Hubert Bonin, professeur d’histoire à l’Institut d’études politiques de Bordeaux et au Gretha umr 5113-Université de Bordeaux 4





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Cognac, une place bancaire au coeur d’une économie ouverte à l’international (dans les années 1900-1930)

Hubert Bonin, professeur d’histoire à l’Institut d’études politiques de Bordeaux et au Gretha umr 5113-Université de Bordeaux 4)




Cognac est plus connue par ses alcools1, ses chais, ses hôtels particuliers de style, que par ses banques… Il est vrai que, aujourd’hui, l’anonymat et la banalité bancaires y dominent, comme presque partout, par le biais des agences des grands établissements parisiens. Or la ville a elle aussi été une place bancaire comme tant d’autres grosses bourgades marchandes et industrieuses – et ce jusqu’aux années 1930. Le « krach bancaire rampant » y a là aussi brisé un cycle long d’histoire de l’argent, marqué par l’autonomie relative de la place, par une concurrence entre banques locales et banques parisiennes, par des relations privilégiées entre les sociétés et les familles du cru et leur banquier. Ce serait donc une histoire classique, celle d’une transition entre deux époques d’histoire bancaire, de l’ultime percée de la grande entreprise bancaire et du déclin irrémédiable de la banque locale, de la « vieille banque »2. Cette reconstitution ne serait donc qu’une chronique supplémentaire, qu’une nouvelle pièce du puzzle de l’histoire de la banque provinciale française3 des années 1880-1930 – avant l’affirmation d’un nouveau type de banques régionales autour des sociétés à statut coopératif. Un tel cas d’étude serait insignifiant à l’échelle de l’histoire bancaire française puisque le fonds de commerce de Charpentier est cédé par sa Liquidation en 1932 pour le simple montant de 550 000 francs... Enfin, cette chronique n’aurait même pas les vertus d’une modeste contribution à l’analyse du rôle des banques locales dans la vie des fameux « districts industriels », puisque, contrairement à Limoges (Tarneaud), Cholet – comme l’a étudié Michel Lescure4 – ou Castres (Gheusi), par exemple, une industrialisation trop limitée n’a pas pu y nourrir un « système industriel et financier » propre à s’ériger en « district ».
Or cette chronique peut procurer des éléments d’interrogation. Tout d’abord, comme dans d’autres villes marchandes, l’économie commerciale a pu alimenter une vie bancaire particulière, comme sur Bordeaux, avec des activités, un mode de fonctionnement, des besoins de refinancement, un réseau relationnel adaptés à la configuration des besoins des entreprises et aux mouvements de la conjoncture. La « structure » de la place bancaire, c’est-à-dire son organisation et son portefeuille d’activités, constitue un sujet d’étude propre à établir des comparaisons pertinentes avec d’autres places. La reconstitution des effets des aléas conjoncturels, notamment internationaux, sur l’évolution de cette « structure » procure des indications sur les vertus des banques locales, notamment de leur champion, la maison Charpentier, sur leur capacité à s’adapter, à redéfinir leur stratégie, leurs prestations aux entreprises clientes ; ira-t-on jusqu’à identifier un type de « banque marchande » adapté à ce type de place commerciale internationalisée ? Enfin, c’est la dimension géographique de leur déploiement qui mérite attention : est-ce que le modèle type de la banque locale a perduré jusqu’à l’archaïsme, ce qui aurait expliqué sa chute finale ? ou est-ce que le champ d’action du système bancaire cognacais s’est reconfiguré soit au niveau régional, soit au niveau international ? Et, dans ce cas, son échec ne serait pas dû à son « conservatisme », mais à des difficultés plus larges, conjoncturelles ou concurrentielles : au-delà du choc de la crise elle-même, en effet, ce sont les mutations du capitalisme local qui ont peu à peu asséché les flux d’argent orientés vers la banque de terroir au profit des grandes banques parisiennes ou étrangères. Ce serait l’engagement même de cette banque locale dans les circuits du crédit et du commerce internationalisés qui l’auraient finalement déséquilibrée ; sa crise serait le signe de son engagement original dans une « économie ouverte », en particulier transatlantique.
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