Le genre en situation coloniale et post-coloniale





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Responsable : Christelle Taraud

Séminaire mensuel (mercredi, 18H00-20H00) à NYU Paris : 56 rue de Passy, 75016 Paris (métros Passy sur la ligne 6 ou La Muette sur la ligne 9).

En cas de problème tel : 01 53 92 50 80.


Le genre en situation coloniale et post-coloniale

Coloniser a toujours été perçu comme un acte essentiellement masculin. C'est sans doute pour cette raison que l'histoire de la colonisation (et de la décolonisation) - qui, jusqu'à une date récente, était le plus souvent écrite par des hommes - n'a fait que peu de place aux femmes, aux rapports sociaux de sexe, à la construction des identités de genre et plus encore à l'histoire de la sexualité en situation coloniale. Considérées comme quantités négligeables dans les périodes belliqueuses (de guerre ou de pacification), les femmes (et par extension le genre et les questions sexuelles) n'ont certes pas eu une visibilité plus importante en temps de paix alors même qu'elles se trouvent, comme agents d'un mission civilisatrice française dont le triptyque fondateur est « éduquer, moraliser, convertir », au cœur de l'affirmation de la puissance nationale et de la domination coloniale. Au point que l'on peut à juste titre se demander aujourd'hui si la colonisation française a bien eu, à un moment de son histoire, un genre ? Pour répondre à cette question, le séminaire mensuel « Le genre en situation coloniale et post-coloniale » se propose de faire, dans un premier temps, un état des lieux de la question sur la longue durée (des débuts du second Empire colonial français au XIXe siècle à ses prolongements post-coloniaux d’aujourd’hui) en privilégiant l’approche interdisciplinaire et trans-coloniale (pour éviter la surexposition d’une partie de l’Empire au détriment des autres) et trans-impériale (en n’hésitant pas à recourir au comparatisme pour expliquer tant la gestion coloniale que post-coloniale des politiques genrées/et sexuelles) et dans un souci de va-et-vient chronologique qui prenne le passé comme moyen privilégié d’éclairer, d’analyser, et de comprendre, le présent de la France mais aussi des anciens territoires colonisés. Dans cette perspective, on s’efforcera tout particulièrement de mettre en commun de nouvelles sources, de nouvelles problématiques et de nouvelles approches (liant par exemple micro-histoire et histoire sociale, subaltern studies et post-colonial studies aux gender studies) dans le but de circonscrire un territoire émotionnel et politique (le genre en situation coloniale et post-coloniale) qui semble chaque jour, au regard des très nombreuses polémiques qui sont en lien avec (collaboration charnelle, tortures et viols pendant le guerre d’Algérie, violences sexuelles de la guerre civile en Algérie, affaire des viols collectifs dans les quartiers difficiles, question du voile et de la laïcité, « qualités essentielles » et virginité dans le mariage en France…) prendre plus d’importance, aussi bien dans ce qui fut l’Empire colonial français, qu’en France post-coloniale.

Programme des séances 2011-2012

Mercredi 28 septembre 2011 : Séance introductive spéciale, en partenariat avec la Revue Clio. Histoire, Femmes et Sociétés : Présentation du numéro Colonisations avec Pascale Barthélémy, Luc Capdevila et Michelle Zancarini-Fournel.
Pascale Barthélémy est Maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l’Ecole normale supérieure de Lyon, responsable de l’équipe « Genre et société » du LARHRA (UMR 5190), membre de l’Institut universitaire de France, et spécialiste d’histoire des femmes en Afrique. Dernières publications : Africaines et diplômées à l’époque coloniale (1918-1957), Rennes, PUR, 2010 ; « Je suis une Africaine… j’ai vingt ans. Écrits féminins et modernité en Afrique occidentale française (c. 1940 – c. 1950) », Annales, Histoire, Sciences sociales, 64ème année, 2009, n° 4, p. 825-852.
Luc Capdevila est Professeur d’histoire contemporaine (Université Rennes 2/CERHIO UMR6258), spécialisé sur les sociétés et cultures de l’Amérique australe. Dernières publications : Una guerra total: Paraguay, 1864-1870. Ensayo de historia del tiempo presente, Asunción/Buenos Aires, Editorial Sb/Centro de Estudios Antropológicos de la Universidad Católica Nuestra Señora de la Asunción, 2010, 544 p. ; et en collaboration avec Isabel Combes, Nicolás Richard y Pablo Barbosa, Los hombres transparentes. Indígenas y militares en la guerra del Chaco, 1932-1935, Cochabamba, Universidad Católica de Bolivia, col. Scripta Autochtona/Historia Indígena de las Tierras Bajas, 2010, 230 p.
Michelle Zancarini-Fournel est Professeure émérite d'histoire contemporaine à l'université Claude Bernard Lyon 1, Laboratoire de recherches historiques Rhône-Alpes (LARHRA UMR 5190), spécialiste d'histoire sociale et d'histoire du genre du temps présent. Dernières publications : avec Christian Delacroix, La France du temps présent (1945-2005), Belin, 2010 ; Engagements, rébellions et genre dans les quartiers populaires en Europe (1968-2005), Éditions des archives contemporaines, 2011.

Mercredi 26 octobre 2011 : Ann Laura Stoler, « Beyond Sex. Bodily Exposures of the Colonial and Post-colonial Présent ».

Exceptionnellement cette séance sera couplée avec celle du séminaire Histoire des colonisations européennes (XIXe-XXe siècles) : sociétés, cultures, politiques. Elle aura lieu au Centre d’histoire de Sciences Po, 56 rue Jacob, 75006 Paris, de 16H30 à 19H00.
Ann Laura Stoler is Willy Brandt Distinguished University Professor of Anthropology and Historical Studies at The New School for Social Research in New York since 2004. She has worked for some thirty years on colonial governance, racial epistemologies, and the sexual politics of empire. She has been a visiting professor at the Ecole des Hautes Etudes, Ecole Normale Superieure, and Paris VIII in Paris and in is on the International Advisory Board of the Institute of Women's Studies at Birzeit University where is helping to develop a curriculum on Gender and Comparative Colonial Politics. Her books include: Race and the Education of Desire (Duke 1995), Carnal Knowledge and Imperial Power (California 2002), Along the Archival Grain (Princeton 2009), and the edited volumes, Tensions of Empire, with Frederick Cooper (California, 1997), Haunted by Empire (Duke 2006), Imperial Formations, with Carole McGranahan and Peter Perdue (SAR 2007), and Imperial Debris: On Ruins and Ruination (Duke, forthcoming). She is on the editorial board of Gender and History, among others, and founding co-editor of the online journal Political Concepts: A Critical Lexicon.

Mercredi 16 novembre 2011 : Jean-François Staszak, « Danse exotique, danse érotique. Perspectives géographiques sur la mise n scène du corps de l’Autre (XVIIIe-XXIe siècle ».
Jean-François Staszak enseigne à l’Université de Genève depuis 2004. Ses travaux ont d’abord concerné l’histoire ancienne et l’épistémologie de la géographie, puis la géographie économique et culturelle. Ses recherches récentes portent sur les représentations géographiques dans les champs de l’art et du tourisme - et plus largement en rapport avec la question de l’altérité. Son analyse des articulations entre les représentations, les pratiques et la réalité géographiques s’inscrit dans une perspective constructiviste et emprunte volontiers aux théories du postmodernisme, du post-colonialisme et du genre. Ses travaux en cours portent sur l’exotisme.

Mercredi 14 décembre 2011 : Florence Renucci, « Citoyennes », sujets et mariages mixtes en Algérie (1870-1919) ».
Florence Renucci est actuellement chercheure CNRS au Centre d'Histoire Judiciaire (UMR 8025 - CNRS - Université Lille Nord de France). Ses travaux portent essentiellement sur la question du statut personnel dans les colonies européennes (en particulier les rapports mixtes) et sur les acteurs du droit colonial (enseignants, magistrats, inspecteurs du travail). Elle a soutenu son habilitation à diriger des recherches sur ce sujet en 2010. Elle est co-rédactrice du carnet de recherches « Colonialcorpus » (http://colonialcorpus.hypotheses.org/) et responsable de la nouvelle collection « Colibris » (CHJ éditeur) spécialisée sur l'Outre-mer.

Mercredi 5 janvier 2012 : Pascale Barthélémy, Emmanuel Blanchard, Anne Hugon et Christelle Taraud, Séance spéciale en partenariat avec la Cité Nationale de l’Histoire de l’immigration : présentation du colloque international Femmes et Genre en contexte colonial (Centre d’Histoire de Sciences Po, 19-21 janvier 2012).
Pascale Barthélémy est Maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l’Ecole normale supérieure de Lyon, responsable de l’équipe « Genre et société » du LARHRA (UMR 5190), membre de l’Institut universitaire de France, et spécialiste d’histoire des femmes en Afrique. Dernières publications : Africaines et diplômées à l’époque coloniale (1918-1957), Rennes, PUR, 2010 ; « Je suis une Africaine… j’ai vingt ans. Écrits féminins et modernité en Afrique occidentale française (c. 1940 – c. 1950) », Annales, Histoire, Sciences sociales, 64ème année, 2009, n° 4, p. 825-852.
Emmanuel Blanchard est Maître de conférences à l'Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, département de science politique, et Chercheur au Centre d'études sociologiques du droit et des institutions pénales (CESDIP, UMR 8183, CNRS-ministère de la Justice-UVSQ). Il est notamment l’auteur de « Contrôler, enfermer, éloigner. La répression policière et administrative des Algériens de métropole (1946-1962) », dans Raphaëlle Branche & Sylvie Thénault, La France en guerre (1954-1962). Expériences métropolitaines de la guerre d'indépendance algérienne, Paris, Autrement, 2008, pp. 318-331 ; et de « Circulations coloniales. La place de l’Outre-mer dans la socialisation et les trajectoires professionnelles des policiers parisiens (1944-1962) », dans J.M Berlière, C. Denys, D. Kalifa, V. Milliot, Métiers de police. Être policiers en France et en Europe XVIIIe-XXe siècles, Rennes, Presses universitaires, 2008, pp. 203-215.
Anne Hugon est Maîtresse de conférence en histoire de l’Afrique contemporaine à l’université Paris I/Panthéon-Sorbonne et membre du CEMAF. Elle a notamment dirigé le livre Histoire des femmes en situation coloniale. Afrique, Asie, XXe siècle, Paris, Khartala, 2004.
Christelle Taraud est Professeure dans les programmes parisiens de NYU et de Columbia University et chercheuse au Centre de recherches en histoire du XIXe siècle (Paris I/Paris IV). Elle est notamment l’auteure de La prostitution coloniale. Algérie, Tunisie, Maroc, 1830-1962, Paris Payot, 2003 ; et de Sexes et colonies. Virilité, homosexualité et tourisme sexuel au Maghreb (1830-1962), Paris, Payot, 2012.

Mercredi 15 février 2012 : Emmanuelle Comtat, « Des mémoires au vote. Les femmes pieds-noirs face à leur passé colonial ».
Emmanuelle Comtat est Docteur en science politique et Chercheur associé à l’UMR PACTE (5194) de l’Institut d’Etudes Politiques de Grenoble. Elle est par ailleurs l’auteur de Les pieds-noirs et la politique. 40 ans après le retour, Paris, Presses de Sciences Po, 2009.

Mercredi 14 mars 2012 : Magdalena Brand, « La politique du concubinage et de la prostitution coloniale en Centrafrique au tournant des indépendances : le passage au postcolonial ?»
Magdalena Brand est Monitrice-allocataire Université Paris 8 rattachée au laboratoire Cresppa-équipe CSU. Après un master en anthropologie du développement spécialité aire culturelle de l’Afrique, elle a commencé une thèse en 2009 sous la direction de Gail Pheterson dont le projet s’intitule : « Les échanges économico-sexuels entre des expatriés de France et des Centrafricaines à Bangui du point de vue des « femmes libres » : des mobilités et des « choix » reproductifs entre contrainte et recherche d’autonomie ».

Mercredi 18 avril 2012 : Marion Manier et Laura Schuft, « Genre et nation. La régulation sociale de la féminité et de la francité en contexte (post)colonial. France métropolitaine/Tahiti ».
Marion Manier est Docteur en sociologie et ATER à l'URMIS (Unité de Recherches Migration et Société, UMR 205/IRD) à l'Université de Nice-Sophia Antipolis. Ses thèmes de recherche, à la croisée de la sociologie des migrations, des relations interethniques et de la sociologie du genre, portent sur l'imbrication des questions sociales, ethniques et de genre dans le traitement social de l'immigration en France.
Laura Schuft est Sociologue américaine, Maîtresse de conférences au LAMHESS (Laboratoire Motricité Humaine, Education, Sport, Santé) et membre associée de l'URMIS (Unité de Recherche Migrations et Société, UMR 205/IRD) à l'Université de Nice-Sophia Antipolis. Ses travaux portent sur les mécanismes de régulation et de (re)production des systèmes de pouvoir imbriqués.

Mercredi 11 mai 2012 : Gwénola Ricordeau, « Des Baklas et des gays : Reformulation des identités de genre et résistance à la culture LGBT aux Philippines aujourd’hui ».
Gwénola Ricordeau est Sociologue et Maîtresse de conférences à l’Université Lille 1 - Centre Lillois d’Études et de Recherches Sociologiques et Économiques (Clersé). Ses travaux actuels portent sur les femmes et les rapports sociaux de sexe aux Philippines. Elle a notamment publié : « Traîtresses ou victimes. Nationalisme et mariages mixtes aux Philippines », Diasporas. Histoire et sociétés, n°15, 2010, 125-139 ; « Cory Aquino : décryptage d’un hommage national », Hérodote, n°136, mars 2010, 185-202 ; « Baklas et tomboys : globalisation et politisation des identités homosexuelles », in William Gueraiche (dir.), Philippines contemporaines, Paris, Les Indes Savantes (à paraitre, 2011).

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