Hubert Bonin





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Conclusion



Notre projet de cerner les contours de l’outil bancaire disponible en Afrique permet ainsi de reconstituer la vitalité d’une Compagnie algérienne qui a su dépasser les objectifs fonciers initiaux – ceux de la Société générale algérienne. Loin de se vouloir une simple ‘rentière’ – encore que ses biens ruraux lui procurent des revenus appréciables… -, elle contribue à doter l’Afrique du Nord d’une armature bancaire ramifiée et efficace – aux côtés notamment du C.F.A.T.35 et de la Banque de l’Algérie, complétée par les grandes agences des banques parisiennes. Indéniablement, le niveau de développement de l’économie bancaire algérienne atteint des seuils de modernité élevés ; elle est bien adaptée aux besoins des firmes de production et d’échange, de l’économie rurale insérée dans les flux commerciaux de bonne taille – avec même des clients autochtones – et des épargnants désireux de nourrir un portefeuille de valeurs mobilières. Rien ne sépare par conséquent l’Algérie et les protectorats voisins de la modernité de la métropole – si ce n’est que, bien sûr, la majorité des agences sont de taille réduite (en nombre de salariés) par rapport aux agences métropolitaines. Malgré la concurrence, vigoureuse, la rentabilité est forte : c’est le signe que les secteurs de l’économie algérienne entraînés dans la croissance et la modernisation sont amples et actifs et peuvent alimenter en revenus d’intérêts et commissions le compte d’exploitation de plusieurs banques. Parmi elles, la Compagnie algérienne joue un double rôle : tout en construisant sa propre histoire, elle contribue à la mise en œuvre du schéma de mise en valeur de l’Algérie entretenu par les animateurs du groupe Mirabaud – et, en cela, elle reste fidèle à la conception de son ancêtre, la Société générale algérienne : la banque vient en complément des initiatives tournées vers les mines, les ports, les maisons de commerce et de transit, et cet ensemble – qui a glissé des rêves ‘saint-simoniens’ des années 1860 à de simples visions capitalistes – est l’un des outils structurant le développement algérien – si l’on conçoit celui-ci, comme les contemporains, dans le cadre des intérêts des branches économiques et des couches sociales insérées dans le développement transméditerranéen.
* Notes :


1 Nous renvoyons à nos textes :

  • « L'outre-mer, marché pour la banque commerciale (1876-1985) ? », in Jacques Marseille (dir.), La France & l'outre-mer (actes du colloque de novembre 1996 ; Les relations économiques & financières entre la France & la France d'outre-mer), publications du Comité pour l'histoire économique & financière de la France, 1998, pages 437-483.

  • « Le Comptoir national d'escompte de Paris, une banque impériale (1848-1940) », Revue française d'histoire d'outre-mer, tome 78, n°293, 1991, pages 477-497.

  • « Du Crédit foncier d'Algérie & de Tunisie à la Société centrale de banque. Aventures en Méditerranée », Sogéchos, magazine de communication interne de la Société générale, octobre 1997, pages 22-26. 

  • Histoire de banques. Crédit du Nord, 1848-1998 (en collaboration avec Philippe Decroix, Sabine Effosse, Pierre Pouchain, Olivier Puydt), éditions Hervas, 1998 (avec quelques passages sur la Compagnie algérienne).

  • Histoire du Crédit foncier & agricole d’Algérie ; du Crédit foncier d’Algérie et de Tunisie, 1999, texte multigraphié déposé à la bibliothèque des Archives historiques du Crédit lyonnais et de la Société générale.

  • Histoire du C.F.A.T., La Collection historique de la Société générale, à paraître en 2000.

2. Nous nous appuyons sur un maigre dossier conservé aux Archives historiques du Crédit lyonnais [cote DEEF CS 50032], qui constitue à notre connaissance, pour le moment, la source clé pour reconstituer les origines de la Compagnie algérienne, par le biais de son ancêtre, la Société générale algérienne. La Société générale elle-même ne dispose pas de dossiers sur cette affaire. Nous remercions Roger Nougaret d'avoir déniché ce dossier dans les archives du Crédit lyonnais.

3. Cf. Aline Raimbault & Henri Heugas-Darraspen, Crédit Foncier de France. Itinéraire d'une institution, éditions du Regard, Paris, 1994. L'aventure de la Société générale algérienne est évoquée pages 59-60.

4. Cf. A. Rey-Goldzeiguer, Le Royaume arabe. La politique algérienne de Napoléon 3, 1861-1870, éditions SNED, Alger, 1977.

5. 5 000 hectares à Beni Salah, à 60 km de Bône, 2 800 hectares à Beni Foughal, 5 400 hectares à Akfadou, près de Bougie), le tout ne valant au bilan que 220 000 francs en 1871.

6. Non loin des mines de fer de Mokta, déjà exploitées par le groupe de Talabot.

7. Batignolles, pour les chantiers, Dyle & Bacalan, pour les locomotives et wagons, Forges & aciéries du Nord & de l'Est, pour les rails, etc. La Banque parisienne, Pillet-Will, Paribas, le Comptoir d'escompte de Paris sont eux aussi intéressés à l'affaire. Cf. Mohamed Lazhar Gharbi, Impérialisme et réformisme au Maghreb. Histoire d'un chemin de fer algéro-tunisien, Cérès éditions, Tunis, 1994. Nous remercions notre collègue Gharbi de nous avoir fourni quelques indications sur la Société générale algérienne et de nous avoir procuré cet ouvrage.

8. L'essentiel de nos sources est constitué par les rapports annuels de la Compagnie algérienne, que le Crédit lyonnais a conservés dans ses archives historiques ; ni la B.U.P. ni le Crédit du Nord n'ont gardé d'archives concernant la Compagnie algérienne d'avant-1945. Nous sommes donc une fois de plus reconnaissant envers Roger Nougaret, directeur des archives historiques du Crédit lyonnais, de nous avoir permis de lire ces rapports, complétés par quelques dossiers précisant l'évolution de certaines activités de la Compagnie algérienne [cotes DEEF CS 50032 ; DEEF 29178 ; DHB 2219].

9 Assemblée générale de la Compagnie algérienne, 5 et 27 décembre 1877.

10. En 1909 : Guelma, Orléansville, Tiaret ; en 1910 : Affreville, Aïn Beida, Batna, Boghari, Bouira, Bordj-Menaiel, Kenchela, Marengo, Nemours, Relizane, Saint-Arnaud, Vialar. En 1911 : Perregaux, Rio Salado, Palikao.

11 Rapport annuel de la Compagnie algérienne pour l’année 1909.

12 Tunis dès 1881, Sfax, Bizerte, déjà actives en 1906 ; puis, Sousse, et, en 1909 : Béja et Mateur ; en 1910 : Gabès, Kairouan, Souk el Arba.

13 Casablanca en 1906 ; en 1910 : Suffi, Oudjda ; en 1911 : Rabat, Larache, Mazagan-El Jadida.

14. Nous nous servons des rapports de l'Inspection générale de la Banque de France à la succursale de Marseille de la Banque de France, années 1910, archives historiques de la Banque de France.

15. Il est directeur du Laboratoire cental des Contributions indirectes de 1876 à 1882, fonction dont le contenu nous est inconnu mais qui n'a pas peut-être pas passionné outre-mesure ce polytechnicien, ce qui aurait pu l'inciter à ‘pantoufler’. Nous remercions Nathalie Carré de Malberg de nous avoir fourni quelques éléments biographiques sur le haut fonctionnaire Bordet.

16. Celui-ci exerce la présidence pendant 16 ans, depuis la création de la Compagnie algérienne en 1877.

17. D'après l'étude d'Emmanuel Chadeau sur Les inspecteurs des finances, éditions Economica.

18. Il devient en 1920 directeur général des services financiers de la Section autrichienne à la Commission des réparations, puis en 1921 président du Comité interallié de liquidation de la Banque d'Autriche-Hongrie, avant de rejoindre finalement la Compagnie du Midi, où il devient chef des services financiers, probablement jusqu'en 1931, date à laquelle il est réintégré au sein de l'Inspection des Finances. Nous remercions Nathalie Carré de Malberg pour nous avoir fourni des données sur cet inspecteur des Finances.

19. Rapport annuel de la Compagnie algérienne pour l'exercice 1922.

20 Ibidem.

21. Liste approximative des agences ouvertes en Afrique du Nord dans les années 1920-1926 : Cherchell, M'sila (1920) ; Hussein Dey, Beni Saf (1922) ; Burdeau, Châteaudun-du-Rhumel, Descartes, Inkermann, Ménerville, Tizi Ouzou (+ Kroubs ; Alger-Laferrère) (1923) ; Aïn Bessem, Biskra, Djerba (Tunisie), Guyotville, Mhadia, Oued-Imbert, Parmentier, Tenès (1924) ; Berrechid, El Biar, Medjez el Bab, Petitjean (Maroc), Taza Haut (Maroc) (1925) ; Lalla Marnia, Berkane (Maroc), Azemour, Alger-Babel Oued (1926).

22 Lettre de la Compagnie algérienne au Crédit lyonnais, 22 mars 1926, Archives historiques du Crédit lyonnais, DHB 2219.

23 Rapport annuel de la Compagnie algérienne pour l’exercice 1930.

24 Rapport annuel de l’Inspection de la Banque de France à la succursale de Marseille, 1926. Mais une croissance trop rapide débouche certaines années sur « quelques signatures faibles » et surtout sur quelques déboires, comme lors du mini-krach marseillais de 1925-1926, où elle immobilise certaines mauvaises créances.

25. Cela suscite les critiques d'un actionnaire : « Je reproche d’avoir fait un palais trop somptuueux. On aurait dû utiliser l’ancien immeuble. » « Nous sommes allés à Bordeaux pour suivre nos clients d’Algérie. Nous avons acheté un immeuble à Bordeaux très bien placé ; nous nous y sommes installés provisoirement avec une petite installation pour commencer et, pour donner satisfaction à notre clientèle, nous avons voulu faire une cave avec des coffres-forts. Nous avons alors constaté que les fondations de l'immeuble étaient insuffisantes. C'est pour cela que nous avons fait reprendre la construction entière de la maison. Cette construction coûtera cher, c'est entendu, et demandera très longtemps. Pour faire des affaires dans un centre aussi important que Bordeaux, il faut soigner son outillage, et notre outillage à nous, c'est notre installation », lui rétorque un président soucieux de l'image de marque de sa maison... (assemblée générale de la Compagnie algérienne pour l'examen de l’exercice 1921).

26 Rapport annuel de la Compagnie algérienne pour l’exercice 1921

27. Note publicitaire publiée dans L'Illustration économique & financière, 1922.

28. Note publicitaire publiée dans L'Illustration économique & financière, 1922.

29. Cf. Daniel Lefeuvre, Chère Algérie, 1930-1962, publications de la Société française d'histoire d'outre-mer, 1997.

30. Texte de préxentation de la Compagnie algérienne, dans l'ouvrage publié par la profession : La Banque & ses services. Tome I. Les banques en France, éditions Banque, 1931.

31. Le C.F.A.T. et la Compagnie algérienne placent chacune 3,24 %, la Banque industrielle de l'Afrique du Nord 0,67 %, la Caisse de retraites de l'Algérie 3,4 %. C'est que les grandes banques de dépôts métropolitaines en placent l'essentiel (58 % pour les trois grands établissements de crédit, par exemple).

32 0,46 %, comme le C.F.A.T., mais moins que le Crédit algérien, qui, avec 1,77 %, dispose de meilleurs lots de rétrocession.

33. Nous reprenons là le terme utilisé par l’historien Jacques Marseille à propos du capitalisme d'outre-mer.

34. Nous nous appuyons sur la série des rapports annuels, conservée aux archives historiques du Crédit lyonnais.

35 De prochains textes complèteront cet article, avec une reconstitution de l’histoire de la Compagnie algérienne après 1945 et une comparaison entre la Compagnie algérienne et le CFAT.

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