Le terme d’autogestion signifie «gestion par soi-même» : du grec





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Martin Lebègue 2PES3

L’autogestion.
-Le terme d’autogestion signifie « gestion par soi-même » : du grec autos « soi-même » et du latin gestĭo, « gérer ». La définition la plus généralement admise de l’autogestion est « la gestion d’une entreprise par le personnel ». Néanmoins, l’histoire nous montre que l’autogestion ne s’est pas bornée aux seules entreprises en tant que mouvement social mais a ensuite été utilisée à d’autres échelles (entreprises d’une même branche ou ensemble des entreprises).

Pierre Rosanvallon explique que « le propre de l’autogestion c’est d’avoir été un mouvement social avant d’être une doctrine. ». En effet, le terme lui même n’apparait en France que dans les années 1950

Quel a donc été le cheminement de l’autogestion au cours de l’histoire et qu’en reste t-il aujourd’hui ?


  1. Les origines théoriques de l’autogestion.




  • Plusieurs débats existent concernant les sources doctrinales de l’autogestion. Le seul point de consensus entre les spécialistes semble être le fait que toutes ces théories ont fourni des réponses à la question du pouvoir au sein d’une entreprise.

  • Charles Fourier (1772-1837) : premier à utiliser le terme de « phalanstère » en voulant regrouper des communautés d’ouvriers qui exerceraient un « travail attrayant »  jugé comme une utopie. Tous les domaines de la vie humaine seraient alors pris en compte : éducation, habitat, culture, vie quotidienne.

  • Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865) : consensus pour dire qu’il n’est pas « le père de l’autogestion » mais que son influence reste considérable. Il veut l’abolition du salariat et la gestion des entreprises par les salariés : chaque ouvrier « deviendra l’associé ». Proudhon est alors critiqué par Marx et Bakounine qui lui reprochent d’être « réformiste » et non « révolutionnaire » et donc de ne pas permettre aux ouvriers d’être érigés en classe dominante. Cela expliquera la scission de l’AIT (association internationale des travailleurs) entre les Bakouninistes-anarchistes et les Proudhonistes-réformistes.

  • Michel Bakounine (1814-1876) : chef de file du courant anarchiste au sein de l’AIT, Bakounine a également été une des sources doctrinales de l’autogestion en proposant « la gestion directe des travailleurs dans l’organisme de base ».

  • Karl Marx (1818-1883) : les réflexions de Marx sur l’autogestion sont dispersées mais peuvent être regroupées et n’excluent pas l’existence d’un projet dans la pensée Marxiste. Mais l’intérêt réside dans le fait que Marx a par la suite inspiré des penseurs comme Kautsky, Lénine ou encore Trotsky.




  • Malgré la diversité des origines théoriques de l’autogestion, il est possible d’établir plusieurs refus mais aussi objectifs au sein du concept d’autogestion.

  • L’autogestion apparait comme un double refus : celui du pouvoir du capital et celui de la bureaucratie. En résumé elle se veut une « forme d’autogouvernement à tous les niveaux » comme le précise M. Sallon.

  • Le principal objectif du courant autogestionnaire est la réinvention de la démocratie. On recherche la « démocratie authentique » et non la « démocratie apparente » ou bourgeoise dirigée par une caste. On y préfère donc la démocratie directe, le mandat impératif révocable et la décentralisation généralisée.




  1. Les exemples d’autogestion.




  • Des tentatives d’autogestion d’entreprises peuvent être trouvées tout au long du XIXème siècle :

  • Les « équitables pionniers de Rochedale ». Mouvement crée par les partisans de Robert Owen (1771-1858) qui est à la base du mouvement coopératif (se différenciant de l’autogestion par sa soumission à la concurrence). Ce mouvement fera des émules en Europe mais 25% de ces communautés ne vivent pas plus de 2 ans.

  • Les phalanstères connaissent leur heure de gloire au XIXème siècle avec comme meilleur exemple le Familistère de Guise (1849-1970) dans l’Aisne créé par l’industriel Jean-Baptiste Godin. C’est le seul réel succès de phalanstère en France. Il existe d’autres exemples en France comme la Colonie de Condé-sur-Vesgre (1832-1835) près de Rambouillet mais aussi en Europe comme en Roumanie à Scâeni (1834-1835) ou la communauté est réprimée par l’armée ou en Russie à Petrachevski près de Saint-Pétersbourg (1845)

Ces exemples représentent les embryons du mouvement autogestionnaire qui va connaitre un essor rapide vers la fin du XIXème siècle mais sous des formes beaucoup plus achevées.


  • La première expérience d’autogestion au sens strict du terme est sans conteste la Commune de Paris. Après l’insurrection qui débute au mois de Mars 1871, il s’établit un conseil de la commune d’inspiration Proudhonienne qui rédige un décret le 16 avril voulant « présenter un rapport établissant les conditions pratiques de la prompte mise en exploitation de ces ateliers [...] par l’association coopérative des travailleurs qui y étaient employés. » Ces assemblées sont donc révocables à tout moment. Marx parle à ce propos de « gouvernement bon marché » puisque le peuple s’autogouverne avec l’abolition du patronat et du salariat. Ce mouvement restera donc éphémère puisque réprimé lors de la « semaine sanglante » (21-28 mai) mais pose les bases de ce que seront les conseils ouvriers.




  • Les conseils ouvriers se développent surtout entre les deux guerres mondiales :

  • Les Soviets de Russie : nés en 1905 à Ivanovo sous l’impulsion de Frounzé et Boubnov puis à Saint Petersbourg grâce à Trotsky. Ces conseils disparaissent avec l’échec de la révolution de décembre 1905 puis réapparaissent en 1917 donnant naissance aux comités d’usine. Ces comités sont alors contrôlés par les Bolcheviks et jouent un rôle économique essentiel avant d’être nationalisés et de passer sous la domination du parti au pouvoir.

  • Suite à la première guerre mondiale, d’autres pays suivent alors l’exemple Soviétique. L’Allemagne, la Hongrie, l’Italie, l’Espagne et dans une moindre mesure l’Autriche, à l’image des ouvriers de Munich contrôlant l’administration durant 19 jours fin 1919, mais toutes ces tentatives furent anéanties par les gouvernements car restant marginales et très localisées.



  • Enfin au cours du XXème, des régimes entiers se sont revendiqués de l’autogestion :

  • La Yougoslavie (1950-1965) va essayer de généraliser l’autogestion des entreprises à l’ensemble du pays. Le 26 juin 1950, lors d’un discours, Tito parle de : « transfert de la gestion des usines et des autres entreprises industrielles des mains de l’état aux mains des ouvriers ». Ce système est donc généralisé mais les spécialistes de l’autogestion remarquent la main mise qu’a conservée l’Etat sur ces conseils d’usines. Il existe un dualisme entre un état fort au niveau national et des groupes autogérés au plan local. Cet exemple n’est donc qu’une ébauche d’autogestion.

  • L’Algérie accepte l’autogestion par les ouvriers et met en place une hiérarchie d’organes autogérant les entreprises grâce au décret du 22 mars 1963 : « 1) L’assemblée générale des travailleurs, 2) Le conseil des travailleurs, 3) Le comité de gestion, 4) Le directeur. » Mais rapidement les directeurs reprirent le contrôle des différentes entreprises autogérées.

    Ces exemples retentissent donc tous comme des échecs mais avaient tous pour objectif d’améliorer les conditions de vie des ouvriers des usines grâce à une répartition plus équitable des richesses dégagées par l’entreprise. L’autogestion est donc petit à petit devenue une doctrine parfois qualifiée d’utopiste.



  1. L’autogestion aujourd’hui.




  • Jean-Michel Lallement explique que « là ou il y a eu l’effervescence sociale de 68, le programme autogestionnaire a été important ». Pierre Rosanvallon parle de « l’âge d’or de l’autogestion » pensant le « Grand Soir » arrivé. Malheureusement pour lui toutes les tentatives autogestionnaires depuis 1968 se sont à nouveau soldées par des échecs.

En 1968, la classe ouvrière s’intègre de plus en plus au système capitaliste et les conditions de vie des travailleurs s’améliorent bénéficiant de la bonne conjoncture économique. Néanmoins Y. Bourdet et Alain Guillerm dénotent une prise de conscience du prolétariat avec un changement du type de revendications. Les travailleurs se séparent des appareils de partis ou des syndicats afin d’établir des revendications propres à ces ouvriers. Ces derniers souhaitent ainsi s’autogérer. On remarque plusieurs exemples :

  • L’usine LIP à Besançon à l’été 1973. Les ouvriers font grève et remettent eux-mêmes les machines en marche sous le slogan « On fabrique, on vend, on se paie ».

  • L’usine PIL à Cerisay en 1973. Les travailleuses décident de réorganiser la chaine de montage afin de pouvoir se parler lorsqu’elles travaillent.




  • Il s’est également développé en Italie mais aussi en Allemagne des tentatives de prise de contrôle des entreprises par les salariés.

Plusieurs mouvements non-ouvriers ont également tenté de se revendiquer de l’autogestion, preuve de la théorisation dont cette notion a fait l’objet.

  • Des groupes d’extrême-gauche Français comme l’AMR (Alliance Marxiste Révolutionnaire) ou le CCA (Comité Communiste pour l’Autogestion) issus de Mai 68 se sont revendiqués de l’autogestion.

  • Le mouvement féministe allemand se disait également autogestionnaire dans les années 1970.

    Après ces premiers balbutiements en tant que mouvements sociaux épars, l’autogestion s’est réellement affirmée comme une théorie à part entière avec l’existence de la revue Autogestion (1966-1986). L’application de cette théorie n’a jusqu’à aujourd’hui jamais fonctionnée mais elle continue d’exister. Y. Bourdet et A. Guillerm précisent que « lorsque l’utopie est comprise et adoptée par la majorité des hommes, elle devient le mouvement même de l’histoire ».

    Bibliographie :

  • Bourdet Yvon et Guillerm Alain, Clefs pour l’Autogestion, Edition Seghers, 1975.

  • Fay Victor, L’autogestion, une utopie réaliste, Syllepse, 1996.

  • Georgi Franck (sous la direction de), Autogestion, la dernière utopie ?, Publications de la Sorbonne, 2003.

  • Sallon Michel, L’autogestion, PUF, 1976

Un exemple de ville industrielle : Longwy des années 1880 aux années 1930.

Deux ruptures caractérisent l’histoire du bassin de Longwy (appartenant au « Pays Haut », partie la plus élevée du plateau lorrain, entre les côtes de la Moselle et les marnes oxfordiennes de la Woëvre): les grèves de 1905 et la systématisation de l’intervention de l’Etat dans le secteur industriel en 1930.

I- Un développement industriel s’appuyant largement sur le monde rural.

• Au milieu du XIXème siècle, alors que les ouvriers du Creusot s’activent déjà, les minières et petites forges du bassin de Longwy restent immergées dans le monde rural (conditions médiocres de climat et de terre, isolement géographique). L’inauguration de la voie ferrée Paris-Charleville-Longwy est donc un tournant pour la sidérurgie locale: cela permet la division géographique du travail. « La course aux concessions » s’achève dans les années 1880, d’où un partage en règle du bassin. Puis développement extraordinaire des établissements de Longwy; premier haut-fourneau allumé en 1878. Longwy se limite à la fabrication de la fonte transformée en produits marchands dans d’autres régions françaises.

1883, première coulée des Aciéries de Longwy. En 1890, les sociétés sidérurgiques de Longwy, pourtant modestes, fabriquent déjà 1/3 de la production française de fonte, mais seulement 10% de l’acier.

Une région encore très marquée par des habitudes paysannes, une industrie en apprentissage: lenteur du développement industriel dans le bassin de Longwy car insuffisance de la main-d’œuvre malgré la faillite des petites forges. Exode rural: contribue à rassembler les 2 800 ouvriers de l’entreprise en 1896; appoint précieux des forces paysannes en usines car une multitude de tâches se font encore grâce à la traction animale ou à la force de l’homme. Déjà 30% d’ouvriers étrangers dans le canton (immigration surtout frontalière).→ Tout montre qu’il s’agit encore d’une période de transition et d’équilibre.

• Concept d’usine sidérurgique en tant qu’unité productive non encore défini à la fin du siècle: les hauts fourneaux, l’aciérie et le laminoir sont des établissements séparés (faibles liaisons entre ateliers car peu de voies ferrées internes). L’espace foncier acquis par les maîtres de forge dépasse largement l’espace de production (à côté des hauts fourneaux, vers 1880: dortoirs, écurie, hangar, boulangerie, cantine…)

Nombre considérable de métiers de « l’homme du fer », encore artisanaux (mines à ciel ouvert, extraction du minerai proche du travail agricole, transport par charrettes, opération manuelle et délicate de la charge du fourreau…): le rôle des ouvriers demeure donc essentiel pour la production. Pourtant, faible division du travail (on ne sépare pas fabrication et réparation); peu de machines utilisées et place prépondérante de l’outil. → Savoir des ouvriers durement conquis (expérience, force physique, et surtout endurance au feu). Ouvrier de métier irremplaçable (il assure l’apprentissage du successeur), mais souffrance physique répétée. On lui accorde une relative autonomie (adoption du salaire à la tâche, nombreux temps de repos). Force des ouvriers du fer à Longwy à la fin du XIXème liée à l’homogénéité du groupe: persistance d’une tradition communautaire issue de la solidarité agraire.

L’usine bienfaitrice: paternalisme et développement d’œuvres sociales, donc consensus.

-L’absence de vraie rupture avec l’environnement rural permet aux ouvriers d’assurer leur subsistance, donc faible succès rencontré à l’origine par la caisse de retraite des Aciéries de Longwy créée en 1894.

- Hausse des salaires malgré l’afflux de main-d’œuvre. Sollicitude patronale: création de logements (mais la cité ouvrière n’est pas encore le mode d’habitat dominant), fondation d’une école (en 1885, et la population de Longwy est l’une des plus alphabétisées du pays), d’une symphonie et d’une troupe de théâtre pour le personnel afin d’asseoir son hégémonie sur la vie associative. Les maîtres de forge des vieilles familles du bassin exercent un contrôle sur la vie politique locale.  Cette première étape de l’industrialisation du bassin est un décollage en douceur, sans bouleversement total des équilibres antérieurs.

II- 1905 : la déchirure. Une crise et son enjeu.

•Au tournant du siècle, mutations importantes conduisant à un désenchantement. Dès 1898, découverte d’un bassin ferrifère de grande superficie, donc nouveau dynamisme de l’industrie lorraine: le patronat se professionnalise et rompt avec le malthusianisme industriel. De 1895 à 1905, l’effectif des usines métallurgiques de Longwy-Villerupt triple pour atteindre 10 000 ouvriers; mais saturation du marché local du travail et premières formes d’élargissement du recrutement (ouvriers issus des régions industrielles: Ardennes, Nord, Pas-de-Calais, Haute-Marne, Cher). A Longwy, la cité de Gouraincourt loge de nombreux travailleurs. Les villages se vident: pour la première fois dans l’arrondissement, la population industrielle dépasse la population rurale en 1901 (donc manque de bras à la campagne).

• Dans la région de Longwy, si l’extraction à ciel ouvert reste active jusque dans l’entre-deux-guerres, les galeries se développent à partir de 1890. Les paysans lorrains refusent le travail très physique de la mine souterraine, d’où l’emploi d’immigrés (formant près du tiers de la population en 1896).

• Double stratégie pour stabiliser la main-d’œuvre. Œuvres sociales intensifiées (multiplication des sociétés de secours mutuel, élément capital du patronage local en 1900) pour faire accepter la remise en cause de l’autonomie dans le travail en accentuant la gestion ouvrière. Mais ce libéralisme hors de l’usine va de pair avec un renforcement des contraintes dans l’entreprise: amendes, primes de rendement, renvois…

• Au cours des trente années précédant la guerre, nationalisme exacerbé; les patrons tirent profit de cette xénophobie. Rivalités sérieuses et départ des Italiens travaillant aux Aciéries de Longwy en 1902.

• Un vrai syndicat naît à Longwy en 1904, et dès lors c’est l’engrenage. Aux Aciéries, fort courant d’adhésions poussant la direction à renvoyer les meneurs, ce qui renforce le mécontentement. L’explosion se produit en 1905; d’avril à décembre, la Lorraine du fer, et surtout le bassin de Longwy, connaît une extraordinaire révolte touchant les mines et les usines. Les grèves se succèdent et s’illustrent par le soutien dont elles disposent chez les ruraux (industrie locale toujours pas coupée de son environnement rural), les artisans et les commerçants. Même les femmes et les enfants jouent un rôle important (soupes populaires, cortèges…). La force des liens collectifs traditionnels apparaît dans les affrontements patrons-ouvriers: conflits exacerbés, car personnifiés et marqués par une rupture du tissu social. On observe donc une forme typique de révolte ouvrière dans une structure paternaliste.

Mais ligne de fracture et diversité des revendications opposant ouvriers d’usine (Français et frontaliers: refus du système de salaire) et mineurs de fer (en grande partie italiens: préoccupations salariales).

Echec complet aux Aciéries de Longwy, où le mouvement est pourtant le plus long, le plus massif et le plus radical. Néanmoins, ces conflits ont profondément affecté les maîtres de forge (car premiers signes d’une identité ouvrière détachée du patron et de l’entreprise et même construite contre eux).

III- 1906-1930: rationalisation et intervention étatique dans « l’empire du fer et du feu ».

Vague d’innovations technologiques: 1906, programme de mécanisation aux Aciéries de Longwy. Dès 1914, dans un rayon de dix kilomètres: cinq aciéries, des dizaines de hauts fourneaux, sans compter les installations de l’autre côté de la frontière. La préoccupation nouvelle est la rationalisation: appliquer à l’industrie les progrès scientifiques et techniques, et mettre en place l’Organisation Scientifique du Travail (OST). Fortes mutations technologiques, réorganisation de l’espace dans les gigantesques usines sidérurgiques (moteurs, énergie électrique, laboratoires, centres de recherches…). La définition moderne de l’usine sidérurgique se précise: espace clos, circulaire, agrandi et aménagé → réaliser la continuité pour supprimer les temps morts (dispositifs de liaisons dans l’usine). Progrès de productivité indéniables.

• Dès 1906, répression contre les grévistes d’autant plus active que les forces patronales et étatiques se conjuguent. Beaucoup d’étrangers expulsés. Abandon du paternalisme libéral au profit du contrôle total: location en cité obligatoire (contrôle du personnel). Tout est fait pour que l’existence des ouvriers dépende des œuvres sociales: réaménagement complet de « l’économie sociale ». Construction d’enceintes autour des usines, donc accentuation de la rupture avec le milieu rural pour défier les solidarités grévistes. En 24 ans, le nombre d’ouvriers sidérurgistes double (21 000 en 1930), même si la mécanisation supprime des postes. Autonomie ouvrière remise en cause par les innovations scientifiques (instruments de surveillance).

• L’embauche de travailleurs immigrés augmente (Italiens et pays d’Europe centrale) pour les emplois les moins qualifiés. 1914: toutes les nationalités d’Europe représentées dans un territoire de 15 km de long: on parle de « Longwy Far West ». Ces étrangers vivent dans des campements insalubres, donc forte mortalité. Tendance stoppée pendant la guerre; immigration massive relancée à Longwy par l’essor industriel des années 1920. D’ailleurs, lutte entre fascisme et antifascisme (fascio et PCI): c’est « l’Italie à Longwy ».

1927-28, pratiques tayloriennes pour discipliner la main-d’œuvre et légitimer l’ordre social et spatial de l’usine; les patrons prétextent vouloir limiter les accidents de travail. Nouvel accent sur les œuvres sociales: politique de logement (28% des salariés des Aciéries de Longwy logés par l’usine en 1914), construction d’hôpitaux, allocations familiales, assurances sociales, valorisation de l’éducation, création de centres d’apprentissage… Mais bilan globalement négatif: paternalisme peu rationnel économiquement. Le niveau de vie des ouvriers (devant être aidés par l’entreprise suite à la rupture en 1905 des liens ancestraux de la métallurgie avec le monde rural) reste très précaire. Stratégie des paternalistes pour minimiser les coûts sociaux: culte de l’entreprise, de la patrie et de la famille (pour renouveler la force de travail). Mais coercition: lutte contre les syndicats, contrôle de la vie politique locale, des immigrés et des cités ouvrières, enseignement religieux, respect de la tradition, sens de l’effort…idées répandues par des associations sous l’influence du patronat (sociétés musicales, sportives, nationalistes). Vers 1925, « ouvriérisation » du bassin de Longwy: réussite de la stratégie patronale car hérédité professionnelle forte et même ascension sociale.

• Selon les militants, la révolution peut partir d’un grand centre industriel comme Longwy. 1919: création du syndicat des ouvriers métallurgistes de Longwy; échec des grèves de 1920; politique dure des patronats lorrains (répression, licenciements, suppression des syndicats). Puis la CGT unifie le mouvement (rendu difficile par la répression patronale) autour de la question des salaires, des primes, du statut des immigrés.

→ En dépit d’un renouveau prometteur dans les années 1919-20, faible intensité de la vie politique à Longwy pendant les trente premières années du XXème siècle. Mais emprise des maîtres de forge. Malgré le poids ouvrier (100 000 prolétaires), le bassin de Longwy ne devient pas entre 1906 et 1930 un haut-lieu de la Révolution marxiste, contrairement aux espérances des communistes. La raison essentielle est la division de la classe ouvrière (hétérogénéité culturelle entre Français et immigrés notamment).

→ Puis l’expansion des trois premières décennies du siècle est interrompue par la crise et la guerre.

Les travailleurs immigrés en temps de crise en France :

Une comparaison des années 1930 et 1970

Intro :

I/ Dans les années 1930 comme dans les années 1970, les travailleurs immigrés sont les premières victimes de la récession économique
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