Histoire d'un projet longtemps caché par l'executif du conseil géNÉral du loiret





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J.-M. Salomon Mai 2007 (version 3c, à compléter)

Le grand Contournement Routier d’Orléans

INTRODUCTION :

HISTOIRE D'UN PROJET LONGTEMPS CACHé PAR L'EXECUTIF DU CONSEIL GÉNÉRAL DU LOIRET

En 1990, le ministre Delebarre avait écarté, pour des raisons environnementales, le franchissement de la Loire à Mardié par l’autoroute A 160, au bénéfice d’un tracé nord qui fut par la suite mis en sommeil. Le Président du Conseil général, Éric Doligé, décidait de reprendre le projet à son compte : c'est devenu l’autoroute A19, qui éventre aujourd’hui la forêt de Montargis.

Dès 1994, il complétait le projet en y ajoutant les différents éléments d'un contournement routier situé à la périphérie d’Orléans : vaste boucle, tangente à l’autoroute, à environ quinze kilomètres du centre de la capitale régionale. Afin de ne pas effrayer les habitants de l'agglomération, le projet global n’était évoqué que dans le cénacle de l’Assemblée départementale. Dix ans après, il fit l’objet des dénégations les plus formelles, lorsqu’il fut dévoilé sur la place publique par les associations : officiellement, il ne s’agissait plus que de simples "déviations de villages", dont certaines avaient quand même… plus de 15 km !

Les premières associations sont entrées dans le combat en 1996. La constitution d’une entité de coordination "associations + maires + conseiller général" qui se réunissant mensuellement, le "Collectif", permit de fédérer des oppositions présentant beaucoup de similitudes, de fixer des orientations stratégiques cohérentes et de faire front commun dans les moments de très grande tension. Le préfet Barel lui donna raison, concernant le passage sur Mardié, en refusant à Éric Doligé le PIG (Projet d’Intérêt Général, procédure imparable utilisée pour les grands travaux tels que les autoroutes) qu’il lui avait demandé en 1998 pour violer la "Coupure verte" de l'Agglomération orléanaise sans en avoir sérieusement prouvé la réelle utilité.

C’est en 2003 seulement qu'un Président d'association fit prendre conscience à l'ensemble des partenaires du Collectif que la plupart des opérations ponctuelles, contre lesquelles ils se battaient, se rattachaient en fait à un projet unique de grande ampleur : le grand Contournement Routier d’Orléans (gCRO). Pour capter et accueillir les flux croissants de camions sillonnant l’Europe, il s'agissait de favoriser l'installation d'entreprises de transport et d'entrepôts logistiques. D'optimiser leur rentabilité, en permettant des liaisons gratuites et plus rapides entre les différentes plates-formes qui se construisaient ou qui étaient projetées autour d’Orléans. Il permettrait également de favoriser l'installation de nouvelles carrières d'extraction ou de nouveaux centres d'activités, comme un regroupement de cliniques privées. La position centrale d’Orléans dans l’"hexagone", et même en Europe, à un carrefour d’autoroutes, serait un gage de succès. D’autant que le Grand contournement routier d’Orléans tangente l’aérodrome de Saint-Denis-de-l’Hôtel, placé à l’est de l’agglomération, dont l'extension et le développement étaient aussi programmés.

Depuis, plus de 10 ans après, aucun des travaux de voirie n’a encore été réalisé, ni aucun pont construit, bien que les procédures de mise en oeuvre soient lourdement et coûteusement engagées. Seule la Déclaration d’utilité publique (DUP) de la déviation de Fay-aux-Loges, passant sur Donnery, a été signée en 2006… Et contestée devant les juridictions administratives. La déviation de Saint-Denis-de-l'Hôtel – Jargeau sur Mardié devrait suivre, mais l'Enquête d'Utilité Publique est repoussée d'année en année, maintenant sur 2008, compte-tenu des difficultés rencontrées par le Maître d'Ouvrage pour violer un territoire de Loire sauvage protégé par NATURA 2000.

Toutes les informations rapportées et tous les éclairages figurant dans ce dossier montrent à l’évidence que le grand Contournement Routier d’Orléans est bien une réalité dans la tête de l'exécutif et des élus du Conseil Général du Loiret même s'il est dissimulé dans leurs actes. Or, nous ne sommes plus les seuls à le dire, c'est un projet destructeur de l’environnement et du cadre de vie, qui apporterait encore plus de nuisances et de pollutions, sans régler au fond les problèmes de circulation mis en avant par ses promoteurs et défenseurs. Nous voyons là un contresens total par rapport à l’évolution inéluctable de notre société.
PLAN du dossier :

1. situation et composition du Grand contournement routier d’Orléans.

2. Le gCRO est-il un fantasme comme le prétend M. Doligé ?

3. Et nous, qu’avons-nous fait ?

4. La politique du "tout en camion", un contresens absolu !

5. Ceux qui la contestent, que disent-ils et que font-ils ?

6. Quelles "alternatives" pour l'agglo ?

ANNEXE 1 : DÉTAIL DES PROJETS COMPOSANT LE GCRO

ANNEXE 2 : EXTRAITS DE DÉLIBÉRATIONS DU C.G.45 ET D’ARTICLES DIVERS VISANT LE GCRO

1. SITUATION ET COMPOSITION DU GRAND CONTOURNEMENT ROUTIER D’ORLÉANS (GCRO).

Le gCRO se compose des segments suivants (dans le sens des aiguilles d’une montre) :


1

Au nord

Autoroute A 19, en cours de réalisation

2

Au nord-est

Déviation de Loury-Trainou et raccordement à l’A 19

3

A l’est

Déviation de Donnery (arrêté d’utilité publique signé le 5 septembre 2005) puis déviation de Saint-Denis-de-l’Hôtel jusqu’à Marcilly-en-Villette avec pont sur la Loire entre Mardié et Darvoy (enquête d’utilité publique annoncée pour 2007… ou 2008 !)

4

Au sud-est

Élargissement de la RD 921 jusqu’à La Ferté-Saint-Aubin

5

Au sud-ouest

Élargissement de la RD 19 jusqu’à Jouy-le-Potier puis déviation de Cléry-Saint-André et Meung-sur-Loire avec pont sur la Loire entre Baule et Dry 

6

A l’est et au nord-est

Barreau autoroutier Meung-sur-Loire – Artenay se raccordant sur l’A 19


Des détails sur chacun des tronçons programmés figurent en ANNEXE 1.



Figure 1 : carte de l’AgglO - juillet 2005

(les pointillés bleus ont été ajoutés sur la RD 18 et la RD 921 qui doivent être élargies)

2. Le gCRO est-il un fantasme, comme le prétend M. Doligé ?

Ce projet, dont le coût à moyen terme pourrait s'élever à plus de 500 millions d’Euros, n'a apparemment jamais fait l'objet d'une étude globale. Il a été établi, évoqué et validé dans une certaine discrétion, sans doute pour ne pas susciter de réactions d'une population de plus en plus sensibilisée à la qualité de son cadre de vie, à la protection de l’environnement… et de plus en plus hostile et réactive à la politique du "tout en camion".

Néanmoins, nous possédons 42 délibérations du Conseil général du Loiret qui attestent de son existence (détails en ANNEXE 2), malgré les dénégations répétées d’Eric Doligé.

Le contournement était même explicitement lisible en avril 2000 dans le magazine départemental "Décision Loiret" supplément au n°18, dont nous avons extrait le schéma ci-après :

Figure 2 : Contournement envisagé de l’agglomération orléanaise – Décision Loiret, avril 2000
Au printemps 2004, le Conseil général a cessé d’employer ce terme de "grand contournement" dans ses débats et dans ses délibérations. C’est en effet à cette époque que le collectif des Associations anti-gCRO a largement diffusé le tract « Non au grand contournement d’Orléans ». Cette information a été suivie d'un important article dans la presse locale. Cela a suscité une réaction particulièrement colérique du président du Conseil général : furieux de voir le projet ainsi mis en lumière, Éric Doligé fit voter, le 16 avril 2004, deux délibérations pour porter plainte en diffamation. Malheureusement pour lui, le Tribunal de grande instance d’Orléans jugea en 2005 que la plainte « avait été classée sans suite au motif d’absence d’infraction ».

Et pourtant, les associations n’avaient rien inventé : elles avaient seulement retrouvé les décisions prises par le Conseil général (Délibération officielles et publiques, disponibles au Centre de Documentation du Conseil Général du Loiret – 15 rue Eugène Vignat 45000 Orléans), les avaient regroupées et rendues publiques. Par exemple :

o Session du 29 septembre au 1er octobre 1998 – SDAO – Rapport A07, procès-verbal de séance, p. 116 :

« M. Mériau : (…) nous voyons bien que c’est un grand contournement d’Orléans qui est annoncé. (…) La conséquence est bien le grand contournement d’Orléans … »

o RD 921 – Nouveau franchissement de la Loire à Jargeau – Phase 1 : étude préliminaire des 4 fuseaux – Décembre 2002, p.10 :

« 3. Objectifs à très long terme (horizon 2025) : Assurer le grand contournement de l’agglomération orléanaise. (…) La forte urbanisation de l’agglomération orléanaise et son corollaire, la saturation de son réseau routier, particulièrement en ce qui concerne les franchissements de la Loire, nécessiteront un grand contournement. »

Mieux, alors que, depuis 2004, le Président Doligé avait nié farouchement dans la presse et les médias l’existence de ce grand contournement, la République du Centre, pourtant très attentive à ne pas déplaire au responsable de l'exécutif, publiait le 23 juin 2006 un article titrant : « Éric Doligé relance l’idée d’une autoroute contournant Orléans ». En effet, lors de la session plénière du Conseil général du Loiret, le Président du Conseil Général avait annoncé que dans quelques années, lorsque la future autoroute A 19 déverserait son flot de véhicules venant d’Allemagne et de l’est de la France, la situation deviendrait inextricable. « On ne peut pas continuer comme cela (…). Depuis vingt ans, tout le monde ferme les yeux. Aujourd’hui il est urgent de trouver une solution afin d’anticiper l’arrivée de l’A 19. ». Si l'on comprend bien : Eric Doligé relance la réalisation de l’autoroute A 19 et, pour éviter la catastrophe qui risque d'en résulter, il préconise que l’on en construise tout de suite une autre…

Vous avez dit « Bizarre ! ». Comme c’est bizarre…
Des dissimulations, des manipulations et des mensonges…

Aujourd’hui, le président du Conseil général poursuit avec obstination, mais non sans difficultés, et moyennant des manœuvres pour le moins contestables, l'élaboration des premiers maillons de la rocade qui dépendent du Département. Et notamment les deux "indispensables" franchissements de la Loire, à Mardié/Darvoy et à Baule/Dry, sans lesquels le gCRO serait infaisable. Mais il le fait dans le déni complet, en retournant à l'occasion son argumentation : « Oh, oui, il serait bien utile ce grand contournement dont parlent les associations », lâche-t-il parfois avec un cynisme qui n'appartient qu'à lui…

Autre "ficelle" qui ne trompe personne : il se défend d'un contournement "autoroutier" – alors que les associations ne parlent que de contournement "routier" – sauf en ce qui concerne le "barreau" Artenay/Meung-sur-Loire – mais peut-être trahit-il des intentions à plus long terme… Dans la même veine, il conteste les allégations d'un tracé de 300 km, alors que selon nous, la boucle du gCRO ne devrait faire que de 100 à 130 km !

Dans la communication "grand public", les déviations et les franchissements de la Loire sont présentés comme de simples "évitements" destinés à sécuriser les bourgs… et à rendre plus "fluides" les axes Nord-sud, à "désengorger" des ponts sur lesquels les attentes en périodes de pointe sont de l'ordre de la minute ! Il faut aussi se souvenir que les déviations de la RD 921 étaient justifiés dans les documents officiels par la nécessité du "renforcement de l'axe économique majeur Pithiviers/La Ferté Saint-Aubin" (sic). A quel gogo peut-on faire avaler une telle baliverne ?

Les franchissements actuels ne sont absolument pas "saturés", et cela, tout le monde le sait très bien. Les chiffres de trafic avancés sont à géométrie variable, et généralement non datés : comptages passés ou projections "au fil de l'eau" ? Mystère ! Si l'on prenait au sérieux les chiffres les plus élevés, il y aurait pendant dix heures par jour sur le pont de Jargeau, de manière continue et dans chaque sens, un passage véhicule toutes les quatre secondes. Ce pont est une reconstruction récente, et ce serait gravissime s'il était déjà saturé ! Et celui de Meung-sur-Loire, peu fréquenté, vient d'être réhabilité à grands frais. Ce sont les débouchés de part et d'autre qui provoquent à l'occasion quelques ralentissements : des aménagements mille fois moins coûteux et ne portant aucune atteinte à l'environnement constitueraient des alternatives raisonnables plutôt que des nouveaux ponts en rase campagne, qui risqueraient de sombrer dans les "bîmes", très fréquents à cet endroit.

Concernant le barreau autoroutier Artenay-Meung, il sera à la charge de l'Etat, ou plutôt d'un concessionnaire. Éric Doligé peut donc, pour une fois sans mentir, déclarer qu'il n'y est pour rien. Comme pour l'A 19, qu'il avait été revendiquer en délégation à Matignon, en mettant sur la table l'argent du contribuable du Loiret pour alléger la facture foncière du concessionnaire !

Vous avez dit "prise d'intérêts particuliers" ?

Les Conseils Généraux n'ont aucune attribution légale en matière d'"Aménagement du territoire" et de "Développement économique" – qui sont dévolues aux Régions et aux Pays, les Départements étant seulement autorisés à abonder financièrement aux actions économiques de leur Région -. Malgré cela, l'affirmation de la vocation "logistique et transports routiers" et de la volonté de la soutenir est récurrente dans les documents d'orientation du Département du Loiret et dans sa communication.

Le Département a d'ailleurs apporté à plusieurs reprises un soutien financier direct à des implantations d'activités économiques… et a été condamné parfois pour l'illégalité de ces subventions !

I
"Vocation logistique du département" : la carte ci-après, extraite de la revue "Reflets du Loiret N° 82 Août 2005", en est une illustration particulièrement effrayante, quand on pense que le Val de Loire, Patrimoine Mondial de l'UNESCO, est réputé jusqu'à présent pour sa "douceur de vivre" , son patrimoine paysager, ses châteaux, son tourisme "haut de gamme" prisé par le monde entier !

l faut noter aussi que, depuis 2004, le sénateur Doligé préside un « lobby » autoroutier, l’association autoroute Atlantique-Rhin-Rhône…

Et que son intérêt pour les transports routiers dépasse largement ses attributions de chef de l'exécutif départemental.

Il est quasiment de notoriété publique que le chef de l'exécutif départemental partagerait des intérêts économiques avec un "logisticien" majeur de la région orléanaise que nous appellerons ci-après "D…", et qui pourrait bénéficier d'anticipations sur la réalisation du gCRO.
Nous n'avons ni la vocation, ni les moyens d'instruire la cause et de formuler un jugement sur ces soupçons. Nous ne pouvons que rapporter quelques-uns des faits et constats troublants :

- Explicitement mis en cause à ce sujet par un responsable d'Association devant les Députés européens de la Commission des pétitions, et ayant eu une "perche tendue" par l'un de ces Députés (UMP comme lui) pour qu'il puisse se "disculper" de cette allégation, M. Doligé est resté parfaitement muet.

- D… a déjà installé au sud de l'autoroute A 10, à Meung-sur-Loire, sans raison apparente, une grande plate-forme logistique qui serait idéalement située aussi au bord d'un futur gCRO .

- D… a déjà prospecté depuis plus d'un an les abords de la déviation envisagée de la RD 951 aux confins de Mardié et de Saint-Denis-de-l'Hôtel, à la recherche d'acquisitions foncières, alors même que l'avant-projet n'était pas encore voté par les élus départementaux !
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