Sauf mention contraire, tous les documents cités proviennent du manuel d'Histoire Terminales Hachette Istra, sous la direction de Vincent Adoumié et Pascal Zachary, 2012





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Histoire - Terminales L/ES - Thème 3 : Puissances et tensions dans le Monde de la fin de la Première Guerre mondiale à nos jours
Les chemins de la puissance : la Chine et le Monde depuis le "mouvement du 4 mai 1919"



Sauf mention contraire, tous les documents cités proviennent du manuel d'Histoire Terminales Hachette Istra, sous la direction de Vincent Adoumié et Pascal Zachary, 2012

Compte tenu du temps imparti pour traiter cette question (5/6H), chacun retiendra dans cette proposition détaillée et totalement rédigée, les exemples qui lui semblent les plus pertinents pour étayer sa démonstration.
Introduction : la Chine s'impose aujourd'hui comme l'un des deux principaux pôles de puissance de l'espace mondial, cependant l'affirmation de la puissance chinoise s'est opérée de façon très différente de celle des Etats-Unis. L'histoire de la Chine est en effet plurimillénaire : l'empire chinois est né à la fin du IIIe siècle avant notre ère autour de Qin Shin Huangdi (le premier empereur) qui rassemble sous son autorité la population han du bassin du Huang He. Il connaît ensuite des périodes de grandeur qui permettent l'affirmation d'une brillante civilisation, mais également d'une puissance de nature impériale étendant son contrôle sur un territoire croissant. C'est cependant sous la domination d'empereurs mandchous, venus de Mongolie orientale, que la Chine connaît un véritable apogée. La dynastie des Qing règne sur le pays de 1644 à 1911 et permet une véritable prospérité doublée d'une expansion territoriale. A la fin du XVIIIe siècle la Chine avec les espaces directement contrôlés compte 360 millions d'habitants, plus du tiers de la population mondiale, et en 1820 elle réalise le tiers du PIB planétaire, produisant ainsi plus que tous les pays d'Europe, Russie comprise, réunis. Pour autant dès le milieu du XVIIIe siècle de nombreux signes de déclin s'accumulent : corruption grandissante, pression démographique et famines, et surtout montée en puissance d'une nouvelle menace, la pression croissante exercée par les Européens au sud de l'empire. L'impérialisme européen s'affirme au détriment de la Chine et conduit progressivement au délitement de l'empire du Milieu. Les Européens, et les Américains puis les Japonais, imposent à la Chine les "traités inégaux" qui l'obligent à s'ouvrir toujours plus et la placent sous la domination des grandes puissances occidentales. Cela entraîne une volonté de réforme, mais aussi des réactions xénophobes comme le soulèvement des Boxers entre 1899 et 1901. L'empire ne survit pas à ses contradictions internes et la révolution de 1911 amène la proclamation de la République en 1912 impulsée par Sun Yat-Sen. Dès lors s'enclenche un long mouvement d'émancipation de la tutelle exercée par les puissances étrangères et de reconstruction de la puissance perdue qui conduit la Chine, près d'un siècle après la révolution républicaine à retrouver par étapes une position économique et politique mondiale de premier ordre au tournant des XXe et XXIe siècles.
Problématique : comment la Chine a-t-elle su reconstruire et affirmer progressivement sa puissance après la chute du système impérial ?


I/ 1919-1949, la difficile affirmation nationale

A/ Le réveil chinois contre l'impérialisme étranger

B/ L'impossible unité nationale
II/ La Chine sous Mao (1949-fin des années 1970) : la reconstruction d'une puissance politique

A/ Les premières années de la RPC, entre alliance soviétique et expansion régionale (années 1950)

B/ La rupture sino-soviétique et l'affirmation internationale du modèle politique de la RPC (années 1960-1970)
III/ Vers une puissance multiforme depuis la fin des années 1970

A/Les "Quatre modernisations" et la libéralisation du système économique chinois

B/ La consolidation de la puissance culturelle et politique chinoise


I/ 1919-1949, la difficile affirmation nationale
A/ Le réveil chinois contre l'impérialisme étranger
La révolution républicaine de 1911 s'explique en partie par le refus croissant, des élites modernisées, d'accepter le déclin chinois incarné par la tutelle étrangère notamment à travers les nombreuses concessions que celles-ci possèdent sur le littoral et dans les principales villes du pays (doc. 1 p.228) et l'incurie du système impérial des Qing et de son administration sclérosée incarnée par les mandarins. A la suite de l'abdication du dernier empereur, Pu Yi, la République, qui naît en 1912, est cependant un régime fragile, elle peine à unifier et stabiliser un pays profondément divisé et en 1915 le président Yuan Shikai accepte, en partie, les 21 demandes japonaises qui visent à placer la Chine sous le contrôle effectif du Japon. Les négociations du traité de Versailles débouchent sur l'idée d'une cession des droits, autrefois allemands, sur le Shandong (au SSE de Beijing) au Japon. Ce sont les deux symboles majeurs d'une soumission accrue qui menace la Chine et cela provoque des manifestations de masse qui débouchent sur le mouvement du 4 mai 1919. Ce mouvement, par son ampleur, marque le véritable réveil du nationalisme chinois et constitue un événement fondateur de la Chine contemporaine. Il débouche sur un nouvel idéal culturel en rupture avec les modes de pensées traditionnels, confucianisme, et met l'accent sur une nécessaire intégration des principaux apports scientifiques, artistiques de l'occident (cf. Sun Yat-Sen doc. 1 p.230)
Cette amplification de la prise de conscience nationale chinoise, dans les campagnes comme chez les étudiants, le refus d'une nouvelle humiliation se généralisent. Cela bénéficie aux mouvements politiques chinois qui se structurent autour du Guomindang et du Parti Communiste Chinois (PCC). Le Guomindang est créé une première fois par Sun Yat-Sen en 1912 puis reconstitué au début des années 1920 avec le soutien de l'URSS et s'appuie sur les "Trois principes du peuple" formulés par Sun : nationalisme, souveraineté et bien-être. Sun dirige le gouvernement depuis Canton et allie ses forces avec le PCC fondé en 1921. Le PCC pratique un véritable entrisme au sein du Guomindang et les relations entre les deux partis se détériorent ce qui renforce la division chinoise notamment après 1927. Cette division profite à l'impérialisme japonais : les Japonais renforcent leur emprise sur le pays (doc. 1 p.228) et en 1931 prennent le contrôle de la Mandchourie qu'ils transforment en un état fantoche, le Mandchoukouo, l'année suivante. La pression japonaise s'amplifie progressivement et en 1937 le Japon déclare la guerre à la Chine et prend la capitale Nankin, en décembre, où il se livre à des massacres de masse : 200 à 300 000 morts, et 20 à 80 000 viols. Dès 1938, le Japon a conquis la quasi totalité de la Chine littorale.
Malgré la révolution de 1911, puis le mouvement du 4 mai 1919, la Chine n'arrive pas à imposer une réelle souveraineté. Au contraire elle doit faire face à la politique impérialiste japonaise qui progresse d'autant plus que les divisions internes s'accroissent.
B/ L'impossible unité nationale
A partir de 1925 l'union Guomindang/PCC se délite. Tchang Kaï-chek, qui a succédé à Sun, prétend diriger seul le pays. Le PCC réagit en organisant des manifestations de masse qui se prolongent en grèves insurrectionnelles à Shanghai. En avril 1927, Tchang Kaï-chek décrète l'état d'urgence et lance l'élimination des communistes, c'est la révolution cantonaliste. Le massacre de Shanghai organisé par le Guomindang s'appuie sur les triades locales, c'est le point de départ de la première guerre civile chinoise. Le gouvernement de Tchang Kaï-chek s'installe à Nankin et les communistes guidés par Mao Zedong doivent gagner les campagnes, notamment le Jiangxi (doc. 1 p.228) où est fondée une république soviétique chinoise. En octobre 1934, l'attaque menée par les armées nationalistes contraint les communistes à entamer une Longue Marche, de 12 000 km, qui les amène à se réfugier dans le Shanxi en novembre 1935. La Longue Marche marque l'affirmation de Mao Zedong au sein du PCC et contribue à la structuration et au renforcement de celui-ci en véritable force politique et militaire.
Confronté à son incapacité à lutter contre le Japon, Tchang Kaï-chek doit s'allier à nouveau avec les communistes. Un "front uni" contre l'envahisseur se dessine mais les arrière-pensées politiques n'en sont jamais absentes. La guerre contre le Japon (1937-1945) permet au PCC de se renforcer considérablement. L'Armée Rouge chinoise, fondée dès 1927, comprend plus de 900 000 hommes, et les milices communistes près de 2 000 000, et malgré de nombreuses défaites la Chine fait partie des vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale. Le territoire national est libéré, surtout la Chine obtient l'un des cinq sièges permanents au Conseil de Sécurité de la nouvelle Organisation des Nations Unies et elle est représentée comme juge et victime aux Procès de Tokyo (1946-1948). Elle est redevenue une puissance qui compte en Asie et fait ainsi son retour sur la scène internationale. Cependant les oppositions entre nationalistes du Guomindang et communistes reprennent presque aussitôt, une seconde guerre civile frappe le pays entre 1946 et 1949. Le PCC et son Armée Populaire de Libération (nouvel intitulé de l'Armée Rouge chinoise) repoussent puis encerclent les nationalistes. Tchang Kaï-chek et deux millions de personnes doivent alors se réfugier à Taïwan en 1949 où ils installent leur gouvernement. Le 1er octobre 1949 Mao Zedong proclame la naissance de la République Populaire de Chine (RPC) dont la capitale est Beijing, à cette occasion il déclare : " Plus jamais les Chinois ne seront un peuple d'esclaves !"
En 1949 existent deux Etats chinois, la RPC et Taïwan, dont chacun se considère comme le seul légitime. La Seconde Guerre mondiale et la seconde guerre civile chinoise ont permis de faire émerger un Etat réunifié et souverain sous la direction du PCC, ouvrant ainsi une nouvelle phase dans l'histoire du pays.


Etude de document - La stratégie politique du parti communiste chinois en 1940
Consigne : après avoir présenté l'auteur et le contexte de rédaction du document vous montrerez que celui-ci permet de comprendre les dissensions internes et le positionnement géopolitique des communistes chinois.
" La politique actuelle du front national antijaponais uni n'est ni l'union sans la lutte, ni la lutte sans l'union, mais associe l'union à la lutte. Voici ce que cela signifie concrètement :

9) [...] Bien que le Parti communiste soit contre tout impérialisme, il faut cependant faire une distinction entre les impérialistes japonais qui ont entrepris une agression contre la Chine, et les autres impérialistes qui ne se livrent pas actuellement à une agression ; il faut également faire une différence entre les impérialistes allemands et italiens qui ont conclu une alliance avec le Japon et reconnu le Mandchoukouo et les impérialistes anglais et américains qui s'opposent au Japon ; il faut aussi faire une distinction entre l'Angleterre et les Etats-Unis de la période où ils [...] nuisaient à la Chine dans sa lutte contre les envahisseurs japonais, et l'Angleterre et les Etats-Unis d'aujourd'hui, qui ont renoncé à cette politique et aident la Chine dans sa lutte de résistance. Nos principes tactiques consistent de même à tirer profit des contradictions, à gagner la majorité à lutter contre la minorité, à anéantir les adversaires un à un. En politique extérieure, nous différons du Guomindang. Le Guomindang prétend : « Il n'y a qu'un seul ennemi, tous les autres sont des amis» ; et il donne l'impression de traiter tous les pays, à l'exception du Japon, sur un pied d'égalité, mais il s'oriente en fait vers l'Angleterre et les Etats-Unis. Quant à nous, nous devons faire des distinctions [...] entre l'URSS et les pays capitalistes. C'est sur ces distinctions qu'est fondée notre politique."
MAO ZEDONG, "Directive intérieure au Parti", 25 décembre 1940, in Sur notre politique, Beijing, 1961, pp.3-8.



II/ La Chine et le monde sous Mao (1949-fin des années 1970) : la reconstruction d'une puissance politique
A/ Les premières années de la RPC, entre alliance soviétique et expansion régionale (années 1950)

Aujourd'hui reconnu comme fête nationale en Chine, le 1er octobre 1949 apparaît a posteriori comme une date essentielle pour le rayonnement international de la Chine, avec la pacification de la majeure partie du territoire chinois : la Chine devient alors une "République Populaire" communiste, transformant et réorganisant l'Etat chinois. Il devient totalitaire sur le modèle du système politique de l'URSS : rôle central du parti unique, présence d'un "chef" charismatique autour duquel tourne un culte de la personnalité fort (Mao), centralisation administrative,... Le symbole du totalitarisme chinois demeure les camps de travail, ou laogai, toujours en fonctionnement aujourd'hui, qui servent à "réapprendre" le "travail collectif" aux "éléments divergents".

D'un point de vue économique, la RPC met en œuvre une politique de planification et d'industrialisation inspirée du modèle soviétique (doc. 3 p. 237) : ainsi, l'accent est mis sur les industries lourdes et sur les villes, comme en URSS, alors que 90% de la population est rurale et vit d'une agriculture de subsistance, qui ne reçoit, entre 1953 et 1957, que 7% des investissements de l'Etat. Ce système, très inégalitaire et trop peu adapté à la situation chinoise, ne peut fonctionner dans les années 1950 que grâce à une perfusion de devises soviétiques, accompagnée d'aides techniques venues d'URSS : un accord bilatéral, le Pacte sino-soviétique, scelle ces aides le 14 février 1950. En ce sens, la Chine apparaît comme partiellement inféodée à l'URSS, même s'il n'y a pas de vraie satellisation. Elle n'a cependant que peu de marge de manœuvre : la seule grande puissance ayant reconnu la RPC est en effet l'URSS, les Américains et leurs alliés considérant que la "vraie" Chine est la République de Chine, dirigée par Tchang Kaï-chek et contrôlant dans les faits la seule île de Formose (Taïwan), mais aussi le siège permanent au conseil de sécurité de l'ONU.
De fait, la Chine apparaît dans les premières années comme un agent de l'influence soviétique en Asie orientale et du Sud-Est. Dans le cadre de la guerre froide, elle exerce une puissance nouvelle à la fois militaire et purement politique, visant à soutenir l'effort d'expansion du communisme et à combattre ouvertement "l'impérialisme" occidental. Son soutien au Viêt-Minh (ravitaillement, armes, munitions) face à la France coloniale lors de la guerre d'Indochine (1946-1954) en est une preuve, mais aussi son action dans la péninsule coréenne : la RPC apparaît comme la porte d'entrée des capitaux et des armes soviétiques fournies à l'armée de Kim Il-sung et une armée de "volontaires" chinois (en fait plus de 250 000 soldats de l'armée régulière) prête main-forte aux Nord-coréens. La RPC apparaît donc comme une menace militaire, certes seulement régionale, mais capable de tenir tête à la puissante machine de guerre américaine.

Mais la guerre de Corée amorce aussi un développement de l'action politique de la Chine : Mao use d'une propagande extrêmement forte pour dénoncer les exactions américaines et au contraire louer les "volontaires" chinois qui ont "spontanément" pris les armes pour "sauver" leurs "camarades" communistes du nord de la Corée. Repris par certains journaux occidentaux, ces thèmes entraînent l'émergence, notamment en Europe, d'une prise de conscience quant à la nouvelle condition de la Chine : c'est bien une Chine qui marche sur un nouveau chemin, celui du communisme, vers une puissance retrouvée.
Parallèlement à la défense des intérêts de l'Internationale communiste, la RPC développe également une politique d'expansion régionale qui vise à défendre ses intérêts propres et en ce sens à développer encore sa puissance. Cette question se cristallise autour des frontières du territoire national chinois et du sentiment nationaliste exacerbé en RPC à l'époque de Mao. En effet, plusieurs territoires revendiqués par la RPC échappent au contrôle du PCC en 1949, par exemple aux frontières des autres Etats communistes de la Région. Cependant, la RPC focalise son attention sur quatre zones principales. Les deux premières sont clairement des territoires peuplés de Chinois, mais dans lesquels le PCC n' a aucune influence : la région de Hong-Kong, colonie britannique, et Formose, qui abrite le gouvernement républicain pro-américain du Guomindang. Dans les deux cas, la RPC revendique fermement ces territoires, considérant même qu'ils sont illégalement occupés par des puissances étrangères : Mao déclare ainsi les Occidentaux comme les ennemis principaux de la RPC. Cependant, aucune réelle tentative n'est faite pour récupérer ces territoires, même si les tensions sont vives, surtout dans le détroit de Taïwan.

Mao se tourne donc vers deux autres territoires qui lui paraissent beaucoup plus faciles à conquérir. Le premier est le Tibet : Etat encore quasi-féodal, théocratique, le Tibet est sous influence chinoise depuis le XVIIe siècle, mais la révolution chinoise de 1911 a coupé tout lien entre les deux Etats. Les troupes de la RPC l'envahissent entre octobre 1950 et avril 1951. Il devient une province chinoise en 1959 que le PCC sinise rapidement. La RPC est ici pleinement victorieuse : aucun autre Etat ne vient militairement au secours des Tibétains et, surtout, l'aura du Dalaï-lama s'effrite progressivement, notamment à cause des nombreuses mesures de rétorsions diplomatiques utilisées par les Chinois pour tous ceux qui reconnaitraient le gouvernement tibétain en exil. Enfin, un dernier territoire attire l'attention des Chinois au début des années 1960, une fois l'annexion tibétaine acquise : ils revendiquent le Nord du Cachemire indien, ce qui entraîne une guerre brève avec l’Inde en 1962. Avec le cessez-le-feu une partie du Cachemire, l'Aksai Chin, est annexée par la RPC : au début des années 1960, cette dernière est bien devenue une puissance régionale majeure, en pleine expansion.
Cependant, la guerre sino-indienne de 1962 laisse aussi apparaître les tensions qui couvent depuis plusieurs années entre la RPC et l'URSS, cette dernière ayant pris le parti indien dans le conflit, annonçant une rupture définitive entre les deux grands Etats communistes en 1963 et ouvrant de nouvelles possibilités pour la Chine de Mao.
B/ La rupture sino-soviétique et l'affirmation internationale du modèle politique de la RPC (années 1960 et 1970)
La rupture sino-soviétique, actée en 1963, est en fait l'aboutissement d'un long processus de séparation entre les deux puissances communistes, lié à la volonté de Mao dès les années 1950 de promouvoir un nouveau modèle communiste, adapté à la situation chinoise (notamment à la forte ruralité du pays), qui pourrait à terme, concurrencer celui de l'URSS dans les relations internationales : c'est bien la recherche de la puissance politique qui explique cette rupture.

C’est la déstalinisation impulsée par Nikita Khrouchtchev à partir du XXe congrès du PCUS (février 1956) qui décide Mao à ouvrir une nouvelle voie pour son pays. Après la "Campagne des Cent fleurs" (1957), lors de laquelle Mao élimine tous ceux qui sont trop critiques envers lui (400 000 personnes au laogai), il se lance dans le "Grand bond en avant" (1958-1962), en fait l'affirmation d'un communisme partiellement en rupture avec le modèle soviétique (industrialisation des campagnes et collectivisation des terres avec la création des "communes populaires") : c'est un immense échec, entraînant de graves famines (entre 30 et 60 millions de morts) et un désengagement économique et technique de l'URSS, Khrouchtchev considérant que Mao trahit l'esprit du communisme. L'escalade est alors inéluctable : Mao accuse alors l'URSS d'avoir abandonné la Chine, signe d'une "déliquescence capitaliste", confirmée selon lui par l'attitude adoptée par Khrouchtchev dans la crise cubaine. Se considérant gardien de la "Pureté idéologique" du communisme, Mao rompt tout contact avec l'URSS après juin 1963.

Cette rupture est immédiatement utilisée par Mao pour mettre en place un communisme original en Chine, qu'il présente comme le seul véritable communisme de façon à saper la position hégémonique de l'URSS au sein de l'Internationale. Au niveau politique, apparaît un fort désordre intérieur lié à la Révolution Culturelle entre 1966 et la mort de Mao en 1976, mais la RPC devient une rivale de l'URSS, ce qui se traduit par la formation de groupes maoïstes à travers la planète. Grâce à la diffusion du Petit Livre rouge (doc. 1 p. 227), l’idéologie maoïste traverse les frontières, tout comme la propagande présentant la Révolution culturelle comme un mouvement résolument moderne, destiné à abattre les "Quatre vieilleries" (idées, culture, coutumes et habitudes traditionnelles chinoises). En sus de groupes ponctuels (doc. 4 p. 237), certains partis communistes deviennent de fait ouvertement maoïstes (comme le Parti socialiste néerlandais, fondé en 1971), des régimes socialistes s'allient avec la Chine (comme la Tanzanie de Nyerere, doc. 3 p. 235) et des Etats communistes rompent même avec l'URSS (l'Albanie d'Enver Hodja par exemple, entre 1961 et la mort de Mao). La RPC devient donc progressivement une puissance concurrençant politiquement l'URSS au sein même de sa zone d'influence.

De plus, la RPC multiplie les signes d'une puissance politique et militaire qui devient mondiale dès le milieu des années 1960. La première bombe atomique chinoise explose tout d'abord en 1964, faisant entrer la Chine dans le club très fermé des Etats maîtrisant l’atome à des fins militaires. Parallèlement, elle soutient la création du mouvement du Tiers-monde et y transfère le conflit sino-soviétique, considérant l’aide – essentiellement logistique et financière – apportée par l’URSS aux (ex-)colonies comme beaucoup trop "timorée". De fait, la ligne idéologique dure prônée par Mao entraine une fragmentation de l’influence communiste au sein du Tiers-monde et, en 1973, lors de la conférence d’Alger, l’URSS est violemment dénoncée. Mais cette politique a des limites : la Chine s’enferme dans la double dénonciation des Etats-Unis impérialistes et de la traîtrise de l’URSS, ce qui l’isole au niveau diplomatique pendant une bonne partie des années 1960. Elle décide donc de frapper un grand coup en se rapprochant des Etats-Unis au début des années 1970. La "détente" américano-chinoise est symbolisée par la visite de Nixon en RPC en février 1972 (doc. 5 p. 237). Cette fois, la RPC s’impose clairement au niveau international : elle récupère en octobre 1971 le siège au conseil de sécurité de l’ONU jusque là dévolu à Taïwan, ce qui lui permet de jouer un rôle nouveau dans les relations internationales.


Etude de documents - La montée en puissance politique de la Chine dans les années 1960 et 1970
Consigne : vous montrerez que la Chine apparaît comme une puissance influente au niveau mondial dans les années 1970 et 1970, grâce à des atouts divers.
Document 1 : doc. 1 p. 248, Atelier de propagande des beaux-arts de Shanghai, "Tous les peuples du monde unis pour vaincre l'impérialisme américain! Pour vaincre le révisionnisme soviétique! Pour vaincre les réactionnaires de toutes les nations!", affiche, 1969.

Document 2

«...Assumant le leadership du tiers-monde, il est probable que la Chine infléchira notablement les relations des divers pays ou groupes de pays, y compris leurs rapports au sein de l'ONU. [...] Les hégémonies «verticales» (États-Unis, U.R.S.S., Grande-Bretagne, France) sont contestées. Les pays en voie de développement multiplient leurs «contacts horizontaux»; ils font preuve d'une plus grande solidarité et tendent à pratiquer une diplomatie non engagée. Mais, dira-t-on, ne vont-ils pas tomber de l'emprise américano-soviétique sous la coupe de Pékin ? Il est certain que la Chine pèsera de tout son poids et usera de son droit de veto pour soutenir les justes revendications du tiers-monde. Elle saisira l'ONU de toutes les questions touchant à l'indépendance et au développement, appuyée sur la majorité numérique des pays pauvres. De ce fait, elle acquerra une puissance inégalée. Cela dit, il est peu probable que l'on puisse assister à une emprise chinoise du type de celle qu'ont exercée les Américains et les Soviétiques. Car, d'une part, la Chine ne possède pas les formidables moyens de ces deux pays; d'autre part, on peut penser que l'entrée de la Chine va mettre fin à la politique des «blocs», à l'antagonisme bipolaire et exclusif.»

Léon Trivière, "Pékin à l'ONU, Taipei exclu", Études (France), janvier 1972, pp. 76-77




Quand Mao meurt le 9 septembre 1976, la Chine a donc retrouvé une partie importante de sa puissance politique et elle joue dorénavant un rôle majeur dans les relations internationales. Cependant, la politique intérieure de Mao laisse un pays exsangue économiquement et traumatisé culturellement, totalement à l’écart des grands courants commerciaux mondiaux et de la mondialisation en phase d’accélération. L’enjeu pour les successeurs de Mao est donc, à la fin des années 1970, de construire une nouvelle puissance économique chinoise.
III/ Vers une puissance multiforme depuis la fin des années 1970
A/ Les "Quatre modernisations" et la libéralisation du système économique chinois
En 1978, le nouveau dirigeant de la RPC, Deng Xiaoping, met en place la politique dite des "Quatre modernisations" : agriculture, industrie, sciences et technologies, défense. Son but est très clairement de permettre une reconstruction économique chinoise par une inscription, progressive et très sinueuse, dans l’économie de marché. Trois périodes apparaissent : tout d’abord, de 1978 à 1989, l'accent est mis sur la réorganisation agricole du pays et sur une ouverture très limitée aux capitaux et aux entreprises étrangères. D'un point de vue agricole, les terres sont "décollectivisées", permettant aux paysans de gérer leurs récoltes comme bon leur semble. Nait alors un véritable "capitalisme rural" permettant la hausse de la production et mettant fin à la pénurie qui caractérisait la période des "communes populaires". L'agriculture, premier secteur économique chinois à connaitre une adaptation à l'économie de marché, transforme le pays en puissance agricole mondiale : aujourd'hui, la RPC produit 20% des céréales mondiales (1er rang pour le riz par exemple) et près de 30% de la viande (1er rang pour le porc).

Parallèlement, une politique industrielle est mise en œuvre. Dans les campagnes, des entreprises dites "familiales" apparaissent, par exemple dans les domaines textile et agro-alimentaire. De plus, une politique plus globale de décentralisation et d'ouverture à l'étranger est menée. Certains territoires sont choisis dès 1980 (doc. 3 p. 247) pour accueillir des Zones Economiques Spéciales (ZES), favorisant l'entrée d'IDE et l'installation de FTN occidentales en RPC. Tous ces éléments entraînent dès le début des années 1980 un essor industriel sans précédent et l'ouverture au monde s'emballe : en 1988 toutes les villes littorales sont ouvertes.
Cependant, ces premières réformes sont mises entre parenthèses après les massacres de la Place Tian'anmen au printemps 1989 et jusqu'en 1992. Deng lui-même relance alors la politique libérale, orientant la totalité de l'appareil d'Etat vers la construction d'une "économie socialiste de marché" (deuxième étape). Les années 1990 apparaissent déterminantes, avec une conquête progressive de nombreux marchés par la RPC (le jouet, le textile, les industries à faible valeur ajoutée), qui profite des Investissements Directs Etrangers (IDE) et de la main-d'œuvre abondante, docile et bon marché. La troisième étape, enfin s'ouvre avec l'entrée de la Chine à l'OMC le 11 décembre 2001. Les années 2000 sont le temps du rééquilibrage économique : ainsi, entre 1995 et 2010, les secteurs secondaire (de 41 à 47% du PIB entre ces deux dates) et tertiaire (de 29 à 41% du PIB) sont devenus dominants, au détriment du secteur primaire.

Au final, entre 1992 et 2011, la croissance annuelle du PIB a atteint un niveau très élevé (de l'ordre de 9%) permettant à la Chine (avec 6,6 milliards de dollars de RNB annuel) de devenir la deuxième puissance économique mondiale derrière les Etats-Unis en 2010. Aujourd'hui, cette réussite économique associée à un fort contrôle du Yuan permet à la Chine de constituer des réserves financières importantes, sous le contrôle de l'Etat ou d'entreprises privées. Elles sont utilisées dans le cadre d'investissements diversifiés tels le contrôle des ressources minières en Afghanistan, la concession du port du Pirée à Athènes ou le développement d'infrastructures en Afrique - doc. 4 p. 238 - par exemple, qui sont autant de preuves de l'actuelle puissance chinoise au sein de la mondialisation. De nouvelles perspectives s'ouvrent enfin à la Chine : elle veut devenir leader dans les hautes technologies (d'où le contrôle de 90% des terres rares de la planète, essentielles dans les technologies de pointe, notamment l'aérospatiale) ou dans les énergies renouvelables.

Ainsi, en trente ans, la RPC a connu un développement économique rapide et fort qui l'a hissé parmi les nations les plus riches de la planète. Cependant, la puissance économique chinoise a encore des limites : par exemple, elle n'a pas profité à l'ensemble des habitants du pays et la fracture socio-spatiale entre le littoral oriental et les périphéries intérieures apparaît aussi entre les villes et les campagnes, entraînant une agitation sociale certaine. De plus, la politique économique chinoise est aujourd'hui critiquée au niveau mondial (faible qualité voire dangerosité de certains produits chinois, tensions sur le Yuan artificiellement maintenu à un niveau de change bas face au dollar pour doper les exportations), tandis que la croissance ralentit ("seulement" 7,2% prévue pour 2012) et que les tentatives de Hu Jintao, à la tête de la RPC depuis 2002, pour imposer le Yuan comme devise internationale sont encore peu couronnées de succès, à part en Asie du Sud-est.
B/ La consolidation de la puissance culturelle et politique chinoise
Parallèlement à cette nette montée en puissance économique, la RPC développe de nouveaux objectifs politiques tout en tentant de mener à bien sa politique de domination régionale et de reconnaissance internationale initiée sous Mao. C'est tout d'abord au niveau de la reconnaissance de son territoire que la Chine apparaît gagnante après 1976. Les derniers litiges territoriaux sont en effet quasiment tous réglés. Par exemple, pour Taïwan, les relations se sont nettement améliorées. Le Guomindang au pouvoir depuis 2008 est en effet favorable au même statu quo que Hu Jintao : ni indépendance officielle de Taïwan, ni réunification, ce qui permet des échanges commerciaux réciproques intéressants.

De plus, la RPC a encore développé son influence régionale et internationale depuis la mort de Mao. Elle apparaît tout d'abord aujourd'hui comme le leader incontesté de l'Asie centrale et du Sud-est, en imposant son poids aux organisations régionales : elle a par exemple créée avec la Russie l'Organisation de coopération de Shanghai en 2001 (doc. 4 p. 241) pour stabiliser et développer des liens économiques privilégiés avec l’Asie centrale. Au niveau international, un double rapprochement s'est également opéré. D’une part, la RPC soutient implicitement la Russie de Poutine (comme le blocage de la crise syrienne depuis 2011). D’autre part un rapprochement, plus frileux, s'est aussi opéré avec les Etats-Unis après 2006 (doc. 2 p. 225) : la realpolitik économique a entraîné la constitution d'un véritable condominium sino-américain et ce malgré l'opposition sur certains dossiers brûlants. La Chine apparaît donc bien comme l'une des clés de voûte politique du monde actuel, malgré son faible engagement militaire. Le symbole de cette place politique majeure est aujourd'hui le rôle de la RPC dans le dossier nord-coréen : c'est bien le soutien de la Chine au régime des Kim qui bloque toute réelle ouverture, même si son influence depuis 2003 dans les "négociations à six" (deux Corée, RPC, Japon, Etats-Unis, Russie) a plusieurs fois contraint Pyongyang à limiter ses velléités nucléaires.
Progressivement, la conjonction de la puissance politique et de la puissance économique a également entraîné une insertion de la Chine dans la mondialisation culturelle. La diaspora chinoise en cela joue un rôle essentiel, tout en favorisant d'ailleurs les investissements à et depuis l'étranger. En effet, cette diaspora est aujourd'hui la plus importante au Monde : forte d'au moins 36 millions de personnes vivant dans plus de 80 pays différents, elle est souvent bien insérée socialement et n'hésite pas à réinvestir en Chine. De plus, elle a indéniablement exporté les traditions chinoises à l'étranger, son identité culturelle restant extrêmement forte. De fait, les Chinatowns (nées au XIXe siècle) ont été redécouvertes, par les Occidentaux notamment, à partir des années 1970, entraînant une promotion de la culture chinoise par les festivals ou encore la gastronomie (aux Etats-Unis et au Canada, le chef Martin Yan, né à Guangzhou, présentant une alimentation traditionnelle chinoise, parfois adaptée aux goûts américains, est une véritable star télévisuelle).

Surtout, la Chine veut montrer qu'elle est une puissance complète et résolument moderne. Elle développe depuis les années 1980 un programme spatial ambitieux qui aboutit à l'envoi du premier taïkonaute en 2003. Elle est aussi capable d'organiser des événements internationaux de grande ampleur afin d'apparaître comme une puissance majeure : les JO d'été à Beijing en 2008 (où la Chine récolte le plus de médailles d'or, devant les Etats-Unis : 51 contre 36, doc. 3 p. 249) puis l'exposition universelle à Shanghai en 2010 ont pour but de montrer au monde les capacités d'organisation, mais aussi le visage amical, de la Chine. Enfin, l'ouverture culturelle a aussi eu pour aspect le développement du tourisme : la RPC développe pour cela de nouvelles infrastructures destinées au tourisme de masse qui complète son héritage historique plurimillénaire. La Chine est depuis 2010 la troisième destination mondiale de la planète, avec près de 56 millions de visiteurs par an.
Cependant, la puissance chinoise doit encore faire face à d'importants défis. Tout d'abord, le PCC ne construit pas une puissance modèle qui puisse rayonner au niveau international : profondément égocentrée, la RPC développe une puissance politique et militaire qui sert ses seuls intérêts et s'occupe peu des marges lointaines, d'où cette constante concentration sur son territoire et l'Asie orientale. Du coup, elle ne prend que peu en compte les critiques qui pourraient déstabiliser son pouvoir (évidemment le non-respect des droits de l'Homme ou de la liberté d'expression, des thèmes soutenus par des dissidents chinois très isolés, mais médiatiques en Occident, tels que Liu Xiaobo, empêché par le régime de venir chercher son prix Nobel de la Paix à Oslo en 2010) et ne développe pas, encore, un programme militaire de l’ampleur de celui des Etats-Unis.
Conclusion : ainsi, la Chine a connu au XXe siècle une reconstruction de sa puissance perdue, qui avait fait d'elle pendant plusieurs millénaires l'un des Etats les plus développés et raffinés au monde. Cependant, son évolution a été extrêmement sinueuse, face à des puissances (Japon, URSS, Etats-Unis) auxquelles elle s'est régulièrement opposée et à cause de problèmes intérieurs qui n'ont pas toujours favorisé ses intérêts géostratégiques (guerre civile, Révolution culturelle). Elle est néanmoins devenue, au début du XXIe siècle, l'une des grandes puissances de la planète, forte de près d’un milliard et demi d'habitants, de sa croissance élevée et de son insertion dans la mondialisation. La puissance n'est cependant pas du tout exercée comme celle des Etats-Unis : plus centrée sur elle-même, elle se soucie moins de son rayonnement planétaire que de ses intérêts immédiats, qui deviennent néanmoins globaux. Elle doit maintenant tenter de relever les nombreux défis sociaux (réel développement de la majorité de la population), politiques, voire environnementaux (l'espace chinois est maintenant très pollué et des transformations massives, telles que le barrage des Trois-Gorges, l'affectent de plus en plus) pour maintenir son rang mondial.


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