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SANGIORGIO Léa

L3 Histoire

UE : Mini-mémoire.
Danton et Robespierre pendant la Révolution française.


Danton
Auteur : Ecole française du XVIIIème.

Source : http://www.droitspartages.net/affiche_notice.php?docid=387


Robespierre
Auteur : Joseph BOZE.

Image conservée à Versailles.

Source : http://www.droitspartages.net/affiche_notice.php?docid=373

Sommaire.

INTRODUCTION ……………………………………………………………………….. p 3
Problématique …………………………………………………………………………….. p 4

PREMIERE PARTIE : Deux hommes à la fois proches et opposés : de leurs origines sociales et à leurs débuts dans la révolutions. ………………………………………….. p 5
1. Robespierre. ……………………………………………………………………………. p 5

2. Danton. ………………………………………………………………………………… p 6

3. Leurs actions durant la fin de l’Ancien Régime. ………………………………………. p 7

DEUXIEME PARTIE : L’évolution des deux hommes suivant les évènements : deux manières de penser et vivre les moments de la Révolution. …………………………… p 9
1. La monarchie constitutionnelle. ………………………………………………………... p 9

2. La Convention. …………………………………………………………………………. p 14

3. La Terreur. ……………………………………………………………………………... p 19

TROISIEME PARTIE : Une fin analogue, uniquement dans les faits. …………….... p 21
1. La chute de Danton. ……………………………………………………………………. p 21

2. La chute de Robespierre. ….………………………………………………………….... p 23

3. La postérité des deux hommes. ……………………………………………………….... p 27

CONCLUSION ………………………………………………………………………….. p 30
BIBLIOGRAPHIE ……………………………………………………………………… p 31
ANNEXES : chronologie sommaire ...............………………………………………….. p 32

INTRODUCTION
Aujourd’hui, dans la Révolution française, des personnages historiques tels Danton et Robespierre nous apparaissent comme évidents. Pourtant l’histoire a tardé à les réhabiliter, et l’historien n’a pas toujours regardé l’un ou l’autre d’un même œil, soit critique ou alors rempli d’admiration.
En effet, c’est après la Révolution française, que Robespierre est sorti de l’image du dictateur, alors que Danton a immédiatement été reconnu Homme de la Révolution, grâce aux passions qui se sont rapidement déchaînées autour de lui, lors de la révision de son procès, en faveur de son idéologie et de sa politique. Dès lors, les militants dantonistes on fait du plaidoyer posthume Danton un réquisitoire contre ceux qui l’avaient condamné, c’est à dire Saint-Just et Robespierre. C’est ainsi qu’un parallèle entre les deux hommes a commencé à être mené : en opposant la vertu (Robespierre) au vice (Danton), l’incorruptibilité à la vénalité, le labeur à l’indolence, la foi au cynisme, jusqu’à attribuer la vertu et la moralité à Robespierre, et priver Danton de qualités.

En ce qui concerne Danton, les républicains dantonistes lui collaient une étiquette d’opportuniste, bien que la majorité des républicains l’eussent choisi, dont Michelet et Auguste Comte. En effet, Michelet a fait de Danton, et non de Robespierre un héros profondément humain dont la générosité rachetait ses faiblesses. Par ailleurs, Aulard appréhende Danton comme la figure majeure de la Révolution, en voyant Gambetta comme l’incarnation de Danton, puis, revient sur cette idée, avec l’école positiviste. De plus, avec la mise en avant de Robespierre par son élève Mathiez, fervent défenseur de Robespierre, et notamment fondateur de la Société des études robespierristes et des Annales révolutionnaires, il défend de nouveau Robespierre. Danton a surtout fait l’objet d’études dans les années 1920, avec quelques petits sursauts déjà autour du centenaire, puis dans les années 1900 et dans les années 1930. Quant à Robespierre il n’était pas beaucoup en vue avant le XXème siècle, car jusque dans les années 1900 il était considéré, au même titre que Marat, comme un représentant du jacobinisme radical, et donc n’intéressait que les républicains de gauche partisans d’une politique insurrectionnelle. Cependant, depuis il a attiré plus d’attention qu’aucun autre leader de la Révolution. L’intérêt pour ces deux hommes de la Révolution française a connu une période de pointe dans les années 1930 du Front Populaire, et dans les années 1960 et 1970 avec l’école révisionniste -incarnée par Furet, Gueniffrey et Ozouf-, qui voulait mettre fin aux interprétations d’imprégnation socialiste et marxiste dans les travaux historiques. En effet, Michelet était républicain, Mathiez socialiste, et Aulard radical-socialiste, mais ils se trouvaient dans un siècle encore marqué par les révolutions. Notons également que de nombreuses études sur ces deux hommes au XXème siècle, ont été empreintes de marxisme, ceci est notamment lié à la présence du socialisme et du communisme dans nos sociétés, ainsi que la forte résonnance de la Révolution russe. Enfin, aujourd’hui, la Révolution française intéresse lus les chercheurs anglo-saxons et moins les chercheurs français. Ainsi, aujourd’hui une étude sur Danton et Robespierre ne peut-être uniquement comparative mais doit marquer l’opposition entre eux afin de noter leur évolution idéologique et politique à travers les évènements communs qu’ils traversent, sans pour autant les percevoir et les interpréter de la même manière
En effet c’est tout un contexte qui explique la Révolution française. Les origines de la Révolution sont, avant tout, économiques et sociales. Elles sont économiques car liées à la croissance démographique forte à laquelle l’agriculture ne peut répondre, créant une hausse des prix du pain et une baisse des salaires. De plus, s’ajoute une série de crises tels qu’en 1775 avec une série de mauvaises récoltes, en 1780 une pénurie de foin provoquant un déclin des bovins, et en 1788 de mauvaises récoltes créées des hausses de prix jamais atteintes. Il y a donc des famines et des disettes qui accentuent plus encore l’écart social, basé sur la tripartition qui apparaît alors archaïque. En effet, il y a deux ordres privilégiés qui ne paient pas ou peu d’impôt : les nobles qui sont les plus riches et qui paient le moins d’impôts et de taxes, et le clergé qui fait le don gratuit. Enfin le Tiers-Etat, composé des plus pauvres de la société, mais également de grands bourgeois proches de la noblesse, sont le plus touchés par les impôts et les taxes. Il s’agit donc d’une crise également sociale.

Enfin, face à ces inégalités la contestation grandit, et donc le 8 août 1788 la convocation des Etats-Généraux est annoncée pour le 1er mai 1789. C’est donc une grande nouvelle, car les Etats-Généraux n’avaient pas été réunis depuis plus d’un siècle et demi, depuis le début du règne de Louis XIII. Puis, en janvier 1789 l’abbé Sieyès publie une brochure intitulée Qu’est-ce que le Tiers-Etat ?, qui met à bas les différences sociales et définit une place au peuple. De janvier à mai 1789, c’est une période marquée par de nombreux troubles et révoltes à Paris et dans les provinces, alors qu’au même moment, de mars à mai ce sont les élections des Etats-Généraux. Le 5 mai 1789 c’est l’ouverture royale des Etats-Généraux tant attendus, qui tourne au fiasco puisque le 17 juin, les députés du Tiers-Etat se proclament l’Assemblée Nationale, suivi du serment du jeu de paume, qui aboutit le 9 juillet au transfert de l’Assemblée Nationale au titre d’Assemblée Nationale Constituante, c'est-à-dire sur une base constitutionnelle. C’est un tournant, marqué peu après par la prise de la Bastille, qui du reste est devenue un symbole de la Révolution française, qui se poursuit par la grande peur, qui aboutit dans la nuit du 4 août 1789 à l’abolition des privilèges et droits féodaux, c’est donc la fin de l’Ancien Régime et l’avènement de la monarchie constitutionnelle.

A cela, s’ajoute le 26 août l’adoption par l’assemblée de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Le 14 juillet 1790, on fête le 14 juillet, comme la fête des Fédérés à Paris. Malgré quelques troubles, et notamment la Constitution Civile du Clergé qui remet en cause la religion catholique, et veut se détacher de la papauté, ce n’est que le 20 juin 1791 que s’opère un tournant, avec la fuite du roi interrompue à Varennes, qui dès lors créée des scissions dans l’opinion, et aboutit à la fusillade au Champ de Mars à Paris le 17 juillet 1791 après que les citoyens aient réclamé la déchéance du roi. Pourtant cet épisode n’empêche pas la contestation contre la royauté, et le 10 août 1792 éclate une émeute des Sans-culottes qui envahit les Tuileries, emprisonne le roi et marque dès lors la fin de la monarchie. Le 21 septembre 1792, c’est alors l’avènement de la République, suivi en décembre par le procès du roi, aboutissant à l’exécution du roi le 21 janvier 1793. En février 1793, des révoltes en Vendée, et des émeutes à Paris, font que Danton en appel à la Terreur en mars, et demande l’instauration d’un Tribunal Révolutionnaire, qui est complété par les comités de surveillance révolutionnaire, et par la création du Comité de Salut Public. Tout ceci afin de contrer les périls intérieurs et extérieurs. Suivent, les journées parisiennes du 31 mai au 2 juin 1793, qui marquent par la chute du groupe politique de la Gironde, et le début de la dictature de salut public. Le 27 juillet 1793 Robespierre entre au Comité de salut public et dès lors marque son passage et l’histoire de la Révolution. Puis en octobre suivant la Terreur est mise à l’ordre du jour, marquant également la lutte des montagnards face à l’opposition radicale et modérée. Robespierre rend la chute de Danton effective le 5 avril 1794, mais marque également le début de sa propre chute… le 26 juillet 1794.

Robespierre est né à Arras le 6 mai 1958, et mort 28 juillet 1794, d’une famille de tradition roturière, devient un avocat très rapidement reconnu, puis députés du Tiers-Etat aux Etats-Généraux, où il se tourner vers le Club Breton qui devient le Club Jacobin. Danton, lui est né le 26 octobre 1759 à Arcis sur Aube, et mort le 5 avril 1794 à Paris, il est issu d’une famille plus aisée que Robespierre dont le père avait des fonctions de procureur et huissier royal. Il fréquente le même collège que Robespierre, et comme lui devient avocat. Il fréquente au début de la Révolution le club des Cordeliers, mais rapidement se tourner vers le jacobinisme. Ainsi de quelle manière ces deux hommes ont-ils fait la Révolution ? Qu’est ce qui les unit et qu’est-ce qui les désunit ?

  1. Deux hommes à la fois proches et opposés : de leurs origines sociales et à leurs débuts dans la révolutions.


Avant d’aller plus loin dans notre analyse, voici une présentation des deux personnages que nous allons traiter dans notre sujet. Pour l’ordre de présentation, Robespierre apparaît le premier car il est né avant Danton.


  1. Robespierre.


Son père est avocat à Arras, sa mère est fille d’un brasseur arrageois. Maximilien de Robespierre, n’est pas d’une famille noble, mais d’une tradition roturière. Robespierre naît le 6 mai 1758. Orphelin en 1777, il est recueilli ainsi que ses frères et sœurs, par son grand-père maternel et des tantes. Il se sent, dès lors une responsabilité familiale, se traduisant -selon ses proches-, par un gravité précoce et un goût pour la solitude. Il entre au collège d’Arras en 1765, où il se distingue rapidement par sa passion du travail. Ainsi en 1769, l’évêque d’Arras lui accorde une bourse afin de poursuivre ses études au collège Louis-le-Grand, avec autant de sérieux et de passion. Il ne se lie avec personne de son collège et fréquente les mêmes bancs que Camille Desmoulins et Fréron. C’est durant sa formation universitaire qu’il s’intéresse à l’histoire antique et à la philosophie de Rousseau notamment dont il ne se détournera pas. Son séjour au collège Louis-le-Grand l'avait ouvert à la philosophie des Lumières, détaché du catholicisme et engagé sur les traces de Rousseau avec une ferveur de disciple admiratif. Il est fort probable que Robespierre a rencontré Rousseau en 1778, peu avant la mort du philosophe.
En 1781, il achève ses études de droit, et reçoit de l’administration du collège 600 livres de gratification pour le féliciter de ses bonnes études, qu’il reverse comme bourse à son frère Augustin, afin qu’il puisse terminer sa formation universitaire à Paris. N’ayant aucune relation et aucun réseau à Paris, il retourne à Arras et devient avocat au Conseil provincial d’Artois le 8 novembre 1781, et plaide sa première cause en janvier suivant. Ses débuts sont encourageants, c’est ainsi qu’il est appelé le 9 mars 1782 à cumuler en plus de la fonction d’avocat, la fonction du juge de prévôté épiscopale d’Arras. Durant sept ans sa vie, il vit à l’abri du besoin. Il produit également de nombreux travaux littéraires qui lui permettent d’être élu membre de l’Académie d’Arras en novembre 1783, et répond de nombreux concours académiques (Metz en 1784, Amiens 1785) Il est enfin élu directeur le 4 février 1786.

Mais ce qui le fait connaître ce sont deux affaires :

  • l’affaire dite du « paratonnerre de Saint-Omer », qu’il remporte.

  • l’affaire Deteuf : c’est une affaire qui oppose l’abbaye des Bénédictins d’Anchin à Robespierre. En effet un des moines de l’abbaye, Dom Brogniart connu dans la région pour ses mœurs débauchées, accuse François Deteuf d’avoir commis un vol. Robespierre obtient d’abord l’annulation de l’accusation, et engage une procédure de dommages et intérêts contre l’abbaye tout entière coupable d’avoir sous son toit un moine débauché. Le grand prieur d’Anchin met fin à l’affaire par dédommagement.

Avec cette seconde affaire, Robespierre se fait connaître par la divulgation d’un mémoire, avant même le procès, qui fait non seulement appel à l’opinion publique, mais plus encore, réclame des lois et l’égalité devant la loi, tout en accusant le religieux de mœurs douteuses. Dès lors, l’ensemble de la profession judiciaire se méfie de lui, et ses idées commencent à inquiéter. Robespierre met beaucoup de cœur à défendre des clients les plus pauvres et les plus miséreux face à « l’oppresseur ». Ceci explique pourquoi en 1788 il défend le même nombre de cause qu’en 1782, alors que chez ses confrères les nombres ont doublés voire triplés. Par ailleurs, il est mis à l’index en 1788, par la commission de juristes qui étudiait des modifications à apporter à la Coutume général de la province. Ce qui explique pourquoi cette année là, il défend le même nombre de causes qu’en 1782, alors que chez ses confrères elles ont doublé voire triplé.
En juillet 1788, Robespierre s’exprime lorsque le Conseil d’Etat sollicite l’opinion de « tous les savants et personnes instruites » à donner leur avis sur la question des Etats-Généraux. Ainsi en août 1788 les Etats Généraux sont annoncés et appelés pour le 1er mai 1789. Le 23 mars 1789, Robespierre est parmi les douze représentants élus pour participer à l’assemblée général du Tiers de l’Artois. Il est alors chargé de rédiger les cahiers de doléances de la corporation des savetiers mineurs d’Arras, où il s’acquitte de cette tâche, en y insérant des idées contestatrices de procédés inhumains qui avilissent le peuple méprisé par les gouvernants, niant le bonheur social. Le 29 mars, lors de la réunion générale pour la rédaction d’un cahier commun de doléances, il provoque scandale sur scandale, notamment pour que ce soit les communes qui nomment leurs officiers municipaux afin de rendre droit au peuple opprimé. Cela apparaît en effet comme un scandale, puisque c’était du même coup accuser les représentants présents comme des oppresseurs du peuple. Il appelait également à l’indemnisation des artisans, qui perdent des journées de travail en participant aux travaux de l’assemblée. Quelques jours plus tard, l’assemblée souhaite adresser des remerciements aux nobles qui annonçaient la renonciation de privilèges, Robespierre exhorte alors le peuple de remercier du don qu’elle fait à ce dernier, de biens ou privilèges qui lui appartient justement. Robespierre indigne ses confrères, mais sa popularité s’accroît, puisqu’en effet les discours concret de Robespierre sont toujours à portée de main de l’auditeur, et sa position défensive pour le petit peuple l’explique également. Enfin, le 26 avril 1789, il est élu député du Tiers-Etat d’Artois aux Etat-Généraux.



  1. Danton.


Son père appartient à la magistrature d’Arcis sur Aube avec les fonctions de procureur et huissier royal, sa mère est fille d’un maître charpentier. Tout comme Robespierre, Danton n’est pas noble, mais il est issu d’une famille plus aisée. Georges Jacques Danton, naît le 26 octobre 1759 à Arcis sur Aube, et est le cinquième de sept enfants. Petit il se fait attaquer par un taureau, à deux reprises, qui lui déforme le visage à vie.

Ceci ne l’empêche pas de préférer vagabonder avec d’autres enfants désintéressés de l’école d’Arcis. En 1772, à 13 ans, Danton quitte l’école et la régence latine d’Arcis, et est admis au petit séminaire de Troyes. Après 1775 il intègre le collège des Oratoriens, une congrégation de réguliers qui s’était fait connaître par son fondateur, proche des Descartes, dont l’Eglise avait condamné ses idées discriminantes envers le trône et l’autel. De plus, l’ordre s’est également fait connaître par leur position jansénisme, qui a provoqué une sorte de fronde religieuse et politique durant ce XVIIIème siècle, constituant les origines religieuses de la Révolution française. Ainsi Danton était à l’école de la démocratie, comme le souligne H. Wendel dans son ouvrage Danton (WENDEL Hermann, Danton, Paris : Payot, 1978.). Par ailleurs Danton étudie chez les oratoriens de nombreuses matières : le latin, le grec, le français et l’histoire, pour les matières classiques ; mais également : les mathématiques, la physique expérimentale, la cosmographie, la mécanique et l’anatomie. Enfin, au terme de chaque année une pièce de théâtre était jouée, contribuant à la culture des élèves, mais également à l’art du langage. A l’école comme au collège, Danton ne manifeste pas de zèle particulier, mais préfère prendre part aux activités physiques tels que les concours de natation, pourtant interdits par le collège.
La préoccupation au sein de la famille, concerne alors son avenir. Son oncle présente son activité ecclésiale sous un beau jour, mais Danton refuse l’état ecclésiastique tout comme le commerce. Il se décide à se rendre à la capitale, et se tourne alors vers l’activité juridique. Il se rend chez un certain maître Vinot, procureur au parlement, où il se fait remarquer par son écriture. Mais Danton n’est pas venu pour être un simple copiste mais bien pour faire carrière. Il devient alors le plus jeune membre de la basoche, une corporation d’étudiants en droit qui a sa propre juridiction. Cette corporation étudiante était connue pour être indisciplinée et se faire entendre. A ce moment même il est également clerc du procureur

En 1784, Danton effectue un court séjour à la faculté de droit de Reims, reconnue pour sa facilité à délivrer des licences, et regagne Paris en tant qu’avocat stagiaire. Sa première affaire, est un succès, mais non retentissante et sans grande prétention d’un berger contre son seigneur, même si c’était une affaire en or pour tout avocat éclairé. Il recevait peu d’argent par manque d’affaire, et avait donc une vie de magistrat pauvre. Le manque d’affaires lui permet de continuer sa formation intellectuelle, et de disposer de temps pour lire et méditer les volumes de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, où il a probablement puisé des pensées frondeuses. Il fréquente au à cette époque, une taverne où il rencontre sa future femme Gabrielle Charpentier.
En 1787, la dot liée à son mariage avec la fille Charpentier, et les emprunts auprès de sa famille en Champagne, lui permettent d’acheter l’office d’avocat ès Conseils du roi, et transforme son nom en particule nobiliaire : d’Anton. Danton reçoit de plus en plus d’affaires, non pas en raison de sa particule, mais parce qu’avec le temps, il sait se montrer un avocat habile et prend de front les difficultés dans ses affaires. Par ailleurs, plus le nombre d’affaires s’accroît, plus Danton voit l’Etat et la société en profondeur. Enfin, s’il n’est pas présent à la veille de la réunion des Etats-Généraux, et son nom encore inconnu, c’est en raison du décès de son fils âgé d’un an, le 26 avril 1789. Danton attend, dès lors, son heure de gloire.



  1. Leurs rôles durant la fin de l’Ancien Régime.


Comme nous l’avons vu précédemment, Robespierre est donc aux avants postes durant les Etats-Généraux, grâce à son élection au poste députés du Tiers-Etat. Danton, lui, est en période de retraite familiale après la mort de son fils, mais reste attentif et attend patiemment son heure bien qu’il n’ait pu participer aux Etats généraux, au serment du jeu de paumes ou la dénomination du Tiers Etat en Assemblée Nationale
Son moment arrive le 12 juillet 1789, lorsque Paris apprend que le roi à relevé Necker -qui a convoqué les Etats-Généraux- de ses fonctions de ministre et renvoyé tous les libéraux qui l’entouraient. Il appelle alors des traditionalistes pour diriger le nouveau ministère… et donc permettre un retour à l’Ancien Régime. En effet, cette nouvelle créée une effervescence, et dès lors on craint des arrestations des meneurs du Tiers-Etat, la peur d’un complot général contre le petit peuple se répand également, et c’est aussi le moment de l’apogée du prix du pain. Tout le petit peuple décide alors de se réunir chez le Duc d’Orléans qui est un libéral, devenant dès lors un lieu politique et plus encore, le centre nerveux. Il suffit d’une étincelle pour amorcer un mouvement populaire. Celui-ci se déclenche lorsque le petit peuple transporte le buste de Necker au Louvre, et qui se retrouvent alors chargés par l’armée. Le mouvement s’amplifie, brûle les barrières de l’octroi les 12 et 13 juillet, ouvre les prisons, et se dote le 13 juillet d’une nouvelle municipalité, et créent une Commune. Cette Commune crée également une milice révolutionnaire qui prend le nom de Garde Nationale, composée de trente mille hommes, mais qui possède trop peu d’armes. Au même moment, le 13 juillet, Danton est aux Cordeliers juché sur une table, et appelle ses auditeurs à prendre les armes. En revanche le 14 juillet personne ne le voit lors de la prise de la Bastille. Il réapparaît les 15 et 16 juillet à la tête d’une milice bourgeoise se son district et marche vers la Bastille inoffensive depuis la veille, pour arrêter un gouverneur fayettiste, qu’ils relâchent rapidement. Danton se trouve alors une qualité qui aura son rôle pendant toute la Révolution : son talent oratoire. En effet le 13 juillet il fait partie de ces hommes qui ont soulevé le peuple, aboutissant à la prise de la Bastille. Cet évènement marque également un point notable dans les actions révolutionnaires de Danton : son absence lors des mouvements insurrectionnels, comme lors de la prise de la Bastille. Nous redévelopperons tout particulièrement ces absences, dans la seconde partie.
Pendant la période allant des Etats-Généraux, à la prise de la Bastille, Robespierre apprend son métier de parlementaire, où il n’intervient pas beaucoup et pas longtemps. Le 20 juin 1789 en sa qualité de député, il prête le serment du jeu de paume. Puis, le 9 juillet, il est choisi avec vingt-trois autres députés pour former la délégation chargée de demander au roi le retrait des troupes étrangères autour de Paris. Pendant la prise de la Bastille, il est absent des mouvements populaires, tout comme l’ensemble des députés qui étaient alors à Versailles, dans l’exercice de leurs fonctions. Le 17 juillet 1789, il est à nouveau choisi pour composer l’escorte du roi lors de sa visite à Paris. A cette époque là, Robespierre n’a pas encore de fermeté et d’assise politique, il n’est encore qu’un député comme les autres, ni plus ferme ni moins clairvoyant que les autres. Pari ailleurs, depuis son arrivée à ce jour, il s’est surtout attaché à nouer et renouer des liens ses relations, dont Necker ou Mirabeau, qu’il rejettera pourtant peu après. Robespierre rejette déjà avec mépris les personnes compromises ou défaites de moralité. En effet, il fait partie de ces hommes qui font de leur vie un exemple de vertu, avec respectabilité et l’absence de spontanéité, sans aucun désordre dans la tenue et les sentiments, et sans indécence et exhibition qu’il avait en horreur. (Pierre GUENIFFREY « Robespierre », in FURET François, OZOUF Mona, Dictionnaire critique de la Révolution française, Flammarion, 1992.) En revanche, parmi ses collègues avec qui il se sent le plus proche ce sont les députés du Tiers-Etat de Bretagne, qui regroupe le Club Breton, qui deviendra quelques mois plus tard le club des Jacobins. Dans son idée de faire des journalistes des personnes importantes dans les assemblées et dans l’opinion il renoue avec Camille Desmoulins, qui avait fréquenté les mêmes bancs d’école. Après le 14 juillet 1789, les évènements vont pousser Robespierre à changer d’attitude, et à devenir la « sentinelle du peuple », car il s’aperçoit du complot aristocratique qui n’a pas capitulé avec l’insurrection parisienne, qui pour saboter l’entreprise révolutionnaire en appelle à l’étranger. Enfin, avec la jacquerie parisienne fin juillet, il s’aperçoit que nombre de députés bourgeois du Tiers-Etat tentent d’étouffer toute possibilité d’un nouveau mouvement révolutionnaire, et cela même au prix d’une contre-révolution. Robespierre adopte alors une position toute particulière qu’il ne délaissera jamais : la légitimité de la nation fondée sur les insurrections du peuple, qui consiste à défendre le peuple face au despotisme et la tyrannie. En effet le 20 juillet, il répond à la motion permettant aux forces armées de faire la répression des mouvements populaires : « Qu’est-il donc arrivé de cette émeute de Paris ? La liberté publique, peu de sang répandu, quelques têtes abattues sans doute, mais des têtes coupables… Eh ! messieurs, c’est à cette émeute que la Nation doit sa liberté… Et qui nous dit qu’on ne ferait pas de nouvelles tentatives ? Cette motion capable d’éteindre jusqu’à l’amour de la liberté, tendrait à livrer la nation au despotisme. » (cité dans MASSIN Jean, Robespierre, Aix en Provence : Alinéa, 1988.)

Dès lors, chaque fois qu’un mouvement populaire est accusé de rébellion, il est sur la brèche, même si cela est sans succès, puisque ses interventions échouent souvent. Il se retrouve de plus en plus à part de ses collègues, mais sa popularité grandit dans l’opinion publique, grâce à ses discours et interventions, qui sont relayés et commentés avec faveur dans la presse révolutionnaire. Par ailleurs, ses collègues députés défavorables, ou plutôt effrayés par les mouvements populaires, ont été obligés de baisser leurs attaques dans la nuit du 4 août avec l’abolition des privilèges et des droits féodaux. Cela constitue une première victoire révolutionnaire, et un tournant dans l’histoire, en raison du passage de l’Ancien Régime vers la monarchie constitutionnelle.
De plus Robespierre commence à se faire connaître, et Danton à se découvrir des qualités d’orateur et de meneur. En revanche si les évènements sont identiques, les interprétations de chacun des deux hommes, et leurs pensées évoluent au fil du temps et de l’Histoire. C’est donc ce que nous allons aborder à présent, dans une seconde partie :

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