnom Penh, parce qu’ils ne s’étaient pas battus pour la révolution et pour l’égalité aux côtés des Khmers rouges. […] Les Khmers rouges, c’étaient les habitants de base et le chef de village ; on n’avait pas besoin de soldats. »
Dans la plupart des districts quand même, les habitants de base étaient privilégiés, recevant plus de nourriture, et travaillant moins. Mais cela jusqu’en 1976.

  • exemple p.210 : « Jusqu’en 1975, dit Hen, les habitants de base « eurent foi en la révolution », mais, lorsqu’on les sépara de force des membres de leur famille rentrés de Phnom Penh, leurs yeux s’ouvrirent. « La foi fit place à la colère et à la peur ».

  • exemple p.217 : « Les habitants de base furent eux aussi privés de leurs enfants, et eux aussi perdirent leurs illusions sur le régime. »

  • p.246 : « La situation était à peu près convenable en 1975-1976. […] Mais, en 1977, le courant s’inversa. « Beaucoup » de paysans moyens et aisés et « la plupart des enseignants parmi les peuple nouveau » furent exécutés. « Ils se mirent à éliminer tout le monde, même le peuple de base. Ils commencèrent à ce moment-là ce qu’ils appelaient la « lutte des classes » et emmenèrent les « couches supérieures de la société » pour les forger. On les tuait pour des fautes minimes. » » « Il n’y eut pas de famine. Les morts résultèrent toutes d’exécutions. »

  • p.260 : « Aussi longtemps qu’on ne toucha pas à ses moyens de subsistance et que ses sources de nourriture furent garanties, le peuple put s’accommoder des Khmers rouges, voire soutenir leur cause. Quand la nourriture vint à manquer, son soutien, feint ou réel, commença à s’effriter. »


De manière générale, à partir de l’année 1977, le régime devînt de plus en plus rigide et intransigeant.

P. 215 : « Samath, ce menuisier du quartier général de région qui avait rallié la révolution en 1970, confirme que la situation s’aggrave considérablement en 1977, après l’arrestation de Saing Rin et son replacement par le fils de Mok, Chong, au poste de secrétaire de région. « En 1977-1978, on arrêtait tous les deux ou trois jours quelqu’un dans notre unité de cinquante à soixante travailleurs. »

p.355 : « En 1977, on commença à tuer les capitalistes, les étudiantes, les bonzes et même les Chinois et les Vietnamiens, même s’ils parlaient cambodgien. On tua les gens appartenant à ces classes en les massacrant à coups de bâtons. »

Egalité pour tous = horreur pour tout le monde.
Zone Sud-Ouest : p. 210 : « En juillet, on établit une nouvelle classification de la population, cette fois en trois grands groupes. Les « citoyens de pleins droits » étaient les habitants de base faisant preuve d’une « bonne conscience politique », sans liens familiaux avec les peuple nouveau ni les victimes des exécutions, et travaillant avec ardeur. Les habitants de base affligés de « mauvaises biographies » rétrogradaient au statu de « déchus » et rejoignaient le gros des peuple nouveau, et le reste formait un groupe intermédiaire, les « candidats ». […] Les gens montaient ou reculaient dans la hiérarchie suivant qu’on jugeait leur ardeur au travail « intense, moyenne ou faible ».
p.211 : « En 1977, Hen fut muté dans un sous-district encore « plus dur ». Les gens travaillent « jour et nuit », certaines nuits par roulement de quatre heures pour dormir sur le chantier. La production augmenta, mais deux à trois cents personnes moururent chaque année : « leur santé se détériorait à cause du travail harassant, et les rations étaient médiocres. » Soixante à 70 pour cent du riz produit allaient à l’Etat. Les habitants de base soupçonnés d’infractions étaient régulièrement « déférés aux instances supérieures » - autrement dit envoyés à la mort. En 1977-1978, les déportations de paysans atteignirent un niveau inconnu jusque-là, et « le peuple de base cessa complètement de croire en la révolution ».
p. 219 : « Une famille en vint aux mains pour de la nourriture. Rentrant de deux semaines passées à déplacer de la terre dans les collines, un fils découvrit que son père avait mis de côté un peu de leurs rations au cas où il tomberait malade. Il prit le riz et commença à le cuire. Son père l’injuria, disant : « C’est mon riz. Angkar ne m’en donne pas assez. » Le père frappa ensuite sa femme, et le fils se jeta sur lui. Tam Eng accourut précipitamment et le vit qui tentait d’étrangler son père. »
p.223-224 : village modèle Leay Bo district de Tram Kak : « Ici au cœur du Kampuchéa démocratique – une coopérative modèle dans un district modèle de la zone de Pol Pot par excellence -, la politique de clan se cristallisa en une extravagante hiérarchie de castes.[…] De la même façon que l’idéologie raciste avait déterminé la politique du PCK à l’égard des minorités et des étrangers, d’autres liens du sang au sein de la majorité khmère, déterminaient la place de chacun dans l’architecture sociale du Kampuchéa démocratique.[…] La nouvelle organisation en castes, stratifiée, soigneusement calibrée, institutionnalisée suivant des critères rigides, avait aussi peu de chose à voir avec une politique de classe paysanne que la nouvelle organisation du travail avec l’exploitation paysanne de la terre. »

=> Parenté et non géographie est le facteur déterminant
Zone Est : 249-255

p.250 : « Michael Vickery concluait que, avant 1978, « l’Est tout entier avait été une zone où les gens vivaient relativement bien, les paysans de base comme le peuple nouveau. Elle comptait de nombreux districts agricoles prospères, et l’administration était aux mains de communistes disciplinés forts d’une longue tradition révolutionnaires. »
Paysans et le parti dans les zones de base

p.256 : soldats du PCK abattant un soldat de Lon Nol région Battambang : « Une jeune gemme de Battambang, qui n’était pas allée à une réunion politique, dormiat dans une charrette derrière sa maison. La détonation la réveilla en sursaut. Elle vit avec horreur les agresseurs ouvrir le ventre du soldat qui vivait encore. Ils arrachèrent le foie, le firent cuire sur un feu improvisé et le mangèrent. C’était un rite khmer traditionnel pour absorber la force de l’ennemi. »
Chapitre 6 : état corvéable 262 – 305

p.305 : « Des paysans à qui on demandait s’ils aimaient le PCK répondirent : « Evidemment que nous l’aimions : nous n’avions pas le choix ! » C’est précisément ce qu’exprimait la jeune Teang en déclarant : « Les peuple de base ne juraient que par les Khmers rouges, ils faisaient tout ce qu’ils leur disaient parce qu’ils avaient peur de la mort. »[…] Un habitant du village de Cham, décrivait ainsi la situation : « Ils pouvaient nous frapper si l’envie leur en prenait, même si nous avions obéi à leurs règles. Les règles n’existaient pas. S’ils voulaient qu’on marche, on marchait ; qu’on s’assoie, on s’asseyait ; qu’on mange, on mangeait. Et pourtant ils nous tuaient. Ce n’était pas compliqué, s’ils voulaient nous tuer, ils nous emmenaient et ils nous tuaient. » La réfléxion d’un Chinois de souche confirme cette culture d’asservissement. »
Chapitre 7 : purification ethnique 306-375

p.306 : « Le sort de toutes les minorités dans le Kampuchéa démocratique a été particulièrement négligé. D’après l’évacuation officielle publiée par le régime en 1977, elles représentaient seulement 1 pour cent de la population. « Quatre vingt dix-neuf pour cent » étaient khmers. Les Chams, Chinois, Thaïlandais, Laotiens et vingt autres groupes ethniques, soit près de 20 pour cent de la population, furent quasiment rayés de l’histoire par le PCK. »

- Chams : communauté déjà oubliée, minimisée par la vision internationale. P. 311 : « La vision nostalgique de la disparition prochaine des Chams a contribué à les priver de leurs droits en 1975-1979. »

p.314 : « A Angkor Chey, les Chams de la zone Sud-Ouest prirent officiellement le nom de peuple de base déchu. C’est l’exemple le plus ancien d’application de ce terme aux déportés. […] Cette terminologie montre que la définition de catégories fut d’abord conçue à l’intention des Chams, pour des raisons raciales et non géographiques.[…] Elle met en évidence les notions parallèles de race et de parenté par le « sang » dans l’idéologie et les méthodes de PCK. »

p.316 : document officiel daté de 74 : « Toutefois, il est nécessaire de disloquer ce groupe dans une certaine mesure ; il ne faut pas le laisser se concentrer dans un même secteur. »

Rébellions de 1975 à Krauchhmar qui « abritait quelque trente mille Chams dans les années 1970. Quatre très gros villages se pressaient sur la rive orientale du Mekong[…] Ils passèrent aux mains des insurgés en 1970, lorsque le régime de Lon Nol perdit le contrôle des secteurs situés en amont du fleuve, leurs habitants devenant de ce fait des peuple de base.Les Chams de cette région adhéraient sans réserve à la révolution – du moins jusqu’en 1975. »

p.320 : « En juin ou juillet 1975, déclare Ly, les autorités du district de Kraucchmar voulurent confisqer tous les exemplaires du Coran de l’endroit et obligèrent les jeunes filles cham à se couper les cheveux. »

p.321 : « les musulmans se révoltèrent en apprenant que le Kampuchéa démocratique prévoyait d’interdire leur religion et leur langue, de leur faire manger du porc et de disperser leurs communautés. »

p.322 : « Après 1975, aux yeux de l’Etat, il n’y eut plus de musulmans du tout. »

p.326 : « La situation empira au milieu de 1976. On convoqua une réunion de tous les groupes ethniques du secteur. Les responsables du parti prirent la parole : « Maintenant que nous sommes en 1976, nous devons suivre un nouveau plan.[…] Il n’y aura plus ni Chmas, ni Chinois, ni Vietnamiens, seulement une seule et même ethnie khmère pour tous. » » De même, p.329 : « « Maintenant, nous faisons la révolution. Tout le monde devient khmer. » Cette définition inhabituelle de la révolution laissait mal augurer du sort des Chams. »
p.343 : « C’est à Takeo, patrie de Mok, que le terme « déchu » fit sa première apparition. On l’utilisait habituellement pour différencier les villageois cham des villageois khmers. » p. 345 : « Mais les chams devaient leur statut à la discrimination raciale. »

p.347 : « D’après Toloh, promu chef adjoint du village, Po Tonlé, un village voisin, devint un vaste centre de torture et d’exécution où l’on assassina trente-cinq mille personnes, dont environ vingt mille chams. »
p.504 : « Khatidjah n’en affirme pas moins que 1978 fut l’année la plus sanglante pour les Chams, particulièrement visés par les forces du Sud-Ouest. » « campagne d’extermination raciale » 505

-Chinois : p. 351 : « On peut estimer à cent cinquante mille le nombre de Chinois qui périrent dans la zone Nord-Ouest pendant la seule période 1976-1978. »

p.356 : « Ils n’épargnèrent que les gens à la peau foncée[…] Un cadre détestait les Chinois de souche. »

p.357 : « Une grande partie de la population chinoise de la capitale était originaire de la région 25 de la zone Sud-Ouest. Lors de l’arrivée massive des évacués dans ce secteur en avril 1975, les dirigeants locaux commencèrent par opérer une ségrégation raciale. »

p.358 : « Eng ne faisait état d’aucune persécution raciale, mais les « rapatriements » signifiaient que le Kampuchéa démocratique cessait de reconnaître les minorités ethniques.[…] la nouvelle ligne consistant à disperser les groupes ethniques à l’échelon national signifia la suppression des droits de ces minorités : le choix entre l’expulsion ou l’assimilation forcée ».

p.360 : « Pour les Chinois de souche du Cambodge, ke Kampuchéa démocratique signifia la pire catastrophe à s’être jamais abattue sur une communauté chinoise en Asie du Sud-Est. Sur une population de 430000 individus en 1975, 215000 seulement survécurent aux quatre années suivantes. Les Chinois périrent en masse de la faim et de maladies comme le paludisme. Avec cinquante pour cent de morts, ils furent, proportionnellement, plus touchés que la population des villes en général (emputée d’un tiers environ ). De plus, le chinois, comme toutes les langues étrangères et celles des minorités, fut interdit, de même que fut proscrite l’existence d’une communauté chinoise ethniquement et culturellement identifiable. La communauté chinoise devait être détruite « comme telle ». Cette politique du PCK, comme celle qu’il mena contre les chams, pouvait être interprétée comme un génocide.
- Vietnamiens de souche :

p.361 : « « Ils ordonnèrent même aux maris de tuer leurs femmes vietnamiennes. […] Et ils n’hésitèrent pas à abattre ceux d’entre nous qui érpouvaient de l’attachement pour leurs femmes et leurs enfants. Tels furent leurs ordres. » »


  • Khmers Krom :

  • Thai et laotiens

  • Minorities tribales :

p. 368 : « Le nord-Ouest était la zone où Ieng Sary et Pol Pot avaient vécu de 1967 à 1970. Pol Pot admirait lui aussi les populations tribales du Nord-Est.[…] Mais ces petites fractions minoritaires furent les seules dont le Centre n’interdit pas la langue. » et plus loin , « Au ministère des Affaires étrangères où le personnel de bureau représentait une dizaine d’employés sur un effectif de cent cinquante personnes, les cadres appartenant aux minorités bénéficiaient systématiquement d’un statut plus élevé que les intellectuels et diplomate khmers rentrés de l’étranger. »

p. 371 : « Dans le fil de ce revirement ultra-nationaliste, les purges opérèrent des coupes de plus en plus claires parmi les cadres des minorités. A la fin de 1977, une escouade armée du PCK emmena Khon (ancien cadre ayant été garde du corps de Hou Yuon de 1967 à 1975); on ne le revit jamais. Sa femme disparut peu après. Au début de 1978, plus d’une centaine de cadres limogés, certains avec femmes et enfants, arrivèrent à Cahmcar Loeu pour « reprendre leur éducation à zéro ». »

p.373 : « D’après une estimation plausible, environ 50 pour cent de la population montagnarde de Ratanakiri aurait été tuée. »

p.375 : exceptions : « Plus le groupe ethnique était réduit, plus le PCK lui accordait de privilèges. »
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