L’égalité Définitions de la notion





télécharger 150.53 Kb.
titreL’égalité Définitions de la notion
page4/6
date de publication08.10.2017
taille150.53 Kb.
typeDocumentos
e.20-bal.com > loi > Documentos
1   2   3   4   5   6

Comment recréer de l’égalité ?

L’égalité suppose de se sentir un peu fraternel, de payer pour des gens que l’on ne connaît pas. C’est un terrain traditionnellement lié à la pensée conservatrice – la religion, la nation – et abandonné par la gauche. Il ne faut pas croire que le retour de la croissance et la condamnation morale du populisme suffiront à faire baisser le score du FN. Il y a là une demande symbolique.

Que vous inspire l’affaire Thomas Thévenoud ?

Dans son espèce de “folie” et de bonne conscience, il est facile d’interpréter son cas comme une sorte de symptôme. Il ne s’est pas satisfait de s’enrichir, et de favoriser des clientèles, mais il a pensé que les lois qu’il était chargé de promouvoir et de défendre ne le concernaient pas. Mais il est évident que les dimensions symboliques de la vie politique, le rôle exemplaire attendu des élus, ne le concernaient pas non plus.

Comment lutter contre les frondes anti-impôts comme celle des bonnets rouges ?

En France, la moitié de la richesse est redistribuée sous forme de prestations sociales. Il n’est pas normal que personne ne sache qui paie et qui gagne. Dans ce système, tout le monde a le sentiment de se faire avoir. Les riches et les pauvres. Le civisme élémentaire de gauche comme de droite serait d’être transparent, d’autant que les riches semblent gagner plus, donc on aurait intérêt à le savoir. Les impôts et le don c’est différent. Avec le don, on décide de donner quand on veut, à qui on veut et on arrête de donner quand on le souhaite. L’impôt c’est donner pour des gens que l’on ne connaît pas mais dont on suppose qu’ils sont comme nous. Je ne comprends pas que la gauche se flatte que la moitié des Français ne soit pas imposable, ne serait-ce que de 50 euros. Le sentiment de solidarité suppose de donner et de recevoir. François Hollande a loupé le coche d’une réforme fiscale.

Vous trouvez nos élites affligeantes ?

Nous avons construit autour du thème républicain – l’Etat peut tout, l’école va nous sauver – une sorte de pensée religieuse. On est aujourd’hui dans une société où des gens défendent bec et ongles des croyances plutôt que de regarder le monde. Quand j’étais jeune, la gauche était socialement, politiquement et économiquement minoritaire mais intellectuellement hégémonique, pour parler en termes gramsciens. On pensait à gauche. Aujourd’hui, on a perdu. Il faut reconstruire une représentation politique. Quand vous pensez qu’il n’y a pas un ouvrier au Parlement ! On compte les femmes et les représentants des minorités mais tout le monde se fout des braves gens qui font tourner ce qu’il reste d’économie et ça ne choque personne. Avec la crise actuelle, on se demande si les hommes politiques ne sont pas complètement irresponsables. Quand le ministre de l’Education nationale préfère préparer le prochain congrès du PS que faire la rentrée, il se trompe de scénario.

Comment jugez-vous l’action de François Hollande ?

L’expérience de Hollande est celle, banale, de la gauche dès qu’elle est au pouvoir. Elle a mobilisé son électorat sur un imaginaire politique mais une fois élue… les faits sont têtus. La tragédie de la gauche, c’est qu’elle mobilise un imaginaire dont chacun sait confusément qu’il n’est plus que cela. Pour parler comme Valérie Trierweiler, Hollande nous a trompés, mais je pense qu’on le savait d’avance. Le plus troublant est que les électeurs fassent semblant de croire aux histoires des politiques et qu’ensuite ils jouent la conscience outragée.

Pensez-vous qu’il y ait une limite à l’ascension de Marine Le Pen ?

Marine Le Pen peut être avalée par le système politique mais elle n’arrivera pas au pouvoir. Mon scénario c’est que le candidat de la droite sera le candidat de gauche en 2017. Il ne sera d’ailleurs pas plus à droite que Manuel Valls.

La Préférence pour l’inégalité, de François Dubet, éd. Seuil

Les Inrocks , 24 septembre 2014
Texte 4

Liberté, égalité, les sœurs ennemies ?

Le principe d’égalité est souvent perçu comme un frein à la liberté individuelle.

A tort, car on oublie que les inégalités graves sont des entraves à la possibilité par chacun de s’accomplir librement.
La Déclaration des droits de l’homme de 1789 proclamait : « les hommes naissent et demeurent libres et égaux. » Depuis, égalité et liberté ont beau se fréquenter sur les frontons des mairies françaises, les deux notions ne semblent pas très amies mais rivales. (…)

Les exemples de cet antagonisme sont légion. L’égalité des chances en matière d’éducation semble s’opposer à la possibilité pour les familles de choisir l’établissement où elles souhaitent scolariser leurs enfants. Le code du travail et les accords collectifs assurent l’égalité de traitement des salariés par leurs employeurs, mais ils restreignent aussi leur faculté de négocier des engagements mutuels à leur guise. La discrimination positive, censée rétablir l’égalité des chances des catégorise défavorisées, fait obstacle à la liberté des membres de la majorité d’accéder sans entraves aux postes et aux emplois auxquels ils aspirent. La fiscalité progressive, qui opèrent des prélèvements plus importants sur les revenus les plus élevés, assure une certaine redistribution des ressources, mais elle restreint la liberté d’accumuler des fortunes importantes par le travail ou par l’héritage. (…)

Peut-on pour autant affirmer qu’égalité et liberté sont des valeurs fondamentalement opposées ? Pour débrouiller la question, demandons-nous ce que nous entendons par « liberté » et quel est le contenu de cette valeur. Reconnaissons d’abord que tous nos désirs ne peuvent être satisfaits : il y a des choses que nous savons impossibles si nous voulons vivre en bonne entente avec les autres car nous comprenons que cela transformerait la société en champ de bataille. En revanche nous aspirons au respect : nous attendons des institutions politiques , du pouvoir et de nos concitoyens qu’ils admettent et reconnaissent que nous avons le droit d’être ce que nous sommes, aussi longtemps que nous ne nuisons pas à autrui (…) Mais quelle est la mesure de ce respect ? A l’évidence, nous demandons seulement à ne pas être discriminés, à être reconnus comme possédant une valeur égale à celle des autres. Ce que nous voulons donc, ce n’est pas la « liberté » en général, mais les libertés nécessaires à la réalisation de cette égalité de droits. (…)

La liberté, composante de l’égalité

Par contraste, dans une société théocratique, où la religion l’emporte sur toute autre considération, l’Etat et la majorité privilégient les buts religieux et discriminent les individus qui sont porteurs de valeurs non religieuses. Dans un Etat totalitaire, ceux qui revendiquent la faculté de penser autrement que les hommes au pouvoir ne disposent pas des droits qui leur permettraient de le faire sans risque.(…) Le manque de liberté n’est rien d’autre que la conséquence d’un déni d’égalité : nous sommes traités par ceux qui détiennent le pouvoir comme des inférieurs, des subordonnés et des personnes dont la société ne reconnaît pas les aspirations comme également dignes d‘être poursuivies. (…)
Article de Jean-Fabien Spitz, Sciences Humaines, novembre 2014

SITUATION 1

TEXTE 1

Prud'hommes : les cheminots marocains attaquent la SNCF pour discrimination

832 cheminots de nationalité ou d'origine marocaine réclament cette semaine devant le Conseil des Prud'hommes de Paris des dommages et intérêts à la SNCF qu'ils accusent de les avoir lésés en les maintenant trop longtemps dans un statut de contractuel

Le Parisien | 23 Mars 2015, 10h53

Y a t-il des «indigènes du rail» comme il y aurait des «indigènes de la République» ?  C'est ce qu'entendent démontrer à partir ce ce lundi devant le Conseil des Prud'hommes de Paris 832 cheminots de nationalité ou d'origine marocaine, qui affirment avoir été bloqués dans leurs carrières par la SNCF, cantonnés aux plus bas niveaux de qualification et pénalisés à l'heure de la retraite.

Embauchés au début des années 70 comme contractuels, donc avec un contrat de droit privé, ces agents à la retraite, ou proches de la retraite, ne relèvent pour la plupart pas du statut particulier des cheminots, plus avantageux mais réservé aux ressortissants européens. Ils attaquent la SNCF pour discrimination, ce que la société nationale récuse, et réclament en moyenne 400.000 euros de dommages et intérêts, dont la moitié au titre du préjudice de retraite, le reste pour les carrières.

Contractuels et pénalisés

La moitié des 832 plaignants ont acquis un jour la nationalité française. Mais seuls 113 ont obtenu le fameux «statut», dénommé en interne «cadre permanent». Ils poursuivent la SNCF car leur ancienneté n'a pas été reconnue. Le tiers des cheminots restés contractuels affirment avoir été poussés à la retraite à 55 ans et lésés plus que les autres. Les contractuels ayant cotisé 40 ans au régime général «se verront verser en moyenne une pension inférieure de 50% à celle d'un cheminot au cadre permanent parti à 55 ans après 30 ans de service», assurent leurs avocats, ce que conteste la SNCF. 

La facture pourrait être lourde

Plusieurs confient leur sentiment de s'être fait «arnaquer». «Il faut que la justice soit faite. Ils disaient "travail égal, salaire égal" mais cela n'a pas été le cas. A la retraite, on a eu des miettes»,  résume ainsi un plaignant de 68 ans. Pour un autre cheminot marocain naturalisé français et qui a accédé tardivement au «statut», les Chibanis (les vieux en arabe)  «ne demandent pas l'aumône, mais la justice et l'égalité».

Les recours déposés à partir de 2005 ont tous été renvoyés en départage au fil des audiences tenues entre 2012 et 2014. Réexaminés cette fois par un bureau de départage composé des quatre membres du bureau de jugement initial et d'un juge professionnel, ils feront l'objet d'une douzaine d'audiences regroupées sur quatre jours, jusqu'à vendredi. Si les Prud'hommes leur donnaient raison, la facture serait lourde pour la compagnie ferroviaire. 

A l'issue de la première audience, le Conseil a annoncé qu'il rendrait sa décision le 21 septembre. 
TEXTE 2

Plus de 800 cheminots marocains demandent « réparation » à la SNCF

Le Monde.fr avec AFP | 23.03.2015 à 08h50 • Mis à jour le 23.03.2015 à 17h28


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/03/23/plus-de-800-cheminots-marocains-demandent-reparation-a-la-sncf_4599052_3224.html#cp6HtCyIvXcaEAkx.99
Plus de huit cents cheminots de nationalité ou d'origine marocaine demandent « réparation » à la Société nationale des chemins de fer (SNCF) pour discrimination durant leur carrière. L'affaire, jugée à partir de lundi 23 mars aux prud'hommes de Paris, traîne depuis dix ans. Certains « chibanis [“cheveux blancs”, en arabe] de la SNCF » ont assigné l'entreprise dès 2005. Renvoyés au fil des ans, leurs recours seront réexaminés par un juge professionnel chargé de départager les conseillers prud'homaux qui n'ont pas réussi à se mettre d'accord.

La plupart des plaignants ont été recrutés au Maroc au début des années 1970 par la SNCF. Embauchés comme contractuels, avec un contrat de droit privé, ils ne relèvent pas du statut particulier des cheminots. Longtemps réservé aux détenteurs de la nationalité française, mais ouvert désormais aux ressortissants européens, ce statut offre une garantie d'emploi et des avantages en matière de protection sociale et de retraite. Plus de 90 % des salariés du groupe public sont encore aujourd'hui affiliés à ce « cadre permanent ».

Lire aussi l'enquête (édition abonnés) : Les déclassés de la SNCF

Ces cheminots « ont travaillé dans des conditions difficiles, faisaient exactement les mêmes tâches que leurs collègues français au statut mais ont vu leurs carrières bloquées et ont eu des retraites moindres », plaide Me Olivier de Boissieu, l'un de leurs avocats. Les cheminots marocains, précise sa consœur Clélie de Lesquen-Jonas, « ne remettent pas en cause le statut », ils demandent l'application du principe « à travail égal, salaire égal ». Alors que « les deux tiers des cheminots au statut finissent agents de maîtrise », les Marocains ont été condamnés statutairement « à rester des agents d'exécution », dit-elle.

« On n'a pas été traités à égalité »

En face, la SNCF réfute toute discrimination entre salariés de même qualification, en fournissant un « panel » de comparaison de « plus de mille agents ». Pour l'avocat de compagnie ferroviaire, qui invoquera également la prescription des faits, « on compare l'incomparable (…) la SNCF, entreprise publique, a deux statuts pour ses salariés, la loi le prévoit comme ça », considère Me Jean-Luc Hirsch.

« On n'a pas été traités à égalité. Je ne peux pas m'empêcher de ressentir un sentiment d'humiliation », répond Ben Dali, 63 ans, l'un des porte-parole de l'Association des cheminots marocains. Avec émotion, il évoque « la souffrance des veuves marocaines quand elles ont dû s'inscrire au RMI » alors que les épouses des cheminots français « reçoivent immédiatement une pension » et « leurs enfants deviennent pupilles de la nation ». Six plaignants aujourd'hui disparus sont représentés par leurs ayant droits.


« J'ai formé des collègues qui, eux, ont évolué et sont devenus mes chefs, c'est très frustrant », témoigne un autre Marocain, toujours en activité, refoulé à plusieurs examens. Comme ce cheminot de la gare de Lyon, la moitié des 832 plaignants ont acquis un jour la nationalité française. Mais « c'était trop tard, j'étais trop vieux pour avoir le statut », réservé aux embauchés avant 30 ans.

« Leur ancienneté n'a pas été reconnue »

Malgré tout, 113 plaignants ont obtenu le statut. Ce fut « à géométrie variable », explique leur avocate. Mais « eux aussi ont un préjudice car leur ancienneté n'a pas été reconnue », selon MLesquen-Jonas. D'autres, restés contractuels, ont pris le ticket de départ à 55 ans offert par la SNCF dans les années 2000 avec la garantie d'une indemnité chômage jusqu'à leur retraite. « On s'est fait avoir là encore. On a compris notre douleur quand on nous a calculé notre retraite », diminuée par les trimestres manquants, dit M. Dali.

La pension de base d'un contractuel ayant cotisé quarante ans « n'atteint pas le minimum garanti aux cheminots au cadre permanent après quinze ans de service », environ 1 100 euros par mois, affirment les plaignants. Ces salariés et retraités venus du Maroc réclament en moyenne 400 000 euros de dommages et intérêts, dont la moitié au titre du préjudice de retraite. La SNCF conteste ces calculs. Les cheminots marocains optant pour le départ à 55 ans « auraient eu une retraite moins élevée s'ils avaient été au cadre permanent », affirme la compagnie, en évoquant des simulations commandées à un cabinet. Le jugement devrait être mis en délibéré.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/03/23/plus-de-800-cheminots-marocains-demandent-reparation-a-la-sncf_4599052_3224.html#cp6HtCyIvXcaEAkx.99

1   2   3   4   5   6

similaire:

L’égalité Définitions de la notion iconParcours 1 Magistral -épreuves Bac
«L'égalité de quoi ?». On distinguera égalité des droits, égalité des situations et égalité des chances

L’égalité Définitions de la notion iconRegards croisés Thème 1 – Justice sociale et Inégalités Questionnement...
«L'égalité de quoi ?». On distinguera égalité des droits, égalité des situations et égalité des chances

L’égalité Définitions de la notion iconQuelques citations importantes à propos de l’égalité et de l’équité
«il est absurde de dire, comme le claironne le rapport Minc, que l'on doit remplacer l'égalité par l'équité. L'équité est la forme...

L’égalité Définitions de la notion iconLa discrimination : un phénomène remarquable
«mauvais traitements» sans raison légitime. Notion qui apparait avec le développement de l’idée de l’égalité entre les hommes des...

L’égalité Définitions de la notion icon1. Les différentes dimensions de l’égalité qui permettent de favoriser la justice sociale
«Loi Roudy» portant réforme code pénal en ce qui concerne l'égalité professionnelle femmes

L’égalité Définitions de la notion iconÉtant donné le pluralisme
«discrimination positive» semblent toujours plus guidées par le souci de rendre effective cette égalité, pour la réalisation de laquelle...

L’égalité Définitions de la notion iconNotion: N0266 Notion originale: minoría lingüística

L’égalité Définitions de la notion iconLe micro crédit est-il un moyen de lutte contre la pauvreté ou une...
«De l’égalité juridique à l’égalité sociale : vers une stratégie nationale de lutte à l’homophobie.» Présentation de la stratégie...

L’égalité Définitions de la notion iconBibliographie p. 22 Selon Yvonne Giordano 1, le postmodernisme est...
«concept difficile à cerner»2, de donner quelques définitions, qui nous permettrons ensuite de poser les principales questions et...

L’égalité Définitions de la notion iconPartie : la notion de service publique
«bien commun»ne st pas absents dans la notion ancienne mais cet objectif n’est pas essentiel






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
e.20-bal.com