La recherche du bien commun : l’autorité n’est légitime que si elle l’attache à la poursuite du bien commun





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Economie d'Entreprise - BTS 2°année

Chapitre 2  :  L’entreprise et l'éthique

L’opinion publique semble depuis quelques années découvrir une nouvelle dimension dans les qualités requises pour diriger une entreprise : Le Sens Moral. On peut évidemment choisir d’y voir uniquement une réaction ponctuelle à la révélation d’un certain nombre de scandales financiers. On peut également s’interroger sur les raisons pour lesquelles l’éthique est devenue un sujet à la mode dans un certain nombre d’entreprises. Est-ce que par hasard on ne se serait guère embarrassé de considérations morales jusqu’à ce jour dans les entreprises ? Sûrement pas, mais ce qui est nouveau c’est le besoin des organisations de se fixer collectivement dans un contexte très libéral un certain nombre de règles de conduite qui n’auraient été traités que par le mépris il y a seulement 15 ou 20 ans. Comme le dit Emmanuel LEVINAS, « Il ne faut pas se laisser impressionner par la fausse maturité des spécialistes qui ne trouvent pas pour l’éthique, dénoncé sous le nom de moralisme, de place dans un discours raisonnable ».
I. La notion d'éthique
A. Ethique et entreprise - la problématique.
L’éthique va bien au-delà des questions de légalité et d’honnêteté. Nous retiendrons la définition de l’EBEN (European Business Ethic Network) : "L’éthique n’est pas un ensemble de principes figés mais une ouverture d’esprit conduisant à la réflexion continue dans la recherche du bien (commun et individuel)".
B : Les bases de l’éthique dans l'entreprise sont les suivants :


  • le respect de la personne

  • l’égalité entre les hommes sans distinction de race, de religion ou d’opinion.

  • la solidarité; nécessité de recherche permanente d’une plus grande justice sociale.

  • l’autorité et le principe de subsidiarité.

  • la recherche du bien commun : l’autorité n’est légitime que si elle l’attache à la poursuite du bien commun.


- Quelques préceptes de la vie des affaires :
A écarter : Voler, trahir, tromper, chercher la vengeance 
Valeurs à promouvoir : loyauté, vérité, tolérance, honnêteté,
- Ethique des dirigeants et des salariés Ne pas violer  les règles de droit, la confidentialité de certaines informations. Favoriser l'écoute, la coopération, le partage de l’information, le respect des clients
- Ethique de l’entreprise - discrimination - népotisme - abus de pouvoir - tyrannie - délation - 
Valeurs positives : Hiérarchie fondée sur la compétence reconnue. - Pour les salariés règles du jeu claires, pratiques équitables, rémunérations justes et stimulantes. Ambition. - Audace. - Formation. - Innovation. - Service - communication
Anti-valeurs: Eviter : - profits de petite tromperie - marketing abusif - privilèges de pouvoirs - corruption - Efforts de progrès. - 
- Ethique des marchés
Anti-valeurs : - délits d’initiés - privilèges - violences - intimidation. 
Valeurs positives : - aide aux personnes touchées par les « à coups » du marché. - information transparente
Exemple : IBM
Tom Watson qui fonda IBM en 1914 préconise une charte d'éthique sur les bases suivantes :


  • Respect de l’individu au sein de l’organisation


  • Le service à la clientèle = gage de qualité

  • La perfection


Donc une culture d’entreprise basée sur l’éthique.
C. Ethique et efficacité sont - ils compatibles ?
La plupart des non-spécialistes pensent qu’éthique et intérêt sont opposés. Le respect des principes éthiques aurait un coût, évidemment non quantifiable. En fait, l’éthique mise en oeuvre dans l’entreprise suppose souvent un coût à court terme. Mais, la recherche de la pérennité de l’entreprise suppose de dépasser la simple recherche de résultats à court terme et de viser le long terme. Il s’agit en fait de négliger certaines sources de profit.
Mais la question de pose différemment lorsque la survie immédiate de l’entreprise est en jeu. O. GELLINIER cite le cas du chef d’E qui perçoit l’intérêt à long terme de son E mais, qui menacé à court terme de faillite peut obtenir un sursis par manque à l’éthique.
De même un chef de service menacé de licenciement et soumis à une forte pression pour la réalisation de ses objectifs peut être tenté de réaliser quelques indélicatesses pour améliorer ses résultats. De tels cas posent un réel problème d’arbitrage entre intérêt et éthique. Face à une pression forte et à court terme, la solution peut alors passer par le respect d’une éthique minimale souvent associée au simple respect de la loi.


  • Thèse : Le profit englobe le bien être et l’utilité sociale la plus grande. Le social et l’économique sont incompatibles. Il faut que l’E se borne à rechercher le profit.

  • Antithèse : L’E ne doit pas se borner à rechercher le profit mais doit se préoccuper de l’optimisation du bien être global.

  • Synthèse : Certaines E ont su englober dans leur vision stratégique ces diférents impératifs.


Le problème n’est pas le contenu de l’éthique qui fait l’objet d’un assez large consensus mais celui de sa mise en oeuvre concrète.

II. L'éthique et sa mise en oeuvre.
Exemple : « Le Livre Bleu » charte éthique du Groupe ACCOR.
L’éthique intéresse toutes les activités de l’entreprise. Nous limiterons notre étude à la mise en oeuvre de l’éthique dans 3 domaines clef de la vie de l’entreprise :
- La Gestion des Ressources Humaines (GRH)
- La mercatique
- La gestion financière
A. Ethique et GRH.
La mise en oeuvre de règles éthiques en matière de GRH est une nécessité pour 3 raisons :
Gérer les RH, c’est gérer des rapports entre les hommes et ceux ci ont besoin d’un minimum de prévisibilité et de stabilité.

Le travail n’est pas une marchandise comme les autres et dans ce domaine la régulation par le marché est insuffisante car elle élimine systématiquement les plus faibles.

Tenir compte de toutes les décisions de gestion du personnel dont les conséquences sont parfois peu prévisibles.
Exemple : Un licenciement peut entraîner une très nette détérioration du climat social.
Ethique dans le recrutement
-- Ethique du recruteur


  • éviter d’abuser de sa position dominante

  • éviter la morphologie, l’astrologie etc.

  • échanger des informations et ne pas procéder à un interrogatoire

  • ne pas chercher systématiquement à le déstabiliser

  • informer rapidement le candidat



--Ethique du recruté


  • éviter de changer d’avis

  • éviter de signer un contrat et de changer d’avis avant son entrée en fonction et de faire jouer la hausse du salaire auprès de son ancien employeur.


Ethique dans la formation


  • savoir faire preuve d’empathie / savoir comprendre le point de vue de son interlocuteur

  • rechercher systématiquement la qualité

  • avoir en permanence une attitude positive (accepter la critique - rechercher des solutions plutôt que des coupables etc.)



Ethique et la rémunération
La question des rémunérations s’avère souvent être une question épineuse. En fait, le niveau des salaires dépend de l’offre et de la demande mais également d’un certain nombre de données externes ou internes (secteur, qualifications, histoire de l’E) pas toujours rationnelles. Il appartient à l’éthique de définir les principes de rémunération les plus équitables. Des inflexions à l’éthique peuvent être envisagées en raison de l’âge, de l’ancienneté et des diplômes mais ces inflexions peuvent parfois s’avérer injustes et pénaliser les salariés performants. En tout état de cause, il est important que les principes de rémunération définis par l’E soient clairs, publiés et connus de tous.
Exemples de dilemmes :
Un cadre de 50 ans devrait être licencié, ce qui signifie le condamner vraisemblablement au chômage pour le reste de sa carrière. Faut-il pour autant conserver un poids mort, quelqu’un de complètement incompétent ?
Faut-il conserver un salarié malade qui perturbe le fonctionnement d’un département et ou le travail est fait pour les autres ?
Vaut-il mieux licencier maintenant 15 % ou 20 % des effectifs ou prendre le risque de maintenir l’emploi et d’avoir à licencier 50 % de l’effectif dans 6 mois ou 2 ans ?
Dans ce genre de cas ou la solution n’est pas évidente, le besoin d’éthique est évident. Quelle que soit la solution retenue par la DRH, celui-ci doit s’appuyer sur des principes clairs et connus de tous.
B. Ethique et mercatique.
1. La recherche d’informations sur les concurrents.
Les sources d’informations sur la concurrence sont nombreuses, depuis la simple observation des publications des entreprises concurrentes jusqu’à la mise en place de systèmes complexes de veille concurrentielle. En fait, l’enjeu éthique intervient chaque fois que l’information n’est ni tout à fait secrète ni tout à fait disponible.
Usurpation d’identité : lors d’un salon un responsable marketing cache son badge et entame une conversation avec le vendeur qui lui remet tarifs et catalogues. Alternative éthique : Organiser avec les concurrents un échange systématique d’informations.
Fournir des informations fausses : les E d’un même secteur peuvent s’accorder pour fournir des informations chiffrées à leur syndicat professionnel afin que celui-ci établisse des statistiques sur les niveaux de marché. La tentation consistera à minorer ces déclarations, diminuer du même coup le niveau du marché. Les concurrents calculant leur part de marché sur cette base auront alors l’illusion d’une progression, ce qui est aussi les rendre moins combatifs.
Utiliser abusivement des stagiaires : le recueil d’informations est soi disant fait pour réaliser un travail scolaire mais les informations serviront surtout à l’E d’accueil.


2. Ethique et publicité
Il existe aujourd’hui une réglementation relativement précise des pratiques publicitaires par une association à but non lucratif « Le Bureau de Vérification des Publicités » doté d’une double mission de contrôle et de conseil.
Les exigences éthiques en matière de publicité impliquent :
le respect des interdictions légales ou réglementaires (ex. mention « à consommer avec modération » pour les produits alcoolisés).


  • le respect d’un certain bon goût (ex. éviter d’exploiter la peur, la détresse ou la superstition).

  • la prohibition du dénigrement (ex. éviter les abus en matière de pub comparative).

  • prohibition de la publicité mensongère.

  • prohibition de la publicité trompeuse (ex. ambiguïté volontaire des messages).



C : Ethique et pratiques financières
Les pratiques financières contraires à l’éthique sont nombreuses et la complexité des opérations ainsi que la rapide évolution des techniques ne facilitent pas l’analyse.
Ex. délits d’initiés, OPA douteuses et inamicales.
D’où l’importance des organismes de contrôle comme la COB et l’existence de règles éthiques relatives au rôle des marchés financiers, au fonctionnement de la gestion de l’épargne, aux pratiques bancaires etc..

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