Lourdes Viladomiu, Jordi Rosell et Gemma Francés Dpt. Economia Aplicada, Universitat Autònoma de Barcelona





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La diversification des exploitations agricoles et leur contribution au développement des milieux ruraux : le cas de la Catalogne

Lourdes Viladomiu, Jordi Rosell et Gemma Francés

Dpt. Economia Aplicada, Universitat Autònoma de Barcelona


jordi.rosell@uab.es


  1. Introduction


La diversification des exploitations agricoles, c’est-à-dire, le développement de plusieurs activités agricoles non conventionnelles à l’intérieur de l’exploitation, fait maintenant l’objet d’une attention de plus en plus soutenue. Dans le cas de certaines exploitations agricoles, la diversification on farm constitue un mécanisme de survie, contribuant ainsi à stabiliser la population dans le milieu rural et à maintenir l’impact positif de l’activité agricole sur l’environnement. De plus, la diversification on farm contribue à élargir la base de la production dans le monde rural.
L’agriculture catalane, que ce soit en terme de création d’emploi ou de participation au PIB, est d’une faible importance dans l’économie catalane. Néanmoins, certaines zones de la Catalogne dépendent beaucoup de ce secteur. L’agriculture catalane se caractérise par sa grande diversité, du fait des différents types de climat, de la typologie des fermes (telles que la superficie, le régime foncier, etc.), les orientations de production, l’importance de l’irrigation, etc. En ce qui concerne la production, le nord et, particulièrement, les zones montagneuses ont d’importantes étendues consacrées à l’élevage, tandis que la production intensive du bétail se trouve principalement dans la province de Lleida et les zones péri-urbaines (engraissement de porcs, volaille). D’autres régions de la Catalogne sont aussi renommées pour leur vin et la production d’olives ; les plus importantes d’entre elles se trouvent dans le sud et le sud-ouest (les comarques de Alt Penedès, Baix Penedès, Priorat, Conca de Barbera, Alt Camp, Baix Camp, etc). Il existe 13 marques déposées en Catalogne, dont neuf pour le vin, deux pour l’huile d’olive, une pour le fromage et une dernière pour la noisette. La production des céréales est très diversifiée -blé, orge, maïs, riz, etc.- et se répand à travers tout le territoire. La culture de fruits et légumes est très commune dans les régions avoisinant la zone métropolitaine de Barcelone.
La Catalogne bénéficie de conditions optimales pour la diversificiation de la production dans les exploitations agricoles. Grâce à sa situation géographique et à son relief (dans la Méditerranée et en même temps dans la partie extrême orientale de la cordillère des Pyrénées), elle jouit d’une grande variété de paysages et de climats. La région bénéficie aussi de la grande taille de Barcelone (quatre millions d’habitants) et de l’accés facile, à partir d’elle, à tout le territoire catalan. Les exploitations agricoles sont généralement de dimensions physique et économique réduites, mais avec une grande variété de production et une longue tradition d’esprit d’entreprise. Enfin, le tourisme est une activité de grande importance dans l’économie catalane.
Cette communication a pour objet d’analyser les différentes modalités de diversification dans les exploitations agricoles catalanes, chercher les motifs poussant à l’introduction de nouvelles activités et présenter les stratégies adoptées. En premier lieu, nous aborderons les questions d’ordre conceptuel et la méthodologie de l’investigation, pour ensuite analyser les résultats du travail empirique, tout en mettant l’accent sur les stratégies adoptées par les exploitations agricoles. Nous concluerons l’article par quelques remarques.

Concepts et méthologie
La diversification des exploitations agricoles n’est un concept facile, et, de fait, il n’existe pas de définition précise (Gillmor 1995). De nombreux auteurs voient la diversification comme le développement d’activités non traditionnelles (Ibery, 1991; CAMAR project, 1994), ou encore la mise en œuvre d’activités ou d’entreprises alternatives (Bowler et al., 1996). Il s’agit d’activités différentes de celles propres à l’agriculture conventionnelle. Par «conventionnelle» on entend l’agriculture productiviste dominante.
Il faut différencier deux formes de base dans la diversification des exploitations agricoles: la diversification purement agricole et la diversification structurelle ou entrepreneuriale-business structure diversification-(Ibery & Bowler,1993; Carter, 1999). La diversification agricole comprend la culture et l’élevage non conventionnels dans la zone. A titre d’exemples, on peut citer l’agriculture organique, les travaux forestiers etc., mais en principe la liste change selon l’époque, la zone, et voire l’exploitation agricole. L’élevage de lapins peut être une activité de diversification dans une zone, tandis que dans une autre elle représente une activité conventionnelle. Dans notre recherche, nous avons limité la diversification agricole aux activités ayant un caractère innovateur (Blanchet, J., 2000; Clark et al., 1999).
La diversification structurelle ou entrepreneuriale suppose le développement d’activités non agricoles basées sur l’exploitation même. Des exemples de cette forme de diversification sont le tourisme agricole, la vente directe, l’élaboration de produits agricoles, la location de terrains et édifices pour des usages non agricoles,etc. Toute une gamme d’activités n’ayant en commun que leur caractère non agricole sont possibles.
La diversification des exploitations agricoles fait référence à des activités basées ou développées dans l’exploitation même, par conséquent elle fait partie de la pluriactivité. Ce dernier concept correspond à une réalité plus ample qui inclut le travail des membres de la famille en dehors des exploitations (Arktelon Trust, 1987). Agriculture à temps partiel et pluriactivité ont été largement étudiées en Espagne : Etxezarreta (1985), Etxezarreta et al. (1995), et Arnalte (1980, 1990, 1997). Par contre, les analyses de la diversification dans les exploitations sont beaucoup moins nombreuses et se concentrent généralement sur des activités spécifiques comme l’agrotourisme Cànoves y García Ramón, 1995; Caballé, A. 1999; Nieto, 1998; Cals, J. et al., 1995; Boté Gómez, V. 1992; Navalón, M.R., 1995; Carazo, 1982).
Les facteurs qui influent la diversification des exploitations agricoles sont de caractère très divers. Bien qu’il soit généralement accepté que la diversification des exploitations est influencée par des facteurs externes et internes (Bowler, I. et al , 1996; Gillmor, D., 1995), certains auteurs soutiennent que les éléments externes ou contextuels sont fondamentaux pour arriver à appréhender la diversification on farm : les possibilités du marché local, la politique mise en oeuvre et les implications de la globalisation sont ainsi indiquées (Marsden et al., 1989). Tandis que d’autres insistent sur les facteurs internes: taille, composition de la famille (Padel, S., 2001).
Nous analyserons dans cet article la diversification agricole aussi bien que la diversification structurelle ou entrepreneuriale basée. Toutefois, notre analyse de la diversification agricole se limitera aux activités innovatrices. Les données sont tirées de la recherche «Innovation, Diversification and European Agricultural Situation» (FAIR6-CT98-4228) financée par l’Union Européenne. L’objet de cette recherche est d’analyser les stratégies de diversification et d’innovation dans différentes zones agricoles européennes. Le travail se réalise conjointement avec des équipes de France, Grande Bretagne et Suède1.
La méthodologie adoptée pour cette recherche comprend la réalisation, dans chacun des domaines d’étude, d’une enquête auprès d’exploitations diversifiées et non diversifiées (farm survey), d’une série d’interviews approfondies d’acteurs publics aussi bien que privés concernés par la diversification (institutional analysis) et de 15 études de cas détaillées à travers la réalisation d’agendas dans lesquels les agriculteurs diversifiés innovateurs ont mentionné les évènements les plus significatifs pendant plusieurs mois.
L’information utilisée ici provient principalement des 85 enquêtes qui ont été menées sur les exploitations agricoles diversifiées. La sélection des agriculteurs diversifiés s’est faite après un travail minutieux de recherche d’exemples de diversification suivant différents contextes géographiques et agronomiques.
Les 85 exploitations sélectionnées ont été divisées en quatre groupes selon leur activité principale c’est-à-dire celle qui contribue le plus au revenu de la famille. Une division entre diversification agricole et non agricole (ou structurelle) a été faite. Nous avons extrait de la première une catégorie à part, qui supposait des pratiques environnementales, à savoir les productions organiques et intégrées. Donc le groupe 1, Diversification de la production agricole, est ainsi constitué : la culture, l’élevage et des activités forestières non conventionnelles, l’aquaculture et l’apiculture. En ce qui a trait à l’autre groupe (le 4), Agriculture écologique, celui-ci comprend les productions intégrées et ecologiques. La diversification non agricole a été subdivisée entre diversification plus traditionnelle correspondant à la valorisation de la production agricole (transformation, vente directe) et services agricoles inclus dans le groupe 2 Diversification traditionnelle, et les services non agricoles basés sur l’exploitation (agrotourisme, artisanat, etc.) inclus dans le groupe 3 Production et services non agricoles.
Le dernier recensement agricole date de 1999, et incorpore pour la première fois des activités qui ne sont pas directement agricoles réalisées dans les exploitations agricoles. Le tableau 1 en donne le détail. A noter qu’il s’agit d’une classification différente de celle adoptée dans notre recherche..On observe dans le tableau 2 l’importance de la vente directe présente dans presque 7% des exploitations agricoles, suivie par la transformation in situ de produits (700 exploitations) et l’agrotourisme (438 exploitations).

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