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III La structure et le dessein de la philosophie théorique.



La philosophie théorique, que développe la Critique de la raison pure, se propose de faire l’inventaire des éléments qui interviennent dans toute connaissance d’objet, d’en analyser le fonctionnement, d’en justifier les principes a priori, mais d’en limiter l’emploi légitime au champ de l’expérience possible. Il nous faut d’abord examiner les temps forts de la philosophie théorique de Kant. Pour y parvenir, revenons sur la structure même et sur le plan de la première Critique.
La Préface à la seconde édition de la première Critique annonce13 la nécessité de recourir à une analyse réflexive passant au crible de la critique les différentes connaissances relevant de la raison afin d’en dégager les méthodes, les démarches et d’en apprécier la valeur, c’est-à-dire la légitimité et la fécondité. Le ton est proprement méthodologique ici : ce ne sont pas les vérités qui comptent, mais le chemin qui y conduit. Kant procède donc à une sorte de bilan à la fois historique et systématique en passant en revue les différentes formes de connaissance où la raison a proprement un rôle prépondérant : la logique, les mathématiques, la physique et la métaphysique. On est frappé par le contraste énorme qui caractérise la voie sûre des sciences et l’échec de la métaphysique (jusqu’à présent) pour se constituer comme science. Certes, la logique n’est pas une science, mais le « vestibule des sciences » : « elle expose les règles formelles de toute pensée [...] soit a priori soit empirique » ; son caractère formel consiste à « faire abstraction de tous les objets de la connaissance », ainsi elle ne peut à elle seule nous pourvoir d’aucune vérité objective. Cela ne veut pas dire que Kant veut faire un simple bilan sur les acquisitions des sciences. Il veut dégager, avant tout, ce que la raison met d’elle-même dans la connaissance scientifique lorsqu’elle « détermine un objet et son concept qui doit être donné ». C’est donc essentiellement sur la mathématique et sur la physique que doit porter toute l’analyse. Ce qui les distingue, c’est que, bien qu’elles portent toutes deux sur des objets (idéalités/phénomènes), la mathématique est entièrement pure (sans datum empirique), alors que la physique comporte une partie pure (théories, lois, concepts) et une partie empirique (faits, observations, mesures, expérimentation).
-L’exemple des Mathématiques :

C’est une science très ancienne, mais qui, pourtant, est encore inachevée (contrairement à la logique aristotélicienne). Ce qui compte, c’est qu’elle n’est devenue science que par une « révolution dans la méthodeRevolution der Denkart > ». Cette révolution consista à répudier le recours à l’intuition sensible (méthode empirique), à laisser de côté les simples secours de la logique formelle (contrairement à la méthode leibnizo-wolffienne) qui se contente du seul principe d’identité et des seuls jugements analytiques. De façon positive, elle consista à « construire a priori par concepts la figure ». La raison n’est donc plus passive (contrairement à la conception empiriste ou même à l’intuitionnisme cartésien), ni à la merci du hasard (elle ne "tâtonne" pas) : elle construit elle-même son objet et ses démonstrations conformément à ses exigences naturelles.
-L’exemple de la Physique :

C’est le plus récent pour Kant, car il n’a vraiment commencé à se constituer que depuis un siècle et demi environ. Or, pour la physique comme pour les mathématiques, son succès est dû à une « révolution subite dans la manière de penser ». Les exemples de Galilée et de Torricelli rendent manifeste que l’expérimentation ne fait que tester et préciser la valeur d’un schéma intellectuel préalable qui, seul, ne suffit pas, tout comme la simple manipulation empirique n’apprend rien. Pour le cas de Galilée (1564-1642) que Kant évoque en suivant la relation qu’en fait son porte-parole dans le Discours sur deux Sciences nouvelles (3ème journée) : la découverte est que le mouvement de la sphère le long du plan incliné est un mouvement de chute et que cette chute détermine une accélération où les espaces parcourus sont entre eux comme les carrés des temps, quelle que soit l’inclinaison du plan.
Torricelli (1608-1647), reprenant les suggestions de Galilée à propos de la mésaventure d’un maître fontainier de Florence surpris que l’eau refuse de monter dans une pompe aspirante au-dessus de 18 brasses (10,33 m) par rapport à la surface du puits. Ce fait allait à l’encontre de l’adage péripatéticien courant, selon lequel : « la nature a horreur du vide ». Torricelli dépasse l’opinion courante en concevant que l’atmosphère forme au-dessus de la surface terrestre une colonne d’air d’un poids déterminé, dont la pression sur les corps placés à cette surface s’exerce comme celle des corps solides et liquides. Ainsi, les deux "fluides" (mercure et air) se font équilibre dans le tube en U. On sait, en outre, quels succès expérimentaux remporta la théorie de Torricelli sur le vide en 1648 lors des tests réalisés par Florin Périer (beau-frère de Pascal, sur les instances de ce dernier).
Le cas de Stahl (1660-1734) est moins heureux. Du reste, Kant le rejettera au profit de l’adoption de la chimie de Lavoisier en 1793...
Dans tous les cas, Kant fait ressortir que dans l’élaboration de la science, c’est l’initiative du sujet pensant et de ses structures cognitives a priori qui en fonde l’objectivité. L’esprit impose ses structures a priori au donné pour découvrir, par delà la contingence des faits, la nécessité des lois. D’ailleurs, tel est le sens de la "révolution copernicienne" que nous avons présentée plus haut. Kant montre que c’est en tenant compte de l’activité du sujet connaissant que l’on peut expliquer la possibilité d’une connaissance objective. Dès lors tout devient clair : les mathématiques, depuis les Grecs, et la Physique plus récemment, ont été constituées comme sciences par l’activité de la raison (au sens large) qui soumet ses objets à ses exigences a priori : « nous ne connaissons a priori des choses que ce que nous y mettons de nous-mêmes »14. La connaissance objective n’est possible que si les objets de l’expérience (donnés) se règlent sur les concepts, sur les règles et sur les principes a priori qui sont constitutifs de notre entendement. La connaissance résulte d’une coopération de la sensibilité et de l’entendement, et plus précisément d’une construction des données a posteriori de la sensibilité opérées par les fonctions liantes de l’entendement. Comme dit Kant :

« L’expérience [...] nous dit certes ce qui est, mais non point qu’il faut que cela soit ainsi, de manière nécessaire, et non pas autrement »15.

Kant ne va pas jusqu’à dire que la raison peut produire le contenu ou la matière de la connaissance ; au contraire, c’est la raison qui, en mettant en forme cette matière lui confère ainsi son objectivité en en faisant une connaissance nécessaire et universelle.
-L’échec de la Métaphysique dogmatique :

Sa première faiblesse est de n’avoir pu « s’engager dans la voie sûre d’une science ». Pourtant, son ancienneté prouve qu’elle est connaturelle à l’esprit humain. Mais elle n’a jamais établi quoi que ce soit de définitif ; au contraire, elle reste dans l’embarras, elle se perd en combats vains, rebrousse chemin et ne cesse de « tâtonner entre de simples concepts ». Pour finir ce constat d’échec, Kant soulève un paradoxe d’ordre téléologique : comment se fait-il que la raison nous pousse à des recherches où nous sommes totalement impuissants ? Kant lèvera le paradoxe au prix d’un postulat : certainement, la métaphysique a dû se fourvoyer dans sa méthode, et à son tour il lui faut opérer une révolution à la manière des sciences solidement établies : « Peut-être, jusqu’ici, ne s’est-on trompé que de route ? ».
L’échec de la métaphysique est-il sans issue ou bien est-il dû à une erreur de méthode ? Dans le cas où la métaphysique s’est trompée de route, on peut admettre qu’un changement dans la manière de penser pourrait lui rendre la voie du succès. En quoi consiste le changement qui peut faire sortir la métaphysique de son embarras? Kant répond ici qu’elle doit faire une "révolution copernicienne" comme le firent les mathématiques et la physique. Revenant au cas de la métaphysique, Kant entend ce terme à présent en un sens non-dogmatique. Les deux parties de cette Métaphysique ou « philosophie pure »16 sont la métaphysique de l’usage spéculatif de la raison pure et celle de son usage pratique. Tout d’abord, la première partie de cette métaphysique n’est autre que la « déduction de notre pouvoir de connaître a priori ».
En elle-même, elle n’est pas la "science" (ou système de la raison pure), mais une critique (c’est-à-dire une propédeutique) qui « examine le pouvoir de la raison par rapport à toute connaissance pure a priori ». Ici Kant dit que sa tentative critique : « promet à la Métaphysique [...] le sûr chemin d’une science »(PUF, 20). Donc, le premier sens de la Métaphysique, c’est d’être une théorie de la connaissance, c’est-à-dire une analyse de nos facultés cognitives. Cette critique n’est pas seulement positive, elle est aussi restrictive, puisque la conséquence principale de ses recherches est de fixer les limites de l’usage légitime de notre pouvoir de connaître. Or, la connaissance humaine est limitée au « champ de l’expérience possible ». Mais, comme toute limite est quelque chose qui sépare deux domaines entre lesquels elle établit une différence radicale, Kant opère la distinction fondamentale entre le connaissable (les phénomènes) et l’inconnaissable qui demeure toutefois pensable (les choses en soi).

* La chose en soi <das Ding an sich>, c’est la chose prise en elle-même absolument, c’est-à-dire indépendamment de toute relation possible ou réelle et en dehors de toute connaissance : elle est absolument inconnue.
* Les phénomènes <die Erscheinungen >, ce sont les objets indéterminés d’une intuition empirique. C’est le réel tel qu’il se donne ou tel qu’il apparaît à notre capacité de représentation : « Ce sont les représentations que les objets produisent en nous, en affectant nos sens »17.
Ce coup d’arrêt rend impossible la Métaphysique au sens dogmatique qui se définit par son objet : le méta-phyique ou suprasensible. Non seulement qu’entendue en ce sens, la métaphysique est incapable de progresser, mais elle est même une démarche impraticable. Car il est impossible de passer a priori à l’aide de la seule raison pure du sensible au suprasensible, c’est-à-dire à ce qui est finalement au-delà des conditions de l’expérience possible. On l’a vu, toutes les fois que la "métaphysique" prétend être la connaissance du suprasensible, elle devient un lieu d’affrontements <Kampfplatz >. L’inconditionné (ou l’absolu pris au sens platonicien d’anhypotheton), qui est le caractère propre des choses en soi et qui seul pourrait mettre fin à l’interminable série des conditionnés, est désormais considéré comme inconnaissable (même s’il demeure pensable).
C’est bien la contre-épreuve de la "révolution copernicienne", car si la connaissance se réglait sur les objets pris comme choses en soi, la raison humaine devrait alors pouvoir atteindre l’absolu. Or, l’insuccès des métaphysiques dogmatiques apporte un démenti incontestable. Surtout, la connaissance est une relation sujet/objet, or l’inconditionné est absence de toute relation, donc les termes de connaissance et d’inconditionné s’excluent réciproquement. Dans la perspective kantienne, l’inconditionné est de l’ordre de l’inconnaissable, c’est-à-dire des choses en soi.

La seconde partie de la Métaphysique, au sens kantien cette fois, c’est la métaphysique de l’usage pratique de la raison pure. La philosophie pratique apparaît comme la seule extension du savoir qui se restreint sous le coup de l’autocensure du connaître (nous ne connaissons que des phénomènes). Toutefois, il ne s’agira pas d’un savoir au sens strict du terme, puisque le suprasensible est absolument inconnaissable pour nous ; il s’agira d’une "foi rationnelle" dans des Idées transcendantales entrevues simplement comme possibles (Kant dit "problématiques" dans son vocabulaire technique) dans la première Critique. A ce stade, la philosophie kantienne apparaît comme une philosophie des limites, donc une philosophie du jugement <Urteil>, de la différence, de la distinction ou du partage originaire (pour reprendre le sens étymologique du Ur-teil).
Toute la Critique de la raison pure est un traité de la méthode et non pas un système de la science. Elle est une propédeutique, un prélude, un préliminaire à la Métaphysique qu’elle se propose de fonder comme science et qui doit se développer de façon systématique. La Critique est le plan, l’idée intégrale de la philosophie transcendantale : elle dénombre les concepts primitifs (catégories), mais elle n’en fait pas une analyse détaillée pas plus que des concepts qui en dérivent (prédicables). La Critique en tant que telle « dessine cependant tout le contour [du système de la science elle-même] en prenant en considération ses limites »18.
* *

*


A présent, il nous reste précisément à dégager le plan suivi par Kant dans la présentation de sa première Critique. Kant, on l’a vu, avait comme seule préoccupation directrice de chercher à quelles conditions la métaphysique est possible comme science « Ist Metaphysik überhaupt möglich ? ». Pour répondre à cette question, il fallait à coup sûr rechercher dans une étude analytique les caractères propres et les fondements de la scientificité. Il se trouve que Kant était particulièrement au fait de la science de son temps, comme en témoignent ses ouvrages depuis les écrits précritiques jusqu’à l’Opus postumum.

C’est ainsi que toute la Critique se compose d’étages consacrés chacun pour sa part à l’étude des fondements transcendantaux d’une science particulière :

  • L’Esthétique transcendantale Þ pour les mathématiques (géométrie et arithmétique) et la cinématique (ou phoronomie).

  • L’Analytique transcendantale Þ pour la physique.

  • La Dialectique transcendantale Þ pour la métaphysique : c’est-à-dire qu’elle met à l’épreuve tout le contenu traditionnel de la métaphysique classique à partir de ses trois Idées essentielles (le moi ou l’âme [psychologie rationnelle], le monde [cosmologie rationnelle], et Dieu [théologie rationnelle]).



La démarche effective de Kant n’est donc nullement déductive comme celle de Spinoza ou de Christian Wolff ; au contraire, elle est inductive : elle part d’un état de fait incontestable (c’est la question "quid facti") pour remonter à ses conditions a priori de possibilité (c’est la question "quid juris", qu’en est-il de droit ?). Plus particulièrement, Kant part ici du succès éclatant de la science newtonienne (dont ne pouvaient rendre compte ni l’empirisme sceptique de Hume ni le dogmatisme cartéso-leibnizien) et de l’échec des systèmes de métaphysique dogmatique, pour chercher les fondements transcendantaux de la première et pour remédier aux causes des erreurs des seconds à l’aide de la méthode critique :

« Il n’y a nul besoin d’une critique dans son usage empirique, puisque ses principes, confrontés à la pierre de touche de l’expérience, se trouvent soumis à une épreuve continuelle ; de même ce besoin n’existe-t-il pas non plus en mathématiques, où les concepts de la raison doivent nécessairement être aussitôt représentés in concreto dans l’intuition pure, chaque élément non fondé et arbitraire devenant par là d’emblée manifeste. Mais là où ni l’intuition empirique ni l’intuition pure ne maintiennent la raison sur une voie bien claire [...] elle a un tel besoin d’une discipline freinant son penchant à s’étendre au-delà des limites étroites de l’expérience possible et lui épargnant les excès et les erreurs que c’est même toute la philosophie de la raison pure qui se consacre uniquement à cette utilité négative. Aux erreurs particulières on peut remédier par la censure, et à leurs causes par la critique »19.

La philosophie antérieure à Kant allait du possible au réel de façon déductive a priori ; Kant, avec sa "révolution copernicienne", remonte du réel à ses conditions de possibilité. Cette démarche fut elle-même très influencée par la méthode newtonienne. Du reste, Kant avait écrit lui-même en 1763 dans ce que l’on appelle son "Preisschrift" intitulé Recherche sur l’évidence des principes de la théologie naturelle et de la morale :

« La vraie méthode de la métaphysique est au fond identique à celle que Newton a introduite en physique, et qui eut dans cette science de si utiles conséquences »20.

Évidemment, on l’aura compris, il ne peut être question d’utiliser la méthode newtonienne en métaphysique entendue comme prétendue connaissance du suprasensible, puisque là on ne saurait partir de "faits". En revanche, si la métaphysique porte sur les conditions a priori de notre connaissance telle qu’elle se manifeste dans les sciences exactes, elle s’identifie à la philosophie transcendantale et elle est bien une connaissance a priori par concepts.

Cette démarche caractéristique de la philosophie critique de Kant qui en appelle du fait au droit, c’est la méthode transcendantale. Malheureusement, Kant emploie un terme qui pourrait laisser planer une équivoque sur le sens de sa démarche, c’est le terme de déduction. Or, ce terme doit être entendu en son vieux sens juridique traditionnel et non pas logique : c’est-à-dire comme un examen qui se propose d’établir le bien-fondé ou la légitimité d’un titre ou d’un droit. De là vient tout le malentendu :

« Les jurisconsultes, lorsqu’ils parlent de droits et d’usurpations, font une différence, dans une cause, entre la question concernant ce qui est de droit (quid juris) et celle qui porte sur le fait (quid facti), et puisqu’ils exigent une preuve de chacune d’elles, ils désignent la première, qui doit faire apparaître le droit ou la légitimité de la prétention, sous le nom de déduction. [...] J’appelle par conséquent l’explication de la manière dont les concepts peuvent se rapporter a priori à des objets leur déduction transcendantale, et je la distingue de la déduction empirique, laquelle montre de quelle façon un concept est acquis par expérience et par réflexion sur celle-ci, et ne concerne pas la légitimité de ce concept, mais le fait d’où procède sa possession »21.

Pour la première fois, dans la philosophie classique Kant a eu le souci de ne pas compromettre la théorie de la connaissance (donc le fondement du savoir) avec les dogmes de la théologie (qui ne reposent que sur le croire). Ainsi fut évité le risque mortel, pour la philosophie, de faire reposer le savoir sur le croire, la science sur la foi. Sinon elle sombre dans le dogmatisme qui consiste précisément à ériger une croyance en savoir. Comme l’écrivit très justement M. Jules Vuillemin :

« La théorie kantienne de la connaissance est la première théorie conséquente et vraiment philosophique d’une connaissance sans Dieu »22.

Ainsi, la théologie n’avait désormais plus rien à craindre de la science, de même que la science se voyait affranchie de toute tutelle extra-scientifique. On peut comprendre alors que Kant soit parti effectivement de l’état factuel des sciences de son temps pour rechercher quels en pouvaient être les fondements transcendantaux. Il ne faut donc pas confondre l’ordre d’exposition suivi par Kant dans ses écrits depuis la première Critique avec l’ordre effectif de sa démarche de découverte.
* *

*

La Critique de la raison pure comporte en dehors de ses préfaces une Théorie transcendantale des Éléments et une Théorie transcendantale de la méthode. La première comporte :


  • une Esthétique transcendantale qui traite des formes pures de la sensibilité (Espace, Temps) ;




  • une Logique transcendantale qui traite de l’Entendement et de la Raison et qui se subdivise donc en deux parties : une Analytique transcendantale (Entendement) et une Dialectique transcendantale (Raison).



Ainsi, comme on peut le constater, à chaque étage de la première Critique correspond d’une part un domaine de connaissance à fonder (Mathématiques, Physique, Métaphysique), et d’autre part une faculté sur la quelle repose ce fondement (Sensibilité, Entendement, Raison). Toutefois, il serait extrêmement simpliste et réducteur de croire que tout l’intérêt de la Théorie transcendantale des Éléments résidait dans cette mise en correspondance. Ce qui compte, au contraire, c’est plutôt de s’élever à la physiologie globale de tout cet édifice pour en comprendre le fonctionnement. En ce sens, s’il est vrai, par exemple, que la géométrie est fondée a priori dans l’espace comme forme pure du sens externe, on ne saurait dire que la raison et l’imagination n’interviennent pas également. En fait, toute la connaissance est le résultat d’une coopération entre la forme et la matière de la connaissance. Avant tout, les facultés aussi distinctes soient-elles (comme la sensibilité qui est passive et l’entendement qui est actif) doivent œuvrer de concert pour produire la connaissance. Pour revenir à notre exemple de la géométrie, il faut bien comprendre que s’il est indispensable que l’esprit construise et exhibe des figures géométriques dans l’espace pur de la représentation (géométrie euclidienne), il faut aussi qu’il construise ses concepts et qu’il ordonne ses raisonnements à l’aide de l’entendement pur. Tout cela va même soulever le délicat problème de la collaboration entre deux formes de représentations tout à fait hétérogènes comme l’intuition pure et le concept de l’entendement : c’est là que Kant fera intervenir le schématisme de l’imagination. Sans entrer pour l’instant dans de telles considérations techniques, il faut retenir que Kant, fidèle à sa méthode analytique commence d’abord par distinguer nos différentes facultés de connaître pour les analyser une à une séparément avant d’aborder le délicat problème de leur coopération. C’est pourquoi il nous faut étudier tout d’abord la distinction qu’il opère entre les phénomènes et les choses en soi au niveau de l’Esthétique transcendantale.

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