Bibliographie Georges-Henri Soutou





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titreBibliographie Georges-Henri Soutou
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L’URSS en Afrique



  1. L’URSS en Afrique : une percée timide et tardive




  1. Le tournant de 1955 : la neutralité du tiers-monde est reconsidérée




  1. 1960 : l’année charnière (vague de décolonisation en Afrique noire)




  1. Formation d’un réseau diplomatique et d’un lobby africain


  1. 1975 : Une politique d’expansion plus radicale




  1. Une conjoncture favorable à un nouvel élan expansionniste




  1. L’exemple de l’Angola (1975) : une ingérence directe




  1. Un encadrement total : émergence d’un sous-système socialiste en Afrique


  1. La fragilité du sous-système socialiste africain




  1. Evolution générale de l’Afrique incompatible avec le jeu soviétique




  1. Difficultés à assumer une politique trop ambitieuse




  1. L’abandon de la politique africaine ou l’illusion de sauver l’URSS


Bibliographie 


  • Georges-Henri Soutou, La guerre de cinquante ans. Les relations est-ouest de 1943 à 1990, Fayard, 2001.




  • Jacques Lévesque, L’URSS et sa politique internationale de Lénine à Gorbatchev, Armand Colin, 1980.




  • Zaki Laïdi, L’URSS et l’Afrique : vers une extension du système socialiste mondial ?, in Politique étrangère n° ???, 19 ??.




  • L’URSS en Afrique (1960-1990) : un avant-goût de l’échec, Youri Roubinski (ancien diplomate soviétique en Afrique noire).


Introduction

Traditionnellement la Russie ne s’est toujours intéressée qu’aux régions limitrophes du territoire de l’empire, jamais aux terres africaines exotiques et surtout trop lointaines. Sous Staline l’URSS ne va pas vraiment rompre avec cette tradition impériale. Elle va pendant des années se borner à des déclarations de solidarité envers les mouvements contestataires des peuples colonisés, cela malgré la dimension mondiale du message communiste.

Véritable changement s’opère à la fin des années 50, quand l’Afrique cesse d’être une chasse gardée occidentale pour devenir un enjeu international.

Nous allons donc voir l’ampleur et les limites de la percée soviétique en Afrique, qui s’est faite par à-coups, et qui illustre parfaitement l’inadéquation entre un objectif internationaliste et des moyens relativement limités pour le mettre en œuvre.



    1. L’URSS en Afrique : une percée timide et tardive


1) Le tournant de 1955 : la neutralité du tiers-monde est reconsidérée

C’est seulement à la suite de la conférence de Bandoeng d’avril 1955, pendant laquelle ce que l’on nomme désormais le Tiers-monde avait proclamé l’anticolonialisme, la coexistence pacifique et le non-alignement, qu’un tournant historique s’opère dans la politique extérieure soviétique. La nouvelle direction du Kremlin, Khrouchtchev en tête, prend conscience que les pays nouvellement indépendants pourraient devenir le « ventre mou » de l’occident et des alliés de poids face à l’adversaire commun, à savoir l’impérialisme occidental. Rupture avec la théorie des deux camps de Jdanov.

Ainsi, les années cinquante voient se mettre en place un rapprochement d’intérêts entre le camp socialiste et les pays neufs du tiers-monde, même non communistes, dans une volonté commune d’amoindrir l’influence occidentale, comme en témoigne le rapprochement soviéto-égyptien de juin 1955.

Khrouchtchev va saisir l’opportunité qu’offre le processus historique de décolonisation en cours en Afrique noire afin de poursuivre sa politique d’influence, tout en respectant le nouveau concept de coexistence pacifique.

Afrique noire = nouvelles lignes de front de la guerre froide.
2) 1960 : l’année charnière

L’année 1960 voit justement s’accélérer le processus de décolonisation, et c’est une vingtaine de pays d’Afrique noire qui proclament quasi simultanément leur indépendance, ouvrant ainsi à l’URSS un champ d’action privilégié.

Celle-ci va systématiquement appuyer les mouvements de libération nationale et les gouvernements nationalistes en lutte contre l’impérialisme occidental.

Sa 1ère tentative d’infiltration a lieu pendant la crise consécutive à l’indépendance du Congo belge. Elle soutient le 1er ministre révolutionnaire Lumumba (envoi de conseillers, organisation d’un pont aérien), mais c’est un échec (Lumumba assassiné), ce qui révèle déjà le déséquilibre entre les ambitions africaines de l’URSS et les moyens à sa disposition pour les mettre en œuvre.

L’URSS poursuit également sa politique africaine à l’ONU où l’équilibre est-ouest à l’assemblée a été bouleversé par l’arrivée des pays neufs au détriment de l’ouest. La diplomatie soviétique va récupérer ce phénomène en jouant régulièrement la carte de la solidarité avec le tiers-monde lors des votes à l’assemblée. Pour s’attirer la sympathie des africains, l’URSS va régulièrement condamner à la tribune de l’ONU la république sud-africaine et la domination portugaise, dernier empire colonial européen en Afrique : sachant que Portugal et Rep sud-afr sont 2 alliés des US.
3) Formation d’un réseau diplomatique et d’un lobby africain

Cette première pénétration soviétique en Afrique noire se conjugue également avec l’établissement de relations diplomatiques entre l’URSS et les nouveaux états indépendants africains. On y envoie les jeunes diplômés de l’Institut des relations internationales de Moscou. Les ambassades soviétiques en Afrique constituent un véritable tremplin pour leur carrière.

Parallèlement il y a un véritable lobby africain qui se forme à Moscou, comprenant des élites politiques mais aussi des responsables du commerce extérieur (on retiendra que dès 1965, l’URSS a signé des accords de coopération économique avec 22 pays africains), sans oublier le complexe militaro-industriel qui trouve dans les pays africains des clients importants pour les armements soviétiques.



    1. 1975 : Une politique d’expansion plus radicale




    1. Une conjoncture favorable à un nouvel élan expansionniste

Dans les années 70, la politique africaine de Moscou se durcit, elle s’inscrit dans le cadre de la réaffirmation de l’URSS comme centre du mouvement communiste international. C’est une rupture avec la phase précédente où on utilisait seulement les mouvements de libération nationale, même non communistes, dans le simple but d’affaiblir l’occident. La politique africaine de l’URSS dans les années 70 renoue avec sa vocation d’étendre le « système socialiste mondial ».

Pour ce faire, elle bénéficie d’une conjoncture plutôt favorable qui explique sa nouvelle offensive en Afrique en 1974 et 1975 :

  • L’occident subit une crise éco consécutive au choc pétrolier

  • Les USA sont paralysés après le scandale du Watergate et la chute de Saigon

  • L’URSS possède des moyens militaires accrus (marine, aviation)

+ Il faut concurrencer le modèle chinois.


    1. L’exemple de l’Angola (1975) : une ingérence directe

Une occasion en or d’étendre le communisme lui est offerte avec la chute du régime salazariste au Portugal en 1974, qui entraîne une décolonisation précipitée en Angola, au Mozambique et en Guinée -Bissau. L’URSS, avec le concours de Cuba, va saisir cette opportunité et imposer le communisme par l’intervention militaire, à partir de mouvements locaux qu’elle va parfois construire et souvent contrôler.

Dans le cas de l’Angola : elle va apporter son appui militaire au MPLA, un mouvement de libération nationale proche de Cuba qui se réclame du marxisme-léninisme, et elle va contribuer à le porter au pouvoir au détriment de mouvements rivaux soutenus par les Etats-Unis et la république sud-africaine.

On voit bien avec ce conflit que l’Afrique est plus que jamais un enjeu international : outre l’aspect idéologique, l’Afrique constitue toujours une donnée essentielle de la politique soviétique d’un point de vue géostratégique, étant donné que ses ressources minérales et sa position stratégique sont vitales pour les économies occidentales. D’autres interventions militaires au Mozambique et dans la corne de l’Afrique vont lui assurer le contrôle de l’Afrique australe et un meilleur contrôle du golfe persique.


    1. Un encadrement total : émergence d’un sous-système socialiste en Afrique

Mais la politique africaine de l’URSS dans les années 70 vise surtout à construire de toute pièce en Afrique un système socialiste totalement contrôlé par Moscou.

4 pays illustrent la « réussite » de cet objectif et vont véritablement former un sous-système socialiste : l’Angola, le Mozambique, le Congo et l’Ethiopie.

Leur régime sont calqués sur le modèle soviétique.

Sur le plan politique, on instaure :

  • Le monopole d’un parti unique, basé sur l’idéologie marxiste-léniniste.

  • La mise en place d’un appareil administratif centralisé appuyé sur l’armée et la police

Sur le plan économique :

  • Les nationalisations :

Par exemple on nationalise les ressources naturelles : l’URSS va superviser de grands chantiers d’exploitation des ressources naturelles.

La mise en valeur des richesses du sous-sol africain se fait avec l’aide des spécialistes de la technique soviétique et s’accompagne d’un vaste programme de formation des cadres locaux que l’on envoie dans les grandes écoles de l’URSS.

Cette formation est intimement liée à l’endoctrinement idéologique.

On donc bien parler d’une ingérence directe et d’un contrôle total, accepté par une partie des élites des nouveaux états indépendants.


    1. La fragilité du sous-système socialiste africain


Mais ce système va rapidement se montrer très fragile, illustrant l’essoufflement de l’URSS elle-même.


  1. Evolution générale de l’Afrique incompatible avec le jeu soviétique

Tout d’abord la situation générale de l’Afrique dans les années 80 évolue dans un sens peu conforme au jeu soviétique. En effet :

  • Le processus de décolonisation touche à sa fin,

  • Le régime d’apartheid en Afrique du sud agonise… 

Tous ces changements privent l’URSS de ses terrains de manœuvre traditionnels.

Il faut aussi évoquer d’interminables conflits régionaux, comme en Angola ou au Mozambique, où la situation n’est pas du tout stabilisée : les factions rivales continuent de s’affronter se profilant derrière chacune d’elle l’ombre d’une grande puissance. Alors que la stabilisation politique et économique de ces pays était selon Moscou une condition essentielle pour le maintien de leur orientation socialiste.



  1. Difficultés à assumer une politique trop ambitieuse

Cela révèle les difficultés de Moscou à assumer une politique trop ambitieuse.

L’URSS se trouve dans une situation de sur engagement et réalise la difficulté de remporter des succès vraiment décisifs dans le tiers-monde.

Ses maigres ressources diminuent à vue d’œil sous le poids de la course aux armements et de l’assistance économique due à ses alliés africains.

Malgré cela certains d’entre eux ne vont pas complètement couper le cordon avec l’occident. C’est le cas de l’Angola qui va finalement faire exploiter son pétrole par des compagnies américaines car l’URSS est incapable de remplacer les capitaux étrangers qui ont fui après la rupture de certains pays d’Afrique avec les anciennes métropoles. On voit donc de manière éclatante que l’URSS n’a pas les moyens économiques et financiers de vraiment intégrer ces pays à la communauté socialiste, malgré une influence idéologique forte.



  1. L’abandon de la politique africaine ou l’illusion de sauver l’URSS

A Moscou on commence à adopter vis-à-vis de la politique africaine un état d’esprit très critique, qui devient prédominant avec Gorbatchev.

Il devient nécessaire d’arrêter les frais inutiles et ruineux en Afrique, qui constituent un des principaux obstacles au dialogue avec l’occident soucieux de renverser les positions acquises par l’URSS dans le tiers-monde.

Adoptant dans un 1er temps une attitude défensive pour maintenir ses positions, l’URSS va finalement se replier (ex : on rapatrie les conseillers militaires soviétiques). Peut-être pas un abandon définitif. Peut-être espérait-elle reprendre une poussée expansionniste à la lueur d’une conjoncture plus favorable. Mais on connaît la fin de l’histoire.

Conclusion

Ainsi l’expérience soviétique en Afrique se caractérise par une politique cyclique et une alternance entre phases d’optimisme et de pessimisme.

Histoire de la pénétration soviétique en Afrique c la volonté de donner naissance à une grande communauté socialiste mondiale. Et quelque part l’histoire de l’URSS en Afrique apparaît comme une réduction, un reflet de ce qu’aura été l’histoire de l’URSS, une histoire faite de dynamisme, d’espoirs et de désillusions.

Document attaché : carte du SOUTOU sur les luttes d’influences en Afrique dans les 80s.

Débats possibles : on peut s’interroger sur les survivances de l’influence soviétique en Afrique noire aujourd’hui. Quel modèle de développement l’URSS a-t-elle apporté ? Pourquoi certains pays se sont-ils tournés vers l’URSS ?

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