Le terme d’autogestion signifie «gestion par soi-même» : du grec





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II- De la fin du XIXième siècle à 1914, la mise-en-place des différents modèles syndicaux.

Les années 1890 sont celles du développement de la grande industrie et du syndicalisme de masse. Le ralliement de couches ouvrières moins qualifiées au syndicalisme gonfle et transforme le mouvement. Au RU, c'est le new unionism plus combatif et qui a des attentes politiques plus audacieuses. D'où l'idée d'un appendice parlementaire dominé par le syndicat. Le TUC crée son parti qui devient le Labour Party en 1906. Le modèle travailliste est en place.

En France, en réaction à la Fédération nationale des syndicats subordonnée au parti guesdiste, Pelloutier fonde la Fédération des Bourses du travail. Elle représente le syndicalisme révolutionnaire. En 1895, la CGT est fondée et les guesdistes en sont exclus.

En All, la Commission générale des syndicats (ADGB) rassemble les syndicats socialistes puis Legien réussit à imposer un véritable organe de liaison.

La période 1900-1910 correspond à l'apogée du syndicalisme révolutionnaire. Cf chant écrit en 1910 illustre l'idéal syndicalisme révolutionnaire:

Révolution pour que la terre

Soit un séjour égalitaire

Révolution pour renverser

Tout ce qui peut nous oppresser

Révolution pour que les sciences

En paix nous donnent leurs jouissances

Par la raison et par l'action

Debout, partout, Révolution.

Révoltez-vous parias des usines

Revendiquez le fruit de vos travaux

Emparez-vous des outils, des machines

Comme au travail, au gain soyez égaux.

Ne criez plus contre caux qui l'endiguent

Brisez la digue, il s'épandra partout.

idéal de transformation immédiate et violente de la société qui semble hérité du positivisme scientiste. Il faut voir une référence à la grève générale et au Grand soir. Il faut renverser cette société inégalitaire confisquée par une bande de profiteurs. Il y a la foi dans un bonheur naturel décuplé par l'habileté et l'ingéniosité de l'Homme. Ce syndicalisme révolutionnaire se développe principalement en France mais contamine RU et All.

En France, la direction de la CGT est anarchosyndicaliste. Entre 1902 et 1906, l'atmosphère est insurrectionnelle. Oct 1906: Charte d'Amiens proclame l'indépendance du syndicalisme par rapport aux partis. Mais le syndicalisme révolutionnaire est en crise. La CGT est majoritairement réformiste. A partir de 1906, les conflits du travail deviennent plus dures et plus sanglants. Jouhaux, le nouveau SG, va faire évoluer la CGT vers le réformisme.

Au RU, il y a une poussée révolutionnaire pendant les années 1910: mineurs, cheminots, transporteurs s'allient dans un grand mouvement de grèves. Cependant, le syndicalisme britannique est trop imprégné d'éléments nationaux (corporatisme, tradition chrétienne, réformisme) pour être révolutionnaire.

En All, le syndicalisme minoritaire et agressif évolue vers un syndicalisme de masse, de dialogue et de participation. En 1906, le syndicalisme allemand s'affranchit de sa tutelle politique. Il se veut pragmatique pour améliorer graduellement la condition ouvrière plutôt que de transformer la société bourgeoise.

Le syndicalisme chrétien se développe en réaction au socialisme. En 1891, avec l'Encyclique Rerum novarum, l'Eglise propose enfin la création de corporations ouvrières. C'est en Allemagne que le syndicalisme chrétien a le plus de succès. Il n'y a pas de syndicalisme chrétien au Royaume-Uni parce que le christianisme n'est pas source de clivage. En France, où le mouvement ouvrier est majoritairement anticlérical, le syndicalisme chrétien est tardif et attire surtout des employés et est considéré comme jaune. Pourtant, il existe aussi des syndicats spécifiquement jaunes: ils veulent collaborer avec le patronat pour lui arracher ses profits.

Les héritages du XIXième siècle se renforcent mais à la veille de la Première guerre mondiale on constate l'essoufflement de la lutte des classes. La guerre ne déclenche ni mutinerie ni désertion alors que syndicalisme est capable de mobiliser des forces considérables.

III- De 1914 aux années 1930, la guerre puis la crise affaiblissent le syndicalisme tout en favorisant le réformisme.

Le mouvement ouvrier est divisé entre la majorité qui se rallient à la Défense nationale, une minorité favorable à la coopération internationale socialiste, une minorité favorable à la révolution. Mais les nationalismes l'emportent.

Pendant la guerre, les syndicats collaborent avec l'Etat pour préserver les droits des travailleurs. On ne s'oriente pas vers lutte des classes mais vers social-démocratie.

Vers 1917, il y a un regain de tension sociale. D'autant plus que la Révolution russe suscite l'enthousiasme d'une partie des ouvriers. Mais en All, les syndicats sont une force antisubversive qui contrarie les objectifs des spartakistes. En France, la CGT est partagée entre la majorité qui soutient l'Union sacrée et une minorité qui soutient les soviets. Au sortir de la guerre, les syndicats all jouent un rôle important dans la reconstruction mais leur action facilite le rétablissement de l'économie de marché au profit du capitalisme. En France, les effectifs augmentent sans que la CGT devienne un syndicat de masse. La direction de la CGT se montre réformiste mais la base a des comportements révolutionnaires lors des grèves entre 1919 et 1920.

Pendant les années 1920, croissance économique sauf en Angleterre. C'est la seconde révolution industrielle. Nouvelles méthodes de production importées des Etats-Unis modifient la condition des travailleurs. Le syndicalisme perd des effectifs et le réformisme progresse. Le syndicalisme all renonce officiellement à la lutte des classes et à la dictature du prolétariat. Au RU, une période de grèves est à son comble en 1926 mais c'est un échec. En 1927, une législation antisyndicale renverse la tendance séculaire qui permettait au syndicalisme de tenir une place éminente dans la vie sociale et économique. En Fr, « des révolutionnaires sans révolution et des réformistes sans réformes » selon Lefranc. Par scission avec la CGT, la CGTU rassemble les antiréformistes et les ouvriers non-qualifiés, colle à toutes les revendications, est soumise au PCF. Elle devient l'avatar marxiste-léniniste du syndicalisme révolutionnaire. Avec l'augmentation du poids de la petite et moyenne bourgeoisie, la CGT n'est plus antiétatiste ni ouvriériste, elle se modère et soutient la gauche parlementaire.

Au moment de crise des années 1930, le syndicalisme européen est affaibli et divisé. Après 1933, regain de combativité sauf au RU. La crise s'atténue et il y a des avancées sociales: réduction du temps de travail, contractualisation des rapports sociaux. Les effectifs augmentent parce que le syndicat apparaît comme le meilleur défenseur des droits des ouvriers. Mais en 1938 c'est une chute brutale. Quand la guerre arrive, le mouvement syndical est affaibli et divisé de nouveau.

En Fr, la CGT joue un rôle décisif dans la victoire du Front populaire. Avec les accords de Matignon, on va vers une procédure contractuelle entre les partenaires sociaux. Puis des tensions internes à la CGT. Les effectifs diminuent. En 1939, le pacte germanosoviétique plonge les communistes dans la clandestinité.

Au RU, TUC et LP deviennent sensiblement plus modérés. Pendant la dépression, l'action sociale de l'Etat notamment l'allocation chômage assure la paix sociale. Les syndicalistes Bevin et Citrine sont participationnistes et hostiles aux communistes.

En All, la crise de 29 favorise la montée du nazisme. L'ADGB adopte une attitude temporisatrice: elle attend que les choses s'améliorent. Après 1933, le syndicalisme allemand s'écroule. Les nazis imposent un syndicalisme officiel et subordonné: l'Arbeitfront, de type corporatiste, auquel patrons et ouvriers doivent obligatoirement adhérer. Les syndicalistes sont en exil et les mouvements de résistance sont vaincus par la répression.

Le syndicalisme évolue vers le réformisme à la manière d'une procession expagnole pour diverses raisons. Une minorité résiste à cette évolution notamment en France. Les périodes de dépression ou de crise économique peuvent provoquer des poussées révolutionnaires éphémères. Il y a l'effet de la Révolution d'Octobre.

La Première guerre mondiale sert de matrice de compréhension du syndicalisme d'Entre-deux-guerres. La collaboration avec l'Etat préfigure la dérive réformiste et la Révolution d'Octobre donne un nouveau souffle au syndicalisme révolutionnaire.

La question du rapport au parti politique, au capitalisme sont des facteurs de différenciation et de division. Plus l'économie est développée, plus le syndicalisme est puissant, plus la législation sociale est avancée comme en All ou au RU. Plus l'économie est en retard, plus le syndicalisme est faible, plus les revendications sont idéologiques et ambitieuses comme en France. Le syndicalisme français est divisé par le poids des idéologies révolutionnaires et entretient un rapport conflictuel avec la politique. Le syndicalisme allemand est réformiste et mène une action complémentaire à celle du parti. Le syndicalisme britannique est pragmatique, réformiste et domine longtemps le parti politique. Cette classification montre que l'action syndicale est dépendante du cadre national. Elle est avant tout façonnée par le comportement de l'Etat, le développement économique, les héritages culturels.

Temps forts de la lutte. 1905-1906: grands conflits dans la métallurgie et le bâtiment dans la Ruhr et agitation autour du 1er mai en France.

1910-1912: grande grève des cheminots français, des mineurs allemands, grande grève au RU.

Dans l'espace industriel Nord-occidental se développe au XXème siècle le syndicalisme social-démocrate et réformiste mais il doit encore faire face au syndicalisme révolutionnaire et au syndicalisme marxiste orthodoxe.Ca montre la dérive réformiste du syndicalisme socialiste qui s'installe dans le système capitaliste. En 1900, les modèle syndicaux sont en place: syndicalisme socialiste, révolutionnaire, travailliste, chrétien. Chants p.17.


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