La Lettre du Cercle





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La Lettre du Cercle


CERCLE POUR L'AMENAGEMENT DU TERRITOIRE

Siège social : 14, rue de la Tour, 75116 PARIS

Numéro 46 – Mai 2011

www.cpat.asso.fr



-

EDITORIAL





Le Cercle reçu à l’IPEMED : en pleine actualité.
Jean-Louis Guigou, ancien délégué à l’aménagement du territoire et fondateur de « l’Institut de prospective économique du monde méditerranéen » avait convié le Cercle à prendre connaissance des travaux et des réflexions que mène l’Institut autour des solidarités euro-méditerranéennes.
En pleine révolution du jasmin, ce thème ne pouvait laisser le Cercle indifférent et nous étions nombreux à répondre à cette invitation.

Nous avons été, d’entrée de jeu, plongés en pleine actualité puisque Radhi Meddeb, président de l’Institut, nous a décryptés, de l’intérieur, les évènements qui, alors, secouaient la Tunisie et fait partager grands espoirs et quelques craintes suscités par ce soulèvement.

Jean-Louis Guigou nous a ensuite rappelé l’organisation et décrit les activités de l’Institut. Les diapos qu’il a commentées sont reproduites ci-après.
Depuis le 15 février, de nouveaux mouvements ont affecté d’autres pays du pourtour méditerranéen. Et ce que nous avons entendu le 15 février prend soudain une dimension nouvelle : rapprochement euro-méditerranéen, coopération économique, co-développement, croissance solidaire…notre proximité exige que l’on exploite désormais rapidement les atouts de nos complémentarités.
« Parmi les nombreuses attentes - conclut Jean-Louis Guigou - en Tunisie mais aussi au Maroc et dans les autres pays de la Méditerranée, il y a la refonte des structures politiques (communes, départements, régions…), c'est-à-dire l’architecture politique du territoire et les questions d’aménagement du territoire…

Des domaines où les membres du Cercle pourraient réaliser des missions et des expertises…bénévoles, hormis les frais de déplacement et de séjour ! ».
Dans ce présent numéro de la Lettre, Ivan Chéret nous écrit une « page d’histoire » passionnante. Elle nous rappelle les conditions dans lesquelles ont été créées les agences de bassin en 1964 et comment la Datar a porté ce projet qui a permis, et permet toujours, une gestion sage et cohérente des ressources en eau.

Jean-Marie SIMON

Sommaire


editorial

Jean-Marie SIMON


1

La prochaine Lettre du Cercle

Jean-Marie SIMON


2

Actualités méditerranéennes et perspectives

compte-rendu d’une réunion
animée par Jean-Louis Guigou
délégué général de l’Iipemed
avec la participation de Radhi Meddeb

président de l’Iipemed

Jean-Marie SIMON




pages d’histoire
Les agences de l’eau


Ivan CHERET




breve

- Le havre ou Anvers ?

Jean-Marie SIMON









ACTUALITES MEDITERRANEENNES ET PERSPECTIVES

Réunion du Cercle le 15 février 2011
animée par Jean-Louis GUIGOU, Délégué général de l’IPEMED
avec la participation de Radhi MEDDEB, Président de l’IPEMED

Intervention de Radhi MEDDEB.

Polytechnicien, Radhi Meddeb dirige un important bureau d’étude en Tunisie.

Il a décrypté pour le Cercle, les évènements qui secouent la Tunisie.

C’est une révolution : le peuple tunisien a choisi la démocratie, contre une régime policier. C’est un mouvement spontané : il n’y a pas de chef de file.

Ce mouvement est parti d’une bourgade, dans une région laissée pour compte, un peu frondeuse.

Le pays, qui connaissait une croissance continue, mais où le développement n’accompagnait pas la croissance, s’est heurté aux conséquences de la crise, ce qui a rendu plus criants « les prélèvements claniques ».

Les jeunes à qui on a demandé de faire des études supérieures mais qui ne trouvent pas d’emplois, la bourgeoisie évoluée, les femmes éduquées et les gens du peuple se retrouvent tous dans ce mouvement. Ils veulent tous un vrai changement, en profondeur, avec de nouvelles institutions qui ne soient plus aux mains du clan Ben Ali. Ils refusent donc les replâtrages gouvernementaux et rejettent en bloc préfets et sous-préfets nommés par le gouvernement précédent.

Une véritable politique d’aménagement du territoire est aussi attendue, car le pays est « invertébré », sans infrastructures, hormis sur la côte, et des régions entières sont laissées pour compte. Le modèle tunisien est trop centralisé autour de la capitale et les quelques pôles d’activité qui avaient été préconisés par la Datar ne pouvaient fonder une politique nationale d’aménagement.

Ce qui se passe actuellement en Tunisie signe la revanche de Bourguiba qui avait misé sur l’éducation (20% du budget à l’époque), le statut des femmes et de la famille. Ces acquis ne sont d’ailleurs pas mis en cause par les islamistes tunisiens. Il n’y a pas, à ce point de vue, risque de confiscation de la révolution par les fondamentalistes face au relatif développement et à l’éducation de la population tunisienne.

C’est une soif de démocratie qui s’exprime aujourd’hui en Tunisie. Les pays démocratiques doivent encourager sa naissance.

Jean-Marie simon

Le prochain numéro de la Lettre du Cercle sera consacré à l’Assemblée Générale qui s’est tenue le 1er avril 2011 ainsi qu’au Conseil d’Administration qui lui a fait suite, le 13 avril.
Lors de ce Conseil, et reprenant les propos qu’il avait tenus devant l’assemblée, Hervé Nora a confirmé qu’il souhaitait passer la main après 9 années de bons et loyaux services.
Sous sa houlette, le Cercle a connu, en effet, un rythme soutenu : réunions mensuelles du Bureau aux ordres du jour bien nourris, interventions de personnalités venant d’horizons divers, déplacements passionnants en régions organisés avec l’aide compétente de membres locaux du Cercle, réunion de travail sur la réforme des collectivités territoriales, colloque sur « agricultures et territoires » qui a été un succès.
Le Conseil a chaleureusement remercié et félicité Hervé pour cette quasi décennie à la tête de notre association qu’il a animée avec une souriante détermination et une diplomatie éprouvée.

Toujours disponible, il n’a jamais été avare de son temps et de ses compétences techniques informatiques quand il fallait mettre la main à la pâte.
Le Conseil a ensuite entendu puis élu Philippe Bosseau qui s’était porté candidat à la succession d’Hervé Nora. Cette candidature avait été proposée par Hervé après une série de consultations menées depuis plusieurs semaines.

Nous reviendrons sur cette nouvelle présidence dans notre prochaine Lettre. Philippe Bosseau, qui participe aux activités du Cercle depuis sa création, nous rappellera son parcours et nous fera part de ses intentions quant à l’animation et à l’évolution du Cercle pour l’aménagement du territoire

Jean-Marie SIMON

Présentation de Jean-Louis GUIGOU
































PAGES d’HISTOIRE
Les agences de l’Eau
Ivan CHERET
Pour quelles raisons et dans quelles circonstances ont elles pu être créées en 1964 ?

Aujourd’hui, la gestion des ressources en Eau est considérée par tous comme un problème vital pour l’humanité et beaucoup de pays s’inspirent peu ou prou des agences de l’eau françaises pour leur propre organisation.
Or elles ont été créées en 1964, à une époque où le mot Environnement n’existait pas, où les problèmes d’eau semblaient ne concerner que l’Afrique et le Moyen Orient et n’intéressaient en Europe que les spécialistes.
Le rappel des raisons et des circonstances qui ont conduit à leur création n’est peut-être pas inutile à l’heure où de nombreuses réformes, notamment liées à l’Environnement, et pas toujours faciles à mettre en œuvre, s’imposent aux autorités de tous les pays.
1- Il faut faire quelque chose !

Les années qui ont suivi la guerre de 1939-1945 ont vu une transformation rapide de la société française : développement de l’industrie, modernisation de l’agriculture, avec pour conséquence un mouvement important de la population des zones rurales vers les villes.

Avec également pour conséquence un développement rapide des besoins en eau et des rejets polluants mal traités. Les ressources ont été ainsi étranglées des deux côtés, par des consommations accrues et des pollutions insupportables.
Les journaux publiaient des nouvelles alarmantes tous les étés : par exemple, à Toulon, 200.000 personnes sont privées d’eau chaque jour de 18 heures à l’aube ; la ville de Grenoble, dont la population est passée de 60.000 à 300.000 habitants élit un nouveau maire et la « baignoire » de M. DUBEDOUT1 fait une entrée remarquée en politique ; sur la Seine, des masses blanches, provenant des détergents de plus en plus utilisés à la place des savons, flottent sur l’eau et inquiètent les parisiens ; les associations de pêcheurs attirent l’attention sur tous les « accidents » qui tuent les poissons dans les rivières ; dans le midi encore, les résidus provenant de l’exploitation de la bauxite par Péchiney, indignent la presse : des boues rouges dans la « belle bleue », au large de Cassis!
La réalité de la situation apparaît très clairement au niveau du Commissariat Général au Plan et c’est à l’initiative de Monsieur Etienne HIRSCH, commissaire général, que fut créée une Commission de l’Eau. A elle de dire ce qu’il fallait faire ; l’arrêté du 24 juillet 1959 du Premier ministre Michel Debré désignait simplement le Président, le préfet René PAIRA, les membres et les rapporteurs.
Ingénieur des Ponts et Chaussées, diplômé en 1949, j’ai commencé ma vie professionnelle par un stage au US Bureau of Reclamation à Denver (USA) où j’ai étudié, sur les conseils de M. Olivier Martin, directeur de l’Equipement d’Electricité de France, les techniques des barrages en terre et des revêtements imperméables des canaux. Je suis nommé ensuite chef de la Mission d’Aménagement du Fleuve Sénégal à St Louis du Sénégal, où j’ai vraiment vu ce qu’était la vie dans le bassin versant d’un grand fleuve du Sahel africain ; puis adjoint au chef du Service de l’Hydraulique de l’AOF à Dakar où j’ai consacré mon temps à la recherche de ressources en eau souterraine, à des campagnes de puits dans le Sahel et à l’alimentation en eau de Dakar. Retour de ces huit années en Afrique noire consacrées aux problèmes d’hydraulique comme on disait alors, j’eus la chance d’être nommé rapporteur général de la commission.
A ses débuts, la Commission procéda à un inventaire général des problèmes qui se posaient ainsi que des moyens disponibles pour les résoudre. Comme la Commission comprenait des parlementaires, des maires, des représentants de toutes les activités concernées à l’époque, ainsi que des services de l’Etat, comme elle a par ailleurs invité les grands patrons des opérations en cours, comme les Présidents de l’Aménagement du Bas Rhône Languedoc et du canal de Provence, des industriels et des responsables agricoles, des problèmes concrets furent vite abordés et la difficulté de les résoudre avec les moyens existants devint évidente.
Mais afin de permettre au lecteur de mieux comprendre les débats, il est utile de rappeler les données essentielles concernant la nature particulière du produit naturel Eau, de ses usages et de la réglementation existante à l’époque.
2- L’Eau et ses usages.

2.1- L’Eau sur la Terre bouge sans arrêt en parcourant ce qu’il est convenu d’appeler son cycle, séjournant un certain temps dans le réservoir des océans, des lacs et des nappes souterraines, puis se mettant en mouvement par le mécanisme de l’évaporation et du vent qui apportent la pluie et alimentent les rivières et les nappes souterraines. Ce mouvement perpétuel est déjà extraordinaire par rapport aux autres ressources naturelles.
Mais de plus, la manière dont l’eau est utilisée sort de l’ordinaire. Lorsque le charbon a brûlé, il n’y a plus de charbon ; lorsque l’on a mangé du beurre, il n’y a plus de beurre, mais lorsqu’on bu de l’eau ou que l’on a arrosé les plantes ou que l’on a blanchi de la pâte à papier, l’Eau est toujours là, elle n’a pas disparu ! Voyons cela de plus près.
2.2- L’homme est obligé de boire de l’eau pour vivre. Mais cette eau n’est pas incorporée dans notre corps, la molécule d’eau n’est pas décomposée en ses éléments hydrogène et oxygène, l’eau reste de l’eau et cette eau sert en fait à « laver » nos entrailles, puis est rejetée dans la nature par notre organisme qui se débarrasse ainsi d’une partie de ses « déchets ». On ne peut empêcher l’homme de produire ainsi des déchets mais on doit le contraindre à extraire ces « déchets » de l’eau avant de la rejeter dans le fleuve.
Lorsque l’on regarde les autres usages de l’homme dans son habitat, on retrouve partout la même fonction de l’eau : laver. Laver le corps, laver le linge, laver la vaisselle, laver par terre. Même usage, même punition : on ne peut interdire ces usages, mais il faut traiter les eaux sales avant leur rejet.
Conséquence : il faut investir pour extraire les déchets avant de rejeter les eaux dans les rivières, ET aussi pour réintroduire correctement dans la nature les déchets extraits des eaux usées. En cas de manque d’eau, il faut encore investir pour « amener » de nouvelles ressources.
2.3- L’agriculture moderne, même sous nos climats tempérés, utilise beaucoup d’eau. Pour assurer la production de notre alimentation et faire face à l’irrégularité des précipitations. Et l’agriculture consomme l’eau en été, au moment où il en tombe le moins et où les débits des rivières sont au minimum. Les conflits entre les différents usagers tout le long d’une même rivière sont à ce moment à leur maximum.
Les plantes utilisent l’eau pour se développer et surtout assurer leur équilibre thermique par le mécanisme dit de l’évapotranspiration. Mais ces quantités sont plus réduites que les « besoins » exigés par les méthodes traditionnelles d’irrigation. En effet l’eau répandue sur le sol ne va pas uniquement à la plante, mais une large partie s’évapore directement et une autre partie s’infiltre dans le sol et est également perdue pour les plantes. Le « rendement », si l’on peut dire, de l’irrigation à la raie est faible. Des procédés existent pour améliorer ces rendements, et en premier lieu l’aspersion, aujourd’hui bien répandue en France, mais qui demande des investissements et consomme de l’énergie. Et l’on peut économiser encore plus d’eau par l’arrosage dit au goutte à goutte, mais dont le prix de revient est vraiment élevé eu égard aux prix des produits agricoles de grande consommation.
Dans uns situation donnée de manque d’eau, on se doit d’examiner d’une part le coût de l’amenée de ressources supplémentaires par un organisme collectif et d’autre part le coût des économies d’eau réalisables par l’usager grâce à des procédés plus élaborés d’épandage d’eau sur les cultures.
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