Le terme d’autogestion signifie «gestion par soi-même» : du grec





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Ordonnances des 4 et 19 oct 1945: création de la Sécurité sociale. "La Sécurité sociale est la garantie donnée à chacun qu'en toutes circonstances il disposera des moyens nécessaires pour assurer sa subsistance et celle de sa famille dans des conditions décentes. [...] Le but final à atteindre est la réalisation d'un plan qui couvre l'ensemble de la population du pays contre l'ensemble des facteurs d"insécurité." La loi du 22 mai 1946 institue un syst généralisé de sécurité sociale pour l'ensemble des Français. On passe d'un régime d'assurances à un syst de transferts sociaux, les prestations sont identiques qqsoient les revenus des assurés. Les cotisations sont versées par les employeurs et les salariés en ce qui concerne maladie, vieillesse ; et par le seul empoyeur pour les accidents du travail et ce qui touche à la famille. La sécurité sociale couvre les risques maladie, invalidité, vieillesse, accidents du travail. Les dépenses de sécurité sociale passent ainsi de 0.8% du PIB en 1938 à 8.1% en 1947.

d'autres mesures:

1950: Institution du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG)

1956: création du min vieillesse (gvt socialiste de Guy Mollet)

1958: loi sur l'allocation chômage permet la création de l'UNEDIC et de l'ASSEDIC (l'Union nationale interprofessionnelle pour l'emploi dans l'industrie et le commerce ; l'Association pour l'Emploi Dans l'Industrie et le Commerce) Organisme chargé de la gestion de l'indemnisation du chômage.

1967: L'Agence Nationale Pour l'Emploi (ou ANPE) est créé pour centraliser les offres et les demandes d'emploi.

1973: indemnisation du chômage à 90% du salaire brut pdt un an

3) Un consensus basé sur la solidarité qui se prolonge pendant les Trente Glorieuses et devient un facteur d'équilibre des démocraties européennes

*La protection sociale au coeur de la croissance: la politique redistributive n'a pas pour autant cassé la croissance, car 1) elle a été associée à une hausse très importante de la productivité du travail mieux protégé et de meilleure qualité 2) elle a permis l'accroissement de la consommation.

L'Etat-providence est aussi à l'origine d'un véritable consensus démocratique, puisque le plus souvent, le changement de majorité ne va pas entraîner de profonde remise en cause de l'Etat-povidence. Ainsi, l'année 1951 marque en Angleterre le retour des conservateurs, qui conservent le pouvoir jusqu'en 1964 et confirment l'efficacité du welfare state = La production a augmenté de 40% (en valeur), 1 famille sur 4 a pu être relogée...

A l'origine de la formule de "l'Etat-providence", les politiques européennes reposent sur un principe majeur: chq citoyen doit être protégé et il cotise selon ses capacités.

II / L'Etat-providence à l'épreuve de la crise des « Trente Piteuses », remise en cause et mutations. (Jean et Rimbert)

  1. Les critiques : l'Etat-Providence alimente-t-il la crise?

L'État-providence a caractérisé le mode de croissance des Trente Glorieuses : croissance du pouvoir d’achat, réduction relative des inégalités sociales, ainsi qu'un recul de la pauvreté. Mais l’Etat-providence va être progressivement mis à mal tout au long des « Trente Piteuses » (C. Jean, F. Rimbert). Ainsi, depuis la crise des années 1970, doit-on dire que c’est l’Etat-providence qui alimente la crise, ou plutôt conclure que c’est la crise qui affaiblit l’Etat-providence ?

Pourquoi la crise?

La notion de « crise de l’Etat-providence » trouve son origine dans les laboratoires d’idées néo-libéraux des années 1970. A cela s’ajoute le rapport des experts de l’OCDE de 1981, La Crise de l'État-providence, qui devient une publication majeure concernant la santé de l’Etat social.

  • caricature : un individu qui coule littéralement au fond de la mer. La bouée (qui porte l'inscription « Etat ») qui devrait lui permettre de remonter à la surface ne flotte pas, l'Etat n'offre plus d'aide providentielle à ceux qui en ont besoin.

Pierre Rosanvallon, auteur principal du rapport, distingue trois crises simultanées du système redistributif:

  • L' « impasse financière »

Les dépenses de protection sociale (7-8% France mi 1970s) augmentent plus vite que les recettes (1-3%) => creusement des déficits publics compensé par une nouvelle augmentation des prélèvements obligatoires.

Mais selon Rosanval1on, s'il y crise de l'Etat-providence, on ne peut l'appréhender du seul point de vue des équilibres économiques. Ce sont les rapports de la société à l'Etat qui font l'objet d'une interrogation.

  • Une crise d'efficacité

On critique aussi son manque d'efficacité. Il y a une montée de la nouvelle pauvreté et de l'exclusion, pire encore, les dispositifs de protection sociale comme l'assurance chômage conduiraient un nombre croissant d'individus à préférer la situation d'assisté à celle de salarié.

  • Crise de légitimité : ébranlement intellectuel & doutes sur les finalités de l'Etat-providence

La légitimité de l'Etat-providence repose sur un pgm illimité : libérer la société du besoin et du risque. Mais la dfn d'un minimum pour chaque citoyen est historique, sociale et évolutive parce que toujours apprécié p/r à une situation sociale “moyenne”. “Le besoin n'existe fondamentalement que comme manifestation d'une situation de division sociale. Il naît d'une différence et du désir de la réduire” “Le doute sur l'Etat-providence est lié à une sorte de panne de l'imagination sociale”. Personne ne parle des progrès sociaux à venir, ce qui domine c'est de maintenir des acquis.

Doute essentiel : l'égalité est-elle une valeur qui a encore de l'avenir? Cette valeur a intellectuellement fonctionné tant qu'il s'agissait de l'inscrire dans une norme juridique (égalité dvt la loi) ou politique (suffrage universel) => registre positif d'une norme identique pour tous. Mais la demande d'égalité sociale ou économique s'exprime comme volonté de réduction des inégalités (registre négatif).

Causes du doute sur l'égalité :

  1. La demande de sécurité tend à relativiser la demande d'égalité

  2. Progression mécanique de l'Etat-providence sans qu'il soit accompagné de mouvement social significatif (crise sociale, conflit militaire).

  3. Pas de compromis social d'ensemble sur le juste prélèvement.

4) Par ailleurs, il relève que le « voile d'ignorance» s'est déchiré. Chacun ignorait dans quelle mesure il était exposé aux risques de l'existence avait intérêt à consentir au système d'État-providence. Mais le progrès des connaissances conduisent aujourd'hui chacun à mieux estimer les risques auxquels il est exposé et donc à refuser de payer pour assurer une protection à autrui.

Alors l'intervention de l'État est-elle réellement facteur de déséquilibres ?

Les auteurs néo-libéraux s'échinent à montrer que l'intervention publique déstabilise les marchés et empêche leur autorégulation, ce qui crée notamment du chômage volontaire.

Pourtant, l'intervention publique continue d'exercer des effets positifs. La redistribution est certes une entrave au développement d'un « marché libre » du travail, mais elle permet également d'entretenir la consommation des ménages.

L’Etat paraît donc à la fois impuissant face à la crise et bouc-émissaire de toutes les frustrations qu’elle engendre. Le rapport à l'Etat-providence est donc largement politique.

  1. La politisation accrue de la question de l'Etat providence



  • Le nouveau libéralisme contre l'Etat-providence : Margaret Thatcher, héraut de la lutte contre l'Etat providence

La décennie 1980 marque en Europe une affirmation sur la scène politique des libéraux. La protection sociale est présentée comme contraire à la liberté et à la responsabilité individuelle.

Margaret Thatcher devient premier ministre le 3 mai 1979. Les Tories entament alors une série de réformes qui font du thatchérisme la contre-révolution conservatrice la plus aboutie en Europe :

- les syndicats naguère puissants sont mis au pas. pouvoir syndical brisé en 1984-1985 à l'issue d'une grève des mineurs (après avoir stocké secrètement des réserves énergétiques).

  • les réformes fiscales avantagent les plus hauts revenus en abaissant la progressivité de la fiscalité directe et en alourdissant les impôts indirects (comme la poll tax).

- une politique budgétaire et une politique monétaire restrictives sont combinées pour maîtriser l'inflation qui passe de 11,9 % en 1981 à 3 % en 1986 ;

  • le gouvernement privatise une grande partie du secteur public: par ex le logement social (500000 logements HLM vendus).

Certes le thatchérisme a permis de maîtriser l'inflation, de renouer avec la croissance, de baisser du chômage (8 % de la population active en 1996, contre 12,5 % en France). Mais :

- la politique d'emploi du Royaume-Uni (pas de salaire minimum depuis 1993, baisse des charges sociales patronales et flexibilité de l'emploi) a surtout créé des emplois à temps partiel (90 % des nouveaux emplois).

  • Au total, les inégalités se sont accrues : en 1987 les 20 % des revenus les plus bas ne disposaient plus que de 6,2 % du revenu national contre 7,1 % huit ans plus tôt.



  • Le recul des acquis sociaux ?

Dans tous les pays européens, les conquêtes de l'Etat-providence ont été rognées au nom d'un sauvetage du système lui-même :

_ L'âge de la retraite a été reculé en Allemagne et en Italie,

_ Les montants de pension réduits au Royaume-Uni.

_ La volonté de limiter le traitement dit social du chômage s'accentue. Ainsi en 1997 Tony Blair dénonce « l’État providence passif » et considère que « lorsqu’il y aura une offre d’emploi adéquate, on attendra des bénéficiaires de l’aide sociale qu’ils prennent ce travail ».

Mais les réformes de structure restent modestes : on maintient le filet de la protection sociale mais on introduit le stimulant de la concurrence, par exemple aux Pays-Bas le choix de l'organisme gestionnaire est libre (mutuelle, compagnies privées, caisses diversifiées). En Angleterre, en dépit des intentions profondes de Mrs Thatcher, le Welfare State est toujours en place : en 1991, les dépenses sociales représentaient 22% du PNB, un record sur le siècle !

  1. La résistance de l'Etat providence : comment préserver et accroître les acquis sociaux ?



  • Une population attachée à la sécurité sociale : un socle indéniable des démocraties européennes

Les citoyens des grandes démocraties pensent que ces systèmes de protection sont coûteux. En revanche très peu envisagent que l'on puisse remettre en question les droits sociaux acquis.

Lorsqu'il s'est agi d'unifier l’Allemagne, en dépit d'un coût très élevé, les Allemands n'ont pas hésité à harmoniser les régimes sociaux de l'Ouest et de l'Est.

En France, en 1995, le plan Juppé, préparé sans concertation sociale, a dû restreindre ses ambitions. Les réformes de structure ont échoué devant un puissant mouvement social.

  • Les modèles efficaces sont-ils transposables à d'autres pays?

La situation des pays nordiques et tout particulièrement de la Suède est longtemps apparue comme exemplaire: haut niveau de dépenses publiques, rare pauvreté, égalité homme /femmes.

Ce modèle a cependant connu une crise dans les années 1980 qui a obligé le gouvernement social-démocrate a faire à des coupes dans le budget social en 1986. Il y a eu des privatisations dans la santé, enfance.

Mais malgré ses transformations de l'État social suédois a conservé son caractère universaliste et redistributif. Surtout, passée la catastrophe des années 1980-1990, la célèbre réussite nordique est de retour : les comptes publics sont excédentaires, la flexisécurité et la formation tout au long de la vie professionnelle se maintiennent.

Peut-on adapter par ex le modèle scandinave en France? Dans Faut-il brûler le modèle social français?, Meda et Lefebvre considèrent que l'idée même de transporser ce modèle fait injure tant à notre capacité de création qu'à notre histoire et notre culture. La Suède est un pays de consensus où les syndicats sont très puissants mais enclins au compromis, contrairement aux syndicats français. Enfin 2 obstacles majeurs paralysent la France :

_ le pessimisme : 55% des Fçs n'ont pas confiance dans le futur contre slt 7% des Danois.

_ l'idéologie : nous aimons placer nos réformes dans des cadres de réf idéologiques, qui ont svt été d'ô marxiste ou antimarxiste, qd les Nordiques sont essentiellement pragmatiques.

  • Question d'une Europe sociale

Que ce soit dans le traité de Rome de 1957 ou dans l'Acte Unique de 1986, l'idée d'un Etat-providence européen n'apparaît jamais en tant que tel. Il existe seulement des engagements dans qq domaines d'intervention spécifiques, par exemple l'harmonisation des conditions d'hygiène ou la libre circulation des médecins. La charte sociale signée en décembre 1989 est restée très limitée. La protection sociale n'est reconnue qu'aux « travailleurs de la Comunauté ». Le traité de Maastricht et l'Acte Unique n'ont pas de véritable volet social autre que celui qui consiste à satisfaire aux « critères de convergence » càd à l'équilibre budgétaire, ce qui appelle plutôt à réduire les coûts de la protection sociale. Au cours des vingt-cinq dernières années, c'est donc plus par imitation que par l'effet de la réglementation communautaire, que les États-providence européens se sont engagés dans des réformes convergentes.




Deux problèmes on l’a vu se posent aux Etats-providence européens: leur coût, le vieillissement de la population, le développement du chômage et de la précarité. Les Etats-providence ont été créé pour des sociétés de quasi plein-emploi, aujourd'hui le nombre de travailleurs est devenu insuffisant pour répartir les risques. Mais les politiques sociales sont constamment appelées à se renouveler parce que les droits sociaux sont historiques et non pas naturels. À chaque stade de son évolution, chaque société fixe le niveau des besoins minimum qui revient de droit à chacun. Le risque mortel qu'encourt l'Etat providence est qu'il devienne « mécanique », comme le dit Rosanvallon. Pour survivre, le pacte social doit sans cesse être questionné, remis à jour et revalidé. Parce que sur le long terme, la notion d'Etat-providence semble s'imposer comme la donnée la plus solide de ce que l'on appelle le progrès. Si le discours libéral a pu sembler dominant dans les années 1980, il n’a pu effacer le lien qui s’est créé entre la démocratie et l’Etat-providence comme fondement par exemple d’une certaine identité européenne qui se construit depuis la seconde moitié du XXe siècle. Ainsi beaucoup plus qu'un simple mécanisme de sécurité sociale, l'Etat-providence est devenu la condition même de la citoyenneté, une formule dans laquelle il n'y aurait plus de césure entre démocratie politique et démocratie sociale.






  • Mutuelle : organisme de droit privé sans but lucratif, offrant à ses adhérnets un système d'assurance et de protection sociale

  • Assurance : indemnise d'éventuels dommages, moyennant une prime ou une cotisation (lucratif?)

Enjoy...

HISTOIRE DES FAITS ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX

21/01/08

SÉANCE 1 – INTRODUCTION & MÉTHODE

Repères

Le passage à la modernité

À partir du XIXe siècle, on observe le passage des sociétés d'Ancien Régime à des sociétés modernes. Quels sont les éléments de ce passage? Industrialisation, modernisation, internationalisation/mondialisation. Ces processus avaient commencé auparavant mais s'accélèrent à cette période. D'un point de vue politique, on trouve : démocratisation, sécularisation.

Tous ces phénomènes sont concomitants et agissent sur tous les aspects : paysages, modes de vie, manières dont le travail est organisé. On passe de sociétés agraires et rurales, basées sur une certaine économie, à une basée sur le salariat, sur le contrat. On ne reconnaît plus rien par rapport à nos sociétés actuelles. Il faut avoir un regard d'anthropologue. Les transformations sont majeures.

Tous les phénomènes sont importants, le politique influe sur l'économique et inversement. Les transformations majeures étudiées produisent des représentations, qui produisent du réel. Il faut avoir la totalité en tête lorsqu'on les étudie.

Relations sociales

Il y a celles de classes, entre patronat et ouvriers, de genre, entre hommes et femmes, entre générations (rencontre entre une classe d'âge et un événement marquant qui crée un sentiment d'identité).

● Dans la vision marxiste des classes, c'est un groupe positionné dans le système et existant dans des rapports de force (les luttes de classe moteurs de l'histoire). Pour qu'il y ait classe sociale, il doit y avoir conscience de sa classe.

À l'heure actuelle, il y a une division plus large : groupe caractérisé par ses revenus, son capital culturel, économique, ce serait une entité statistique avec la possibilité d'évoluer vers un destin similaire mais sans conscience de classe. De ce point de vue, on peut se demander s'il y a toujours des classes.

● Concernant les genres, on établit une distinction entre le sexe comme donnée biologique et le genre comme donnée sociale. Il y a une différence entre homme et masculin, entre femme et féminin. En revanche, il y a toute une réflexion à l'heure actuelle sur la véritable existence d'un donné biologique. Ce qui l'est est aussi construit à travers des objets sociaux et culturels. L'histoire permet de montrer comment on a pu penser la différence biologique des sexes jusqu'au XVIIIe siècle et comment cela a changé.

Thomas Lacker, historien américain, a été pionnier dans l'étude des genres. Il s'est intéressé à la façon dont on a décrit biologiquement les corps depuis l'Antiquité. On voyait les organes génitaux comme des continuums. Puis, on a intégré des différences corporelles, d'où une idée d'incompatibilité. Cela a influencé les représentations.

→ Ces notions peuvent être présentes dans tous les exposés. Ce sont des notions transversales. Il faut aussi penser aux relations ethniques.

Temps et espace

La modernisation est un processus complexe qui se situe dans le temps et l'espace.

● Il y a plusieurs temps. On peut l'aborder en termes de cycle économique. Il y aurait :

_1800-1890 (croissance lente),

_1890-1929 (croissance plus soutenue),

_1930-1950 (crise et croissance limitée),

_1950-1970 (croissance soutenue),

_puis un temps de crise. Il est plus difficile de réfléchir sur les années post-1975.

Il y a aussi la notion de progrès technique, de temps technologique. Des historiens ont travaillé sur les chemins de fer et mis en place le temps de système technique. Il y a une succession :

_il y a celui de la Première Révolution Industrielle. Il associe le charbon, le fer, la machine à vapeur, etc.

_vient s'y greffer après la Seconde Révolution Industrielle (1870-1920) l'électricité, le moteur à explosion, la chimie organique, le pétrole.

_le dernier (« Troisième Révolution Industrielle ») qui commence en 1945 est basé sur l'électronique, les nouvelles matières (plastique), le nucléaire.

→ Les deux temps ne coïncident pas mais sont articulés car les aspects techniques comptent dans le temps économique.

Concernant le temps politique, il y aurait :

_1815-1870 (construction des nations modernes),

_puis 1870-1914,

_1914-1945 (totalitarismes),

_1945- avec la démocratie, l'état-providence, la construction européenne (la rupture des années 1970 est tout de même importante).

● Il y a plusieurs échelles géographiques : internationale, nationale, régionale, urbaine, locale, lieux. Il faut tenir compte de cela.

La Grande-Bretagne a un processus très rapide, pionnier. L'Allemagne a un vrai retard au démarrage (Première Révolution Industrielle) mais le rattrape très rapidement (en cinquante ans). C'est dû à l'unification politique, à l'éducation technique, au dynamisme démographique...

En France, les zones rurales gardent une place très importante, tandis que l'industrie est très active. Il y a deux caractéristiques : l'urbanisation très lente (plus de 50% en 1931) et la démographie car la fécondité baisse plus tôt et la population augmente moins vite jusqu'en 1945 avec un baby-boom fort.

En Italie, le nord est industrialisé, quand le sud est à la traîne. Il y a de fortes disparités, mais encore un grand retard général. Le démarrage industriel fort commence après la Seconde Guerre Mondiale. On parle de success-story car elle était très peu industrialisée et ensuite a rattrapé très vite son retard.

En Espagne, l'ouverture commence dans les années 1960 (1962) et cela dépend aussi des régions (Catalogne dynamique). Le poids politique est très fort. Le démarrage économique permet à des compagnies étrangères d'exploiter les ressources naturelles, notamment les mines.

On réfléchit surtout sur l'Europe occidentale pour voir la communauté de destin. On aborde moins la Russie. Il ne faut pas confondre modernisation et progrès, mais il faut voir la résistance à la modernisation. Celle-ci peut prendre des formes sociales, culturelles. Il ne faut pas avoir de position trop scientiste ou positiviste.

28/01/08

SÉANCE 2 – LES CAMPAGNES À L'ÂGE INDUSTRIEL (XIXE-XXE SIÈCLES)

Exposé : Les campagnes françaises depuis 1900

La campagne est une grande étendue de plaine ouverte largement, pourvue de champs et de prairies ; et une partie du territoire où l'urbanisation est peu importante voire inexistante. C'est une région rurale dans laquelle l'agriculture est prépondérante. On évoque ici les campagnes au pluriel. Leur destin au XXe siècle est en effet loin d'être uniforme.

Les deux guerres mondiales et la crise ont des effets chaotiques mais mal perçus par les contemporains. La Première Guerre Mondiale entraîne un repli du monde rural sur lui-même. La crise provoque un malaise profond. Celui-ci rejaillit lors de la Seconde Guerre Mondiale. Après 1945, c'est l'entrée dans l'ère de la modernisation qui bouleverse le visage des campagnes. On a appelé ce phénomène la « Révolution silencieuse ».

Dans quelle mesure les campagnes françaises sont-elles marquées par une dualité continue entre permanences et mutations?

I – 1900-1918 : Des campagnes françaises marquées par la stabilité de la Belle-Époque?

A – Une agriculture protégée, à la croissance lente

Concernant les structures économiques, l'agriculture est très protégée, la croissance est lente. La production agricole croit de 2% chaque année entre 1900 et 1913.

Mais les difficultés s'amoncellent. Il y a un morcellement de l'exploitation agricole : les exploitations de 1 à 10 hectares représentent encore 50% du total. Il y a peu de mécanisation, d'engrais. Il y a un manque d'investissement pour moderniser les structures et avoir une production intensive.

Cependant, on relève des nuances car il existe de grandes propriétés appartenant à l'aristocratie dans certaines régions (grand ouest, région parisienne). Elles développent des cultures productives et investissent.

La période de 1900-1918 est marquée par des crises, notamment du blé. Les prix décroissent. La crise du vin, à cause du phylloxera, provoque presque une insurrection en 1907 des viticulteurs. Il y a un fort retard structurel.

B – Société et culture des campagnes au temps de la Belle-Époque

Les conditions de vie sont plutôt rudimentaires. L'habitat est souvent sommaire et l'alimentation principalement frugale. Il y a d'importants illettrisme et analphabétisme. Le maître mot, c'est « stabilité ». Le petit paysan exploitant représente l'idéal de la démocratie égalitaire que la IIIe République veut développer.

Pour autant, de nouvelles perspectives se présentent : développement de la presse, de l'enseignement. Cela entraîne un recul des mentalités paysannes : à la danse, aux chansons et valeurs religieuses, succèdent les valeurs républicaines. L'habitat et l'outillage évoluent de façon limitée. Les femmes sont astreintes aux tâches ménagères. On voit là une prégnance des valeurs traditionnelles.

C – L'impact de la Première Guerre Mondiale sur les campagnes

A lieu une réquisition des habitants des campagnes pour les contingents de l'armée. Les plus forts contingents sont recrutés dans ce milieu. 3,7 millions de ruraux ont participé au conflit. Cela engendre une pénurie de main-d'oeuvre, car on y a aussi besoin du plus de bras pour l'économie. Se développe le travail des femmes qui effectuent les tâches des hommes. La réquisition des chevaux ampute le potentiel productif de l'agriculture.

À partir de 1914, on observe un repli, une baisse de la production, un retour à une économie de la subsistance. Le bilan est catastrophique : 2 millions d'hectare de culture détruits, 600 000 travailleurs agricoles tués. C'est une véritable saignée démographique, à l'origine du dépeuplement de certaines régions. Cela participe à l'impossibilité à se moderniser.

→ Alors que l'ensemble de la France connait une période de prospérité dans les années 1920 (les années folles), les campagnes semblent se situer à l'écart de ce processus de modernisation certes limité, mais qu'e est-il réellement?

II – 1918-1945 : Hésitations dans les campagnes : entre permanences et mutations

C'est une période d'hésitation entre la volonté de conserver les valeurs traditionnelles et une certaine mutation.

A – Des structures économiques encore largement archaïques

L'État investit beaucoup dans les campagnes. Il permet l'électrification des zones rurales. 17% des communes sont électrifiées en 1919, 83% en 1932. Il instaure une politique pour rendre facile l'accès à la propriété (grâce à l'accès facile au crédit).

Cela entraine un renforcement de l'exploitation familiale. Il y a formation de petites coopératives. Cela empêche les paysans de dégager des profits suffisants pour se moderniser. Le modèle de l'exploitation familiale a des difficultés à répondre aux exigences du capitalisme moderne. La mécanisation fait de très faibles progrès, l'agriculture est peu efficace.

B – Une société dualiste

C'est une période de manque croissant de main-d'oeuvre, à cause de la saignée démographique, du faible taux de natalité, et surtout de l'exode rural. Entre 1921 et 1939, ce sont près de 1,6 millions de personnes qui s'en vont vers les villes.

Les campagnes sont d'abord des lieux de mutation. Il y a une diversification alimentaire, un habillement plus évolué, des améliorations même si elles sont limitées. Il y a une inégalité du développement du chemin de fer. Cela participe plus à l'exode qu'à l'essor.

On observe une érosion des structures traditionnelles avec ce désenclavement. La vie religieuse s'efface au profit d'autres structures de sociabilité (foires, sports). Les contacts avec l'espace citadin permettent la diffusion de ce mode de vie.

Les campagnes sont ensuite des lieux de permanence. Ces nouvelles valeurs ont du mal à cohabiter avec les valeurs traditionnelles (épargne, religiosité). Il y a un démantèlement de la communauté avec le départ des jeunes vers la ville.

Les années fastes, les années 1920, sont celles d'un malaise social latent marquant les campagnes. Le délitement du bien social vient vraiment bouleverser les mentalités des habitants de milieux ruraux. On peut résumer la situation par une phrase de l'économiste Augé-Laribé : « le paysan de 1914 est un résigné, celui de 1930 est un mécontent ».

C – Le temps de la crise : 1931-1945

La France est touchée en 1931 par la crise de 1929. Elle cause un effondrement des prix, parfois une réduction de moitié. D'après Alfred Sauvy, le revenu agricole baisse de 25% entre 1931 et 1935. On doit revenir à une économie de subsistance, ce qui est mal vécu. Les paysans diminuent leurs dépenses monétaires. Cela révèle l'archaïsme des campagnes car elles sont incapables d'y faire face.

Se renforce les syndicats agricoles, la mobilisation politique, avec des actions directes sur le terrain, avec les comités de défense des paysans, les chemises vertes. On parle de néo-conservatisme. Pétain affirmait : « La terre, elle, ne ment pas ».

Les paysans prennent leur revanche pendant la Seconde Guerre Mondiale. Vichy fait des campagnes le centre du régime. On y note peu de résistance. Le régime soutient les valeurs traditionnelles. Grâce au marché noir, qui se développe, les paysans s'enrichissent. Le marché noir permet de lutter contre la hausse des prix. Les paysans sont considérés comme une classe qui s'est fortement enrichie pendant la guerre.

→ Une fois la crise passée, on peut affirmer que les campagnes françaises entrent avec l'ensemble de la société dans une ère de modernisation. En quoi les mutations qui s'opèrent ont-elles bouleversé le visage de nos campagnes?

III – 1945 à nos jours : Comment les campagnes françaises se modernisent-elles et quels en ont été les impacts sur les structures sociales rurales?

A – Les agents du changement

L'État est promoteur du changement. À partir de 1945, a lieu une véritable révolution silencieuse dans les campagnes, grâce à lui. Il organise des sessions de formation au progrès technique, il instaure des incitations au développement des commerces ruraux.

C'est aussi la révolution du tracteur (477 000 sont diffusés dans les campagnes). C'est le symbole de la promotion sociale, avec l'intensification de la production, il bouleverse les structures de la production car un seul homme peut avoir un rendement amélioré.

L'augmentation de la production se fait avec une diminution des exploitations. L'État soutient le regroupement des parcelles et l'utilisation de nouvelles techniques. On constate un gain de productivité et de rendements.

Entre 1955 et 1963, 400 000 exploitations disparaissent. C'est le remembrement des terres agricoles, dû à l'État. Mais il est inégal selon les régions. Les exploitations familiales persistent. L'exode rural continue.

Le mouvement syndical joue un rôle considérable. Les paysans ne peuvent s'en sortir sans entrer dans la modernisation, et les syndicats
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Le terme d’autogestion signifie «gestion par soi-même» : du grec iconPersuasion et rhetorique, creation des mythes
«Autre» parce qu’il participe à la définition de soi-même : sa présence nous indique les limites de notre identité

Le terme d’autogestion signifie «gestion par soi-même» : du grec icon’atelier «Esthétique et bien être»
«Bulle détente» afin de gommer le terme esthétique et de mette en avant la détente et un temps pour soi






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