Notes de cours a diffuser





télécharger 222.4 Kb.
titreNotes de cours a diffuser
page6/8
date de publication11.10.2017
taille222.4 Kb.
typeNote
e.20-bal.com > loi > Note
1   2   3   4   5   6   7   8

V Introduction à l’étude de l’Analytique transcendantale.



Il avait été précisé que la connaissance vient de deux sources fondamentales : la réceptivité des impressions sensibles et la spontanéité des concepts purs de l’Entendement. L’Esthétique transcendantale s’est occupée de l’étude de notre réceptivité a priori ; en revanche, l’Analytique transcendantale aura pour finalité de se livrer à une anatomie et à une physiologie de notre Entendement, c’est-à-dire à une étude analytique de notre spontanéité et de son rapport avec notre réceptivité dans la connaissance, car :

« Sans la sensibilité nul objet ne nous serait donné, et sans l’entendement, aucun ne serait pensé. Des pensées sans contenu sont vides, des intuitions sans concepts sont aveugles. Par conséquent, il est tout aussi nécessaire de rendre sensibles ses concepts (c’est-à-dire de leur adjoindre l’objet dans l’intuition) que de se rendre intelligibles ses intuitions (c’est-à-dire de les subsumer sous des concepts). [...] L’entendement ne peut rien intuitionner et les sens ne peuvent rien penser. C’est seulement dans la mesure où ils se combinent que peut se produire de la connaissance »40.

La Logique transcendantale se divise en Analytique et en Dialectique. L’Analytique transcendantale détermine et établit le fondement de la connaissance (tant scientifique que perceptive) en garantissant ainsi les prétentions légitimes de la Raison (prise au sens large) dans son usage immanent (c’est-à-dire dans le champ de l’expérience possible). L’Analytique transcendantale constitue donc le fondement de la connaissance objective ou de l’objectivité. En revanche, la Dialectique transcendantale est une présentation des illusions de la métaphysique (au sens dogmatique du terme) et une condamnation des usurpations illégitimes de la Raison (au sens étroit opposé à l’Entendement) dans son usage transcendant (c’est-à-dire quand elle outrepasse le champ de l’expérience possible).
A) Brèves remarques sur la structure de toute la Logique transcendantale :
a) L’ordre d’exposition de l’Analytique de la raison pure :

On sait que Kant, dans l’économie de la Critique, part de l’antériorité du jugement par rapport au concept pour établir sa table des catégories à partir de la table aristotélicienne des jugements. On a l’ordre suivant : 1°) le fil conducteur < Leitfaden > 2°) la table logique des jugements 3°) la table des catégories. Si, dans l’ordre d’exposition suivi dans la Critique de la raison pure, Kant part du problème des jugements synthétiques a priori (cf. l’Introduction de la Critique) pour analyser ensuite les formes pures de la sensibilité (espace, temps) dans l’Esthétique transcendantale, puis les concepts purs de l’entendement (catégories) dans l’Analytique des concepts, puis les schèmes transcendantaux de l’imagination, puis les principes < Grunsätze > de l’entendement pur dans l’Analytique des principes, puis les Idées transcendantales et les raisonnements dialectiques de la raison pure dans la Dialectique transcendantale, cela ne veut pas dire que c’est l’ordre qu’il a effectivement suivi dans l’élaboration de ses recherches.

B) Les concepts purs de l’entendement ou catégories :
Bien que ressemblant d’assez près à celles d’Aristote, les catégories kantiennes n’ont pas du tout le même statut. En outre, si Kant s’est « inspiré » de la table des catégories que nous a léguée Aristote (puisqu’il reconnaît expressément que celle-ci lui a servi de « fil conducteur < Leitfaden > permettant de découvrir tous les concepts purs de l’entendement »41), cela ne signifie nullement qu’il n’ait eu qu’à la transcrire comme telle ni à la modifier légèrement en peu de temps pour établir sa propre table des catégories. C’est d’ailleurs ce que montre manifestement le Manuscrit de Duisbourg qui présente quelques unes des esquisses ou des tentatives effectuées par Kant entre 1774 et 1775 et même entre 1772 et 1777, car ses moutures successives s’étalent sur près de dix années42.
• Pour Aristote, les catégories ou prédicaments (comme disaient les péripatéticiens médiévaux) sont les « genres de l’être ». En effet, ce qu’on peut appeler le « réalisme » aristotélicien vient subordonner la pensée à l’être, et la vérité à la réalité. L’énumération des 10 catégories d’Aristote figure dans l’Organon, notamment dans le traité intitulé Les catégories :

« Les expressions sans aucune liaison signifient la substance (), la quantité (), la qualité (), la relation (), le lieu (), le temps ( la position (), la possession (), l’action (), la passion () »43.

Cette liste était la suivante :

1- La substance (),

2- la quantité (),

3- la qualité (), mais elle est de 4 sortes :

  • la manière d’être ()

  • les qualités physiques ou capacités/ incapacités ()

  • les qualités affectives ()

  • la figure )

4- la relation (),

5- le lieu (),

6- le temps (),

7- la position (),

8- la possession (),

9- l’action (),

10- la passion ().
Ajoutons à cela que Aristote n’ignorait pas la notion de modalité, car il distinguait l’assertorique (), l’apodictique (), et le problématique (). Ce sont, pour Aristote, les cadres les plus généraux à l’intérieur desquels se situent les différents types d’attributs.
• Chez Kant, la logique (formelle ou transcendantale) n’est pas science de l’être. Or, ce que l’on prenait pour des « genres de l’être <  > » dans l’aristotélisme, ce ne sont plus que « des genres de la pensée » que le jugement renferme, c’est-à-dire des fonctions liantes de la pensée dans l’acte de juger. Il apparaît ici clairement que chez Kant, les concepts-souches de l’entendement ne sont pas à confondre avec des genres de l’être, autrement dit : la pensée est, sinon coupée de l’être, du moins distincte de lui.

Dans la Critique, la démarche de Kant consiste à partir de l’analyse du jugement, car il définit l’entendement comme un pouvoir de juger :

« Nous pouvons ramener toutes les actions de l’entendement à des jugements, tant et si bien que l’entendement en général peut être représenté comme un pouvoir de jugerVermögen zu urteilen > »44.

Or, la théorie du jugement avait été déjà été établie par Aristote dans sa logique formelle. C’est pour cette raison que Kant peut considérer la théorie du jugement comme « fil conducteur » permettant de découvrir les catégories. Mais attention à ne pas confondre la table des jugements (qui ne concerne que la logique formelle, c’est-à-dire les jugements analytiques a priori où le prédicat est contenu dans le sujet), avec la table des catégories (qui concerne la logique transcendantale, c’est-à-dire les jugements synthétiques a priori) qui portent sur tous les objets de l’expérience possible et même sur tous les objets de pensée en général. Pour Kant, il doit y avoir autant de catégories qu’il y a de jugements.
1°/ Table des jugements :


1

Quantité des jugements

Universels < Allgemeine >

Particuliers < Besondere >

Singuliers < Einzelne >

2

Qualité

3

Relation

Affirmatifs < Bejahende >

Catégoriques < Kategorische >

Négatifs < Verneinende >

Hypothétiques < Hypothetische >

Infinis < Unendliche >

Disjonctifs < Disjunktive >

4

Modalité


Problématiques < Problematische >

Assertoriques <Assertorische>

Apodictiques <Apodiktische>
1   2   3   4   5   6   7   8

similaire:

Notes de cours a diffuser iconNotes de cours

Notes de cours a diffuser iconNotes de cours et recherches, d’après le cours de Mr. Michel Misson
«forme» d’un symbole soit assez différente que la forme d’un autre symbole (reconnaissance de forme à la réception)

Notes de cours a diffuser iconNotes de cours d'Alexis Direr Page 138 dernière mise à jour mars 2004

Notes de cours a diffuser iconNotes et les abréviations I. Pourquoi apprendre à prendre des notes

Notes de cours a diffuser iconChapitre II les entreprises publiques (attention le cours n’est pas...

Notes de cours a diffuser iconNotes de cours
«effet multiplicateur» (1/[1-a] dans le modèle keynésien de base) était plus fort en valeur absolue que celui de la fiscalité (-a/[1-a]...

Notes de cours a diffuser iconLe calendrier du projet 28
«Vulgariser la science, diffuser les concepts scientifiques au plus grand nombre, c’est faire progresser la société»

Notes de cours a diffuser iconLa puissance publique promoteur de nouveaux critères de décision de financement des entreprises
«coup de pouce» à la création doivent diffuser au sein de l’ensemble de la structure productive3

Notes de cours a diffuser iconVersion provisoire : ne pas diffuser, ne pas citer
«anti-mondialisation» mal comprise, pourrait donner prise à de telles proximités

Notes de cours a diffuser iconNotes de cours
«justice sociale», de politique macro-économique contracyclique. L'objectif était soit de contrôler, soit de remplacer "scientifiquement"...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
e.20-bal.com