Famille et societe au miroir de l’enfant





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Myriam Orgel

Lorène Lanaud

EDUCATION, SOCIETE ET POLITIQUES
Une histoire de l’enseignement en France de 1945 à nos jours.

I/ Introduction :
Présentation de l’ouvrage :

Professeur d'histoire contemporaine à l'université de Paris I et à l'Institut d'études politiques, Antoine Prost est connu pour ses travaux réputés sur l'histoire de la famille et de l'enseignement. Chargé de mission dans le cabinet de Michel Rocard, il a pu suivre de près les dossiers brûlants de la question scolaire, sur laquelle il pose un regard aiguisé. Il regroupe ici une série d'études majeures sur l'histoire de notre éducation depuis la Seconde Guerre mondiale : le nouveau statut de l'enfant, les mutations de notre système scolaire à travers les réformes successives, la crise de 1968, la crise de 1984...., autant de matériaux indispensables à la compréhension d'un "cas français" toujours problématique.
Présentation de l’auteur :
Antoine Prost est un historien français né en 1933 à Lons-le-Saunier (Jura).

Antoine Prost suit une formation classique : École normale supérieure de la rue d'Ulm et agrégé d'histoire. Il soutiendra sa thèse d'État en 1975 : Les Anciens combattants et la société française (1914-1939).

Il débute comme professeur de lycée à Orléans, avant de devenir maître-assistant à la Sorbonne. Professeur universitaire à Orléans (1966-1979) puis à Paris I depuis 1979, Antoine Prost est un historien de la société française au XXe siècle à travers l'étude des groupes sociaux, des instituions et des mentalités, notamment.

Spécialiste des questions d'éducation, il collabore à plusieurs reprises à la définition des politiques d'éducation depuis 1964.

Il a dirigé également le Centre de recherches sur l'histoire des mouvements sociaux et du syndicalisme, devenu le Centre d'histoire sociale du XXe siècle.

Malgré ses nombreuses activités à Paris, Antoine Prost se veut résolument « provincial ». Il réside toujours à Orléans, ville dont il fut maire-adjoint. Il est président de l'association Le Mouvement social et de l'Association des amis du Maitron.
II/ Développement :

FAMILLE ET SOCIETE AU MIROIR DE L’ENFANT

Les mutations de l’époque vont considérablement modifié la place de l’enfant dans la société. Le niveau de vie des foyers s’est élevé et cette croissance économique a sécurisé les familles. De plus, la médecine progresse après la seconde guerre mondiale avec l’expansion des antibiotiques.. Mettre un enfant au monde était un double risque : celui de le perdre rapidement ou celui de mourir avant qu’il ne soit élevé.. Les familles malthusiennes considèrent que les enfants sont une lourde charge et qu’il est difficile de les protéger contre tous les périls ( 1930 : 23 % n’ont pas d’enfant, 32 % un seul....): elles ont en général un haut niveau culturel ( gestion de la contraception car le patrimoine familial est en jeu ). Les familles prolifiques, quant à elles sont généralement des familles issues des deux extrémités sociales soit fortunées ou bien vraiment pauvres. Les pratiques éducatives se traduisent par des comportements très stricts envers l’enfant. Il y a une répression de l’affectivité, car le risque de perte d’un enfant est important. Ils sont considérés comme une bouche de plus à nourrir et trop les cajoler, c’est mal les préparer à la vie On réfrène les manifestations de tendresse pour endurcir les enfants. Toutefois les mutations sociales et économiques vont apporté l’aisance, des dispositifs de protection sociale efficaces, l’amélioration quantitative et qualitative du logement, et le recul de la mortalité. L’enfant accède à une place nouvelle dans la société, et devient l’objet d’un intense investissement affectif de la part de ses parents. Ces nouvelles conditions modifient les attitudes et cet investissement affectif induit de nouvelles pratiques éducatives : l’autorité des parents devient plus souple: ils usent de la ruse, de la séduction, de la persuasion et recherchent l’adhésion de l’enfant et plus seulement son obéissance. Les écoles maternelles prennent le parti pédagogique de s’appuyer sur l’activité de l’enfant : reconnaissance de sa créativité et de sa sociabilité et cela entraîne une pédagogie active. L’attitude en vigueur dans les maternelles a gagné les familles. Tout d’abord les instances ont développé une image positive de l’enfant et ont valorisé l’innocence de l’enfance. Il y a une révolution culturelle.. On est passé de l’enfant, quantité négligeable qui suivait la famille, réduit au silence et à l’immobilité à l’enfant Roi, centre d’intérêt accepté comme une personne autonome. Le foyer est devenu le lieu ultime de l’épanouissement personnel, le dernier refuge de l’individu.

JEUNESSE ET SOCIETE DANS LA FRANCE DE L’ENTRE-DEUX-GUERRES

Au début de notre siècle, il y a deux jeunesses : la jeunesse bourgeoise et la jeunesse populaire, et qu’aucune n’est en conflit avec la société. La jeunesse populaire et bourgeoise ont des définitions sociales bien différentes. Dans le milieu populaire, les jeunes arrêtent l’école, travaillent, ne sont pas mariés, vivent chez leurs parents et sous leur contrôle. Le passage de l’enfance à la jeunesse est soumis à des rites sociaux tels que des grandes fêtes, ou par le sacrement religieux. C’est le mariage qui marquera le passage de la jeunesse à la vie d’adulte, voire pour les garçons le passage par le service militaire. Les conflits de génération sont rares car la jeunesse a des rôles sociaux reconnus de l’ensemble de la communauté. Pendant l’entre-deux-guerres, deux facteurs supplémentaires assurent l’intégration de la jeunesse populaire : l’école républicaine qui diffuse avec succès une culture civique intégratrice, et le fait que la génération des pères est celle des anciens combattants de 14 / 18 : il est difficile d’assumer un conflit avec des gens qui ont sauvé la patrie pour que la jeunesse soit libre et fière... Dans le milieu bourgeois, les jeunes vivent dans les grandes villes et ne sont plus bien souvent sous le contrôle parental. Les transitions sont beaucoup plus floues, car les études durent plus longtemps, la jeunesse ne commence qu’après l’obtention du baccalauréat. Alors qu’au XIXè, on connaissait les organisations catholiques et académiques contrôlées par des adultes, de nouveaux mouvements de jeunesse apparaissent au XXè en France: les jeunes encadrent les jeunes tels que les éclaireurs de France, scouts et guides, etc…Ces mouvements traduisent une volonté de se distinguer, une nouvelle pédagogie: l’autonomie de la jeunesse.

QUAND L’ECOLE DE JULES FERRY EST-ELLE MORTE ?

Pour Jules Ferry, l’école primaire gratuite, obligatoire et laïque était d’abord l’école du peuple. La laïcité n’était pas une neutralité, mais une façon de prendre parti entre deux conceptions de l’état et de l’existence privée. C’est un choix de société. Enfin au sein de l’école, le primaire n’est pas le seul enseignement, il y a le secondaire qui lui est payant, mais c’est le seul à déboucher directement sur la vie active : il s’agit d’armer les enfants du peuple pour la vie entière, en leur apprenant ce qu’il n’est pas permis d’ignorer. Cette conception est vivement critiquée au lendemain de la première guerre mondiale par les "compagnons de l’université nouvelle" qui lancèrent le thème de l’école unique. (Réforme Berthoin 6 janvier 1959, Réforme Fouchet 1963, Réforme Haby 1975: consacre la formule école, collège lycée.)

 L’école primaire a cessé d’être une école dont on sort pour travailler. Pour tous les enfants, elle débouche désormais sur une autre école : le collège. Au XIXème le primaire présentait deux caractères liés : la confusion des âges et la ségrégation des sexes.. Mais ce n’est qu’en 1962 que la mixité atteindra le primaire. L’unification du système scolaire n’a pas produit à ses débuts l’unification de son administration.. Pour enseigner dans le primaire il a fallu chronologiquement posséder : le brevet simple, le brevet supérieur (1932), le baccalauréat (Vichy, 1941), le CAPCEG (1960), le Deug (1979), la licence (....) Le modèle ancien de l’école de Jules Ferry était familial, paternel. L’instituteur gouvernait sa classe comme le père sa famille et il existait différents modèles d’instituteurs : Le professionnel : expert et compétent et l’animateur : guide et chaleur affective, le savoir à acquérir passe au second plan. La prolongation de la scolarité jusqu’à 16 ans, et l’évolution des moeurs vont rendre possible cette évolution des pratiques pédagogiques.

1964 apparition du tiers-temps pédagogique qui impose aux instituteurs de diviser approximativement le temps de l’école en trois : un pour les matières de base (français et calcul), un pour les disciplines d’éveil, un dernier pour l’éducation physique.

1968 fera aboutir ce projet novateur et l’étendra à toutes les classes.. Ce courant cherchait à émanciper les élèves. En 1975 de nouveaux programmes emportent ceux de 1969, pour remettre de l’ordre dans cette jeunesse qui faisait peur.

ÉCOLE ET STRATIFICATION SOCIALE. LES PARADOXES DE LA REFORME DES COLLEGES EN FRANCE AU XXE SIECLE

1909 : Ferdinand Buisson fait adopter un projet qui assure l’égalité des enfants devant le droit à l’instruction, pour lui elle n’existait pas entre ces "deux jeunesses, l’élite et la masse". En 1930 les classes élémentaires des lycées deviennent gratuites. Les familles populaires de l’entre-deux-guerres recherchent un diplôme du primaire supérieur qui aboutisse à un métier.

Le ministre Jérôme Carcopino cherchait à transformer les EPS (écoles primaires supérieurs)en collèges modernes du secondaire.. La réforme de 1941 avait pour objet de débarrasser le secondaire de la concurrence du primaire supérieur, mais a eu comme résultat de l’amener à organiser l’accueil dans son second cycle des élèves formés par son rival qui se développait.. La démocratisation est en marche, c’est à ce moment qu’intervient la réforme des collèges. Mais il existe des différences entre les enfants de cadres et d’ouvriers et l’inégalité sociale devant l’entrée en sixième est massive. Cette entrée doit dépendre du mérite scolaire et non de l’origine sociale. Les réformes ont été entreprises au nom de la démocratisation ; mais politiciens et sociologues n’ont pas vu que même si les élèves allaient dans le primaire supérieur les meilleurs réintégraient le lycée en seconde... Les inégalités n’étaient pas dues seulement aux institutions mais aussi aux familles qui n’envoyaient pas leurs enfants au lycée. De plus la carte scolaire ne favorisait pas les enfants des faubourgs, des banlieues, et des villages. Les difficultés apparaissent à travers la nécessité les premières années d’évaluer les capacités des élèves. L’apprentissage du latin reporté en quatrième a également posé un problème. Ces difficultés expliquent qu’il y a eu 14 projets enterrés en 12 ans. Le nouveau régime de la Vè République veut imposer sa légitimité par son efficacité et sa capacité à moderniser le pays. Le but majeur est de démocratiser l’enseignement pour pouvoir dégager une élite plus nombreuse et pour cela il faut construire des établissements pour accueillir ces nouveaux élèves. La réforme n’a pas aboli les différences entre le primaire et le secondaire mais a permis de les mettre dans les mêmes locaux ce qui était déjà un rapprochement..

L’unification progressive des collèges se manifeste comme une volonté nouvelle: on cherche à séparer les âges. En 1974, les sections fusionnent et cela aboutira à la réforme Haby (11 juillet 1975, décret du 28 décembre 1976). Le peuple voulait une école de masse et surtout égalitaire, cependant des difficultés ont compliqué la mission du gouvernement. La création des collèges a mis l’enseignement français en "système" et à permis une élévation du niveau des jeunes. Pourtant il y a trois aspects négatifs dans le fonctionnement des collèges: l’ampleur de l’échec scolaire et l’impuissance des collèges à y remédier vient du fait que l’on enseigne à la masse de manière uniforme, l’importance de la sélection et la hiérarchisation des filières qui favorisent le bachotage et finalement la démocratisation qui n’est pas au rendez-vous. L’unification a déplacé mais stabilisé l’inégalité des chances. En fait elle l’a légitimé en se basant plus sur des critères sociaux mais sur des critères scolaires. Les élèves sont à présent responsables de leur échec, ce n’est plus la société.
DECISION ET NON-DECISION GOUVERNEMENTALE. LA POLITIQUE GAULLIENNE D’EDUCATION DE 1962 A 1968

Majorité à 16 ans (Berthoin 1959), création des CES-CEG (Capelle-Fouchet 1963), création des B.T.(baccalauréats de technicien) et réforme du second cycle (1965), création des IUT (1966), réorganisation des cursus universitaires (1966). Le but de ces réformes est de recruter des élites sur une base démocratique, mais accompagnée d’une sélection. A cela s’ajoute celui de la diversification des filières de formation et une réelle orientation.. En 1960 est créée la direction générale de l’organisation et des programmes scolaires: elle gère l’orientation, la coordination pédagogique, les programmes financiers et la carte scolaire..

1962 : le premier ministre Pierre Sudreau démissionne et après un intérim de Louis Joxe, il est remplacé par Christian Fouchet. C’est l’Élysée qui prend les décisions, pas la rue de Grenelle, ni Matignon. Capelle ne réforme pas totalement les collèges mais crée les CES et les CEG que Haby unifiera en 1975. Cette dualité est due au fait que Pompidou et Fouchet étaient contre l’unification du primaire supérieur et du secondaire. La procédure proposée est technocratique (orientation à partir d’une détermination des effectifs d’élèves à admettre dans chaque filière) et autoritaire (décision appartient à une autorité soustraite des pressions des familles). Etant donné la situation, De Gaulle nomme P. Laurent en octobre 1963 au poste de secrétaire général du MEN (sorte de vice-ministre). Il sera capital dans la création des IUT et la réforme du supérieur. Capelle part en 1964 sur un constat mitigé: la démocratisation du premier cycle était acquise mais non l’orientation à la sélection. Le dossier sur l’orientation et la sélection ne progresse guère. 1966 : la réforme de l’orientation avance, création de l’office national de l’orientation scolaire et professionnelle. Il est chargé de former les orienteurs et d’informer les organes d’orientation. En 1967, les choses n’évoluent guère et les étudiants deviennent de plus en plus méfiants.(nombre d’étudiants multiplié par 2.5 en 7 ans) Cela peut être perçu comme les prémices de mai 68. L’Élysée donne l’impulsion et rend les arbitrages décisifs. Mais il n’y a pas de cohésion gouvernementale, les décisions prises ne sont que des compromis entre tous les partis d’où l’échec flagrant du dossier sur la sélection.

MORT ET NAISSANCE DE L’UNIVERSITE FRANCAISE

 L’université française connaît une crise sans précédent qui a pour source un conflit de génération. L’université connaît des problèmes de fond et de forme et son organisation ne correspond plus aux valeurs de la société ni aux nouvelles normes éducatives. Les principales difficultés que rencontre l’université sont les suivantes :

1)      la croissance universitaire s’est faite sans modification des structures éducatives.

2)      1966 : organisation en trois cycles contraignants et compliqués

3)      les méthodes d’enseignement n’avaient pas été profondément modernisées

4)      problème de la sélection.

 Les événements de 1968 marquent la naissance en France de véritables universités.
ÉCOLES, COLLEGES ET LYCEES DE 1968 A 1984

Avant 1968 de grandes transformations s’opèrent et modifient le paysage scolaire rallongeant la scolarité de trois ans en moyenne. Il y a une massification due à la croissance démographique, demande sociales plus importante et une politique visant à accroître le nombre de diplômés dans les domaines qui connaissent une pénurie de compétences. Suite à la crise de 1968 on voit apparaître une nouvelle vision de l’éducation : les changements de mœurs entraîne une disparition des sanctions en classe et une évolution des méthodes d’enseignement avec un tiers du temps consacré à l’EPS et aux arts plastiques. En 1975 la réforme Haby met en place le collège unique et crée trois niveaux distincts d’enseignements qui sont l’école le collège et le lycée. Avec cette réforme apparaissent les CDI, la carte scolaire et des paliers décisifs en 5èm et en 3èm, à la fin desquels l’élève pourra passer, redoubler ou être orienté. Les élèves passent d’une attitude contestataire à une attitude désabusée. Les nouveaux programmes sont plus abstraits, les élèves plus loin de la culture scolaire plus proche de la télévision et des médias ; ils n’ont guère le désir d’apprendre l’école est discréditée. La seule manière de faire "travailler les élèves" est de les sanctionner par une "orientation" subie en fin de 5ème, ou, plus généralement, en fin de 3ème. C’est en ce sens que la sélection s’est de beaucoup renforcée au début des années 80. Paradoxalement, il y a un abaissement de l’âge moyen des élèves, ceux qui redoublent s’excluant par-delà même de toute chance de conserver une orientation vers les filières les plus prestigieuses. Cette intensification de la sélection a plusieurs conséquences : tout d’abord les parents sont mécontents (sectorisation, décisions d’orientation...) et ont recours au privé qui ne respecte pas les décisions du public comme il est censé le faire ; Les élèves qui décrochent n’ont aucune raison de travailler.... Ils sont chassés, après avoir été "orientés".
LA TORNADE QUI EMPORTA SAVARY

Alain Savary appartient à un gouvernement de gauche de tradition laïque.. Il souhaite faire passer une loi dans laquelle il établit un statu quo politique sur les subventions accordées aux établissements privés sous contrat. Seulement le 22 mai 1984, le premier ministre Pierre Mauroy, admet un amendement qui détruit le compromis avec l’épiscopat. C’est ce qui entraîna les manifestations de juin 1984, le retrait du projet de loi le 12 juillet et la démission du ministre et du gouvernement le 14 juillet. L’ampleur de ce mouvement ne s’explique pas principalement par des raisons religieuses car la majeure partie des manifestants était laïque. En effet beaucoup de parents se sentent impuissants face à la carte scolaire ou à l’orientation et l’école privée reste leur seul recours face à une institution publique qui leur impose son choix et de ce fait conditionne l’avenir de leurs enfants. Savary est remplacé par J.P. Chevènement.. La gauche poursuit un objectif démocratique, laïc et pédagogique. Mais il ne s’agit plus de «dicter comme un arrêt la règle à l’enfant, mais la lui faire trouver, exciter et éveiller la spontanéité de l’enfant au lieu de l’emprisonner dans des règles toutes faites ». De plus JP Chevènement instaure l’objectif des 80% d’une classe d’âge au bac ce qui redynamise l’ensemble du système éducatif. Il parvient donc à retourner les courtant de l’opinion public suite aux mouvements entraînés par la réforme Savary et à rendre plus positive l’image de l’enseignement public.
LES MUTATIONS DES LYCEES 1985-1990

La mutation des lycées de 1985 à 1990 mais en avant une évolution démographie mais aussi structurelle. Ce n’est pas le moment de savoir s’il faut inciter ou non les élèves à poursuivre leurs études, il faut les accueillir. En effet l’objectif des 80% d’une classe d’âge au bac se met en place ce qui accroît considérablement la population des lycées. Le problème majeur est que le baccalauréat ne prépare pas à un emploi et en parallèle le développement économique entraîne une diminution des emplois de niveau CAP et une augmentation des emplois plus qualifiés. Ainsi il devient nécessaire de préparer les jeunes, d’où l’idée de créer des lycées professionnels en 1985.


Bilan critique :

L’ouvrage Education, société et politique est un livre essentiellement historique qui met en avant les politiques liées à la situation économique et sociale du pays de 1945 à 1990. La nature de cet ouvrage objectif ne nous révèle pas les opinions de l’auteur sur le système éducatif. Il est donc intéressant de chercher à connaître les thèses qu’A Prost soutient à travers l’un de ses ouvrages précédents : Eloge de pédagogues, 1985.

Que veut nous dire Antoine Prost ? Il veut surtout nous rappeler que l’école est le lieu concret des enseignements et des apprentissages. Pourtant, il ne suffit pas de faire l’éloge de l’école comme structure d’encadrement et de gestion, mais plutôt de penser l’école comme un lieu de vie intellectuelle ou de préoccupations pour « les études d’abord ». Dans L’éloge des pédagogues, A. Prost nous apprend plus qu'il ne peut nous en paraître au premier abord. Une relecture sur un point ou sur un autre démontre qu'il possède bien son sujet, soit l'école, les pédagogues, la pédagogie ou les problèmes inhérents au fonctionnement d'un système scolaire. Il s'agit de l'oeuvre d'un historien de l'éducation et de la famille.

Ces travaux d'historien sur les questions actuelles en éducation sont plutôt rares. Raison de plus pour en prendre acte. Bien sûr, son analyse porte sur le monde scolaire français. Ce livre est constitué d’analyses mêlées de réflexions sur l'éducation, l'école et la société. Mais il soulève aussi des problèmes d'une très grande actualité : l'enseignement professionnel, la formation des professeurs et la recherche en éducation. L'ensemble de l'ouvrage repose sur l'idée centrale qu'il faut redonner à «la problématique des études» tout le poids nécessaire si l'on veut voir apparaître des perspectives fécondes pour l'école. Les études d'abord, c'est avant tout l'élève en tant qu'il apprend. Cette problématique des études vient conditionner à la fois l'enseignement et la vie scolaire. Sur ce point, le raisonnement d'Antoine Prost peut se résumer ainsi. Un enseignement qui se limite à transmettre des savoirs réduit l'élève «à un réceptacle passif de savoirs exposés devant lui». Donc, l'élève est ignoré. D'un autre côté, une vie scolaire qui prend en charge l'élève pour le satisfaire en tant que sujet de besoins, de désirs et d'émotions en ignorant les savoirs, ne vise pas à transformer les attitudes et les conceptions pédagogiques des enseignants. Les uns et les autres sont opposés «stupidement».

De manière à dépasser cette problématique à deux volets, Antoine Prost demande qu'on s'interroge sur «ce que les élèves apprennent, et comment ils l'apprennent». Ce qui nous introduit dans l'école et dans les classes. Puisque l'élève a un travail à faire à l'école, alors comment organiser ce travail de l'élève. Et nous voilà plongés dans le concret de l'école. Revenons aux problèmes d'actualité. Antoine Prost aborde le secteur de l'enseignement professionnel, la formation des professeurs et les recherches en éducation. Pour le premier contentieux scolaire il se pose la question : «Faut-il développer l'enseignement professionnel? Il suggère comme solutions de maintenir en transformant et de développer en dehors des rigidités de la forme scolaire. Cependant, il constate que «la France est pratiquement le seul pays du monde à avoir autant développé l'enseignement professionnel et technique. Ce premier constat invite à la réflexion». Motif : «Il s'agit d'éviter l'encombrement des études qui conduisent aux fonctions dirigeantes». Ce qui nous ramène à une question fondamentale en éducation. Comment veut-on former la jeunesse et pourquoi?
A travers ces réflexions, A Prost peut être perçu comme un précurseur puisque ses analyses vont faire l’objet des grands débats de l’école. Il remet en cause dès 1985 la place de l’élève au sein du système scolaire ce qui va être le point d’honneur de la loi d’orientation de 1989.. De même évoque l’importance de la voie professionnelle et technique qui est devenue l’une des priorités de l’Education nationale ces dernières années.

III/ Lien avec d’autres thèmes :
Le collège/ la démocratisation/ l’école républicaine/ l’école unique/ l’instruction publique/ la laïcité/
La démocratie au lycée de Robert Ballion, ESF Éditeur, Collection Pédagogies, 1998

Dans cette optique, la première partie du livre va évoquer les rapports complexes et historiquement évolutifs qu’entretiennent l’école et l’individu. Son premier chapitre va situer la réflexion de l’auteur par rapport à cette problématique générale en montrant en particulier comment la question des rapports de l’institution scolaire avec ceux qu’elle scolarise est centrale dans toute analyse de l’école. De plus, les divers états de la relation usager-école peuvent s’analyser au travers de quatre figures (idéal-type) qui renvoient à autant d’étapes de l’évolution de ladite relation : chacune de ces figures est ainsi une étape, mais chaque nouvelle figure n’élimine pas pour autant les précédentes, avec lesquelles elle est amenée à cohabiter dans une logique d’hétérogénéité qui traverse le monde scolaire contemporain. Ces figures, qui feront l’objet des quatre chapitres suivants, sont celles de l’usager contraint, de l’usager abstrait, de l’usager averti, et de l’usager actif.
La place de l’élève au sein de l’établissement scolaire : Une approche historique et institutionnelle
 La question de la place de l’élève au sein de l’établissement scolaire est un sujet essentiel pour tous les acteurs du processus éducatif. Et pourtant, c’est une question qui peut paraître étonnante.

Peut-on imaginer en effet un système éducatif sans élèves et donc sans une place pour les élèves ?  Peut-on imaginer un établissement scolaire dans lequel les élèves n’auraient pas une place? Se poserait-on la même question sur la place des enseignants au sein des établissements scolaire ? Tout simplement, se serait-on posé la même question et dans les mêmes termes il y a trente ans ?

On peut penser que si le législateur de 1989 a éprouvé le besoin de dire que cette place est au centre du système, c’est que cela n’allait peut-être pas de soi. Et si, de son côté, la loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école d’avril 2005 place, dans son article 3, les élèves en tête de l’énumération des membres de la communauté éducative : « Dans chaque école, collège ou lycée, la communauté éducative rassemble les élèves et tous ceux qui, dans l’établissement scolaire ou en relation avec lui, participent à l’accomplissement de ses missions », c’est que cela paraissait important à la représentation nationale de l’affirmer solennellement, et cette affirmation sonne aussi comme un rappel..

Si les élèves ont évidemment une place au sein des établissements, la question est plutôt quelle sorte de place on leur fait et comment cette place s’est construite et a évolué historiquement et institutionnellement..

IV/ Autres ouvrages de l’auteur

? La révolution scolaire, 1963 (co-écrit avec Jacques Natanson)

? La CGT à l'époque du Front populaire (1934-1939), 1964 (thèse de 3e cycle)

? L'enseignement en France (1800-1967), 1968

? Les Anciens combattants et la société française (1914-1939), 1977 (thèse d'État)

? Education, société et politiques.. Une histoire de l'enseignement en France, de 1945 à nos jours, 1992

? Douze leçons sur l'histoire, 1996 (livre de base pour tous les apprentis historiens)

? La Résistance, une histoire sociale, 1997

? Le vocabulaire des proclamations électorales, 1881, 1885, 1889, Paris, PUF, Publications de la Sorbonne, 1974

? La Grande Guerre expliquée à mon petit-fils, Seuil, 2005 ISBN: 2-0208-1242-8


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