2è partie : L’invention de la citoyennete dans le monde antique (7h)





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Fiche leçon : classe de 2nde


2è partie : L’INVENTION DE LA CITOYENNETE DANS LE MONDE ANTIQUE (7h)

Il s’agit d’étudier l’invention du POLITIQUE : ce que les Grecs appelaient la polis et les latins la civitas, c’est une forme d’organisation politique des sociétés humaines. Cette forme d’organisation est apparue très tôt : dès le Vè siècle av. J-C., à Athènes, d’où l’intérêt du premier chapitre de cette partie. Or là où les contacts entre les Grecs et les Romains sont les plus anciens (exemple de la Gaule celtique), un processus de marche vers la cité a commencé à se mettre en route.
Une forme d’organisation POLITIQUE.

Etymologiquement, « politique » est formé sur polis, la cité. Mais la cité antique athénienne, c’est aussi une forme de gouvernement qui inclut l’élaboration commune des lois, la gestion des affaires communes, cela par la délibération et la prise décision collective. Une cité, c’est donc une communauté souveraine = indépendante de tout pouvoir qui serait extérieur à elle.
Des fonctions et des instances spécifiques.

La cité antique est une organisation politique qui a différentes fonctions :

-la justice

-l’armée pour la défense de la cité

-les impôts pour dégager les ressources nécessaires au fonctionnement de la cité

-le gouvernement et l’administration, le but étant de désigner les responsables décisionnels

-les délibérations : comment traiter, débattre et trancher les questions qui engagent la cité.

La cité antique a aussi différents organes :

-le peuple, la collectivité constituant la cité. D’ailleurs, le grec comme le latin ne disent pas « Athènes » ou « Rome » mais « la cité des Athéniens » ou « la Respublica du peuple romain ». Or un peuple est formé de CITOYENS. Attention, cela ne signifie pas qu’ils ont tous les mêmes droits et les mêmes devoirs, ni qu’ils peuvent tous réellement exercer un pouvoir. Mais il faut que l’on gouverne en leur nom et que tous obéissent aux mêmes lois ;

-les magistrats, chargés des fonctions administratives, militaires, financières ou judicaires, ces fonctions étant généralement limitées dans le temps ;

-une ou plusieurs assemblées, pour réunir une partie ou la totalité des citoyens (ça dépend des cas), pour prendre les décisions.
C’est sur Athènes et Rome que nous sommes le mieux renseignés, d’où le choix de ces deux thèmes. Rome et Athènes passent pour des « modèles » de la citoyenneté car toutes deux ont été des cités exceptionnelles, rien que par leurs dimensions : avec 100 000 habitants, Athènes est une cité géante à l’échelle des Grecs. C’est encore plus le cas pour Rome, qui atteint déjà un million d’habitants au Ier siècle av.J.-C.

Leurs institutions et leur histoire offrent des points de similitudes, mais aussi d’importantes différences, qui nous permettent d’étudier les problèmes de la citoyenneté antique. Certes la notion de citoyenneté est ancienne, mais elle est surtout différente selon les contextes.
-La cité athénienne est assez « fermée » par rapport à la citoyenneté : certes elle accepte des métèques (étrangers) mais elle ne cherche pas en faire des citoyens, ni les esclaves une fois affranchis.

Le cas de Rome est différent : c’est clairement par l’absorption et par l’intégration successive de peuples non romains que le territoire et la population civique de Rome ont fortement augmenté. Ce mouvement s’amplifie au cours des Ier et IIè siècles où de plus en plus de sujets des différentes provinces romaines reçoivent la citoyenneté romaine jusqu’à ce qu’en 212, un édit impérial l’accorde carrément à tous les habitants de l’immense empire.

Il y a donc un contraste frappant en termes d’intégration entre Rome et Athènes. Mais la citoyenneté romaine s’est retrouvée quasiment vidée de son contenu politique sous l’Empire lorsque furent abolies les assemblées du peuple, qui de toute façon n’étaient convocables qu’à Rome. La pax romana assurée par le régime impérial est censée compenser la perte du pouvoir des citoyens romains toujours plus nombreux.
-Ce sont deux empires, mais celui d’Athènes est beaucoup moins abouti que celui de Rome et la conquête fut bien moins importante, se limitant aux îles de la Mer Egée, alors que la conquête romaine est allée jusqu’en Europe du Nord et jusqu’aux déserts du Moyen-Orient et de l’Afrique.
-Aux Vè et IVè siècles av.J.-C., Athènes est clairement une démocratie : pour certaines questions, la totalité des citoyens, y compris les plus modestes et les plus pauvres, sont plus ou moins directement ou plus ou moins souvent impliqués. En effet, ils font tous partie de l’armée et associés aux décisions communes.

Rome n’a jamais été une démocratie : il y avait une organisation très hiérarchisée en classes et en ordres qui donnait une part prépondérante aux riches et aux nobles. Cependant dans certains cas et dans certaines instances, tous les citoyens romains étaient admis à voter, donc à imposer leur décision majoritaire.
Opposer de manière abrupte les régimes politiques d’Athènes et de Rome ne rend pas compte exactement des réalités.

Chapitre 1 : Citoyenneté et démocratie à Athènes (Vè-IVè siècle av.J.-C.)

PROGRAMME :
Il s’agit d’étudier la participation du citoyen aux institutions et à la vie de la cité car c’est le fondement de la démocratie athénienne.

Quelle est la démocratie vue et discutée par les Athéniens ?

« Cette question a été abordée en Sixième et plus largement l’étude de la citoyenneté et de la démocratie

a fait l’objet d’approches à la fois en histoire et en éducation civique, il est donc important de s’appuyer

sur les connaissances déjà acquises par les élèves. Il convient au lycée d’approfondir la réflexion sur

les notions inventées par ce régime politique qui se présente comme un modèle discuté, voire

contesté dans l’ensemble du monde grec.

L’étude portant sur les Ve et IVe siècles doit mettre en évidence l’évolution d’un système établi certes au

début du Ve siècle mais qui se cherche, qui n’est pas figé et qui suscite des débats permanents : entre

démocratie et oligarchie et à l’intérieur de la conception même de la démocratie : égalité ou mérite,

liberté ou discipline, participation de tous ou respect des compétences, élection ou tirage au sort. Dans

le cadre de cette démocratie directe, les débats souvent violents entre citoyens se déroulaient surtout à

l’Ecclésia conduisant au vote de décrets contradictoires, d’où une réelle menace de paralysie du

système.

Le mot démocratie n’a pas dans l’Antiquité le sens qu’il a de nos jours ; « la démocratie grecque

était le pouvoir pour chacun des citoyens de débattre, de décider, de juger. C’était une liberté politique,

une liberté d’intervenir au niveau de la cité. Mais aucun État ancien n’a eu l’idée que les individus

eussent des droits » (Paul Veyne). » Eduscol.

MISE AU POINT SCIENTIFIQUE SUR LA DEMOCRATIE ATHENIENNE AUX Vè ET IVè siècles av.J.-C. :
-Le terme politeia, sans être exactement synonyme, recouvre, comme le mot français, les notions de conscience civique et de droits et devoirs du citoyen. La citoyenneté comme la politeia supposent donc l'existence d'une "constitution". Même si celle-ci n'est pas toujours formellement rédigée, elle est caractérisée, dans les États de droit, par un ensemble d'institutions régies par des lois, délimite l'organisation administrative et territoriale, définit le corps civique et répartit les pouvoirs.
-C’est dans le monde égéen que la CITE découvrit la forme particulière qui lui permit de perdurer tout au long de l’Antiquité. Son existence dans la plus grande partie de la Grèce et des îles égéennes est évidente à partir du Xè siècle av.J.-C. Le grand mouvement d’expansion coloniale que connut le monde hellénique à l’époque archaïque étendit l’aire de diffusion de ce système à l’ensemble du monde méditerranéen. Alexandre le Grand et les rois hellénistiques ses successeurs fondèrent des dizaines de cités en Syrie, en Egypte, en Perse et jusque sur les frontières de l’Inde. Dans l’empire romain d’Orient, elles vécurent selon les principes qui les avaient fait naître.
-Une cité était une communauté d’hommes. Les femmes semblaient n’être que des instruments servant à la survie biologique du groupe. Les participants à cette vie commune étaient installés dans un territoire soigneusement délimité, constitué d’une ville souvent close de remparts et d’un terroir agricole. Le sol était partagé entre les citoyens qui seuls pouvaient être propriétaires.

-A Athènes, du début du V° jusqu'au dernier tiers du IV° siècle, la politeia s'appela pour la première fois démocratie parce qu'elle donnait tout le pouvoir au demos, la communauté des citoyens. Avec quelques ajustements et au prix de plusieurs crises graves, ce régime politique a réglé la vie de la cité pendant près de deux siècles. Les bouleversements intérieurs et extérieurs ont influé sur ce que nous appellerions aujourd'hui le "comportement citoyen" mais pendant tout ce temps, avec des hauts et des bas, les Athéniens ont partagé des valeurs et les principes qui les ont guidés gardent pour nous un caractère fondateur.

-Dans l'Antiquité, cette « vie de la polis » s'étendait toutefois bien au-delà du domaine dans lequel les définitions modernes la cantonnent. Par "démocratie", il fallait entendre non pas un système représentatif basé sur des élections, mais une gestion directe des affaires publiques par la communauté civique. Dès lors, la vie quotidienne d'un citoyen ordinaire était rythmée tout autant par les devoirs qu'il avait envers sa cité que par ses obligations privées. Les fêtes religieuses, le culte des morts, les représentations théâtrales elles-mêmes en faisaient partie. Les magistrats n'avaient pas seulement en charge l'application des lois et des décisions de l'Assemblée mais exerçaient également des fonctions à caractère religieux, militaire ou judiciaire. Les citoyens étaient amenés aussi bien à voter des décrets qu'à officier lors d'un culte à caractère familial ou civique, à siéger dans un tribunal ou à porter les armes.

-La cité pouvait tout demander à ses membres, y compris de mourir pour elle. Chaque cité s’affirme par la guerre aves ses voisins les plus proches. La pratique guerrière témoignait de l’état du politique : à Athènes, même les plus pauvres des citoyens pouvaient, en principe, accéder à toutes les charges, car ils avaient combattu sur les flottes de guerre comme rameurs et avaient contribué à des victoires.

-La DEMOCRATIE d’Athènes était soucieuse de l’implication de tous dans la prise de décision collective. Des procédures régissant le droit à la parole étaient faites pour permettre l’expression d’opinions différentes et imposer le dialogue entre les citoyens réunis.

PROBLEMATIQUE :
Etre citoyen à Athènes nécessite d’abord de situer le monde grec. Mais surtout, il s’agit de partir du citoyen et du système politique qui régit la ville au Vè siècle av. J.-C., à savoir la démocratie.

Quelle définition donner du citoyen ?

Quel est le lien entre la CITOYENNETE et la DEMOCRATIE ?

Quel est le fonctionnement de la démocratie et au-delà quelles sont ses limites ?

Quelles sont les formes de citoyenneté et de démocratie qui ont pu inspirer le fonctionnement politique de l'Europe ?

ORGANISATION DES LECONS :
Introduction: situer le sujet dans le temps et dans l’espace.
I/ Etre citoyen à Athènes

A/ Des droits et des devoirs

B/ Le fonctionnement de la démocratie athénienne

1/ Exemple d’un stratège symbole de la puissance d’Athènes au Vème siècle : Périclès

2/ La stabilisation de la démocratie au IVè siècle
II/ Une citoyenneté accessible à un petit nombre, mais une démocratie en débat 

A/ Des citoyens peu nombreux et privilégiés

B/ Une démocratie de plus en plus critiquée : exemple du théâtre (histoire des arts)

NOTIONS :
Cité, démocratie, citoyen, métèque, stratège, boulè, ecclésia, héliée, liturgie, religion civique, polythéiste, ostracisme.

CONNAISSANCES :
Les droits et les devoirs du citoyen.

Le fonctionnement de la démocratie à Athènes.

Les limites de cette démocratie.

Des cultes civiques et des divertissements civiques.

CAPACITES ET METHODES :
Se repérer dans l’espace : carte du monde méditerranéen.

Se repérer dans le temps : frise.

Compléter un organigramme sur le fonctionnement de la démocratie athénienne.

Savoir présenter des documents, y rechercher des informations et les hiérarchiser.

Croiser et interpréter des documents.


BIBLIOGRAPHIE :
Cette approche légèrement renouvelée, qui choisit d’évacuer l’impérialisme athénien comme fondement de la puissance d’Athènes, pour se recentrer sur le civique et le politique, correspond-elle à un renouvellement récent de l’historiographie sur la cité des Athéniens ? Pas vraiment. Il s’agit d’un choix de formation historique civique, et non pas d’une mise à jour historienne.

En effet, les dernières grandes synthèses universitaires sur ce thème ont presque quinze ans (voir la bibliographie : ex : P. Briant, P. Lévê­que, Le monde grec aux temps classiques, t. 1 et 2, PUF, 1995). Elles s’appuyaient sur les travaux issus à la fois de l’« école de Paris », celle de Jean-Pierre Vernant, Pierre Vidal-Na­quet, sensible aux représentations de la société grecque à travers l’étude des mythes et sur les apports d’une forte histoire économique et sociale, celle de Pierre Lévêque par exemple. Dans les deux cas, il s’agissait de mieux comprendre la « civilisation grecque » invoquée par notre programme, dans toutes ses composantes, de la plus matérielle, grâce à l’archéologie, à la plus mentale, grâce à l’interprétation iconologique des vases par exemple.

Pour ce qui est des essais historiques, le cadrage actuel doit incontestablement beaucoup aux apports d’ouvrages tels que ceux de Nicole Loraux sur L’invention d’Athènes (Payot) ou Les enfants d’Athéna (Seuil). Comprendre comment les Athéniens considèrent leur démocratie comme « autochtone » est en effet fondamental pour saisir la cause des différents statuts et – surtout – la difficulté à devenir citoyen athénien si on n’est pas issu de père et de mère athéniens, c’est-à-dire eux-mêmes nés de citoyens athéniens. Grâce à ces essais, on avait mieux pris la mesure de la part restrictive de la citoyenneté athénienne, celle de sa nouveauté aussi.

Quant aux essais historiques les plus récents sur la démocratie, ils discutent une caractéristique que Thucydide ou Aristote soulignait déjà à propos de Périclès, mais qui n’est pas si évidente à faire travailler par des élèves. Elle n’apparaît d’ailleurs pas explicitement dans les attentes du programme. Il s’agit de la contradiction apparente entre l’exigence de démocratie qu’exprime sans relâche le démos des Athéniens et le respect de ce même démos pour la hiérarchie sociale héritée des temps où l’aristocratie dominait : la citoyenneté des Athéniens est à la fois exigence d’égalité politique et reconnaissance collective de la domination sociale des notables, des puissants. Comme l’écrit Paul Veyne : « Il y a eu, à Athènes, un curieux clivage entre l’arène politique et les puissances sociales ; le peuple exigeait la démocratie, était fier de l’avoir et de pouvoir «dire son mot» sur les affaires publiques et internationales, sinon sur ses intérêts économiques. Mais son respect pour la supériorité sociale des notables et la valorisation de leur loisir demeurait intact » (Paul Veyne, L’Empire gréco-romain, Seuil, 2005, cité dans « Le siècle de Périclès », Le Nouvel Observateur, hors-série, juillet-août 2008, p. 11).
-Université d’Oxford, Dictionnaire de l’Antiquité, Laffont, « Bouquins », 1993 (couvre aussi Rome).

-Pierre Cabanes, Petit atlas historique de l’Antiquité grecque, Colin, « U », 1997.

-Pierre Briant, Pierre Lévêque (dir.), Le monde grec aux temps classiques, t. 1 et 2, PUF, « Nouvelle Clio », 1995.

-Michel Kaplan (dir.), Le monde grec, Bréal, 1995.

-Claude Orrieux, Pauline Schmitt Pantel, Histoire grecque, PUF, 1995.

-Pierre Brule, La cité grecque à l’époque classique, PUR, 1997 (sur la population civique athénienne ou les hoplites).

-M. H. Hansen, La démocratie athénienne à l’époque de Démosthène, Les Belles Lettres, « Histoire », 2003.

-N. Loraux, L’invention d’Athènes, Payot, 1993.

-Jacqueline de Romilly, L’élan démocratique dans l’Athènes ancienne, Éditions de Fallois, 2005.

-Paul Veyne, L’Empire gréco-romain, Seuil, 2005.

-Nicolet C., J-M Bertrand, Citoyens dans l’Antiquité, Documentation photographique, 1998.

-Badel C., Lire l’Antiquité, Méditerranée, Chine, Inde, Documentation photographique,

septembre-octobre 2009.

-Loraux N., L'invention d'Athènes, Paris, Payot, 1993.

- « Le siècle de Périclès », Le Nouvel Observateur, hors-série, juillet-août 2008.

SITOGRAPHIE :
http://www.musagora.education.fr (un dossier « Citoyenneté à Athènes »)

– http://odysseus.culture.gr

http://www.louvre.edu (nombreuses reproductions des collections du musée du Louvre).

http://www.ac-poitiers.fr/hist_geo/ressources/panathe/ (dossiers pédagogiques sur l’Acropole, la frise du Parthénon et les Panathénées)


MISE EN ŒUVRE

Une proposition documentaire est faite en annexes, mais il y a probablement un choix à faire pour pouvoir faire le chapitre en

3 heures
En introduction, présenter le monde grec pour localiser : CARTE « La démocratie athénienne et le monde grec » (doc 1 en annexes)


  • Mer Egée = centre du monde grec au Vè siècle, avec des Grecs à la fois sur la côte Est et Ouest.

  • Divis° politique : monde découpé en cités.


Puis changement d’échelle : carte de l’empire et de la cité d’Athènes (doc 2 en annexes)


  • La Grèce se situe dans la partie orientale du Bassin Méditerranéen. Elle organisée en CITES depuis le VIIIè siècle av. J.-C.

Définition d’une CITE = c’est 1 Etat formé par le regroupement de villages qui se dotent d’institutions pour se gouverner.

La cité d’Athènes a été formée au VIIIè siècle av. J.-C. par le regroupement des villages de l’Attique.


  • Aux Vè et IVè siècles av.J.-C., Athènes expérimente un nouveau système politique : la démocratie.

Définition de la DEMOCRATIE = régime politique dans lequel le peuple (dèmos) exerce sa souveraineté (kratos). Or pour pouvoir exercer ce pouvoir à Athènes, il faut être un citoyen.


Problématique :

Quel est le lien entre la CITOYENNETE et la DEMOCRATIE ?

Quel est le fonctionnement de la démocratie athénienne et en quoi a-t-elle inspiré le fonctionnement politique de l'Europe ?

I/ Etre citoyen à Athènes



  • La citoyenneté athénienne repose sur les mêmes éléments que la nôtre : des conditions d'accès, l'attribution de droits, le respect de certains devoirs.


Texte d’Aristote sur qui est citoyen athénien (doc 3 en annexes).

  • Faire le point sur les conditions d’accès à la citoyenneté.


Pour être citoyen athénien, il faut être un homme libre, né d’un père citoyen et d’une mère fille de citoyen, et habiter la cité d’Athènes.

A/ Des droits et des devoirs
Croiser les documents « Le serment des éphèbes » et un texte de Xénophon sur les liturgies (doc 4 & 5 en annexes).

  • Faire le point sur les devoirs du citoyen : défendre la cité athénienne, accomplir des liturgies…



  • Les citoyens ont aussi des droits, notamment le droit de diriger : comment les citoyens dirigent-ils la cité ?

Une reconstitution de l’Ecclesia, des extraits de débats (doc 6, 7 en annexes)

On centre l’attention sur l’ecclésia, assemblée des citoyens qui se réunit sur la Pnyx qu’on localise sur le plan d’Athènes (éventuellement). Les citoyens y exercent leurs droits d’une façon directe en se réunissant en assemblée pour discuter et voter (à main levée ou avec des ostraca (jetons) pour les procès) eux-mêmes des lois appliquées à l’ensemble de la population de la cité. Ils désignent et contrôlent aussi des représentants : les magistrats, qui font appliquer la loi votée, les juges qui la font respecter ainsi que des stratèges.

Synthèse : Un débat à l’Ecclésia : pendant la guerre entre Athènes et Sparte, les citoyens doivent prendre une décision à l’Ecclésia: faut-il aller se battre en Sicile ?


B/ Le fonctionnement de la démocratie athénienne aux Vè et IVè siècles av. J.-C.
1/ Exemple d’un stratège symbole de la puissance d’Athènes au Vème siècle av. J.-C. : Périclès
Buste de Périclès (doc 10 en annexes)


  • Périclès offre l’occasion de prendre la mesure de l’apogée, de la grandeur d’Athènes au Ve siècle, et aussi de définir la démocratie jusque dans ses ambiguïtés.

  • Périclès a été élu stratège quinze fois au moment de la plus grande puissance militaire d’Athènes. Son action a renforcé la démocratie, ainsi il a créé le salaire des citoyens pour leur permettre de consacrer du temps à la vie politique (misthos). Il est aussi le bâtisseur du Parthénon sur l’Acropole, ce qui a, jusqu’à nos jours, accru la renommée d’Athènes.

  • Au Vème siècle av. J.-C., « Athènes est l’école de la Grèce ». Le rôle de Périclès paraît si important que l’on qualifie encore le Vème siècle comme le « siècle de Périclès ». Son action et celle d’Aspasie, sa compagne ont contribué à attirer, à Athènes et dans leur maison, les personnalités les plus remarquables dans les domaines les plus différents telles que : Sophocle, Hérodote, Phidias, Hippodamos de Milet…


2/ La stabilisation de la démocratie au IVè siècle av. J.-C.
Organigramme pour étudier les institutions (doc 9 en annexes)

  • Séparation des pouvoirs + contrôle étroit entre chacune des institutions.

  • Collégialité (=pouvoir exercé par 1 groupe) et annualité des charges = démocratie.

  • L'Ostracisme = vote de l'assemblée du peuple qui permet d'exiler toute personne qui, par l'influence qu'elle exerce dans la cité, pourrait y instaurer 1 régime personnel. Des limites : ça peut devenir l'expression de la jalousie du peuple envers 1 personne de talent.

  • Les institutions permettent au citoyen de participer à la vie politique, avec 1 véritable égalité politique grâce au tirage au sort et à la rotation des charges publiques par exemple.

  • Insister sur le fait que chaque citoyen peut être tour à tour gouvernant et gouverné.

  • Pour encourager la participation à la vie politique, une indemnité est versée aux citoyens les + pauvres venant passer leur journée à l’Ecclesia : le misthos.

  • En outre, le régime démocratique à Athènes correspond à l'apogée de l'influence de la cité en Grèce : domination sur la Mer Egée par la ligue de Délos, par son rayonnement culturel sur tout le monde grec symbolisé par l'Acropole.


La notion de citoyenneté à Athènes est différente de celle que nous avons aujourd’hui. Néanmoins, le fonctionnement de la démocratie athénienne aux Vè-IVè siècles a inspiré le fonctionnement politique de l’Europe.


II/ Une citoyenneté accessible à un petit nombre, mais une démocratie en débat 
A/ Des citoyens peu nombreux et privilégiés
Diagramme sur la composition des habitants de la cité (doc 8 en annexes).

  • La démocratie athénienne est loin d'être 1 régime politique parfait : exclusion de la majorité de la population. Cette démocratie est en fait réservée à 1 élite.

  • D’autant + que les paysans participent peu à la vie politique : ils sont absorbés par leurs occupations quotidiennes : vente de leurs produits sur le marché. De +, ils habitent souvent à plusieurs km d'Athènes : ils n'ont donc pas le temps de se rendre aux séances de l'Ecclésia, et pèsent assez peu sur les décisions.


B/ Une démocratie de + en + critiquée : exemple du théâtre à Athènes (histoire des arts)
La citoyenneté athénienne repose sur des pratiques culturelles qui visent à imposer les valeurs démocratiques et à renforcer l'union de la population = religion, art, théâtre. Leur étude permet d'évoquer le prestige de la culture athénienne à travers de grandes réalisations.

Mais la démocratie athénienne permettant la liberté d’expression, des pièces de théâtre remettant en cause ce système politique voient le jour dès la fin du Vè siècle av.J.-C. : extrait de Lysistrata d’Aristophane (doc 11 en annexes).

Dans Lysistrata, Aristophane a imaginé pour les femmes un mot d’ordre efficace : « Pour arrêter la guerre, refusez-vous à vos maris ».

Alors qu’Athènes et Sparte sont en guerre, Lysistrata, belle Athénienne, aussi rusée qu'audacieuse, convainc les femmes de toutes les cités grecques de déclencher et de poursuivre une grève totale du sexe, jusqu'à ce que les hommes reviennent à la raison et cessent le combat.

Dans Lysistrata, Aristophane se plaît à mêler les conflits de l’État aux détails les plus intimes de la vie quotidienne, résolvant une crise politique des plus graves par la comédie la plus licencieuse, et usant avec bonheur de tous les clichés de la guerre des sexes.

La pièce a été créée lors des Dionysies ou un autre festival moins important consacré à Dionysos, les Lénéennes. Une autre comédie d’Aristophane, les Thesmophories, est créée la même année, et il est difficile de savoir laquelle a été jouée dans quel festival.

La pièce montre le rôle que les femmes peuvent avoir dans la société et la façon de faire de la politique, mais rôle qu’elles ne jouent pas car leurs avis sont ignorés. Toutes les questions politiques sont considérées uniquement du point de vue des hommes. Voir notamment les dialogues entre Lysistrata et le Magistrat qui vient tenter d’intimider les femmes et les empêcher de réaliser leurs plans.

L’émotion est principalement provoquée par les poignantes jeunes filles qui ne peuvent trouver de mari, à cause du grand nombre de jeunes hommes morts dans les combats.

Un des aspects humoristiques de la pièce repose sur le fait que les principaux personnages masculins portent tous un phallus.


CONCLUSION :


  • Le fonctionnement du système démocratique athénien : une grande avancée, mais tous les citoyens n’ont pas le même poids dans la vie politique et beaucoup sont exclus de la citoyenneté.

Peu à peu, la politique devient une affaire de professionnels : des hommes issus de familles riches qui maîtrisent l’art de la parole afin de séduire le corps électoral, utilisant pour cela la démagogie (=flatter les masses pour remporter leur adhésion).


  • A partir de la fin du Vè siècle, les pièces de théâtre sont de + en + critiques envers la démocratie d’Athènes, notamment avec Aristophane (exemple de Lysistrata). Des philosophes évoquent également les dysfonctionnements de la démocratie athénienne : exemple de Platon.




  • Mais la critique devient de + en + risquée au IVè siècle [exemple de Socrate qui est condamné à mort, accusé d’avoir détourné la jeunesse des valeurs civiques de la démocratie.] Et face à l’ambition expansionniste du roi voisin Philippe de Macédoine, la démocratie athénienne résiste mais en 322 av.J.-C., elle est abolie.




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