J’engage mon autorité d’évêque en promulguant notre charte diocésaine des Équipes d’Animation Pastorale (eap). Je le fais en ce vendredi 29 juin 2007, alors que nous célébrons le martyre de saint Pierre et de saint Paul





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CHARTE DIOCESAINE DES EQUIPES D’ANIMATION PASTORALE

ENJEUX SPIRITUELS, THEOLOGIQUES ET PASTORAUX

Par Claude DAGENS, évêque d’Angoulême.

J’engage mon autorité d’évêque en promulguant notre charte diocésaine des Équipes d’Animation Pastorale (EAP). Je le fais en ce vendredi 29 juin 2007, alors que nous célébrons le martyre de saint Pierre et de saint Paul. Par leur vie et leur mort, ces deux hommes nous disent d’où jaillit la source de l’Église et du ministère apostolique : du mystère de Dieu manifesté dans l’Incarnation et la Pâque de Jésus Christ et dans le don de l’Esprit Saint.

Ceux qui assument le ministère apostolique ont une responsabilité primordiale dans l’Église : tout faire pour que l’Église vive de ce mystère de Dieu révélé en Jésus Christ et l’annoncer contre vents et marées.

Même si cette charte diocésaine concerne la mission de notre Église toute entière, elle demande à être reçue d’une façon particulière par ceux qui ont la charge du ministère apostolique, c’est-à-dire qui sont appelés à assurer la présidence, l’animation et l’engagement missionnaire de chaque communauté chrétienne et de chaque secteur paroissial.

Voici donc cette charte qui répond à une demande très claire de notre Synode de 2005 (art.233) et qui a été soigneusement élaborée, discutée et adoptée par notre Conseil presbytéral (spécialement lors des assemblées des lundi 14 et mardi 15 mai 2007, ainsi que du vendredi 22 juin 2007).
I – UN ENGAGEMENT COMMUN ET UNE ETAPE NOUVELLE
1. Cette charte, qui a été élaborée par un groupe de travail efficace, s’appuie sur l’expérience des Équipes d’animation pastorale déjà existantes (il y en a 14, dont 2 au niveau d’un doyenné). Elle n’est donc pas un projet théorique, mais le fruit d’une réelle expérience.

Elle a désormais valeur d’engagement diocésain, à partir des orientations communes qu’elle contient, tout en tenant compte de la diversité des situations pastorales, selon les paroisses et les doyennés.

2. Cette charte n’est pas une nouveauté absolue : elle constitue une étape dans la vie de notre diocèse. Cette étape nouvelle ne doit pas être séparée des étapes qui l’ont précédée.

* Le Synode de 1988 a mis en œuvre le déploiement pastoral, avec ses deux intuitions majeures : nous voulons partir non pas des structures, mais des personnes, spécialement de celles qui sont appelées à devenir relais paroissiaux, et nous nous engageons à pratiquer une pastorale de proximité, et non pas de regroupement administratif.

* Plus récemment, nous nous sommes engagés à progresser dans la mise en œuvre commune de la mission chrétienne, notamment dans deux domaines qui ont fait l’objet de décisions prises par le Conseil presbytéral :

- en 1997, avec les orientations relatives à la pastorale du deuil et des funérailles,

- en 2002, avec la « proposition de la foi aux futurs mariés ».
II – LES ENJEUX DE CETTE CHARTE

Il est important que nous puissions rendre compte positivement de ce qui justifie la constitution de ces Équipes d’animation pastorales.
1. Pour le dire d’abord négativement, il devrait être clair que nous ne cherchons pas à dévaloriser le ministère des prêtres en confiant la mission pastorale à des laïcs. Certes, nous sommes affrontés à une situation réelle de pauvreté. Mais ce ne sont pas ces circonstances qui nous obligent à constituer des EAP. C’est la nature et la mission de l’Église. Il s’agit de progresser dans la prise en charge commune de la mission chrétienne, en manifestant clairement, selon la grande Tradition catholique, que le ministère des prêtres est au service du sacerdoce des baptisés et au service du Corps

du Christ tout entier.

2. Dans cette perspective, la charge confiée aux Équipes d’animation pastorale s’exerce à deux niveaux :

- Il s’agit de manifester le caractère sacramentelle de l’Église : elle est le Corps du Christ, non pas un bloc, mais un Corps qui a son origine dans le mystère du Christ et qui est constitué de membres différents, appelés à vivre de la foi et de la charité chrétiennes.

La vitalité des EAP engage donc une pratique effective de la fraternité, vécue d’abord entre prêtres et vécue aussi avec tous les baptisés. Ce qui doit se faire à travers la prière, l’écoute de la Parole de Dieu et la lecture commune de notre expérience spirituelle.

- En même temps, il s’agit d’être, à l’intérieur de la société, au milieu des autres, le signe de la présence et de la charité du Christ. Non pas un groupe de pression qui défendrait ses positions, mais un signe vivant, inséparable, en amont, de sa source qui est le mystère de Dieu, et, en aval, de sa manifestation dans un monde qui se passe de Dieu.

On peut donc énoncer clairement les critères de l’authenticité chrétienne des EAP :

* Les membres d’une EAP ont à partager effectivement la foi chrétienne autant que les responsabilités pastorale. Cela s’appelle la communion.

* L’EAP tout entière est appelée à inscrire l’Évangile du Christ à l’intérieur de la société actuelle et à en donner des signes (attention aux personnes, fraternité vécue, espérance contre toute espérance). Cela s’appelle l’évangélisation.
Chaque équipe d’animation pastorale doit donc vivre le mystère de l’Église dans toute sa profondeur et dans toute sa largeur. Il faudra veiller avec attention à ce que ces enjeux ne soient jamais perdus de vue.
III – LA MISE EN ŒUVRE DE CETTE CHARTE

A partir de son adoption par notre Conseil presbytéral et de sa promulgation actuelle, cette charte demande à être mise en œuvre. Des efforts concertés sont nécessaires dans ce but :

- Il est indispensable de la « recevoir » vraiment, en la lisant et en la faisant connaître aussi justement que possible, c’est-à-dire non pas comme une recette magique, mais comme un engagement pastoral conforme à la Tradition de l’Église.

- Pour sa mise en œuvre, il faudra tenir compte des diversités de nos situations pastorales, et même des résistances ou des incompréhensions que nous pourrons rencontrer.

- Il sera souvent utile d’expliquer à d’autres, qui ne sont pas des familiers de l’Église, les raisons positives de cet engagement commun.
Je souhaite pour ma part que cette charte ne soit pas seulement un texte, mais un engagement pastoral et spirituel, qui nous donne l’occasion de témoigner de la vitalité de notre Église. Il est vrai que nous sommes affrontés à des phénomènes réels d’affaiblissement et d’appauvrissement. Mais il est vrai aussi que nous sommes témoins d’une sorte de recomposition du tissu ecclésial, à partir de la foi et de la charité vécues.

Je suis convaincu que ce nouveau façonnement de l’Église est porteur d’appels nouveaux, aussi bien pour des laïcs qui comprennent de l’intérieur la mission de l’Église que pour des prêtres, actuels et futurs, qui comprennent de leur côté leurs raisons d’être prêtres, serviteurs de Jésus Christ et éducateurs de la foi et de la charité dans les communautés chrétiennes et les paroisses auxquelles ils sont liés.

J’espère donc de tout cœur que la mise en œuvre de cette charte permette d’approfondir et de déployer encore davantage la mission commune dont nous avons la responsabilité, au nom du Christ.
+ Claude DAGENS, évêque d’Angoulême

Septembre 2007
POUR UNE CHARTE DES E.A.P. SUR LE DIOCÈSE D'ANGOULÊME

I . FONDEMENTS : théologie de l’Église
C'est parce que l'Église est toute entière « peuple de Dieu », « Corps du Christ » et «Temple de l'Esprit » (Lumen Gentium, chapitre I) que sa mission concerne tous les baptisés. C'est parce que l'Église diocésaine est localement le TOUT de cette Église, que la pastorale diocésaine doit intégrer la dimension du « sacerdoce commun » dans sa vie.

C'est parce qu'à l'intérieur de cette Église tous célèbrent, quelques uns représentent et un seul préside, que nous devons définir au mieux la place de chacun dans ce Corps - Église.
Dans le cadre de la prise en charge commune de la mission, nous voulons alors insister sur ce lien entre tous les baptisés appelés à vivre intensément leur foi et le «quelques uns » d'entre eux chargés de les représenter dans la charge pastorale autour et avec le prêtre ordonné dans la succession des apôtres et le don de l'Esprit. Celui-ci et ceux-ci ensemble sont invités à veiller et soutenir l'action de tous les baptisés dans leurs communautés et dans le monde.
Ce sont les textes du dernier Concile qui ont en ce domaine la plus haute autorité et

particulièrement la Constitution sur la vie de l'Église, « Lumen Gentium ». Cette constitution conciliaire ouvre la voie à la création d'équipes de baptisés qui coopéreraient activement à la charge ministérielle du prêtre.
Le sens et les fondements scripturaires, essentiellement pauliniens, dans la 1ère lettre aux Corinthiens au chapitre 12, sont présentés dès le chapitre introductif. Ils se réfèrent au sacerdoce commun de tous les baptisés, au nom même de l’Esprit reçu et par lequel nous sommes « incorporés » au Christ lui-même.
« Lumen Gentium » n° 7 « Par le baptême, en effet, nous sommes rendus semblables au Christ: " Car nous avons tous été baptisés en un seul Esprit pour n'être qu'un seul corps" I Cor. 12, 13). Par ce rite sacré est signifiée et réalisée l'union avec la mort et la résurrection du Christ. Nous avons été mis au tombeau avec lui par le baptême qui nous plonge en sa mort", et "si nous sommes devenus avec lui un même être par une mort semblable à la sienne, nous le serons aussi par une semblable résurrection" Rem. 6, 4-5). Participant réellement au Corps du Seigneur dans la fraction du pain eucharistique, nous sommes élevés à la communion avec lui et entre nous. Puisqu'il n'y a qu'un seul pain, à nous tous nous ne formons qu'un corps, car tous nous avons part à ce pain unique" (1 Cor. 10. 17). Nous devenons ainsi les membres de ce corps (cf. 1 Cor. 12, 27), '"étant chacun pour sa part membres les uns des autres" (Rom. 12, 5).

Mais comme tous les membres du corps humain, malgré leur multiplicité, ne forment cependant qu'un seul corps, ainsi les fidèles dans le Christ (c f l Cor. 12,12). Dans le travail d'édification du Corps du Christ règne également une diversité de membres et de fonctions. Unique est l'Esprit qui distribue ses dons variés, pour le bien de l'Église à la mesure de ses richesses et des exigences des services (cf. 1 Cor. 12, 1I ). »

Un peu plus loin la Constitution sur l'Église revient sur cette participation commune et différenciée à la vie du même Corps, qui est le Christ, en termes de ministère et d'articulation complémentaire entre sacerdoce baptismal et sacerdoce ministériel.
Lumen Gentium » n° 10 : « Le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce ministériel ou hiérarchique, bien qu'il y ait entre eux une différence essentielle et non seulement de degré, sont cependant ordonnés l'un à l'autre :L'un et l'autre, en effet, chacun selon son mode propre, participent de l'unique sacerdoce du Christ. Celui qui a reçu le sacerdoce ministériel jouit d'un pouvoir sacré pour former et conduire le peuple sacerdotal, pour faire, dans le rôle du Christ, le sacrifice eucharistique et l'offrir à Dieu au nom du peuple tout entier ; les fidèles eux, de par le sacerdoce royal qui est le leur, concourent à l'offrande de l'Eucharistie et exercent leur sacerdoce par la réception des sacrements, la prière et l'action de grâces, le témoignage d'une vie sainte, et par leur renoncement et leur charité effective. »
Dans le chapitre IV, sur les laïcs, les Pères conciliaires insistent sur les modalités d'exercice du sacerdoce baptismal. Il est basé sur la triple fonction. Prêtre, prophète et roi. La fonction de prêtre - sacerdotale - est présentée avec une base commune à tous et une responsabilité de type ministérielle pour quelques uns qui seront appelés à représenter l'assemblée des baptisés, à partager et à être associés étroitement aux charges pastorales et spirituelles avec les ministres ordonnés : évêque, prêtres et diacres.
« Lumen Gentium » n° 33 : Tout laïc, en vertu des dons qui lui ont été faits, constitue un témoin et en même temps un instrument vivant de la mission de l'Église elle-même. "À la mesure du don du Christ" (Eph. 4, 7). Outre cet apostolat, qui concerne tous les chrétiens sans exception, les laïcs peuvent encore, de diverses manières, être appelés à coopérer plus immédiatement avec l'apostolat hiérarchique, à la façon de ces hommes et de ces. femmes qui étaient des auxiliaires de l'apôtre Paul dans l'Évangile, et, dans le Seigneur, dépensaient un grand labeur (cf. Phil. 4, 3 ; Rom.I6, 3 s.). En outre, ils sont susceptibles d être appelés par la hiérarchie à exercer certaines fonctions ecclésiastiques à but spirituel.
Enfin, la collaboration entre ministres et laïcs est définie. Loin d'atténuer la responsabilité et l'autorité du prêtre, elle renforce celles-ci. Il intervient alors comme ministre de la communion et éveilleur des missions à confier à certains pour le bien de l'ensemble et l'annonce de l'Évangile dans des circonstances parfois difficiles qui peuvent être les nôtres...

Lumen Gentium » n°37: (...) Les pasteurs, de leur côté, doivent reconnaître et promouvoir la dignité et la responsabilité des laïcs dans l'Église ; ayant volontiers recours à la prudence de leurs conseils, leur remettant avec confiance des charges au service de l'Église, leur laissant la liberté et la marge d'action, stimulant même leur courage pour entreprendre de leur propre mouvement. Qu'avec un amour paternel ils accordent attention et considération dans le Christ, aux essais, voeux et désirs proposés par les laïcs, qu'ils respectent et reconnaissent la juste liberté qui appartient à tous dans la cité terrestre.

De ce commerce familier entre laïcs et pasteurs, il, faut attendre pour l'Église toutes sortes de biens : par là en effet s'affirme chez les laïcs le sens de leur responsabilité propre, leur ardeur s'entretient et les forces des laïcs viennent plus facilement s'associer à l'action des pasteurs. Ceux-ci, avec l'aide de l'expérience des laïcs, sont mis en état de juger plus distinctement et plus exactement en matière spirituelle aussi bien que temporelle, et c'est toute l'Église qui pourra ainsi, renforcée par tous ses membres, remplir plus efficacement sa mission pour la vie du monde.
On comprendra donc que la mise en place d'Équipes d'Animation Pastorale n'est pas une "structure » inventée dans l'urgence pour pallier le manque de prêtres en France ou pour répondre à une crise, mais qu`elle permet de mettre en ouvre I'ecclésiologie du Concile Vatican II lorsqu'il définit la vocation et la place des baptisés dans le monde et dans I'Église, enracinée dans l'Écriture et la tradition. Leur mission est donc aujourd’hui de partager « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps » et de lire ensemble les signes des temps à la lumière de l’évangile, « parce qu’il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur » (Gaudium et spes, n° 1).

Dans la logique conciliaire catholique, la " prise en charge commune de la mission" n'apparaît donc pas comme une option facultative ou une alternative possible, elle est la condition même de notre " être chrétien".
II. ENJEUX POUR NOTRE EGLISE DIOCESAINE.
1- Lors du Synode de 1988, l'Église diocésaine a souhaité la mise en place du «  déploiement pastoral », donnant aux paroisses une nouvelle configuration, et a promue une plus grande « prise en charge commune » de la vie des communautés et de la mission de l'Église par les prêtres et les baptisés. C'est bien le souci de l'évangélisation qui a inspiré ces nouvelles mesures, comme l'a confirmé par la suite, la Lettre des Évêques aux catholiques de France : « Plus notre Église est engagée dans un travail de recomposition intérieure et de réforme structurelle, plus elle doit regarder en amont et en aval d'elle-même. En amont, c'est à dire vers la Révélation que Dieu fait de Lui-même en Jésus-Christ, avec l'appel à accueillir cette Révélation pour en vivre. En aval, c'est à dire vers cette société actuelle, où, dans une situation de crise, se font jour des attentes relativement nouvelles, qui appellent une évangélisation entreprise à frais nouveaux. »

Aussi, loin de n'être qu'un réaménagement territorial pour une plus grande efficacité pastorale, il s'agit toujours d'engager l'Église sur les chemins de la mission et à partir de la confession de foi trinitaire : « De par sa nature, l'Église est missionnaire, puisqu'elle même tire son origine de la mission du Fils et de la mission du Saint-Esprit, selon le dessein de Dieu le Père. » Ad Gentes N°2. La «prise en charge commune » a fait grandir l'Église et rendu les chrétiens plus conscients de leur responsabilité dans l'annonce de l'évangile, dans la participation effective à la vie de la communauté et dans le rapport avec le prêtre. Les Équipes d'Animation Pastorale sont nées de cette maturation des communautés où chacun prend, comme acteur, la place qui lui revient et qui lui est donnée. L'E.A.P se comprend à partir du Mystère de l'Église et de sa Mission d'Évangélisation. Au N° 233, le Synode diocésain de 2005 encourage fortement la constitution d'une E.A.P dans chaque paroisse.
N°233. De généraliser la création d'une Équipe d'Animation Pastorale dans chaque paroisse: son rôle par rapport au conseil pastoral de paroisse est de mettre en oeuvre les orientations et décisions prises par celui-ci. L'EAP assure la continuité de la pastorale quand le prêtre change.

Pour cette mise en oeuvre, le synode demande:

- qu'une charte diocésaine définisse la mission de l'EAP, qui inclut la relecture et l'évaluation.

- une formation spécifique pour les personnes mandatées

- que ces personnes soient reconnues et soutenues par la communauté locale.

2 - « A plusieurs, nous sommes un seul Corps en Christ, étant tous membres les uns des autres, chacun pour sa part. » Rm 12.5

Vivre dans le Christ donne de se reconnaître comme frères parce que tous baptisés. Le Code de Droit Canonique (canon N°204) a repris l'enseignement du Concile Vatican II (Lumen Gentium N°31) : « Les fidèles du Christ sont ceux qui, en tant qu'incorporés au Christ par le Baptême, sont constitués en peuple de Dieu et qui, pour cette raison, faits participants à leur manière à la fonction sacerdotale prophétique et royale du Christ sont appelés à exercer, chacun selon sa condition propre, la Mission que Dieu a confiée à l 'Église pour qu'elle l'accomplisse dans le monde. » En d'autres termes, l'Église existe réellement quand sont assurés l'annonce de la Parole de Dieu, la célébration de la présence du Christ ressuscité et le service des hommes, c'est-à-dire quand le Baptême est réellement vécu.

Aussi la constitution d'une Équipe d'Animation Pastorale se conçoit comme signe appelant la communauté à retrouver le chemin de l'Initiation Chrétienne pour elle-même et pour l'accueil des personnes dans l'Église. Elle se comprend également comme moyen nouveau donné à la communauté chrétienne pour que chaque baptisé se reconnaisse, avec le prêtre, responsable de l'annonce de la Parole de Dieu, de la célébration du Seigneur et du service des hommes. Elle a pour mission de veiller à la mise en œuvre concrète de ces trois dimensions baptismales dans les différents services paroissiaux en étroite collaboration avec le Conseil pastoral de paroisse.

De ce fait, les membres de l'EAP portent la charge pastorale qui est confiée au prêtre par l'évêque. Ils le font au titre de leur Baptême et pour un temps donné, contribuant ainsi à une meilleure articulation entre « communauté et ministère », sans confusion ni séparation, selon la célèbre formule de St Augustin dans le sermon 340 : « Pour vous je suis évêque, avec vous je suis chrétien. » Dans le lien qui unit le pasteur et les fidèles, l'EAP est située à la fois dans un statut de « gouvernance » sous l'autorité du prêtre et du côté de « l'exécutif » avec le contrôle et la participation du conseil pastoral de la paroisse. Ce service de «l'articulation » doit permettre de réduire les écarts et d'éviter les confusions, tant du côté du prêtre que du côté de la communauté. Le rôle de l'EAP s'avère particulièrement nécessaire pour la communauté où le prêtre ne réside pas.
3 - Il convient de rappeler ici l'altérité signifiée à la communauté par le ministère ordonné qui, au nom du Christ, en est le Président et le Pasteur. En effet, le ministre ordonné rend présent à la communauté ce qu'elle ne peut pas se donner elle-même, à savoir l'initiative originelle du Père d'envoyer son Fils en ce monde. Les Apôtres n'ont pas décidé par eux-­mêmes de suivre le Christ, ils y ont été appelés : « Ce n'est pas vous qui m'avez choisis ; c'est moi qui vous ai choisis et établis. » Jn 15.16. St Paul se présentait ainsi : « Paul, apôtre, non de par les hommes ni par l'intermédiaire d'homme, mais par Jésus-Christ et Dieu le Père. » Gal 1.1 L'envoi suppose celui qui envoie et celui qui est envoyé renvoie à un autre que lui même. Envoyés comme acteurs de la communion ecclésiale, les membres de l'EAP agissent comme collaborateurs du prêtre qui seul exerce le ministère de la communion au titre du sacrement de l'Ordre. La charge de l'EAP est confiée pour un temps, sur le fondement des sacrements de l'initiation chrétienne lors d'une célébration de l'Envoi. Elle relève de ce qui découle du Baptême et non de « l'acte qui baptise ». Dans ce dispositif nouveau se trouvent à la fois signifiées et réalisées, d'une part la « Céphalité » de l'Église et d'autre part sa « Synodalité », comme l'a écrit le Père Congar. Il n'y a pas d'Église sans prêtre, et le sacrement de l'Ordre signifie que le Christ en est la tête ; Il n'y a pas d'Église sans baptisés, et les sacrements du Baptême et de l'Eucharistie réalisent l'Église comme Corps du Christ toujours en marche vers son avenir.
Nous sommes dans un temps de profondes mutations culturelles et sociales. Ce qui allait de soi hier dans un monde de Chrétienté ne va plus de soi aujourd'hui dans un contexte de mobilité des personnes, de multiplicité des moyens de communication mais aussi de pluralisme éthique et religieux. Comme l'indique la Lettre des évêques aux catholiques de France (1996) : « Un monde s'efface et un autre est entrain d'émerger, sans qu'existe aucun modèle préétabli pour sa construction. Des équilibres anciens sont entrain de disparaître et des équilibres nouveaux ont du mal à se constituer. Or, par toute son histoire, spécialement en Europe, l'Église se trouve assez fortement solidaire des équilibres anciens et de la figure du monde qui s'efface. Non seulement elle y était bien insérée, mais elle avait largement contribué à sa constitution, tandis que la figure du monde qu'il s'agit de construire nous échappe.»
Il s'agit donc, pour l'Église également, d'élaborer ensemble, évêques, prêtres, diacres et baptisés, « une nouvelle figure », dans le monde de ce temps. La constitution d'Équipes d'Animation Pastorale peut contribuer activement à cette élaboration.
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