Pologne : un projet obscurantiste sur l’avortement





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ÉTHIQUE

Pologne : un projet obscurantiste sur l’avortement
Le Monde du 3 octobre 2016 par Jakub Iwaniuk
Dans un pays qui a pourtant une longue pratique de la grève, c’est une première : lundi 3 octobre, les femmes polonaises, toutes professions confondues, sont appelées à cesser le travail. Deux jours plus tôt, elles ont également été appelées à manifester, vêtues de noir, pour protester contre une initiative législative visant à imposer une interdiction totale de l’avortement en Pologne.
Pays catholique où l’influence de l’Eglise est puissante, la Pologne a déjà l’une des législations les plus restrictives d’Europe en matière d’interruption volontaire de grossesse (IVG) : cette procédure n’est légalement autorisée que lorsque la santé de la mère est en danger, en cas de viol ou d’inceste, et en cas de pathologie fœtale grave. La proposition de loi, dont l’initiative revient aux organisations militantes « pro-vie » soutenues par l’épiscopat, et qui a été soumise le 23 septembre à une commission parlementaire, vise à rendre la procédure illégale quelles que soient les circonstances, et donc impossible à réaliser en Pologne. Si ce texte est approuvé, ce sera la première fois qu’un pays de l’Union européenne revient sur l’avortement légal. L’IVG est également interdite en République d’Irlande (où le mariage homosexuel est autorisé) et à Malte, mais elle l’a toujours été. L’Espagne a un moment envisagé, en 2014, de restreindre l’accès à l’avortement, puis y a renoncé.
« Contre-révolution culturelle »
Une telle régression serait grave – et pas seulement pour les milliers de femmes qui en subiront les conséquences. Car cette initiative, qui s’inscrit dans la dynamique ultra-conservatrice à l’œuvre depuis l’arrivée au pouvoir du parti de Jaroslaw Kaczynski, le parti Droit et justice (PiS,) en 2015, enverrait un signal de retour en arrière dans un pays qui a si courageusement et efficacement travaillé pour réussir son intégration dans la famille européenne depuis la chute du communisme. Lors d’une récente rencontre, M. Kaczynski et le premier ministre hongrois, Viktor Orban, son plus sûr allié dans l’UE, ont appelé ensemble à une « contre-révolution culturelle ». Que les femmes soient les premières cibles de cette contre-révolution est particulièrement inquiétant. L’un de ses effets sera d’encourager un peu plus les jeunes Polonaises à émigrer dans d’autres pays de l’UE.
Le gouvernement polonais, actuellement dirigé par une femme, Beata Szydlo, est déjà en butte aux critiques de l’UE à propos de la Cour constitutionnelle, paralysée depuis près d’un an par un conflit politique sur la nomination de juges et à propos du traitement des médias publics. L’équipe au pouvoir paraît divisée sur ce projet d’interdiction totale de l’avortement : une partie des responsables du PiS préféreraient éviter d’ouvrir un nouveau front de contestation populaire et de créer un contentieux supplémentaire avec les partenaires européens de la Pologne.
Ils ont raison. A eux de mettre en échec ce projet de loi, qui viole les droits des femmes et ternit considérablement l’image de leur pays. Conquis de haute lutte, le droit à l’IVG fait partie des grands combats des femmes de l’Europe moderne, même si, dans l’UE, il relève de la compétence des Etats membres.

L’égalité et la liberté des femmes sont des valeurs qui unissent les sociétés démocratiques européennes. La Pologne, dont les femmes jouent un rôle de premier plan dans l’économie et la politique, ne doit pas se mettre au ban de ces sociétés par une loi obscurantiste.

Critiques après les propos du pape sur la « théorie du genre » dans les manuels scolaires
Le Monde du 4 octobre 2016 par Mattea Battaglia
Aucun acteur de l’école n’ignore le caractère inflammable de la controverse sur la « théorie du genre ». Sa « part d’irrationnel », disent les syndicats d’enseignants, qui n’ont pas oublié le flot de rumeurs déversé sur l’école, en 2013-2014, dans le sillage de la mobilisation contre le mariage pour tous – une école à qui on a fait le procès de brouiller les repères des enfants, voire leur identité. C’est bien pour cela que la communauté éducative dit prendre « au sérieux » le risque « d’ébranler la confiance entre les familles et l’école » que font courir les déclarations du pape François, dimanche 2 octobre. Dans l’avion qui le ramenait du Caucase, le pontife argentin a accusé les manuels scolaires français de propager un « sournois endoctrinement de la théorie du genre », reprenant à son compte l’anecdote rapportée, a-t-il dit, par un père de famille français dont le fils de 10 ans envisagerait de devenir une fille. La veille, à Tbilissi, il avait déjà évoqué la « théorie du genre » comme l’un des aspects d’une « guerre mondiale pour détruire le mariage ».
« Je regrette cette parole pour le moins légère et infondée, a réagi la ministre de l’éducation, Najat Vallaud-Belkacem, sur France Inter lundi 3 octobre. [Le pape] est lui aussi victime de la campagne de désinformation portée par les milieux réactionnaires. Je l’invite à venir à la rencontre des enseignants, à feuilleter les manuels, les programmes, pour voir que cette théorie du genre n’existe pas. » Et pourtant, à intervalles réguliers, résonne autour des établissements une petite musique prêtant aux contenus ou aux pratiques pédagogiques une tonalité pour le moins équivoque.
En 2011, c’est le chapitre « devenir homme ou femme » inscrit dans les programmes de sciences et vie de la terre, en classe de 1ère, qui avait poussé la droite traditionaliste à protester. Le Vatican avait réagi, amenant le conseil pontifical pour la famille à publier, en France, un ouvrage militant intitulé Gender, la controverse (éd. Pierre Téqui, 2011). Plus récemment, ce sont les « ABCD de l’égalité », un dispositif de lutte contre les inégalités et les stéréotypes expérimenté, en 2013-2014, dans 275 écoles, qui ont été accusés d’être le cheval de Troie, en milieu scolaire, des gender studies – ces études de genre développées aux Etats-Unis et présentes, en France, dans l’enseignement supérieur.
La campagne orchestrée, sur les réseaux sociaux, par les milieux réactionnaires et la « fachosphère » avait pesé sur le climat scolaire, poussant des familles, musulmanes notamment, à suivre l’appel à retirer leurs enfants de l’école une fois par mois, lancé par la militante Farida Belghoul – dont le procès en appel vient d’être renvoyé au 5 décembre. Ces « ABCD » ont beau avoir été stoppés « pour ramener le calme », plaidait il y a deux ans la rue de Grenelle, l’école est restée marquée par ces manifestations de défiance. Mais défiance à l’égard de quoi ? « Les manuels ne comportent aucune mention ni référence à cette théorie du genre », ont réagi tôt ce lundi les éditeurs d’éducation. Et de préciser, par voie de communiqué, que « les différences entre les hommes et les femmes sont abordées sous l’angle factuel des transformations corporelles qui affectent les filles et les garçons au cours de l’adolescence en sciences, et via la lutte contre les stéréotypes et les discriminations dans le cadre de l’enseignement moral et civique ».
Même appel au discernement du côté des syndicats d’enseignants. « On n’enseigne aucune théorie du genre », insiste Francette Popineau, du Snuipp-FSU (majoritaire au primaire), qui se dit « très étonnée de la légèreté avec laquelle le pape s’est exprimé [et de] sa méconnaissance totale de ce qui existe dans l’enseignement français ». Depuis 1989 est inscrite aux programmes une éducation à l’égalité filles-garçons, dans le cadre de la lutte contre les stéréotypes et les discriminations. Ce n’est pas un cours en tant que tel : en classe l’enseignant est vigilant aux rôles assignés socialement à chaque enfant – « conscient que cela aura, demain, une incidence sur ses choix d’adulte, l’orientation, le métier, reprend Mme Popineau. On veille à ce que filles et garçons rangent ensemble. A faire passer le message que les garçons ont le droit de faire de la danse comme les filles du foot… Mais on n’est pas très performant, ironise l’ancienne enseignante : le chantier a été inauguré il y a des décennies, et les stéréotypes ont la vie dure… y compris dans nos manuels ! »
Le coup de projecteur que braque le pape intervient dans un contexte particulier : les manuels font peau neuve en 2016, comme les programmes. « Comme par hasard depuis une semaine, des comités de parents qui se disent vigilants [ou « vigiGender »] diffusent en masse leur prose vers les écoles de nombreux départements », s’alarme Christian Chevalier, du SE-UNSA. La fédération de parents FCPE se dit « très inquiète », sans pouvoir attester de la constitution de listes de parents « vigiGender » pour les élections nationales du 7 octobre. A sept mois de la présidentielle, la thématique peut-elle raviver les clivages idéologiques et décentrer les débats sur l’école ? Les premières réactions, à droite, sont mesurées. « [Le pape] est allé un peu vite en besogne », a réagi Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate à la primaire de la droite, sur Europe 1. « Dans une période un peu régressive, ça ne pronostique rien de bon du niveau du débat, conclut Mme Popineau. Les idées passéistes ne servent pas l’école, pas plus qu’elles ne servent la société. »
PMA : renouvellement sous haute tension du Comité consultatif national d'éthique

Le Figaro du 6 octobre 2016 par Agnès Leclair
Douze nouveaux membres sont attendus dans cette instance, saisie sur des sujets comme la fin de vie ou la gestation pour autrui (GPA). Sa nouvelle composition fera-elle basculer son avis en faveur de la PMA « pour toutes » ?
Le CCNE (Comité consultatif national d'éthique), instance de réflexion régulièrement saisie sur des sujets de société aussi sensibles que la fin de vie ou la gestation pour autrui (GPA), vient de voir sa composition partiellement renouvelée par un arrêté publié mercredi au Journal Officiel. Douze nouveaux membres y sont attendus tandis que cinq anciens membres renouvelables s'apprêtent à entamer un deuxième mandat. Un renouvellement prévu par ses statuts. Mais son évolution est observée à la loupe alors que le président de la République a déclaré qu'il suivrait l'avis de l'instance sur le sujet très controversé de l'ouverture de la PMA (procréation médicalement assistée) aux couples de femmes et aux célibataires. Un sujet hautement inflammable qui a divisé la gauche et mit les troupes de la Manif pour tous dans la rue à plusieurs reprises.
C'est donc dans un contexte très tendu que l'avis du CCNE sur la PMA, initialement annoncé pour l'automne 2013, se fait attendre. Sa nouvelle composition fera-elle basculer l'avis du CCNE en faveur de la PMA « pour toutes » alors que l'on disait le CCNE très divisé sur cette question ? « C'est un sujet où nous avançons lentement car c'est la première fois que le CCNE l'examine de manière transversale. PMA pour les femmes seules, pour les couples de femmes, anonymat du don, conservation des ovocytes, GPA: nous revisitons l'ensemble des questions sur les indications sociétales de l'AMP, indique le président du CCNE, Jean-Claude Ameisen, au Figaro.

Ce renouvellement, prévu par les statuts, a repoussé l'avis de plusieurs mois. De nouvelles personnes, de nouveaux regards... cela relance le processus. Nous espérons pouvoir le rendre à la fin de l'année ou début 2017 ».
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