Linguistique et sémiotique Karine Berthelot Guiet





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1. Origines mythologiques des langues
Hindoue : Brahmâ punit l’arbre de la connaissance, trop fier, tellement grand qu’il croit pouvoir attendre le ciel. Il lui coupe les branches et les disperse sur la Terre. Chacune des branches donnent naissance à un nouvel arbre, associé à une nouvelle croyance et une nouvelle langue

Amérindienne : Idée du grand déluge, langues différentes car dispersion à cause du déluge

Aztèque : Seuls un homme et une femme survivent au déluge, les enfants ne peuvent pas parler, une colombe apporte cette capacité mais sous forme différente, langues différentes pour chaque enfant

Amazonie : La tribu mange deux œufs de colibri et la tribu se sépare en petits groupes et parlent des langues différentes

Europe : Même langage sous Zeus mais Hermès apporte la discorde et la séparation des langues. Mythologie biblique : D’Adam à la confusion des langues avec la tour de Babel – langue adamique. Dans la genèse II, Dieu dit que la lumière fut (performativité). L'accrétion est un acte de parole. Au fur et à mesure qu'il crée les choses, les choses se font et portent un nom. Dieu parle à l'homme, il va lui dire de ne pas manger le fruit. On ne sait pas comment Dieu parle à l'homme (on pense que ce n'était pas une langue mais une illumination intérieure ou bien par des phénomènes atmosphériques). On demande à l'homme de donner aux choses vivantes un nom. Adam va trouver des dénominations (le cratilisme) que les animaux et végétaux devaient avoir. Il voit Eve pour la première fois : citation directe "Virago" (qui vient de ma cote). Il va l'appeler Eve (vie). Mais il y a le déluge et après le déluge toute la terre a le même langage. C'est seulement au moment où les hommes vont avoir de l'orgueil en construisant une tour que Dieu va les "diviser pour mieux renier ". Il leur donne des langues différentes pour qu'ils arrêtent de construire la tour. (Même chose avec les esclaves, on mettait ensemble des esclaves de langues différentes pour éviter qu'ils se comprennent et qu'ils se rebellent : ça a donné des langues "créoles"). C'est le fameux épisode de la tour de Babel. Idée du mythe de Babel.
2. Quelles sont les caractéristiques du langage humain ?
La créativité avec la double articulation et la question de la représentation. Le langage humain peut exprimer un nombre de significations presque illimitées, tandis que la communication animale se limite aux signaux d’appels, de danger, par exemple. Nombre limité et stéréotypé de données.

La double articulation du langage : Cf. André Martinez, linguiste français des années 60, 70. La première articulation consiste en le stock fini de sons contenus dans une langue, articulés entre eux, formant ainsi des mots. En articulant ensuite ces mots (seconde articulation) je crée des phrases : possibilités infinies. On passe des sons au lexique, au vocabulaire, puis de ces derniers à la syntaxe et aux phrases construites. Aucun langage animal ne possède ce système, même si on leur apprend, la seconde articulation est très dure à assimiler. Chez l’enfant, le stade de la première articulation est dépassé dès 24 mois avec l’explosion syntaxique (progrès fulgurants en quelques jours). La double articulation est un facteur de créativité.

La représentation : les mots ne sont pas des signaux, ni des cris équivalents à une émotion. Ici le système consiste en des signes arbitraires : l’arbitraire du signe. Cf. Saussure : la relation entre les deux éléments du signe est arbitraire, entre le signifiant (les sons ou les lettres qui composent le mot, forme matérielle, auditive et graphique du mot) et le signifié (pas le référent réel, mais le concept, l’idée, que l’on trouve dans le dictionnaire, qui propose une définition prototypique). Capacité de représentation, par la nomination, je peux définir un concept. Le signifiant ne peut pas exister sans le signifié.
3. Quand est ce que le langage est apparu ?
Pas de réponses fermes sur cette question, même si une hypothèse est plus ancienne que l’autre, si bien qu’on adhère plutôt à la seconde, plus récente. La première date des années 80 et pose que l’avènement du langage est un phénomène récent, contemporain d’Homo Sapiens, vers – 100 000. La seconde hypothèse date des 90’s, et postule que l’avènement du langage est bien plus ancien, contemporaine d’Homo Erectus, entre – 2 millions d’années et – 150 000.

L’hypothèse HS : le langage serait apparu entre – 150 000 et – 100 000, d’après l’étude des squelettes retrouvés. L’anatomie des HE et des australopithèques posent qu’ils n’étaient pas capables d’articuler les sons comme aujourd’hui, si bien que seul le HS pouvait parler correctement. D’autre part, c’est vers – 100 000 que certains phénomènes culturels apparaissent (l’art, les sépultures, l’accélération des innovations techniques) et sont favorisés, accélérés par le langage. Pas d’art sans capacité symbolique des personnes concernées, capacité attachée au langage. De plus, l’étude des traversées maritimes longues (voyage des HS vers l’Australie) corrobore cette hypothèse. Comment les HS sont ils arrivés en Australie ? A pied (mer plus basse et zones de terres plus intenses) mais quand même 100 km d’eau à traverser. Périlleux vu les possibilités techniques de l’époque. Pour faire ce voyage, il fallait un langage : mettre au point la traversée nécessitait le langage, vu quantités d’informations à échanger. On est donc presque certain que les hommes parlaient.

L’hypothèse qui prévaut aujourd’hui, concernant les HE : gamme de sons plus étendus qu’on croyait quant aux analyses anatomiques des squelettes (système d’imagerie évolué permet de l’affirmer). L’appareil vocal d’HE (avant HS) permettait d’articuler les mêmes sons qu’un enfant de 2 ans (certains sons comme le « sp » de « spectacle » sont difficilement prononçables). Avec ces quelques phonèmes, on peut déjà produire un vocabulaire assez varié. De plus, l’argument de l’anatomie de l’appareil vocal n’est pas décisif, puisqu’on peut admettre que les premières formes du langage sont un mix entre le gestuel et le vocal. On s’est rendu compte avec l’étude du cerveau que depuis – 2,5 millions d’années on pouvait constater une augmentation continue du cortex frontal entre autres, zones clés du langage, ce qui suppose une augmentation de l’activité de cette zone du cerveau. De même, la technique des outils, la planification de l’habitat, ou encore des activités, supposent un langage.
B. Langage des origines
1. Quelle forme ?

L’hypothèse gestuelle de C. Corvallis : le premier langage parlé était vraisemblablement gestuel. Seulement, à une certaine distance, le gestuel ne marche pas. Hypothèse assez décriée. Cependant, les chercheurs militant pour cette hypothèse se basent sur le système gestuel développé par de beaucoup de primates, l’idée étant que ces derniers développent par eux mêmes un système gestuel. On peut donc supposer que les hommes en devenir ont fait de même. On a alors eu l’idée d’amener le primate à ce stade de l’évolution du langage. C’est le programme de l’expérience Washoe : il fallait faire passer une chimpanzé à la maitrise du langage des signes. L’expérience commence à l’université du Nevada en 1967. Washoe finit par maitriser 1250 signes différents, utilisés quotidiennement sans problème, et parvenait à faire quelques applications lexicales à travers des phrases simples. Mais l’expérience a stagné et on a pu dépasser ce stade. De plus on part du principe qu’il y a langage parce qu’il y a transmission. Or si Washoe a enseigné à son bébé à parler, il n’empêche que la transmission fut un échec.

L’hypothèse mimétique de Merlin Donald : les langues quand elles sont apparues auraient été en mimétisme, au niveau des sons émis et de la façon de les associer. Hypothèse assez vite décriée.

L’hypothèse d’un protolangage de Dereck Bickerton : idée d’un langage mélangeant gestes et éléments prononcés (assez simple), avec syntaxe et capacité de dire les choses très simple. Assez basique et sommaire.
2. Monogenèse ou polygenèse ?
Un fantasme ancien : au MA on croyait à l’existence d’une langue unique à l’humanité, pensée très biblique. La langue avant Babel : on a pensé longtemps que c’était l’hébreu, puis le latin ou le grec (on avait aux textes bibliques uniquement en latin ou en grec au départ, gros problèmes de traduction…).

Puis travaux de classification permettant de comprendre la diversité des langues, classement selon des typologies plus ou moins différentes.

- Critères morphologiques : langues isolantes (le chinois : chaque élément énoncé se rapporte à un élément différent, chaque élément de sens est isolé, mono syllabisme) agglutinantes (le turc : une racine et des terminaisons – « ev : maison », « evim : ma maison ») et flexionnelles (le russe, l’allemand)

- Critères syntaxiques : sujet verbe objet, verbe sujet complément, verbe objet sujet…

- Critères génétiques : Bopp et l’indo européen. Projet de faire de même sur els autres continents, classification dans de grandes familles linguistiques. Rapprochements entres ces grandes familles pour remonter à une seule matrice ?

M. Ruhlem, ouvrage de 1994, l’origine des langues : Famille afro asiatique, famille nilo saharienne, famille nigérienne ; Famille dravidienne, famille amérindienne, famille caucasienne, famille eurasiatique. Idée d’une proto longue, 50 000 ans avant notre ère, dont ils reconstituent quelques mots : Ama (symbole de la mère), Apa (symbole du père), Aka (symbole de l’oncle). Premiers mots prononcés seraient monosyllabiques.
C. La langue et le cerveau
1. La psycholinguistique
Psycholinguistique : date de 1954, liens entres le langage et la psychologie. On croise les deux puisque questionnements sur la part des phénomènes psychiques sur la capacité à recevoir et à produire du langage. Sens global de la phrase reste plus longtemps que sens précis… essayer d’aller au delà de ces petites observations pour faire la part enter ce qui relève des processus conscients et ce qui est contrôlé consciemment par le cerveau. Rôle de la mémoire aussi ? Activités pas 100% linguistiques, l’activité de langage est liée à d’autres activités comme le jeu, puisque c’est à ce moment là qu’on met en place le symbolisme. Le langage coexiste avec d’autres moyens d’interactions avec le milieu. Discipline finalement fondée aux US (1954 ?) notamment par Sebeok. Courant behaviouriste : le langage est une chaine comportementale, on comprend une phrase et on la produit mot à mot. Apprentissage donc. Puis thèse des années 60, avec Chomsky : il part du principe que le langage produit est recrée d’une façon non mécanique, pas de répétition ou d’apprentissage. L’enfant peut crée des phrases qu’il n’a pas nécessairement entendue autour de lui. Il existe une capacité de langage engramme dans le cerveau. Capacité naturelle. Entre 0 et 36 mois tout le monde se met à parler.

Problème : on n’a pas accès directement aux processus de production du langage. Deux façons de contourner le problème : l’acquisition du langage chez l’enfant et l’étude des pathologies liées au langage. Cela permet de comprendre où se trouvent les capacités liées au langage. Pas idéal d’attendre des phénomènes négatifs. La psycho prend aussi en compte les problèmes de mémorisation, de perception, liés au langage. Méthodes utilisées sont expérimentales : imagerie médicale, testes de mémorisation… Comment s’enchainent les éléments qui amènent à la bonne sélection au final ? Problème lié au fait que l’on est toujours dans une science humaine, il ne fait pas expliquer aux gens qu’ils font un test : le seul fait du test fait que la personne change ses façons de faire face au langage, par rapport à la normale.

Une des plus anciennes questions liées à la psycholinguistique : le langage est il inné ? Ou Installé par les conditions et le milieu ? Aujourd’hui on peut tester très tôt la capacité de langage : la thèse de l’inné semble gagner à la vue des résultats actuels. Mais on n’a pas prouvé que tout était inné (thèse de Chomsky). Progrès en imagerie, en biologie. Autre question : est ce que le langage est une capacité propre au développement humain ? Approche interactionniste : connexion entre les facultés linguistiques et les autres capacités de l’individu. Cf « enfant sauvage » : perte des capacités linguistiques définitives, liée aussi à la perte d’environnement social ? CF Victor par exemple, ou encore le cas de Jenny, américaine des années 70, isolée dans une pièce de la maison jusqu’à 11 ans environ, cas de maltraitance. On ne sait pas non plus si ses problèmes linguistiques étaient liés uniquement à cet isolement ou si elle avait un handicap mental de base. Louis II de Bavière : trancher la question de l’innée et de l’acquis, expérience de l’isolement sur certains enfants – ils sont tous morts. Orphelinats roumains à la chute du Mur : morts précoces (Lebensdorm : créer la race supérieure, pouponnières). Connexion entre faculté de langage et autres facultés semblent donc flagrantes, corrélation des acquisitions.
2. La neurolinguistique
Fondements biologiques de l’aptitude au langage. Relation au cerveau, utilisation du système nerveux ? Descriptions et analysés cliniques, proche de la médecine, avec étude de l’anatomie du cerveau. Premières études anatomiques au début du 19ème siècle : cas d’école, celui de Phineas Gage (?) victime d’un accident (une barre de métal lui traverse le crâne), en 1824. Il survit une fois la barre enlevée, mais le plus étonnant est son changement de comportement, notamment sa faculté de langage. Dans un premier temps, il devient très irritable, colérique, boit toute sa paye, désinhibé. Sa capacité de langage évolue aussi, désinhibé puisque vocabulaire obscène… la partie temporale du cerveau, liée justement aux inhibitions, a été touchée. Son cas a permit de faire émerger l’hypothèse que la faculté du langage pouvait se situer dans le cerveau. Depuis, gros progrès sur la localisation, puisque on sait que cela touche les aires auditives, l’aire de Broca, vers les tempes, et l’aire de Wernicke, situé plus à l’arrière. On a permis de déterminer cela à travers les pathologies du langage, notamment les problèmes d’aphasies. On a découvert aussi que nous avions un cerveau coupé en deux, côté gauche et côté droit, se contrôlant mutuellement : principe de latéralisation. Cette découverte a donc été confirmée par l’étude des aphasies: le langage se fait surtout dans la zone gauche du cerveau. Les deux hémisphères, totalement indépendants, échangent des informations uniquement grâce au corps calleux. De là découle le principe de latéralisation.

Aphasies : deux grands types, celle de Broca et celle de Wernicke. C’est le trouble le plus spectaculaire du langage, du grec « absence de parole ». En fait on garde la possibilité de prononcer des choses : soit un seul mot, soit plusieurs mots sans aucune cohérence. Les troubles du langage de naissance ne sont pas concernés ici. Le premier travaillant sur ces phénomènes est Paul Broca, puisqu’il réussit à montrer que l’affection physiologique de cette zone du cerveau produit des problèmes en terme de linguistique. Les personnes concernées parlent peu, peuvent rester muettes pendant plusieurs jours, et quand ils produisent du langage ils le font au prix de beaucoup d’efforts avec un temps de recherche très long, et problèmes au niveau du sens des mots, de leur assemblage. Problèmes de production et de syntaxe donc, mais capacité de compréhension est intacte : dépression arrive donc rapidement en général. En 1873, Carl Wernicke décrit lui des cas d’aphasies différentes : les personnes parlent, de façon aisée, mais erreurs phonologiques très importantes (Cf la pièce Un mot pour un autre) puisque tous les mots sont remplacés par d’autres, voire des sons ou des lettres remplacés par d’autres : sens global mais pas de sens précis. Troubles d’association entre les facultés sensorielles et la capacité à produire du langage. Techniquement, on sait aujourd’hui qu’il y a des cas intermédiaires entre Broca et Wernicke, puisque des zones entre-deux peuvent être touchées (imagerie médicale permet localisation précise).

Autres troubles : les paraphasies, on substitue alors des formes (hôtel ou lieu d’hôpital) ; troubles syntaxiques avec phrases agrammaticales (qui ne respectent pas la grammaire) ; prosodie, soit des gens qui articulent syllabe par syllabe ; problèmes liées à l’écriture, impossibilité d’écrire alors que l’on peut parler correctement par exemple ; stéréotypies, soit placer constamment un mot partout (Baudelaire plaçait le mot « crénom » partout).

Grâce à l’analyse de pathologies liées au langage, on a enfin la preuve de la localisation cérébrale de la fonction du langage. Hypothèse de Chomsky selon laquelle il y a une différence entre la compétence et la performance linguistique. Niveaux indépendants dans la production du langage : phonologique, lexicale, sémantique (capacité à produire des phrases qui ont du sens), syntaxique. Exemple aussi d’un musicien frappé d’aphasie totale à la suite d’un infarctus, qui a néanmoins gardé toutes ses capacités musicales. Les langages sont indépendants les uns des autres. Certains éléments de langages employés par la personne, ou chargées d’une grosse valeur émotionnelle résistent mieux à un cas d’aphasie par exemple. D’une langue à l’autre, les facteurs aphasiques varient : pour une personne bilingue, les problèmes sont différents selon la langue utilisée. Liée à la langue et/ou dépend du fait qu’une langue est première et l’autre seconde (statut de la langue) ?

La neurolinguistique c’est aussi des hypothèses : celle de l’âge critique par exemple, soit le fait que la latéralisation du cerveau se produit à une période précise de chaque être humain, et si cette dernière se produit à l’âge enfant, l’apprentissage du langage est plus facile. Pour les droitiers, 95% du langage est dû à l’hémisphère gauche, tandis que pour un gaucher seulement 75% du langage est géré par l’hémisphère gauche. Techniques d’anesthésie sélective : on endort un des deux hémisphères pour savoir qui gère quoi. L’hémisphère droit est finalement peu utilisé (seulement 4% des humains l’utilisent pour le langage). Deux types de gauchers : ceux qui sont gauchers en vertu d’un facteur génétique (très peu) et les autres, suite à une accident intra-utérin, réorganisation neuronale. Cf Naitre humain, Odile Jacob.
D. Comment l’enfant accède t-il au langage ?
Quand naît le langage ? Entre 4 et 5 ans, on sait que tous les enfants du monde ont acquis le système linguistique de leur langue maternelle, peu importe la complexité du système donné. Aucune langue n’est facile ou difficile en soi, problèmes de perception. Du point de vue du linguiste, phénomène assez mystérieux. Processus, d’autant plus que les enfants ne donnent pas l’impression d’apprendre, ils réinventent le langage. Au delà de dix ans, il devient difficile d’acquérir une langue, quelle qu’elle soit. Capacité linguistique plus limitée. Blocage neuronale ou psychologique ?

Quelle expérience le bébé a t-il du langage ? Comment on passe d’un bébé qui produit des intonations pas forcément dans sa langue jusqu’à oublier ses intonations pour n’apprendre que celles de sa langue première ? On parle d’apprentissage par l’oubli. Plusieurs stades au niveau de la production du langage : le babillage, ou la lallation (murmures, chants des sons, productions vocaliques), puis redoublements syllabiques (certains enfants sautent cette étape, comme les enfants qui parlent tard), période pré linguistique qui dure jusqu’ à 9-12 mois. Premiers mots autour de 1 an. Jusqu’à l’explosion linguistique, entre 18 et 30 mois : période où l’enfant va acquérir, du jour au lendemain, un nombre de mots phénoménales et à les prononcer correctement. Organisation progressive des mots : au début deux mots (papa partir), et test des mots qu’il emploie, essaie de voir la généricité des mots (est ce que tous les hommes s’appellent papa ?), travail sur le général et le particulier. Entre 2 et 5 ans, les structures syntaxiques se mettent en place, test des règles : « j’ai peindu la table », « des chevals » (là il applique la règle, test donc, mais il apprend aussi les exceptions).

Lois générales de l’acquisition du langage ? Universalité de la notion de faute, par exemple ? Les enfants sont assez sensibles à la fin des mots : dans des langues différents, si le mot est long à apprendre, les enfants retiennent la dernière syllabe (alors que es adultes font l’inverse : ciné…). L’expression du lieu, peu évidente, est mieux retenue quand celle ci se situe à la fin de la phrase, comme en hongrois.

Un enfant peut-il identifier sa langue maternelle ? Peut il identifier les paroles, tout petit, et ne pas voir ça uniquement comme un bruit supplémentaire ? Le bébé peut il reconnaître les différents locuteurs, notamment leurs mères ? Attention plus marquée pour la voix de la mère dès 3 mois, mais avant ? Méthode : tétines à capteur, si l’enfant trouve le phénomène normal, il tête sans s’arrêter, et inversement. Avant 3 mois, il apparaît que le bébé est plus attentif à la voix de sa mère (normale ou en langage bébé) SAUF si cette dernière lit un texte à l’envers (seul moyen de faire perdre à une personne l’intonation de sa voix, découpage de lecture qui interdit la voix normale et l’intonation donc). Un bébé de quelques jours reconnaît la voix de sa mère 100 fois plus vite qu’un système de reconnaissance de voix. Le bébé de 4 jours fait la différence entre le français et le russe, mais pas un bébé de 2 mois…

Pour enfant sourd, acquisition du langage ? Repose question de la capacité linguistique innée. Épellation syllabique ? Langues des sourds est naturelle, et elle est propre à chaque pays, nation… langue des sourds française et anglaise n’est pas la même, elle n’est pas universelle ! Adaptation de la langue des signes dans la main pour les aveugles et sourds (Histoire de l’américaine Helen Keller qui a fait Harvard)
E. La recherche de la langue parfaite
Trois axes possibles : il faut créer la langue de toute pièce, il faut améliorer une langue existante (ou préserver en tout cas la langue existante – on parle alors de purisme linguistique) ou intervention d’un point de vue juridique sur la question de la linguistique (cas du Canada, de l’Islande, de la France)

Le paysage linguistique actuel réunit entre 4000 et 6000 langues, selon les classifications. Aujourd’hui la langue la plus parlée au monde est le mandarin. Le standard mondial : l’anglais ou le Globish (global English). Sur les 6000 langues, 5000 sont parlées par 10% de la population mondiale. Un grand nombre de langues est en voie de disparition. Certains linguistes posent que d’ici la fin du 21ème, 3000 langues auront disparues. Mais il n’est pas évident de dire quand est ce qu’une langue disparaît vraiment : exemple du latin, qui a pu disparaître oralement mais continue à subsister dans les écrits. Par ailleurs, si on prend l’idée du critère du nombre de personnes qui parlent la langue, il n’est pas évident non plus de décider de la disparition de la langue : peu de personnes vont la parler, mais gros travail culturel qui fait que la langue ne disparaitra pas nécessairement. Exemple du basque. Comment expliquer dès lors la disparition d’une langue ? CF. Jean Louis Calvet : la disparition, l’extinction ou le remplacement. Trois modes de disparition de la langue :

- la disparition : se joue sur le long terme, mutation progressive, comme la latin, qui a engendré le français, le roumain, l’espagnol… peut passer par une phase dite « créole », moment où la langue est entre deux voire entre trois ou quatre. Le français serait un créole du latin qui a réussi.

- l’extinction : disparition physique à la fois de la langue et du peuple qui le parlait. Plusieurs causes possibles : le génocide, les épidémies de maladie (colonisation espagnole en Amérique Latine par exemple), fautes de transmission (le dernier locuteur meurt sans l’avoir transmis)

- le remplacement : une langue est remplacée au profit d’une autre, causes économiques et sociales, comme pour Nubiens qui arrivent en Egypte pour travailler et ne parlent alors plus que l’arabe.

La répression étatique peut aussi être une cause de disparition (français face au basque et au breton par exemple). Symptômes statistiques externes de la disparition d’une langue : l’indice de véhicularité faible (tend donc vers le vernaculaire) admet un déclin du nombre de gens qui vont la parler. Symptôme interne : l’indice de régression (ou de transformation de la langue). Dans ce cas on essaie de voir les modifications grammaticales, les pertes de vocabulaire… Les linguistes et les anthropologues utilisent aussi deux termes pour décrire la mort d’une langue : de bas en haut ou de haut en bas. Dans le second cas, la langue est alors rejetée par les institutions officielles. C’est le cas du breton. En ce qui concerne la mort de bas en haut, cela veut dire que la langue est évacuée par l’usage courant mais qu’elle est maintenue par les têtes officielles. C’est le cas du latin (dans les édits, soutenance de thèses…), ou encore du sanskrit en Inde.
Accélération de la disparition est aujourd’hui inquiétante : une tous les 15 jours environ. . L’anglo - américain n’est pas le plus inquiétant, il ne fait pas disparaître les langues, puisqu’il est appris en parallèle. Ce sont plutôt les choix politiques, économiques et culturels qui sont responsables de ces disparitions : uniformisation linguistique sévère avec la Révolution en France, puisqu’on a vite compris que garder le pouvoir passe par la centralisation de ce dernier et par l’obligation pour tous de parler français. Puis la IIIe république met en place l’école gratuite et obligatoire, exclusivement enseignée en français. L’urbanisation croissante des sociétés pousse aussi à adopter la langue véhiculaire. L’absence de transmission par la famille, l’école ou les deux peut jouer, ainsi que le développement des mass medias : certaines langues y ont accès mais pas toutes. Ambivalence ceci dit : le web 2.0 permet de maintenir les langues, puisque les gens créent leur propre contenu (wiki par exemple). Tant que les populations avaient peu de contact, les langues étaient préservées, d’où montée en puissance aujourd’hui des langues véhiculaires. Jean Calvet dit les langues sont le lieu d’une tension permanente entre le grégaire et le véhiculaire, la langue de la maison et celle du pain (…) derrière la guerre des langues se profilent une autre guerre plus sociale et politique » : lien entre linguistique et social est très fort.

Les langues en Océanie : chaque ilot avait sa langue. Enfermement des communautés sur elles mêmes. Aujourd’hui certaines langues sont plus privilégiées.
Comment y remédier ? Faire des plans d’actions concertées.. De planification linguistiques : favoriser l’usage d’une langue. Idée de développement durable aussi pour les langues : Charte européenne pour les langues régionales de 1992… toujours pas ratifiée par la France, car dans Constitution de la Vème le français est la langue officielle. A l’échelle de l’Europe on a perdu beaucoup de langues. Mais aujourd’hui la menace se trouve dans les pays les plus pauvres et la linguistique n’est alors pas la priorité. Certains pays ont une conscience aigue des langues minoritaires, comme le Canada. En général, certains pays font carrément obstacles à certaines communautés linguistiques : problème de la Russie et des Tatars qui ne peuvent pas écrire en alphabet latin.
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