Le terme d’autogestion signifie «gestion par soi-même» : du grec





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« La mobilisation des femmes ».

Dès la mobilisation des femmes en août 1914, les féministes se déclarent prêtes à remplir leurs devoirs sacrés de défense nationale : le mot d’ordre est « servir la patrie ». La féministe Marguerite Durand, qui fait reparaître dans les deux dernières semaines d’août 1914 son journal La fronde, et Mrs Fawcett dans Common Cause du 14 août écrivent la même chose : « Femmes, votre pays a besoin de vous, soyons dignes d’être citoyennes, que notre but soit reconnu ou non » [sous-entendu le droit de vote]. On perçoit d’ailleurs ce discours à travers les affiches officielles en Grande-Bretagne qui montrent des femmes stoïques mais fermes à la fenêtre de leur foyer. Donc la trêve décrétée par les partis et les syndicats se double de l’union sacrée entre les sexes au service de la Défense nationale.

Au départ, les Etats belligérants espèrent des femmes une attente résignée, et se réjouissent du ralliement des féministes à la cause nationale, mais comme ils parient sur une guerre courte, ils dédaignent leurs propositions de service, en-dehors de la charité. En Grande-Bretagne, au début de la guerre, on accepte seulement la mobilisation d’une minorité de volontaires aisées dans les fermes ou la police urbaine. Le cas de la France est exemplaire de cette politique sexuée : le 5 août, une loi institue l’allocation de femme de mobilisé, aux motifs, non pas d’assurer l’existence des familles, mais de soutenir le moral du poilu. Puis, le 7 août 1914, le Président du Conseil René Viviani, lance un appel aux Françaises, en particulier aux paysannes, les seules dont il pense avoir un besoin urgent dans les campagnes désertées par les hommes. Son adresse est martiale : il leur parle le langage viril de la mobilisation et de la gloire, et ainsi s'adresse aux femmes comme à des soldats.

« Debout, femmes françaises, jeunes enfants, filles et fils de la patrie.

Remplacez sur le champ de travail ceux qui sont sur le champ de bataille.

Préparez-vous à leur montrer, demain, la terre cultivée, les récoltes rentrées, les champs ensemencés !

Il n'y a pas, dans ces heures graves, de labeur infime.

Tout est grand qui sert le pays.

Debout ! A l'action ! A l'œuvre !

Il y aura demain de la gloire pour tout le monde ».

Mais la ferveur patriotique ne peut faire oublier la détresse matérielle, en particulier celle des milieux modestes. Dès le début des hostilités, le chômage touche les secteurs traditionnels d’activité féminine comme le textile et l’habillement : en août 1914, les emplois féminins de l’industrie et du commerce représentent à peine la moitié de ceux d’avant-guerre en France, et le chômage atteint 12% des Parisiennes en 1915. Aussi, hormis les agricultrices ou les commerçantes qui remplacent leur mari, nombre de femmes recherchent un emploi à tout prix ; la guerre oblige donc à une redéfinition temporaire des identités au travail, et à la nécessité de vaincre de multiples réticences envers le travail féminin. Le taux élevé de chômage deux ans après la déclaration de guerre révèle un appel plus tardif à la main-d’œuvre féminine en France qu’en Grande-Bretagne. Pourtant, en 1915, des offices départementaux de placement créés par le ministère du Travail incitent les industriels à employer des femmes. Le Comité du Travail Féminin créé en avril 1916 recrute les ouvrières, s'occupe de les acheminer vers les usines et d'organiser leur hébergement. On a alors un surcroît de travail des jeunes filles, par un transfert de la main-d’œuvre de la domesticité et des métiers traditionnels vers les secteurs de production liés à la guerre, et la mise ou remise au travail de femmes mariées. Leur âge est variable car le seul critère d’embauche est la force physique et la robustesse.

En Grande-Bretagne, les années dix, et particulièrement celles de guerre, marquent les grandes années du syndicalisme. Dans la plupart des branches professionnelles, des accords négociés sans la participation des unions féminines définissent les tâches pouvant être effectuées temporairement par des ouvrières, s’engageant à leur renvoi à la fin de la guerre. La poussée des femmes est précoce dans les commerces et les bureaux, puis elle se généralise; dans ce pays, plus hostile que la France au travail féminin, les chiffres montrent, entre juillet 1914 et novembre 1918, une croissance de 50 % des effectifs féminins (de 3,3 à 4,9 millions) et une très forte féminisation de la main d’œuvre. Originalité britannique : pousser la dilution (remplacement d’ouvriers qualifiés mobilisés par des travailleurs semi ou non qualifiés) jusqu’à la création en janvier 1917 d’un corps auxiliaire de l’armée (Women’s Army Auxiliary Corps, WAAC) qui encadre en novembre 1918 40 000 femmes (dont 8 500 à l’étranger). Son histoire très confuse traduit la difficulté des contemporains à imaginer la femme soldat. La France, elle, n’ouvre ses casernes et ses emplois de bureau au ministère de la Guerre pour les femmes que parcimonieusement fin 1916.

B) La professionnalisation des femmes : à l’arrière, une participation dynamique à l’activité sociale et économique du pays, et sur le front, le soutien moral et physique des hommes.

- Le travail des femmes dans l’agriculture.

En France, il reste dans les campagnes un million et demi d’hommes, jeunes et vieux, exemptés, prisonniers de guerre et travailleurs étrangers, et 3,2 millions de femmes. Les paysannes joignent à leurs tâches traditionnelles une grande part des travaux d’hommes, même ceux qui exigent de la force ou un long apprentissage. En France, huit-cent cinquante mille femmes d’exploitants dirigent elles-mêmes la ferme, labourent, sèment et récoltent, taillent les vignes, fauchent et rentrent les foins, et conduisent les rares tracteurs. Toutes les machines agricoles qui ne leur étaient jamais confiées leur deviennent familières. Mais les outils sont inadaptés aux femmes, d’où de nombreux accidents : des membres sectionnés par la faucheuse, des mauvais coups et des chutes, des fausses couches et des naissances prématurées. Toutefois les hommes veillent quand même, ceux des fratries restées sur place et aussi les maris qui écrivent, parfois chaque jour : « Sème comme je te l’ai dit ; écris-moi au fur et à mesure des morceaux que tu as fait » ; ou « C’est bien compris : d’abord les bœufs, puis le carré de luzerne, puis le jardin ; tu en as pour huit jours. Je te renverrai sur ta lettre ce qu’il faut faire l’autre semaine ».

Ailleurs, les années de guerre sont une brève recomposition d’une partie de secteurs d’activité en faveur des femmes. Dans les services publics, les usines et les mines, des ouvriers-mobilisés aux compétences techniques spécifiques sont rapatriés au front. Mais, pour les métiers peu qualifiés, vite appris, voire interdits dans le cadre des conventions collectives, les femmes sont là. Cela concerne les crieuses de journaux, les postières, et même, malgré les hostilités, les poinçonneuses dans les compagnies de chemin de fer et de tramways.

- Les ouvrières des usines de guerre.

La mobilisation des Françaises au service de la Défense nationale est en fait tardive, lente et reste limitée. A partir de 1916, l’entrée des femmes dans l’industrie française est très sensible : de 5% à la veille de la guerre dans la Seine, la part des femmes dans la métallurgie passe à 30% des effectifs en 1918. Dans les usines de guerre, les « munitionnettes » (diminutif plus ou moins dépréciatif donné immédiatement aux femmes embauchées dans l’industrie de guerre) représentent le dernier recours, après l’embauche de civils, de réformés ou de « coloniaux ». Ces « munitionnettes » sont les mieux payées des femmes (salaire à la pièce), et les écarts moyens de salaires par rapport aux ouvriers masculins passent de 50 % en 1913 à 20 % en 1917, un thème qui alimente les conversations de café du Commerce : on y dit que les ouvrières souhaitent une guerre longue.

En, réalité, les conditions de travail dans les usines d’armement sont très difficiles comme le montre la journaliste Marcelle Capy dans son témoignage paru dans La Voix des Femmes, entre novembre 1917 et janvier 1918 :

" L'ouvrière, toujours debout, saisit l'obus, le porte sur l'appareil dont elle soulève la partie supérieure. L'engin en place, elle abaisse cette partie, vérifie les dimensions (c'est le but de l'opération), relève la cloche, prend l'obus et le dépose à gauche. Chaque obus pèse sept kilos. En temps de production normale, 2500 obus passent en 11 heures entre ses mains. Comme elle doit soulever deux fois chaque engin, elle soupèse en un jour 35 000 kg. Au bout de 3/4 d'heure, je me suis avouée vaincue. J'ai vu ma compagne toute frêle toute gentille, dans son grand tablier noir, poursuivre sa besogne. Elle est à la cloche depuis un an. 900 000 obus sont passés entre ses doigts. Elle a donc soulevé un fardeau de 7 millions de kilos. Arrivée fraîche et forte à l'usine, elle a perdu ses belles couleurs et n'est plus qu'une mince fillette épuisée. Je la regarde avec stupeur et ces mots résonnent dans ma tête : 35 000 kg".

A travers ce témoignage, on voit que c’est un travail intensif et dangereux et les accidents sont nombreux. Les ouvrières sont assignées aux travaux de nettoyage et de manutention, aux tâches en série ou à la fabrication des pièces fines qui se mécanisent grâce à l’impulsion du ministère de la Guerre. Les femmes obtiennent de très bons rendements dans ces opérations répétitives et généralement apprises sur le tas, et les industriels mettent en avant les qualités de la main-d’œuvre féminine : patience, habileté, minutie, acquises le plus souvent dans la couture, mais non reconnues par leurs employeurs.

Si l’on s’étonne des femmes conduisant tracteurs et tramways, si l’on s’inquiète de la santé et de la moralité des munitionnettes, nul ne s’émeut des infirmières qui œuvrent au front dans un monde exclusivement masculin et d’une grande violence. C’est là une nouvelle activité féminine qui se développe : l’infirmière, ange gardien du soldat blessé, joue un rôle important dans le soutien moral mais surtout physique des hommes au combat. En France, au sein de multiples œuvres d’intérêt public, de la Croix-Rouge et des services de santé militaires, 70 000 infirmières bénévoles s’ajoutent aux 20 000 salariées en 1915. Incarnation du dévouement, l’infirmière est le personnage féminin le plus louangé de la guerre, thème de choix des artistes de guerre, très inspirés par le voile guidant l’aveugle. Toutefois, les soldats, souvent d’origine populaire, se sentent infantilisés par ces femmes qui les soignent et découvrent leurs faiblesses pour les renvoyer finalement au front : l’ensemble souligne plutôt un nouveau rapport entre les sexes. La guerre fait en ce sens appel au dévouement et à l’abnégation féminine, celle en particulier des femmes et des jeunes filles des couches moyennes et aisées, coutumières des œuvres de charité. Par ailleurs, il ne faut pas oublier le rôle important des « marraines de guerre » qui écrivent, envoient des colis aux soldats du front, et rendent visite aux blessés dans les hôpitaux. Le patriotisme féminin se forge donc une reconnaissance dans de nombreuses œuvres philanthropiques envers les familles en détresse, les réfugiés et les ouvrières au chômage.

Montrer que la guerre n’est pas seulement une entreprise masculine, c’est donc découvrir des femmes à des responsabilités et à des métiers nouveaux, les voir acquérir mobilité et confiance en soi. Hommes et femmes vivent donc une chronologie différente du conflit. Quand, à l’été 1914, les premiers partent se battre, les femmes attendent, mises au chômage par la désorganisation de l’économie, prises partiellement en charge par l’Etat, qui se substitue au mari mobilisé, et invitées à servir dans des tâches féminines (nourrir, éduquer et soigner). Quand, à la fin de l’année 1914, la guerre s’enlise, les femmes accèdent à l’espace public et aux responsabilités pour faire marcher la machine de guerre. Mais la réalité est très différente selon l’état matrimonial des femmes (célibataires ou mères de famille), leur localisation géographique (la souffrance des femmes des zones occupées dans le nord et l’est de la France est plus grande) et leur situation sociale.

Nous allons désormais nous intéresser à une question très discutée, celle de l’influence de la guerre sur le travail des femmes, et par contrecoup sur le processus d’émancipation.

  1. Une période de bouleversement de la place des femmes dans la société ?

L’idée que la guerre a bouleversé les rapports entre les sexes est très répandue pendant le conflit et dans l’immédiat après-guerre. Elle fut effectivement une rupture de l’ordre social et familial.

    1. Une expérience de liberté et une accélération de la guerre sur le travail féminin.

On peut en premier lieu souligner l’expérience de liberté et de responsabilité pour la femme pendant la guerre en elle-même. D’abord, par la valorisation du travail féminin au service de la patrie et par l’ouverture de nouvelles opportunités professionnelles, où elle découvre, souvent avec plaisir, le maniement d’outils et de technique ignorés. La guerre brise par nécessité les barrières qui opposaient travaux masculins et féminins, et fermaient aux femmes de nombreuses professions supérieures.

En France comme en Grande-Bretagne, les domestiques trouvent dans l’usine d’armement une occasion inespérée de quitter leurs maigres salaires ou des maîtres tyranniques. Et puis, durant l’absence des hommes, les femmes adoptent de nouveaux comportements en prenant conscience de leurs capacités et de leur nouvelle indépendance financière. Ainsi, elles sont pour un temps les « chefs de famille », ce qui inclut la gestion du portefeuille familial. Rôle traditionnellement réservé aux hommes puisqu’auparavant, la femme passait du statut de fille sous la garde de son père à celle d’épouse sous celle de son mari, et donc jamais ne disposait personnellement de son argent (alors que là elle le gagne).

L’aspiration des femmes des couches moyennes et supérieures à exercer des professions libérales, intellectuelles ou commerciales connaît une vigueur nouvelle. Ces ambitions trouvent un début de réalisation par l’ouverture aux filles des écoles nationales de commerce en 1915 et la plupart des écoles d’ingénieurs comme la fameuse Centrale en 1918. Partout, les filles entrent dans les bastions de la haute éducation comme La Sorbonne ou Oxford. Les institutrices voient leur situation s’améliorer, et la profession se féminise, même dans les écoles de garçons, à tel point que les instituteurs craignent d’être évincés. De même, les services au féminin tels que les cafés, les commerces et les banques, rendent les femmes visibles dans l’espace public et font apprécier leurs qualités d’honnêteté et de discrétion.

Pour les femmes des couches moyennes et aisées, la guerre est une période d’intense activisme qui bouscule le cloisonnement social mais aussi les rigidités de la mode bourgeoise. Car, en raison de leurs nouveaux métiers, les femmes changent peu à peu leur apparence pour se rapprocher du modèle androgyne. C’est ainsi que la mort du corset, le raccourcissement des jupes et la simplification du costume libèrent le corps et facilitent le mouvement. Aussi, la mode des cheveux courts s'impose peu à peu dans les mentalités, notamment sous l'influence des premières "garçonnes", dont Coco Chanel est l'égérie. Malgré l'impulsion de ce modèle dans la mode et les milieux bourgeois, c'est avant tout à la campagne et dans les usines que les femmes se masculinisent, pour jouir d'une plus grande aisance au travail.

A la faveur de la rationalisation du travail, on assiste à un élargissement des tâches féminines, et donc à l’émergence de métiers mixtes (elles pénètrent particulièrement dans les bureaux, les services publics et administratifs), et c’est en cela que l’évènement a souvent été considéré comme une véritable rupture. On peut désormais affirmer que la guerre a été un accélérateur pour le travail des femmes dans l’industrie et dans les bureaux.

Enfin, au lendemain de la guerre, si le travail des femmes dans la métallurgie fait l’objet de vives critiques, économistes et industriels sont favorables à son maintien, car il s’est révélé particulièrement rentable du fait de l’introduction de nouvelles formes d’organisation scientifiques du travail (travail à la chaîne, rémunération aux pièces). Grâce à une conjoncture favorable et dans un contexte de pénurie de main d’œuvre d’après guerre, les femmes cessent d’être massivement concentrées dans les industries traditionnelles pour investir des secteurs en expansion comme la métallurgie, la chimie, l’électricité ou l’industrie alimentaire. Par exemple, dans les années 20, les femmes représentent 14 % des ouvriers de la métallurgie de la Seine, la métallurgie devenant le second secteur d’emploi féminin après le vêtement. Tous ces mouvements témoignent donc d’une certaine redistribution positive des cartes entre hommes et femmes.
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