Congrès Marx International V section Etudes Féministes Atelier 7 : Classe, sexe et “race” dans les Caraibes : un paradigme de la mondialisation





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Congrès Marx International V - Section Etudes Féministes Atelier 7 : Classe, sexe et “race” dans les Caraibes : un paradigme de la mondialisation– Paris-Sorbonne et Nanterre – 3/6 octobre 2007

DOCUMENT PROVISOIRE; NE PAS CITER



Arlette Gauthier

Les droits reproductifs et sexuels à Haiti : face sombre de la modernité avancée
Lors de la célébration du bicentenaire de la naissance d’Haïti, je me trouvais à Port-au-Prince pour un colloque sur “les femmes et l’esclavage”1. Un matin, à deux pas du palais présidentiel, dans une rue commerçante, un homme gisait mort sans que nul ne s’en soucie. Un Haïtien m’expliqua qu’une personne qui irait en parler à la police risquerait de se trouver inculpé. Inutile d’ajouter que je suis revenue bouleversée de ce voyage : L’homme est-il-devenu inutile ?2 comme se le demandait Hannah Arendt à propos du totalitarisme. Mais j’avais également rencontré des militantes dont l’énergie m’avait subjuguée. C’est dire qu’Haïti est emblématique de la violence de la mondialisation, mais aussi de la force des mouvements alternatifs. Bien que la situation haïtienne soit souvent présentée uniquement en termes d’extrême pauvreté et de violence anarchique, elle est en fait la face sombre des mondialisations, qui créent une configuration particulière des rapports sociaux de race, de genre et de classe.

Nous nous appuierons sur les nombreuses études disponibles3 mais aussi sur des entretiens réalisés en avril 2007 en Haïti auprès de responsables politiques et d’associations.

Haïti4
L’essor de la modernité s’est accompagné du développement de l’esclavage et de la l’homogénéisation du statut des femmes. La modernité avancée que nous connaissons, que Baumann appelle « liquide » parce qu’elle s’affranchit des anciennes régulations, notamment étatiques, a elle aussi sa face, de moins en moins cachée : le développement de conditions de vie infrahumaines pour de nombreuses populations, avec son corollaire la croissance de la violence. Haïti a la douloureuse particularité d’être au cœur de ses deux modernités négatives.
La face sombre des mondialisations

Lorsque l’île est découverte et bientôt occupée par les Espagnols, elle est peuplée d’Amérindiens qui sont bientôt décimés par les guerres et les maladies. Au XVIIe siècle, l’île est partagée entre l’Espagne et la France, cette dernière occupant Saint-Domingue, comme s’appelle alors Haïti. En un siècle, Saint-Domingue devient la “perle des Antilles” et le principal exportateur de sucres grâce à la déportation et à la mise en esclavage de plus d’un million d’Africains. Ceux-ci conquièrent leur liberté en 1794 et Haïti son indépendance en 1804. C’est une population dont la moitié avait été arrachée à diverses ethnies africaines, qui est passée violemment de l’esclavage à la liberté, ce qui a rendu pour le moins complexe le développement d’une société apaisée. Le général Toussaint Louverture, le Napoléon Noir, instaure le code civil de Napoléon et la religion catholique comme religion d’Etat, alors même que les pratiques de la grande majorité de la population, que ce soit au niveau religieux, familial ou social, sont ancrées en Afrique. C’est dire que l’histoire d’Haïti est marquée depuis sa naissance par un décalage entre le pays réel, rural et africain, et le système politique et législatif rejetant et mimant tout à la fois l’ancien ordre hiérarchique5. Ces deux mondes ont souvent vécus en parallèle. L’instabilité politique qui a marqué les XIXe et XXe siècles ainsi que la nature prédatrice de l’élite politique sont des caractéristiques des Etats post-coloniaux en Amérique latine6. Toutefois l’éloignement–
culturel, linguistique, social – des élites, non pas de la majorité de la population mais de sa presque totalité, explique sans doute que le développement national n’est jamais été leur priorité, ce qui a longtemps constitué la véritable caractéristique d’Haïti7.

Jusque dans les années 1970, la société rurale était en cohérence avec l’économie paysanne et les besoins alimentaires étaient couverts à 60 % par la production agricole nationale. Des enclaves d’industries textiles et d’assemblage et touristiques existaient. Le lien social a commencé à être détruit par la dictature des Duvalier qui s’est exercée au niveau local par les fameux “Tontons-Macoutes”. La fin de la dictature des Duvalier a vu naître beaucoup d’espoirs, qui se sont cristallisés sur la personne d’Aristide. La société civile, notamment, le mouvement étudiant, des syndicats paysans, des associations communautaires, le mouvement féministe en plein essor, de même que les Églises et une nouvelle classe patronale acquise au néolibéralisme, ont revendiqué l’établissement d’un État de droit. Toutefois, en 1986 comme en 2004, les nombreux partis - jusqu’à 80 - se sont organisés autour de fortes personnalités et n’ont pas réussi à coopérer. Des élections truquées ont conduit la communauté internationale a coupé toute aide à Haïti, accentuant la crise économique. La violence s’est ensuite développée avec les activités des trafiquants de drogue, qui n’ont aucun intérêt à la reconstruction nationale, et avec la misère de la population. L’insécurité - physique et légale - a fait fuir les investisseurs étrangers. A cela s’ajoute la forte érosion des sols, résultat d’une déforestation massive, qui rend de plus en plus difficile un exercice un peu profitable de l’agriculture et accentue les difficultés du pays face aux désordres climatiques. L’instabilité s’est alors accentuée, provoquant une détérioration de nombreux indicateurs économiques et sociaux, alors que le reste de l’Amérique latine vivait une période de démocratisation. Ainsi, le PIB par habitant de 2003 correspond aux deux-tiers de sa valeur en 19908.

Les institutions internationales, souvent présentées comme les sauveurs d’Haïti, ont joué un rôle important dans cette dégradation. Après la tuerie des cochons créoles en 1978, la levée des barrières commerciales a en effet ouvert le marché local aux surplus agricoles américains

largement subventionnés, incluant le riz, le sucre et le maïs9, ce qui a détruit la production locale et fait perdre leurs emplois à de nombreux travailleurs, ce qui a provoqué des révoltes, y compris paysannes. Les programmes d’ajustement structurel mis en application, notamment, en 1986 et 1996 ont contribué, d’une certaine manière, à accélérer le déclin de l’économie haïtienne10. Autrefois largement exportateur de produits agricoles, Haïti importe aujourd’hui une bonne partie de ses aliments. Certes, Haïti, est le « pays le plus libre au monde » puisqu’il n’y n’existe ni impôts, ni Etat de droit ou d’état social sinon de pure forme. Les différentes études réalisées par des experts et institutions spécialisées aux niveaux national et international sont unanimes à reconnaître la quasi impossibilité pour la république caribéenne d’atteindre, d’ici 2015, les objectifs du millénaire pour le développement de l’Organisation des Nations Unies dont l’un d’eux est de réduire, de moitié, la pauvreté dans les pays à faible revenu11. Pourtant, le Fonds monétaire international a félicité en juillet 2007 le gouvernement haïtien pour les progrès accomplis par le pays en termes de « stabilisation économique et sociale », d’ « amélioration de la gestion des affaires publiques » et de « mise en œuvre des réformes économiques », dans le cadre de l’accord au titre de la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance. Comme récompense, le Conseil d’administration du FMI a décidé le décaissement d’un montant d’environ 113 millions de dollars américains en faveur d’Haïti.

Il faut souligner le rôle des politiques migratoires sélectives des pays occidentaux. Plus de 80% des Haïtiens ayant achevé le cycle secondaire auraient quitté le pays12 (on estime à 2 millions le nombre des Haïtiens de la diaspora). Cette fuite des cerveaux affecte tous les domaines. Pour ne donner qu’un seul exemple : les deux seuls gériatres sont partis. Cette situation, la mission a pu en prendre la mesure, pèse lourdement sur le développement de l’économie et sur la mise en place d’une administration dotée d’un minimum de compétences et d’autorité. Nanmoins, cette migration présente également des avantages pour le pays puisque les Haïtiens de l’extérieur contribue à 18 % du PNB.

En 2004, suite à de violents affrontements, un gouvernement intérimaire est mis en place. Une Force de mobilisation des Nations Unies en Haïti, la MINUSTAH, est déployée ((Résolution 1542 du Conseil de Sécurité du 30 avril 2004) avec un mandat de 6 mois, régulièrement renouvelé depuis. Cette présence étrangère est parfois critiquée comme impérialiste13. Des élections présidentielles et législatives se sont déroulées en février et mars 2006 et Haïti dispose donc aujourd’hui d’un président, d’un gouvernement et d’un parlement élu. Ceux-ci sont confrontés à de graves difficultés, liés tout particulièrement à la faiblesse de l’Etat haïtien.
“Haïti n’existe pas”14 ?

Ce titre provovateur a été reproché à Christophe Wargny qui s’interrogeait sur les raisons de l’oubli d’Haïti, cette île où des esclaves se sont libérés pour la première fois au monde. Cependant, si la réalité du pays ne peut guère être mise en doute, il faut souligner à quel point l’Etat haïtien n’est actuellement pas doté d’une administration efficace et suffisamment développée. Les ministères n’onnt pas tous des lois organiques et rarement des politiques globales. Ils disposent de plans d’action pour certains problèmes, comme la lutte contre le VIH-SIDA ou la domesticité enfantine. Le Parlement, par ailleurs,  légifére peu puisque deux lois seulement ont été adoptées en une année d’exercice. Ainsi, des décrets pris par le Gouvernement de transition, en ce qui concerne par exemple l’élimination de discriminations à l’égard des femmes, sont susceptibles – le cas échéant – d’être contestés par les tribunaux. Même, lorsque les lois existent, elles ne sont pas toujours mises en œuvre. Ainsi, une loi a créé un système de Sécurité sociale mais seules 1000 entreprises sur 2500 y participent15. L’administration fiscale n’est pas performante, or comment un Etat peut-il se développer sans ressources fiscales ? Aujourd’hui, les deux-tiers du budget de fonctionnement de l’Etat sont assurés par l’aide internationale.

Si la police nationale est en voie de réorganisation, le système judiciaire est en revanche délabré. Même lorsque les brigades d’auto-défense arrêtent des criminels ou des violeurs, ceux-ci


sont parfois remis en liberté par des juges16. Ce qui explique aussi bien une surpopulation dans les prisons que le manque de confiance des Haïtiens (en particulier des femmes victimes de violences) dans le système judiciaire. Les femmes n’osent pas porter plainte, qu’elles n’ont pas confiance dans le système judiciaire et dans la police, qu’elles craignent une nouvelle victimisation par le système.

Une des raisons de cet état de fait réside dans le faible nombre de fonctionnaires : 46 000 fonctionnaires pour une population de huit millions d’habitants, soit un nombre très insuffisant pour exercer ne serait-ce que les fonctions régaliennes de l’état et encore moins la mise en place d’une infrastructure de base. Les pouvoirs publics ne sont pas représentés dans certaines régions, ainsi il n’y a pas de poste de police à Gonaïves17. Il n’y a pas assez d’enseignants ou de soignants publics. Haïti est ainsi le pays d’Amérique latine où l’éducation est la plus privatisée, 80%, loin devant le Chili, 36%. Le Ministère de l’éducation nationale ne peut pas vérifier et réguler l’enseignement dispensé ni le niveau des enseignants18. On peut dire la même chose de l’accès à la santé19, largement assuré par diverses ONGs, parfois avec de beaux résultats, comme pour la lutte contre le VIH-SIDA. Plus de 800 ONGs interviennent à Haïti, assurant les fonctions sociales de base des Etats. Cependant ces ONGs, malgré leur bonne volonté, ne peuvent se substituer à l’Etat pour l’ensemble de la population.

L’absence de l’Etat et la crise économique joignent leurs effets pour provoquer une grande violence dans les rapports sociaux.

La violence des rapports sociaux
Une racisation ancienne des relations sociales
L’esclavage n’a pas été dans un premier temps fondé sur des caractéristiques raciales. Toutefois, une idéologie raciale s’est diffusée dès le début du XVIIIe siècle et a aidé au maintien du système esclavagiste20. Face à cette violence, Haïti s’est proclamée en 1804 première république noire indépendante d’Amérique. La constitution de 1805 affirme hautement :”aucune blanc quelque soit sa nationaltié, ne mettra les pieds sur le territoire à titre de maître ou de propriétaire, et ne sera admis à acquérir à l’avenir aucune propriété” (article 4). Comme le souligne Hurbon : “Sur la scène politique et littéraire tout au long du XIXe siècle, tous les problèmes sociaux sont ensevelis sous un langage racial répandu et développé par la classe de privilégiés tout autant noirs que mulâtres”21. Celle-ci tente de s’approprier le pouvoir en créant des identités raciales, cela dans un contexte international de montée de l’idéologie raciale. A partir de 1957, Duvalier, anthropologue devenu dictateur, s’appuie sur l’idéologie négriste pour asseoir son pouvoir. Tous les déboires d’Haïti proviendraient de la prétendue concentration du pouvoir aux mains de la fraction mulâtre du pays. L’obsession de la couleur de peau masque et exprime fondamentalement, au-delà du passé de la formation sociale haïtienne et des retombées actuelles sur les relations interpersonnelles, la virulence de la lutte des classes en Haïti22.

Cela dit, aucune étude scientifique n’utilise ce type de catégorisations et il est donc assez difficile de préciser les implications actuelles de la racisation. Il y aurait aujourd’hui, 95 % de Noirs et 5% de mulâtres23. Il y a manifestement plus de mulâtres parmi l’élite, néanmoins il y également de nombreux Noirs.
Genre

Même si l’infériorité sociale des femmes est un phénomène presque universel, le colonialisme et l’esclavage ont radicalisé cette oppression24. Réduites à une force de travail et soumises à de mauvais traitements, voire à de fréquentes tortures, les esclaves femmes étaient de plus exploitées dans leur sexualité et dans leur capacité de procréation. Bien qu’elles aient lutté
contre l’esclavage, elles ont été exclues de la définition même de la citoyenneté par la première constitution d’Haïti qui statue en 1805, en son article 9, que : « Personne ne peut être haïtien s’il n’est un bon père, un bon fils, un bon mari et surtout un bon militaire »25. On retrouve là le mimétisme de l’Etat haïtien, loin de la reconnaissance politique des femmes dans de nombreux régimes politiques africains de l’époque. Certes, les Haïtiennes ont obtenu le droit de vote en 195726. Cependant, il n’y a toujours que quatre députées et quatre sénatrices. Il y a des blocages dans l’accès des femmes à la vie politique, même si des groupes et associations de femmes sont actifs et engagées pour une participation plus significative de femmes dans la dernière campagne électorale27.

Le combat de la Ligue féminine d'action sociale, créée en 1934, a permis certaines avancées dans le domaine du droit familial, comme le décret-loi de 1944, qui autorise la femme mariée qui travaille à disposer librement de son salaire et des gains provenant de son salaire personnel. La ratification de la CEDAW en 1981 a conduit à la reconnaissance de l’égalité entre les époux en 1982. Plus généralement, la Constitution haïtienne de 1987 a reconnu l’égalité entre les sexes. Néanmoins, certaines évolutions législatives ont été faites par décrets, ce qui peut rendre discutable leur statut juridique. Certains points ne sont pas toujours clairs et doivent être clarifiés, comme la punition de l’assassinat en cas d’adultère. Une refonte générale du système légal a d’ailleurs été élaborée depuis 1992, mais les problèmes politiques ont empêché sa mise en œuvre28.
Seul le mariage est reconnu légalement et assure une certaine sécurité aux femmes et aux enfants alors que seuls 12 % des couples sont mariés. Un décret-loi de 1944 encadre trop sévèrement toute recherche en paternité. Un autre problème est le nombre très limité de bureaux d’état-civil, qui conduit certains enfants à ne pas avoir d’existence juridique. Les mères sont les principales responsables des enfants. Elles font tout leur possible pour assurer les meilleures conditions de vie aux enfants dans la situation très difficile qui est souvent la leur, mais l’exigence de l’égalité impliquerait que les pères participent davantage à l’entretien et à l’éducation de ces derniers, d’autant qu’ils gagnent mieux leur vie, même lorsqu’ils sont pauvres, que les mères.

En effet, si l’égalité entre les sexes en matière d’emploi est admise dans la législation, notamment en ce qui concerne la fonction publique, la réalité est bien différente Ainsi, les femmes représentent 40 % de l’effectif de la fonction publique, d’ailleurs très inégalement réparties selon les ministères29,  mais il n’y a qu’une directrice générale et 7 % de cadres féminins30. Alors que le taux d’activité féminin est traditionnellement très important, notamment dans l’agriculture, leur accès à la terre et au crédit n’est pas garanti. Les femmes représentent les deux tiers du secteur informel et n’ont donc ni sécurité de l’emploi, ni accès a la sécurité sociale, ni simplement de garantie en cas d’accident du travail. Les servantes dont le nombre exact n’est pas connu31 ont des conditions de travail particulièrement mauvaises. Elles sont sujettes à des violences sexuelles, quitte à être renvoyées si elles tombent enceintes. Les conditions de travail des marchandes de rue sont également difficiles, car elles n’ont pas, par exemple, les équipements nécessaires à la vie dans la rue, notamment des lieux d’aisance publics. La pauvreté, affectant la majorité de la population, atteint néanmoins les femmes de façon disproportionnée. Ainsi, pour prendre un seul exemple, particulièrement frappant : le double des hommes que des femmes souffrent d’anémie (24 % des hommes pour 46 % des femmes).

La pauvreté, la migration, l’incarcération conduisent les parents à confier leurs enfants - pour les ¾ des filles- en domesticité, ce que le code du travail permet à partir de 12 ans. Néanmoins, il n’y a pas vraiment de corps d’inspecteurs du travail et des enfants deviennent souvent des “rastavek” bien avant cet âge32. Ces enfants sont souvent mal traités, mal nourris et sujets à des violences tant physiques que sexuelles, particulièrement les filles. Les filles vivant dans des quartiers difficiles sont également sujettes à des violences sexuelles dès le plus jeune âge, comme l’a souligné une étude de l’UNICEF.

Le niveau de la violence sexiste est connue, notamment par les les enquêtes EMMUS de 2000 et 2005-200633. Un quart des femmes a ainsi subi au moins un acte de violence physique par leur conjoint, et cela quelque soit la catégorie sociale. Ce niveau de violence est partagé par de nombreux pays en développement34, il est néanmoins tout à fait inacceptable. Une particularité de la situation haïtienne est cependant que la violence est plus souvent le fait d’un autre que du mari ou conjoint (32 % contre 46 %). Les viols collectifs, jusque là inconnus, se sont développés depuis 2003. Ils sont souvent réalisés par des bandes de jeunes hommes désœuvrés qui s’attaquent à des marchandes ou à de jeunes filles, dont ils n’apprécient pas les comportements et qui n’ont pas de pères ou de frères pour les défendre35. D’autres aspects de violence ont été bien soulignés, comme c’est le cas pour l’abandon des femmes par les pères de leurs enfants, un abandon perçue par les femmes, elles mêmes, comme une forme des plus graves de violence, de même que l’abandon par l’Etat. Cette violence basée sur le sexe est un facteur limitatif de tous les aspects de la vie des femmes. Ainsi, elle réduit l’activité des femmes qui n’osent plus rentrer chez elles après la tombée de la nuit.
Classes sociales

Les trois-quarts des Haïtiens vivent au-dessous du seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins de deux dollars par jour et la moitié avec moins d’un dollar. Par contre, 0,5% de la population se partage les 45% du revenu national. Aussi, l’indicateur d’inégalité le plus utilisé,
l’indice de Gini d’Haïti, est le plus élevé au monde parmi les pays pour lesquels il est calculé : il atteint 0.68 contre 0.25 en Suède36. Il y a peu de classe moyenne, qui a fui en Occident. Il n’y a que 200 000 emplois dans le secteur formel, (pour une population active de 3.6 millions), lequels ouvrent d’ailleurs rarement un droit à la sécurité sociale. Le taux de chômage est de l’ordre de 32,7% et la majorité de la population active est désormais employée dans le secteur informel. Aussi, les conditions socioéconomiques des Haïtiens sont très préoccupantes, selon les données disponibles dans le cadre du recensement de 200337.

Selon ce dernier, 59 % de la population haïtienne vivent en milieu rural. L’agriculture représente 45% de la population active (contre 80 % il y a une vingtaine d’années) mais seulement 27% du PNB. La taille des exploitations agricoles varie au sein des départements, atteignant en moyenne 1 hectare environ, souvent réparti en plusieurs parcelles. Selon les estimations de l’”Enquête sur les conditions de vie en Haïti, 2003”, la majorité des agriculteurs sont propriétaires de leur exploitation et ont acquis leurs terres par achat ou héritage. Les techniques de production sont très rudimentaires et limitées à une binette et une machette, seulement 5 pour cent des agriculteurs ayant accès à une charrue, souvent empruntée ou louée. La mécanisation est pratiquement inexistante.38 Pour Frédéric-Gérald Chéry, « Le trait essentiel de cette société est que les besoins des gens sont résolus au sein de la petite propriété familiale et ne sont pas présentés en tant que besoins collectifs dont la satisfaction dépend de la politique de l’Etat »39.

Fritz Déshommes explique cette situation par « les rapports sociaux de production et d’échange qui permettent aux uns de s’approprier des fruits du travail des autres à travers des mécanismes très connus (bas salaires aux ouvriers, termes de l’échange internes, rentes foncières, surprofits commerciaux, taux d’intérêts usuraires, politiques des recettes et dépenses de l’Etat,
maîtrise de l’appareil d’Etat, etc.)»40. Le blocage économique s’explique, de l’avis de l’économiste, par le maintien et la reproduction permanente de ces rapports. Haïti demeure une société de rente, une société où le surplus économique est extrait en dehors de l’organisation du travail et circule dans des circuits qui ne sont en aucun point contrôlés par des mécanismes d’égalisation de la productivité. Toutefois, la rente foncière a été remplacée par l’aide internationale et par les revenus de la drogue.
Intersectionnalités

Etre une Haïtienne pauvre (ce qui est le cas des deux-tiers d’entre elles) accroit notablement les difficultés, comme le montrent notamment les études sur la santé de la reproduction, comme l’indiquent les différentes EMMUS41. Ainsi, la mortalité maternelle, après avoir baissé fortement depuis 1990, a augmenté après le renouveau de l’instabilité, et se situe aujourd’hui à 630 pour cent mille femmes. Ainsi, une femme sur trente huit meurt à la suite d’une grossesse. Ce niveau de mortalité maternelle constitue une grave discrimination contre les femmes. Il est lié aux difficultés de l’accès, tant quantitatif que qualitatif, aux soins. 97 % des Haïtiennes ont relevé avoir eu des problèmes à ce niveau : 88 % à la suite de manque de personnel et 78 % à cause de problèmes financiers. Cependant les plus pauvres sont les plus touchées. Ainsi, dans le quintile le plus riche 95 % des femmes ont reçu des soins prénataux, alors que ce n’est le cas que de 72 % du quintile le plus pauvre. L’acouchement en centre de santé est peu pratiqué puisqu’il ne l’est que par 25 % des femmes, et seulement 8 % pour les femmes sans instruction. 40 % des femmes accouchent seules ou avec une matrone non formée, avec une très forte connotation sociale puisque c’est le cas de 66 % des analphabètes et de 18 % des femmes ayant reçu une instruction secondaire. La faiblesse du recours à des structures publiques a des causes diverses42, notamment l’éloignement43 et la nature montagneuse de l’environnement physique44. Néanmoins, intervient également l’absence de prise en compte des

besoins, y compris culturels des femmes enceintes, et une relation soignant/patient qui n’est pas toujours respectueuse, qui est une autre forme de la violence des rapports sociaux45.

Un autre monde est-il possible ?

Un autre monde ne sera possible que si des alliances se forment et atteignent une certaine majorité, ce qui est loin d’être le cas. A ce titre, il faut rappeler que comme le souligne Claude Moïse46, d’importants mouvements sociaux (1930, 1946, 1956, 1986) ont été porteurs de revendications de larges secteurs de la population. Mais, ces mouvements d’adhésion politique à une personnalité ne se sont pas concrétisés en des organisations pérennes.
Des associations féministes actives

Le mouvement féministe haïtien est aussi vigoureux que divers. Il lutte contre les violences faites aux femmes, pour la culture juridique des femmes47, pour l’accès des jeunes femmes à l’Université ou pour les droits des ouvrières, pour le développement de la participation politique des femmes. Il est présent aussi bien à Port-au-Prince que dans les départements, même si les groupes de la capitale ont un accès plus aisé aux media et à l’aide internationale. Les différentes associations sont réunies depuis 1998 dans une plateforme pour changer les lois les plus défavorables. Il faut souligner l’extrême courage des femmes qui luttent pour leurs droits, en subissant parfois une forte répression. Ainsi une clinique de solidarité aux femmes violées a été détruite et pillée en 1998 et de nombreux viols politiques ont eu lieu dans les années 2000.

Ce mouvement des femmes a d’ailleurs permis la création d’un Ministère de la Condition Féminine et des Droits des femmes (MCDF), relativement bien doté d’un personnel motivé qui a des antennes dans les dix départements du pays. Il se préoccupe tant des droits des femmes que d’analyse en termes de genre. Ses actions sont bien médiatisées. La Ministre dynamique qui le dirige est respectée par les autres ministres et par la population. Des actions ont été entreprises par les ministères de la justice et de la santé en commun avec le MCFDF, comme la prévention
des violences pendant le carnaval. Cependant, les moyens matériels, comme les moyens de locomotion, manquent. Le MCFDF voudrait développer l’analyse des budgets en fonction du genre des bénéficiaires de l’Action publique, selon une méthodologie développée en Amérique latine, avec laquelle les contacts sont nombreux.

Les associations féminines et le MCFDF se sont beaucoup mobilisées contre la violence faite aux femmes. Ils sont souvent les seuls à apporter une aide aux femmes car il n’y a pas d’assistance juridique gratuite ni de refuges pris en charge par l’Etat. Ainsi, l’organisation Kay Fanm (Maison des Femmes) a accompagné 155 femmes pour des cas de violences lors des six premiers mois de l’année 2007, mais un seul violeur a été condamné48. Le contexte est difficile : les juges sont très corrompus et la police défaillante. Il n’est pas rare que des brigades d’autodéfense amènent à la justice des criminels et des violeurs, lesquels sont relâchés. Il n’y a que 2 % de femmes juges. Les féministes ont cependant obtenu l’établissement d’un certificat médical gratuit rempli par n’importe quel médecin et pas seulement par l’hôpital général de Port-au-Prince, inaccessible aux rurales et où il faut attendre 2 mois.
Les difficultés d’une politique inclusive

Les visites réalisées dans différents ministères en avril 2007 montrent que la sensibilisation aux discriminations vécues par les femmes est peu répandue. Deux ministères sont assez concernés par la question alors que tous les autres ministères considèrent que l’élimination des discriminations envers les femmes relève de l’action du MCFDF et particulièrement de sa Ministre. Certains semblent considérer qu’il s’agit d’une question qui n’a pas de caractère prioritaire, particulièrement parmi ceux dont le sensibilité parait la plus « à gauche ». Or, il s’agit là de l’élite haïtienne, qui a souvent fait ses études à l’étranger et est en interactions constantes avec les agences internationales, on peut donc s’inquiéter de la sensibilité du fonctionnaire ou du citoyen lambda49.

Les agences internationales rencontrées manifestent un intérêt et un engagement en faveur de la fin des discriminations et de l’égalité entre les sexes. L’existence d’un bureau de la parité actif au sein de la MINUSTAH concourt à rendre plus visible la dimension de genre. Toutefois,
l’essentiel des actions vise la violence physique et sexuelle, alors que celle-ci n’est qu’une des manifestations, certes la plus visible et la plus forte, d’un système de relations inégales qu’il faudrait combattre au premier lieu. Le comportement des employés de ces agences est parfois assez méprisant envers les Haïtiens, y compris les plus hauts placés.

Selon Dugas : “Aujourd’hui, l’espoir d’Haïti réside peut-être dans l’essor des organisations sociales, suite à la profonde crise sociale causée par les récents bouleversements politiques. L’apport de la société civile et des organisations communautaires, qui tentent de défier la misère et la violence, est devenue une donnée importante dans le développement du pays. Ces organisations ont toutefois un urgent besoin d’un État pour les protéger.”.50 Certaines regroupements intègrent des associations féministes et visent à prendre en compte d’intérêts et de points de vue variés.

Cependant, la situation d’Haïti s’explique aussi par l’action de politiques internationales, et ne pourra pas s’améliorer sans la création d’un véritable pouvoir alternatif à celui du capital. En tant que Français nous avons une lourde responsabilité dans l’existence de ce pays, où nos ancêtres ont déporté tant d’individus, pour un goût amer et sucré de café et de sucre.


1 Reproduit dans le N° spécial « Les femmes et l’esclavage », Revue haïtienne d’histoire et de géographie, 76 (210), janvier-mars 2002.

2 Titre repris par Françoise Collin dans sa limpide et passionnante introduction à l’œuvre d’Arendt (Paris, Odile Jacob, 1999).

3 Un ouvrage de la juriste et ancienne sénatrice Mirlande Manigat analyse les institutions et les lois concernant les Haïtiennes. Un recensement a été réalisé en 2003 et ses données sont désormais disponibles sur CD. Il peut être comparé à celui de 1982 et surtout assurer la représentativité de nouvelles enquêtes. Plusieurs études statistiques ont également été réalisées sur la situation sociodémographique des hommes et des femmes. Des enquêtes sur les budgets de consommation des ménages ont eu lieu en 1986-1987 et 1999-2000 alors qu’une enquête sur les conditions de vie a été menée en Haïti en 2001. Les différentes versions de l’Enquête Mortalité, Morbidité et utilisation des services (EMMUS) permettent de suivre les évolutions de la santé depuis 1994-95 à 2004-05 et de la violence depuis 2000. De plus, différents ministères ont réalisé des études sur la situation des femmes, tout comme plusieurs agences internationales, que ce soit l’UNICEF ou le bureau genre de la MINUSTAH. Le MCFDF dispose d’une direction de l’analyse de genre qui a analysé la répartition sexuée des différents ministères.

4 Haïti est située dans la partie Ouest de l’une des plus grandes îles des grandes Antilles, dans la mer des Caraïbes, la partie Est de l’île constituant la République dominicaine. La langue officielle de Haïti est le français (alors que celle de la République dominicaine est l’espagnol) mais le Créole est la langue couramment pratiquée. La population haïtienne est estimée à 8,5 millions d’habitants, dont 40 % de moins de 15 ans.

5 On peut lire à ce sujet les contributions éclairantes de Caroline Fick, Michel Hector, Sabine Manigat et Vertus Saint-Louis, dans Benot Yves et Marcel Dorigny, 2003, Rétablissement de l’esclavage dans les colonies françaises. Aux origines de Haïti, Paris, Maisonneuve et Larose. Egalement : Casimir Jean, « La suppression de la culture africaine dans l’histoire d’Haïti », Socio-Anthropologie, Cultures-Esthétiques, 2000, mis en ligne le 15 janvier 2003. http://socioanthropologie.revues.org/document124.html. Consulté le 15 août 2007.

6 Wiarda Howard J. et Kline Harvey F. (eds), 1996, Latin American politics and development, Boulder (Colorado), Westview Press.

7 Fauriol Georges F., 1996, « Haïti : the failure of gouvernance” in Wiarda et Kline Harvey F., op. cit. : 517-537.

8 Paulin Jean-Claude et Monestime Toussaint, 2005, “Les OMD en questionnement”, Situation économique et sociale de Haïti en 2005, Port-au-Prince, PNUD Haïti et Association des Economistes d’Haïti : 17-32. http://www.ht.undp.org/medias/pdf/bilan-economique-social-haiti-2005.pdf

9 Oxfam-Québec, Enfoncer la porte, Rapport publié en avril 2005

10 Beaulière Arnousse et Bogenston André, 2006, “Haïti à l’heure des élections présidentielles », Le mensuel de l’Université, http://www.lemensuel.net/imprimer.php?id_article=97.

11 Louidor Wooldy Edson, 2007, “Haïti : La pauvreté, une machine à double vitesse”, Alterpress, http://www.alterpresse.org/spip.php?article6256.

12 Toutefois, 38 % des femmes de 15 à 49 ans et 41 % des hommes de 15 à 59 ans ont au moins suivi le secondaire (EMMUS IV).

13 http://www.papda.org/article.php3?id_article=400.

14 Wargny Christophe, 2004, Haïti n'existe pas - 1804-2004 : deux cents ans de solitude, Paris, éditions Autrement.

15 Communication du Ministre des Affaires sociales et du travail, Gérald Germain, 17 avril 2007.

16 Joinet Louis, 2007, Situation des droits de l’homme en Haïti. New York, Nations Unies, Assemblée Générale, Conseil des droits de l’homme. A/HRC/4/3 .

17 Nations Unies. Conseil économique et social. Rapport du groupe consultatif ad hoc sur Haïti. 20 mai 2005.

18 Ainsi, sur 2747 enseignants du secondaire seulement 1315 auraient leur certificat de fin d‘études secondaires et seuls 10 % seraient normaliens. State party Report. Haïti to to the UN committee on the rights of the child with respect to the obligation under the Convention on hte rights of the child, submitted in 2001 : 31.

19 Selon la PAHO, Il n’y a en Haïti que 2,5 medecins pour dix mille habitants (paho.org).

20 Gisler Antoine,

21 Hurbon Laënnec, 1987, Comprendre Haïti. Essai sur l’Etat, la nation, la culture. Paris, Karthala.

22 Labelle Micheline, 1987, Idéologie de couleurs et de classes sociales en Haiti, Montréal, Cidihca.

23 CIA, 2005, World Factbook. https://www.cia.gov/cia/publications/factbook

24 Gautier Arlette, 2004, « Femmes et colonialisme » dans Ferro M. (ed), Le livre noir du colonialisme. XVIe-XXIe siècle : de l’extermination à la repentance. Paris, Hachette littérature (édition de poche) : 759-811.

25 Gautier Arlette, 2002, « Les esclaves femmes du Nouveau Monde : étude comparative », N° spécial « Les femmes et l’esclavage », Revue haïtienne d’histoire et de géographie, 76 (210), janvier-mars : 28-47.

26 Merlet Myriam, 2002, La participation politique des femmes en Haïti. Quelques éléments d’analyse, Port-au-Prince, éditions Fanm Yo La. Mémoires du féminisme, haitiwebs.com.

27 Ainsi, le Collectif Féminin pour la Participation Politique des Femmes, Fanm Yo La (Nous sommes là), a édité Un guide Alphabétique des élections, à travers lequel il compte mener une campagne d’éducation civique dans le pays. COFAL et MOUFHED, 2002, Haïti : Femmes en Démocratie. Guide juridique à l'usage des femmes haïtiennes. Port-au-Prince, 2002.

28 Lors de la Conférence de Pékin en 1995, la Ministre du nouveau MCFDF indiquait 12 actions urgentes à réaliser, qui restent malheureusement toutes d’actualité : 1. Créer les conditions d'émergence d'un état de droit; 2. Résorber un taux de chômage qui affecte 70 % de la population; 3. Faire disparaître le sous-emploi et la surexploitation des Femmes; 4. Encadrer et revaloriser le secteur informel; 5. Combattre l'appauvrissement généralisé des femmes, et mettre en cours des programmes orientés vers l'égalité des relations entre les genres, particulièrement dans le milieu rural; ó. Prendre des mesures pour faciliter aux femmes l'accès à la propriété de la terre dont elles sont presque totalement exclues; 7. Faciliter l'accès à l'éducation des enfants, particulièrement des fillettes. 8. Eliminer l'analphabétisme qui touche la majorité des femmes; 9. Mettre sur pied des programmes visant à orienter les femmes dans des domaines non traditionnels en leur donnant accès à la formation professionnelle, technique et scientifique; 10. Enrayer la violence politique par la mise en place de structures adéquates au niveau légal, éducationnel; 11. Mettre sur pied des mécanismes pour sanctionner et prévenir la violence faite aux femmes; 12. Réintégrer les femmes réfugiées dans la vie familiale, sociale, politique et économique.

29 Elles sont 20 % à l’agriculture et 60 % au Ministère de la Santé et de la Population. Jean-Baptiste Marie Germide Oscar et Jean-Baptiste Bonny, 2005, Femmes et pouvoirs : enjeux pour un véritable développement en Haïti. Communication présentée à la 11ème Conférence Générale de l’EADI, Bonn, 21-24 septembre 2005 dans le Groupe de travail « Gender and Development ». http://www.genreenaction.net/IMG/pdf/filedownload.do.pdf

30 Karaborni Najet, 2004, Objectifs du Millénaire Haïti. Rapport national 2004.

31 On l’estime entre 750 000 et 900 000.

32 Cadet, Jean Robert, 2002, Restavec: enfant esclave en Haiti, une autobiographie. Paris, Éditions du Seuil.

33 Kishor Sunita et Johnson Kiersten, 2006, « Reproductive health and domestic violence : are the poorest uniquely disadvantaged ? » Demography, 43(2), mai : 293-310. Ces auteures utilisent l’EMMUS haïtienne de 2000.

34 Gautier Arlette, 2006, « Droits du mariage et violences conjugales», Prochoix, 36, avril : 109-134. http://www.genreenaction.net/spip.php?article5681

35 Loutis Wiza, 2006, Evaluation de la situation des femmes dans le cadre de la violence armée en Haïti. Port-au-Prince, Section conjointe DDR-PNUD-MINUSTAH, Unité de la parité femmes/hommes.

36 World Bank, 2006, World Development Report 2006 : 251. http://econ.worldbank.or

37 Une faible partie de la population a accès aux services sociaux de base. Seulement 8,5% des logements sont connectés à un service de distribution d’eau dont 80,7% en milieu urbain. L’électricité est très rare en Haiti. Dans l’ensemble du pays, 82,3% des ménages dont 69,4% en milieu rural, utilisent la lampe à gaz comme principal mode d’éclairage.

38 FAO, RAPPORT SPÉCIAL. MISSION FAO/PAM D’ÉVALUATION DES RÉCOLTES ET DES DISPONIBILITÉS ALIMENTAIRES EN HAÏTI. 12 janvier 2005. http://www.fao.org/docrep/007/j4119f/j4119f00.htm#3.


39 CHÉRY Frédéric-Gérald, La crise permanente (Société, économie et politique en Haïti), Ed. des Antilles S.A., Sept. 2005


40 DESHOMMES Fritz, Politique économique en Haïti (Rétrospectives et perspectives), Ed. Cahiers Universitaires, Mai 2005, P. 207.

41 Cayemittes Michel et al., 2007, op. cit.

42 Gage Anastasia et Calixte Marie-Guilène, 2006, “Effects of physical availability on maternal health services on their use in rural Haïti”, Population Studies, 60(3), novembre : 271-288.

43 60 % des ménages ruraux habitent à environ 15 km du centre hospitalier le plus proche ou du centre le plus proche.

44 Ayti veut d’ailleurs dire “terres montagneuses” en Amérindien.

45 Tremblay Johanne, 1995, Mères, pouvoirs et santé en Haïti, Paris, Karthala.

46 Moïse Claude, 29 décembre 2006, RÉFLEXIONS : 2006 ou la réalité du suffrage universel”, Le matin.

47 L’association Enfofanm a organisé des sit-in pour exiger que les juges appliquent une circulaire du Ministère de la justice contre l’irresponsabilité paternelle. Enfofam, décembre 2005, Bulletin d‘information.

48 http://www.alterpresse.org/spip.php?article6295.

50 Dugas Sylvie, 2006, “Haïti pourra-telle renaître de ces cendres ?”, La Chronique des Amériques, mars 2006, n°11, Observatoire des Amériques (www.ameriques.uqam.ca), Université du Québec à Montréal (UQAM). http://risal.collectifs.net/spip.php?page=imprimer&id_article=1657.





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