Bibliographie Introduction





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Université Lumière Lyon 2 Mme. Colette Grinevald

M. Michel BERT
Sociolinguistique
La langue naxi et l’écriture Dongba

Comment revaloriser une écriture moribonde essentiellement utilisée à des fins touristiques et commerciales, avec la revitalisation d’une langue elle-même menacée ?
LI Na

WANG Yu

WANG Dai

Blandine BOYER

ZHANG Chunzhuo

M1 FLES 2010-2011

Sommaire
Introduction


  1. Histoire des Naxi

  1. La langue Naxi

  2. Les écritures Naxi

  3. La religion Dongba

  4. La culture et littérature Dongba




  1. Situation actuelle de la pratique du Naxi - Vitalité de la langue et l’impact du tourisme

1. Vitalité de la langue Naxi selon les critères de l’UNESCO

2. Politique linguistique générale en Chine

3. Importance du tourisme et ses impacts
III) Revitalisation

1. Raisons motivant cette revitalisation

2. Politiques linguistiques chinoises concernant le peuple Naxi

3. Projets de revitalisation entrepris
Conclusion
Bibliographie


Introduction



La langue est une composante essentielle de la culture dont elle fait partie. En effet, elle permet aux locuteurs de communiquer, de mettre des mots sur les choses de la vie qu’ils observent tout au long de leur existence. Ainsi selon les régions du monde, il existe des mots pour des animaux, des plantes, des rivières qui n’existent que dans une minorité de langues et que l’on ne retrouve pas ailleurs. La perception du monde représente la logique d’un peuple, sa façon de voir les choses, de les analyser et de les faire vivre. En effet, poser un mot sur quelque chose c’est le caractériser, lui donner vie et lui reconnaître une existence propre. Par conséquent, toutes les langues sont importantes car elles représentent chacune une vision particulière de voir le monde, elles sont l’héritage linguistique de toute une tradition culturelle parfois vieille depuis des millénaires. Ce qui nous amène donc à rejoindre le concept de l’UNESCO stipulant que protéger une langue en la revitalisant c’est d’abord protéger un peuple et sa culture.
« Les peuples autochtones représentent 350 millions de personnes dans le monde. Détenteurs de systèmes de savoir traditionnels et de modes de vie forgés au fil des siècles en coexistence avec la nature, ce sont des gardiens irremplaçables de la diversité biologique et culturelle de notre planète. […] L’UNESCO s’efforce de promouvoir une éducation interculturelle et multilingue qui accorde toute sa place à la langue maternelle et d’encourager l’intégration des savoirs des peuples autochtones et de leurs façons de voir le monde dans les programmes scolaires »1
Au fil des années, cette vision de la langue somme toute assez récente, a influencé le monde ainsi que sa manière d’envisager ses langues minoritaires, celles-ci étant enfin reconnues comme importantes à préserver. De nombreux projets ont ainsi été menés afin de sauver les langues en danger qui, au nombre de 6000 aujourd’hui, risquent de disparaître de moitié à la fin de ce siècle (selon Michael Krauss). Nous avons ainsi choisi lors de cette étude de nous intéresser à une langue dont la caractéristique principale est d’avoir une écriture unique dans le monde, intimement liée à la culture du peuple qui s’identifie donc de deux manières différentes, par l’écriture et par le langage. Nous essaierons de voir en quoi ces deux composantes sont primordiales dans la question identitaire de ce peuple (les Naxi) et en quoi les tentatives de revitalisation de l’un font toujours nécessairement écho à l’autre, que ce soit en positif ou négatif.
Le peuple Naxi (纳西) proviendrait selon les croyances générales de l’ancienne tribu nomade Qiang qui vivait au nord-ouest de la Chine dans les vallées du Fleuve jaune et du Huangshui. Cependant certaines archives archéologiques affirment que ce peuple descendrait de la tribu « Maoniu Yi » qui habitait à Zedou (ancienne ville de la dynastie impériale des Qin, au sud-est de la province de Sichuan) ou encore des indigènes vivant dans la région actuellement appellée Lijiang, reconnue comme étant le berceau du peuple Naxi. Après des années de migration ininterrompue, « les premiers Naxi se sont finalement installés dans les régions orientales et occidentales situées en amont du fleuve Jinsha »1. Aujourd’hui, selon le dernier recensement de la population chinoise de 2000, les Naxi seraient plus de 300 000 à vivre dans une zone montagneuse à la jonction des provinces du Yunnan, du Sichuan et du Tibet.
Les Naxi ont réussi malgré leurs maigres ressources matérielles à créer une culture ethnique à part entière. En effet, fondée sur la religion et enrichie d’un millénaire de traditions Naxi, cette ethnie a offert à travers sa culture, un modèle de civilisation ancienne au reste du monde. Les prêtres étaient appelés « Dongba » par les Naxi ainsi toute l’ancienne culture de ce peuple devint la « culture Dongba » et elle est composée d’une écriture généralement désignée comme pictographique, de danses rituelles, d’œuvres d’art et d’outils spécialisés qui sont eux aussi qualifiés de Dongba.2
Cette culture religieuse a permis l’essor social des Naxi et a fortement influencé leur idéologie mais ce qui en fait quelque chose d’unique c’est son système d’écriture de plus de deux mille caractères pictographiques inventés dans le but de relater leurs coutumes et de transcrire leurs écrits, permettant ainsi la naissance de milliers d’exemplaires écrits Dongba.
Cependant, son mixage avec d’autres cultures plus importantes provoque la disparition de la culture Dongba et il ne reste plus aujourd’hui que quelques maîtres capables de lire ces écrits. La littérature Dongba est donc en grand danger d’être perdue (son sens tout du moins), d’autant qu’elle a été écrite sur du papier fabriqué à la main et qui ne saurait résister aux ravages du temps très longtemps. Ainsi selon l’UNESCO, « le problème de savoir commenter sauvegarder ce patrimoine rare et non reproductible de l’humanité est devenu une priorité pour le monde ».1
Le sujet de notre étude sera de voir pourquoi la langue Naxi et l’écriture Dongba sont en danger tout en analysant les moyens mis en œuvre par le gouvernement chinois, la province Yunnan et le peuple Naxi lui-même afin de préserver tout ce que contient cette culture Dongba. Nous verrons ainsi les problèmes importants de marchandisation de cette culture qui règnent à Lijiang (pôle principal du peuple Naxi) ainsi que les conséquences négatives influant la préservation de la culture Dongba. Nous focaliserons notre analyse autour de la question « Comment revaloriser une écriture moribonde essentiellement utilisée à des fins touristiques et commerciales, avec la revitalisation d’une langue elle-même menacée ?»


    1. Histoire des Naxi




  1. La langue Naxi


- Géographie
Le peuple Naxi est l’une des cinquante-six minorités ethniques de la Chine et selon le dernier recensement effectué en 2000 il y aurait 308 839 Naxi (chiffre probablement en hausse depuis) dont la majorité vit dans une zone montagneuse à la jonction des provinces du Yunnan, du Sichuan et du Tibet, principalement dans les préfectures de Lijiang, Weixi, Zhongdian, Ninglang, Deqing, Yongsheng, Heqing, Jianchuan et Lanping. Cependant un petit nombre résiderait également dans la région de Mangkang du Tibet.1

La province Yunnan (notamment la vieille ville Lijiang) est l’agglomération principale du peuple Naxi et elle compte 95,5% de la population Naxi totale. La province du Sichuan représente 2,8% de la population quant à la région autonome du Tibet, elle abrite 0,4% de la population et le reste vit dans d’autres provinces 1, 7%).1
- Les familles linguistiques en Chine 


Les différentes langues en Chine
Le Naxi est la langue parlée par le peuple Naxi, cependant il existe d’autres occurrences de ce terme telles que « Lomi », « Mo-Su », « Moso », « Mu », « Nahsi », « Nahki » et « Nasi » selon les régions. Nous choisirons dans ce dossier le terme Naxi car il est officiellement reconnu par le gouvernement chinois. Le naxi est une langue sino-tibétaine2. La famille sino-tibétaine, comptant environ quarante langues de l’est de l’Asie, peut se subdiviser en deux grands groupes: le chinois et le tibéto-birman. Ce dernier est constitué de trois sous-groupes qui sont : le tibétain, le birman et le qianguique et la langue Naxi est seulement une petite branche du sous-groupe tibétain.

Voici le schéma récapitulatif de la famille de la langue Naxi :

Sino-Tibétain (40 langues)

/ \

Chinois Tibeto-Birman

\

Himalayish

\

Lolo-Birman

\

Naxi
La famille sino-tibétaine, compte environ quarante langues qui peuvent se subdiviser en quatre groupes:

A) le groupe chinois: Chinois (mandarin ou putonghua), Wu, Min ou Minnan, Hakka, Cantonais, Xiang, Gan, Wu, etc.

B) le groupe tibéto-birman:

- le sous-groupe tibétain: Tibétain, Aka, Buyi, Gyarong, Cona monba, Canglo monba, Benghi-bogar lhoba, Yidu lhoba, Darang deng, Geman deng, Naxi, Lisu, Lahu, Bai, Jino, Nusu, Anong, Rouruo, Jingpo, Zaiwa, Derung et Pumi.
- le sous-groupe birman: Kachin (ou Jingpo), Karène, Chin, Achang, Naga, Yi, Hani, Jino, etc.
- le sous-groupe qianguique: Gyalrong, Qiang du Nord, Qiang du Sud, Ergong, Zhaba, Guiqiong, Muya, Ersu (ou Tosu), Queyu (ou Choyo), Namuyi, Shixing, Pumi.
- un isolat linguistique: Tujia
On compte environ 12 411 000 locuteurs utilisant les langues du groupe tibéto-birman; et celles-ci sont généralement parlées dans les provinces du Yunnan, du Guizhoun et du Guangxi1
On ne reconnaît communément que deux dialectes à la langue Naxi: le dialecte de l’est et le dialecte de l’ouest1, cependant un linguiste français (Alexis Michaud) en décrit un troisième, le dialecte Lazé2 que nous avons donc décidé d’ajouter. Le dialecte de Lijiang, fait partie du dialecte de l’ouest, le plus stable de ces dialectes et c’est celui que nous traiterons ici car il est parlé majoritairement dans la communauté Naxi.
La langue parlée s’est transmise de génération en génération car elle était un outil de la vie quotidienne et dans les siècles précédents la plupart des membres du peuple Naxi était monolingue. Cependant, au fur et à mesure des mélanges avec les peuples voisins et des migrations internes, de plus en plus de personne se sont mises à parler d’autres langues ce qui fait qu’aujourd’hui, beaucoup de Naxis peuvent parler plusieurs langues en plus du Naxi, notamment la langue Bai et le mandarin (langue officielle de l’Etat).
La langue Naxi avait également une fonction religieuse car elle était pratiquée par les prêtres Dongba dans leurs cérémonies, notamment quand ils récitaient le Dongba Jing (premier livre de versets en langue Naxi). Malheureusement au fil des années, avec la disparition des prêtres Dongba, facteurs principaux de cette culture écrite et parlée, la transmission de ces savoirs devient de plus en plus incertaine.



  1. Les écritures Naxi


Il existe deux écritures pour la langue Naxi et l’emploi de celles-ci était essentiellement restreint aux sphères religieuses. Les prêtres Dongba de la religion traditionnelle Naxi, utilisaient cette forme d’écriture archaïque pour exprimer leurs coutumes et transcrire leurs écrits, notamment pour écrire le Dongba Jing (Versets Dongba), raison pour laquelle cette graphie s’appelle l’écriture Dongba.
 Ecriture Dongba
Il est temps maintenant d’essayer de définir ce qu’est l’écriture Dongba exactement. Sur ce propos, de nombreux ouvrages et sites scientifiques divergent en affirmant soit que c’est une écriture hiéroglyphique, soit qu’elle est pictographique et il nous a donc fallu faire un choix. Nous avons gardé la proposition du site Internet sinoglot.com stipulant que l’écriture Naxi n’est pas exactement une écriture pictographique mais qu’elle s’en approche très fortement. En effet, bien que la plupart des caractères Dongba étaient probablement pictographiques à l’origine, nous ne pouvons plus aujourd’hui dire que c’est une écriture exclusivement pictographique car chaque caractère maintenant représente un son spécifique. Beaucoup ont des marqueurs phonétique ou phono-sémantique tandis que d’autres représentent comme les rébus, des mots de prononciation similaire.1
L’écriture Dongba est une écriture constituée de pictogrammes apparue au 7e siècle. Du point de vue de l’évolution de l’écriture, elle est même plus ancienne que les inscriptions antiques gravées sur des os d’animaux ou des carapaces de tortue. Ainsi cette écriture est classée comme la première forme d’écriture, d’abord inscrite sur du bois et des pierres puis sur du papier lorsqu’il fut crée. Ceci devient le Dongba Jing (Versets Dongba), un classique de la religion Dongba. Il n’y a que 1 400 caractères dans l’écriture Donga, dont 90% sont des pictogrammes, mais il existe de nombreuses compositions pour faire des mots. Cette écriture peut exprimer des sentiments très différents ou des descriptions multiples, et peut même composer des poèmes. Elle est la seule écriture essentiellement pictographique vivante de nos jours. Plus de vingt mille volumes de Dongba Jing (Versets Dongba) nous ont été légués en héritage. Ces livres traitent de la philosophie, l’histoire, l’astronomie, la religion, la médecine par des sorciers guérisseurs, la tradition, la littérature, l’art, c’est une vraie encyclopédie de la société Naxi. L’écriture Dongba est ainsi généralement considérée comme le ‘fossile vivant’ des civilisations humaines passées2.
Pour lire les scripts Dongba :

Les scripts Dongba sont de nature primitive où, par les inscriptions, certains mots et dans certains cas, des phrases entières ne sont pas précisées. Le texte étant seulement une aide mnémotechnique pour le prêtre afin qu’il puisse réciter les prières. L’écriture Dongba est donc un système d’écriture fonctionnel et concret comme nous allons essayer de le montrer ci-dessous avec un exemple provenant du site http://www.omniglot.com/writing/naxi.htm.

Exemple :

L’exemple suivant est un extrait d’une oeuvre Naxi, L’origine de la race humaine



Dans cet exemple, nous avons seulement six caractères alors que lu par un Dongba, le texte serait constitué de deux phrases.


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