L’évolution des rythmes de travail entre 1995 et 2001





télécharger 0.65 Mb.
titreL’évolution des rythmes de travail entre 1995 et 2001
page4/9
date de publication21.10.2017
taille0.65 Mb.
typeDocumentos
e.20-bal.com > loi > Documentos
1   2   3   4   5   6   7   8   9

Tableau 6 - Impact estimé de l’ARTT sur les rythmes de travail (en %)


rythme (réf : régulier hebdo.)

ensemble

cadres

non cadres

industrie

services

<50 salariés

50 salariés et plus

cyclique ou irrégulier

4,7***

9,2**

4,1***

6,9***

3,7***

7,9***

4,9**

 

 

 

 

 

 

 

 

 

irrégulier

3,6***

8,7**

2,8**

6,4***

2,7*

4,1**

4,7***

irrég en jours

2,6**

3,6**

2,5**

5,2***

1,6

2,2**

4,7**

irrég en heures

1,4

7,2**

0,4

2,1

1,3

2,9

1,0

irrég en jours et heures

0,6

1,6

0,5

0,6

0,7

0,1

1,7

 

 

 

 

 

 

 

 

 

cyclique

3,4***

2,5

3,7***

3,8*

3,0***

7,2***

2,5

cyclique non alternant

3,4***

1,5

3,8***

6,9***

2,3***

3,3**

5,0***

cyclique alternant (2X8,3X8)

-0,5

0,4

-0,6

-2,5*

0,8

6,0**

-1,8**

cyclique alternant (4X8,5X8)

2,0***

0,5

2,3***

4,2**

0,8**

0,9**

2,3**

Impacts estimés en %. *** : significatif à 1 % ; ** : significatif à 5 % ; * : significatif à 10 %.

Sources : enquêtes complémentaires à l’enquête Emploi de 1995 et 2001 (Insee) ; Fichier de suivi des accords de RTT (Dares) ; DADS (Insee) ; BRN (INsee).

Champ : entreprises non agricoles hors Etat, collectivités locales et hôpitaux publics et hors services domestiques.

Lecture : du fait de l’ARTT, les cadres des entreprises passées aux 35 heures sont 9,2 % plus nombreux qu’avant à travailler selon des rythmes cycliques ou irréguliers.

Quand on examine les évolutions par catégorie de salariés ou d‘entreprises, des différences sensibles apparaissent. La progression de l’irrégularité est plus forte pour les cadres que les non cadres, dans l’industrie que dans les services. Elle est aussi un peu plus nette dans les grandes entreprises. Le tableau 7 indique qu’au sein des cadres, ceux de l’industrie sont les plus touchés par la progression de l’irrégularité, même si le phénomène est aussi observé dans les grandes entreprises des services.

S’agissant des rythmes cycliques, ce sont les non cadres qui ont surtout été affectés, ainsi que les salariés des petites entreprises. Le tableau 7 confirme que ce sont les non cadres des petites entreprises de l’industrie qui contribuent le plus à cette tendance, mais elle est également très significative dans les grandes entreprises des services.

A un niveau encore plus fin, on constate que les rythmes irréguliers en jours d’une part, et les rythmes cycliques non alternants d’autre part, concentrent une grande part des effets de l’ARTT. Ces deux types de rythme recueillent, mais seulement en partie, les cas attendus où le passage aux 35 heures s’est manifesté par l’octroi, par exemple, d’une journée « RTT » prise toutes les deux semaines, ou prise de manière plus irrégulière, moins programmée ou prévisible. Mais là encore, l’impact varie. La progression de l’irrégularité en jours est, comme pour l’ensemble des rythmes irréguliers, un peu plus marquée dans l’industrie et dans les grandes entreprises. Mais elle n’est pas plus forte pour les cadres, qui sont en revanche les seuls à connaître une progression de l’irrégularité horaire.

Notons enfin que l’ARTT ne s’est pas uniquement traduite par des jours supplémentaires de repos, comme en témoignent ses effets significatifs sur les rythmes alternants en 4 ou 5 équipes (+ 2 % tous salariés et entreprises confondus) et les impacts différenciés, selon la taille des unités de production, de l’ARTT sur les rythmes alternants en 2 ou 3 équipes. Le tableau 7 montre que ces rythmes alternants ont progressé dans les petites entreprises de l’industrie.

Tableau 7 - Impact estimé de l’ARTT sur les rythmes de travail (en %)















 :





rythme (référence régulier hebdo.)

cadre

non cadre

<50 salariés

50 salariés et plus

<50 salariés

50 salariés et plus

industrie

services

industrie

services

industrie

services

industrie

services

cyclique ou irrégulier

36,0*

-0,3

26,1**

11,6*

14,9***

5,2**

1,3

4,5*

 

 

 

 

 

 

 

 

 

irrégulier

38,1**

-1,9

25,2**

12,2**

4,4

4,1

5,4

2,2

irrégulier en jours

-5,8

3,7

13,8

8,9*

2,7

2,0*

7,1*

2,7

irrégulier en heures

34,4*

-2,0

16,5*

7,1

2,9

3,0

0,4

-0,7

irrégulier en jours et heures

23,6

-2,9

9,2

3,6

-0,4

0,0

0,6

1,8

 

 

 

 

 

 

 

 

 

cyclique

-1,1

3,6

5,4

-1,0

16,7***

3,1*

-1,4

5,1***

cyclique non alternant

-4,0

2,3

5,1

-0,1

8,3**

1,9

9,2*

4,8**

cyclique alternant (2X8,3X8)

12,1

-5,4

0,4

0,0

9,6**

3,5

-5,8***

0,9

cyclique alternant (4X8,5X8)

0,0

0,0

2,3

0,8

5,1**

0,2

4,4

1,3*


Impacts estimés en %. *** : significatif à 1 % ; ** : significatif à 5 % ; * : significatif à 10 %.

Sources : enquêtes complémentaires à l’enquête Emploi de 1995 et 2001 (Insee) ; Fichier de suivi des accords de RTT (Dares) ; DADS (Insee) ; BRN (INsee).

Champ : entreprises non agricoles hors Etat, collectivités locales et hôpitaux publics et hors services domestiques.

Lecture : du fait de l’ARTT, les cadres des entreprises de moins de 50 salariés de l’industrie passées aux 35 heures sont 9,2 % plus nombreux qu’avant à travailler selon des rythmes cycliques ou irréguliers.


Au total, donc, l’ARTT s’est bien accompagnée d’une régression de la norme que constitue le rythme de travail régulier fondé sur la semaine, au profit d’un allongement de l’horizon de ce rythme à plusieurs semaines, ou d’un accroissement de l’irrégularité des jours travaillés (et pour les cadres des heures). Ces résultats montrent que la mise en œuvre de l’ARTT a bel et bien affecté l’organisation du travail dans l’entreprise. On sait que l’un des objectifs de l’ARTT était de permettre un allongement de la durée des équipements (dans l’industrie), des horaires d’ouverture (dans les services), et une plus grande réactivité des entreprises face aux chocs de demande. On s’attend bien dans ces conditions à voir s’effriter la norme du temps de travail fondé, pour un salarié donné, par la répétition de semaines de travail identiques. Cela étant, les rythmes de travail des salariés ne constituent qu’une mesure indirecte de cette organisation, et il n’est pas possible d’être plus spécifiques quant aux modalités de ces éventuels changements organisationnels. Il est en revanche possible d’étudier l’impact de l’ARTT sur d’autres variables qui mesurent certains aspects des conditions de travail des salariés et sont plus ou moins étroitement corrélées au rythme de travail. Ainsi, le travail à des horaires « atypiques » ou « décalés » (soir, nuit, samedi, dimanche) est certainement plus fréquent pour les salariés dont les rythmes sont cycliques ou irréguliers. Il l’est aussi chez les salariés travaillant selon des rythmes alternants de type 2X8 ou 3X8 (travail le soir ou/et la nuit), et plus encore de type 4X8 ou 5X8 (travail le week-end). Par ailleurs, l’irrégularité horaire se traduit souvent par du travail en soirée, et l’irrégularité en jours par du travail le week-end. Au vu des résultats obtenus pour les rythmes, on s’attend ainsi à une progression de ces horaires décalés, associée à l’ARTT.

C’est bien ce qui est observé dans le tableau 8. Le travail du soir progresse de près de 4 points pour l’ensemble des salariés, le travail de nuit de près de 3 points. Surtout, l’impact est très diversifié. Le travail en soirée touche surtout les non cadres des petites entreprises industrielles ou des grandes entreprises des services (tableau 9). Travailler la nuit, le samedi ou le dimanche devient aussi plus fréquent d’abord pour les non cadres des grandes entreprises des services.5
1   2   3   4   5   6   7   8   9

similaire:

L’évolution des rythmes de travail entre 1995 et 2001 iconLes rythmes de l’innovation expliquent-ils fondamentalement les rythmes...
«paradoxe de Solow». Depuis 1995, on décèle certes une accélération de la croissance américaine, mais celle-ci ne se diffuse pas...

L’évolution des rythmes de travail entre 1995 et 2001 iconGabas
«Economie agricole internationale» sur la sécurité alimentaire au niveau des ménages(2001-2003), et dans le Master «Gestion de projets...

L’évolution des rythmes de travail entre 1995 et 2001 icon“ Travail et mondialisation : le choc des cultures ? ” Conférence du jeudi 19 avril 2001

L’évolution des rythmes de travail entre 1995 et 2001 iconNe peut-on pas avec ici évoquer une nouvelle forme de souveraineté...
«trois glorieuses» [Colard, 1995 : 76]: la fin de la bipolarité et les ébranlements qui se produisent sur le continent européen en...

L’évolution des rythmes de travail entre 1995 et 2001 iconPrincipales definitions chapitre 4
«réseaux, normes et à la confiance, qui facilitent la coordination et la coopération» (Robert Putnam, 1995) entre les individus

L’évolution des rythmes de travail entre 1995 et 2001 iconI – Evolution récente des échanges agricoles et de la pêche entre l'ue et le Canada

L’évolution des rythmes de travail entre 1995 et 2001 iconUniversité de la Méditerranée
«Théorie de l’organisation industrielle» publié en deux volumes chez Economica (Paris, 1995). Certaines sections s’inspirent également...

L’évolution des rythmes de travail entre 1995 et 2001 icon«Entre prédation et production : l’économie du conflit bosniaque»,...

L’évolution des rythmes de travail entre 1995 et 2001 iconManuel magnard : Doc 1 p. 114 : L’évolution des populations européennes entre 1850 et 1970

L’évolution des rythmes de travail entre 1995 et 2001 icon3. 2 evolution de la duree du travail






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
e.20-bal.com