Hubert Bonin, professeur d’histoire économique contemporaine à l’Institut d’études politiques de Bordeaux []





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Hubert Bonin, professeur d’histoire économique contemporaine à l’Institut d’études politiques de Bordeaux [h.bonin@sciencespobordeaux.fr]
Toulouse, place bancaire (dans l’entre-deux-guerres) ?
Consacrer un texte à l’histoire bancaire dans un ouvrage d’hommages à Bertrand de Lafargue n’est pas saugrenu : son « maître » ès histoire fut en effet Jean Bouvier, l’un des cinq grands pionniers de l’histoire bancaire contemporaine1 dans les années 1960-1970 ; lui-même a scruté la carrière d’Henri Germain, le fondateur et président du Crédit lyonnais ; enfin, c’est Paribas qui accompagna des intérêts français pour lancer la Société norvégienne de l’azote au début du 20e siècle – et nous avons souvent discuté de ces histoires de banque au cours de notre (trop bref) compagnonnage intellectuel. Loin de ces préoccupations de haut niveau, notre propos entend identifier les spécificités de la place bancaire toulousaine et ainsi soupeser son poids dans l’histoire de l’économie bancaire nationale. Certes, Toulouse n’a pas la réputation d’une grande place bancaire, à la dimension de Marseille, Lyon2 ou Bordeaux ; elle n’a pas été une grande cité du négoce, des trafics internationaux (du moins à l’époque contemporaine, loin des fastes anciens du pastel...), des maisons de banquiers-négociants de haute volée jouant un rôle dans les circuits de la Haute Banque au 18e siècle et dans la première moitié du 19e siècle.
Pourtant, la cité entretient encore le souvenir de maisons de banque qui ont marqué son histoire : un Théodore Ozenne reste encore présent à travers diverses entités culturelles ; le nom des Courtois résonne encore dans le présent puisqu’une toute petite banque a su se tailler tout récemment une « niche » dans un interstice de la grande banque « globalisée ». Enfin, des institutions jusqu’alors cantonnées dans des spécialités bien définies ont pris dernièrement une envergure nouvelle qui les insère dans le jeu de la « banque universelle » nationale. L’on pourrait suggérer que Toulouse avait failli devenir une grande place bancaire, qu’elle y avait échoué, mais qu’elle prétend s’affirmer comme une place bancaire régionale d’envergure, à l’échelle même du grand Sud-Ouest.
1. Une économie bigarrée
Pendant l’entre-deux-guerres, on le sait, Toulouse frémit d’un élan d’industrialisation, mais il procure peu d’affaires à la place bancaire locale, si ce n’est par le biais des sociétés de BTP. En effet, l’essentiel des firmes industrielles appartient à la grande industrie nationale, qui trouve son financement directement sur Paris. La Banque de France signale « le rôle tout à fait secondaire que joue l’industrie dans l’économie de la place. Les fabriques créées pendent la guerre avaient pu, momentanément, conférer à Toulouse l’aspect d’une cité industrielle ; artificiellement soufflées, elles ont aujourd’hui disparu pour la plupart »3 (sauf l’ONIA). « L’utopie de Toulouse industrielle définitivement abandonnée, la ville reste ce qu’elle peut être : le centre d’approvisionnement et d’attraction d’une dizaine de départements, et la Haute-Garonne une région essentiellement agricole. Aussi bien les effets de la crise y sont, quant à présent, moins marqués et surtout moins brutaux qu’aux pays de grande concentration industrielle ou de cultures peu diversifiées [...]. La place reste saine, le chômage est peu étendu, les paiements y sont toujours assez faciles. »4
« Toulouse est plus que jamais le centre régional d’approvisionnement et de consommation : les transactions commerciales y sont des plus actives ; les maisons de commerce qui les assurent, celles d’alimentation, de nouveautés et de tissus, notamment, y sont prospères »5 : ainsi définies, les limites de l’activité de négoce sont claires ; Toulouse n’est qu’une place marchande « locale » au sein de la division nationale de l’économie du négoce, et le marché de l’escompte y est donc cantonné dans le financement de ces flux « d’importation » en provenance d’autres régions. Pourtant, cette fonction à elle seule procure des occasions d’activité non négligeables, puisqu’elle se déploie à l’échelle de l’agglomération, d’une part, et du réseau de bourgades au sein duquel celle-ci est insérée d’autre part, dans la haute vallée de la Garonne ou sur les contreforts du Massif central. « D’une manière générale, le commerce toulousain, né des besoins locaux, resté à l’écart du grand trafic, et ainsi limité au demi-gros et au détail, ne s’adresse qu’à la clientèle locale. »6
Une telle vision serait tronquée si l’on ne prenait pas en compte par ailleurs une réelle activité industrielle ; certes sans grande capacité d’influence au sein de la division nationale de la production industrielle, un capitalisme local a pris corps soit localement soit dans les bourgades de la « région toulousaine » ou du « Midi garonnais », quels que soient ses handicaps (enclavement géographique, lacunes de la formation professionnelle, incertitudes quant à l’esprit d’entreprise au sein du capitalisme local7. Quatre branches industrielles dominent, qui constituent autant de débouchés pour le financement bancaire : la chaussure (2 500 salariés en 1936 dans 60 usines, d’après la Banque de France), la confection-bonneterie (4 500 salariés dans 60 usines), les travaux publics (4 500 salariés) et l’imprimerie-papeterie (2 500 salariés)8.
Quelques filatures, des bonneteries, des fabriques de chaussures, des minoteries, des papeteries, constituent des poches industrielles « en peau de léopard », sans « rues » ou « cités » industrielles – puisque de telles réalités concernent des entités autonomes (Castres, Mazamet, Decazeville, au nord ; l’Aude au sud, notamment). Une activité de financement diffuse a donc pris corps depuis le 19e siècle, sans que de « grands noms » surgissent, sans « patriciat » comme dans les cités du Nord, de Normandie ou d’Alsace, par exemple, sans « marque », « image de marque » ou « avantages comparatifs » décisifs, mais avec une vitalité indéniable, certainement au profit d’une consommation de masse adaptée à l’échelle des modes de consommations de l’époque.


Répartition des 44,6 millions de francs de risques en cours auprès de la succursale de la Banque de France en octobre 1931

Monde agricole et agroalimentaire


En %

Machines agricoles

7,85

Grains et fourrages

11,21

alimentation

6,73

Vins et alcools

4,48

Biens de consommation durables





Tissus et vêtements

15,7

Cuirs et peaux

15,7

Bois et meubles

3,36

branches semi-lourdes




Métaux et appareillages

11,21

Papeterie et imprimerie

10,09

bâtiment

5,48


Ainsi, parmi les principales « signatures » escomptées par la Banque de France en 1931 figurent des maisons de tissus ou de bonneterie, des négociants faisant travailler des PME peu ou prou à façon dans tout le Midi pyrénéen et disposant par surcroît souvent de leurs propres usines (de taille modeste par rapport aux grandes régions textiles). En fait, il semble que la place de Mazamet travaille peu par le biais de la place bancaire de Toulouse – car il doit s’agir d’opérations d’importation liées à du change, traitées par les banques girondines ou même parisiennes –, et celle-ci récupère surtout du papier de maisons actives à Labastide-Rouairoux, rarement en provenance de l’Aude.


Tissus en gros

bonneterie

divers

chaussures

Assalit & Fontan

Brilles & Durand

Monicolle (lingerie)

Belgod

Bernède

Compagnie pyrénéenne de bonneterie (Montrejeau)

Etchepare (tricotage)

Danjoie

Crouzil, draperies à Labastide-Rouairoux

Forasté & Couzieux




Giscard

Rogagnon

Nabonne




Roux

Serrus (draperies)

Poujade







Vellas (confection)

Sentenac







Bonnail (manufacture de draps à Sainte-Colombe, dans l’Aude)

Verdier (à Mazamet)







Manuel (filature)











Les activités liées à la terre9 sont relativement importantes dans le portefeuille des banquiers. Ils financent ainsi des fabriques de machines agricoles ; la minoterie (Raymond, au Mas-d’Azil, en Ariège, Minoterie du Bosquet, dans l’Aude, etc.) et le commerce des grains y tient un bon rang, et un gros compte est souvent cité, celui de Philippe de Boussac, qui mêle grains et fourrages, minoterie et conserverie, en fait une PME dynamique (67 millions de francs de chiffre d’affaires en 1930). Une filière des cuirs et peaux est, comme partout en France, plutôt active : commerce des cuirs et peaux en amont (Halle aux cuirs, etc.), boyauderie (La Boyauderie méridionale, par exemple, qui « est devenue maîtresse du marché du Midi avec l’achat en 1933 du fonds de la Coopérative de boyauderie de Toulouse »10), fabriques de chaussures en aval. Ces sociétés proches du monde agricole prospèrent dans les années 1920, puis, de façon banale, subissent les soubresauts de la crise dans la première moitié des années 1930, quand une déflation lamine les prix agricoles11 ; heureusement, la mise sur pied de la filière publique de stabilisation des cours du blé et de financement des stocks relance le marché du crédit à partir de la campagne 1936.
La distribution constitue logiquement une branche en essor en parallèle avec l’urbanisation et l’élévation du niveau de vie : l’Union pharmaceutique du Midi, coopérative de distribution de produits pharmaceutiques dans les officines, ou La Ruche méridionale, société succursaliste localisée sur Agen12, en sont deux piliers, représentatifs d’initiatives entrepreneuriales originales, malgré la différence de leur statut social. Mais la distribution de boissons est, là aussi comme partout en France, une branche disposant d’un marché sans aléas. Une branche d’épicerie en gros, au cœur de circuits d’approvisionnement des boutiques de quartier ou de bourgade, exprime la vitalité du commerce « traditionnel ». Mais elle subit la montée en puissance du succursalisme dit « moderne » et des circuits de réapprovisionnement par automobile13. Toutes ces branches alimentent du « papier de campagne », des effets saisonniers, qui nourrissent des opérations d’escompte dans les banques et à la Banque de France.
2. Le temps des maisons de banque
Devant la platitude d’une telle réalité, l’on peut s’interroger sur l’intérêt de soupeser la vigueur de la place bancaire toulousaine... Or, paradoxalement, cet éclatement de l’économie locale en une myriade de PME diffuses dans les bourgades du Midi garonnais ou les faubourgs industrieux de Toulouse suscite un marché de l’argent dynamique. Si la « banque moderne », celle de la grande entreprise, du découvert, des financements import-export de haut niveau, de la « banque industrielle », semble manquer de racines en Midi-Pyrénées – sauf en ce qui concerne les liens directs des entités industrielles des firmes parisiennes –, la structure de l’économie haut-garonnaise et de ses marches favorise le maintien en activité de la « banque ancienne », autour de maisons de banque classiques. Un réseau de l’escompte garde sa vitalité et contribue à l’histoire française de la « banque locale ». La question clé est alors : est-ce que, comme dans les régions industrielles et marchandes en pointe pendant la première étape de la deuxième révolution industrielle, des bases se sont établies en faveur de la « banque régionale »14 ? Est-ce que la problématique reliant la structuration d’un tel régionalisme bancaire et l’amélioration des conditions de financement de l’industrie15 est opératoire pour la région toulousaine ?
A. Un paysage bancaire traditionnel
Au lendemain de la Première Guerre mondiale, l’histoire bancaire paraît s’être quelque peu immobilisée à Toulouse ; certes, les agences des « grands établissements de crédit » parisiens – comme on dit alors – sont présentes depuis le dernier tiers du 19e siècle (la Société générale depuis 1865) ; elles ont été rejointes par la Banque nationale de crédit et par la Société marseillaise de crédit, celle-ci ayant glissé tout le long de la côte languedocienne et remonté jusqu’à Toulouse ; une Banque populaire16 y a été créée, de même qu’une Caisse régionale du Crédit agricole mutuel en 1901. Mais on y trouve encore quelques toute petites sociétés, des maisons d’escompte, symboles de la survivance de la « banque locale » – même si la majorité des 42 maisons qui existaient en 1892 et qui ont été évoquées par Pierre Poutensan17 ont été balayées par les aléas conjoncturels et gestionnaires ; la Banque de France signale en 1920 l’existence des maisons Fauroux, Faret, Dauret, et l’on peut supposer que chacune entretient son petit fonds de commerce dans le monde de l’artisanat, du commerce, de la petite entreprise, à des taux suffisamment élevés pour éponger des risques incertains, sur la base d’un « crédit personnel » reposant sur les relations entre le banquier et ses emprunteurs et déposants ; la petite Faret est encore en activité en 1939. La place toulousaine travaille aussi avec un réseau de maisons situées dans les bourgades du Midi garonnais, comme à Saint-Gaudens (Dastre), à Martres-Tolosane (Delort), à Montréjeau (Barou), etc. Ces banquiers font escompter du papier sur Toulouse ou, du moins, ils effectuent des « remises » d’effets chez leurs confrères ou se chargent d’en encaisser pour leur compte en cas de besoin, dans le cadre des flux intrarégionaux d’approvisionnement commercial.
Une grosse banque locale s’est développée depuis quelques années, animée par Richard Klehe, la banque Klehe, créée en 1849, « qui s’est étendue considérablement pendant la guerre »18, peut-être en tirant parti de l’inflation de crédit qui a accompagné l’économie de guerre pour financer les firmes ayant contracté avec la puissance publique ou, comme cela a dû être le cas à son propos, avec leurs sous-traitants et fournisseurs. s sociétés délégataires de marchés.
Parallèlement, une autre maison familiale s’affirme elle aussi : plongeant dans la première révolution bancaire, celle des années 1750-1850 – comme l’a montré Jean-Pierre Allinne19, Courtois marque la résistance de certaines sociétés traditionnelles aux aléas de la conjoncture et de la concurrence, grâce aux qualités gestionnaires et relationnelles de la famille propriétaire et dirigeante. Cette dynastie bancaire avait émergé à Toulouse depuis les années 1760 autour de la famille Courtois, qui avait fait de sa maison la plus grande de la douzaine de banques de Toulouse dès les années 1870-1880. Franck Courtois II de Viçose (1840-1905) était devenu (pour plus d'un quart de siècle) l’animateur de la société tandis que son cousin Henri Courtois se contentait d’une activité de ‘capitaliste’, gérant une énorme fortune (4 à 5 millions de francs) et effectuant des placements en Bourse ou en opérations immobilières parisiennes. Courtois était un notable toulousain d’autant plus que la cité manque de capitaines d’industrie et d’un patriciat de négociants ; c’était une figure discrète de la ‘bonne bourgeoisie’ du cru, président de la Chambre de commerce, administrateur de la Caisse d'épargne de Toulouse, mais sans prendre part aux tumultes politiciens ou aux débats qui marquent ce qui devient la capitale du radicalisme du Sud-Ouest. Peu à peu, son propre fils, Armand Courtois II (1870-1947), était venu l’épauler à la banque ; et, au 1er janvier 1903, les deux hommes se sont associés au sein d'une nouvelle société, au capital de 900 000 francs, dont 600 000 francs apportés par Franck Courtois. Au décès de son père en 1905, Armand Courtois II était devenu le seul dirigeant de la banque, mais il s’était vite associé à son frère Louis Courtois II (1879-1945), dans « une société de fait dont la surface représente 3 millions de francs » (1908). Cependant, leur maison avait souffert de graves difficultés pendant la Grande Dépression des années 1880-1890 et avait perdu quelques millions de francs, mais elle en avait émergé avec élasticité. Franck Courtois avait relancé le combat : « Malgré les pertes subies pendant les dernières années, il a conservé une excellente situation. On estime qu'il possède encore plus de 3 millions de francs. Il a épuré la clientèle et refuse les dépôts. Il ne présente que du papier court »20. C’était un freinage sensible de l’expansion antérieure, un repli par rapport à l’élan de la seconde révolution bancaire, un retour à une conception stricte de maison d’escompte locale, qui « n’a de dépôts que des membres de sa famille [et] ne présente que du papier en général très divisé et très court »21. La maison continuait à écarter durablement toute stratégie de ‘banque de dépôts’ : « Pas de dépôts », signalait encore la Banque de France en 1903, ce qui la forçait à travailler avec les 4 à 5 millions de ressources procurées par la famille : « Dépôts importants effectués exclusivement par divers parents des associés » (1908). Des proches, certainement des ‘capitalistes’ locaux, apportaient à la Banque de France des titres en garantie des opérations de réescompte de Courtois auprès de la banque centrale.
La relative faiblesse du développement de la région dans l’industrie ou le négoce imposait à la banque de se satisfaire d’une clientèle somme toute fragile, à l’envergure souvent moyenne, et surtout implantée dans des branches sans grand lustre. La relance des activités bancaires et la concurrence auraient imposé d’accepter des clients de surface aléatoire. Le métier d’escompteur évoluerait vers celui de quasi-maison de Haute Banque, qui accepterait d’octroyer des crédits durables, avec « l’obligation où elle se trouve de commanditer ses clients pour se les attacher » (1899) : c’est que sa « belle et fidèle clientèle [...] a souvent besoin de découverts » (1902). Autant qu’on peut reconstituer cette clientèle à travers le détail du réescompte de la Banque de France, elle était évidemment d'abord commerciale : des firmes d’épicerie et de distribution (Deltel, Dupuy), la société succursaliste Société de L’Épargne, des marchands de gros ou demi-gros (Graille, Razal, dans les grains ; Pagès, dans les produits quincailliers et les fers, la plus importante société de la place ; Roudil, dans les vins). Peu d’industriels émergeaient : dans l’huilerie (Clastre), dans la fonderie (Demaux ; Société métallurgique de l’Ariège, à Pamiers), la chaussure (Gril, Pons, Sénac), la filature de coton (Manuel frères), les Verreries de Carmaux, le charbon même, avec les modestes Mines de Champagnac (une société du Cantal qui possède une mine à Cransac, dans l’Aveyron) ; enfin était apparue parmi la clientèle la Société toulousaine d'électricité qui, créée en 1888, dispose d’une chute d’eau à Bazacle. Courtois s'appuyait sur des banques locales (une douzaine en 1907) qui relayaient son activité ou lui fournissaient du papier à escompter, telles Cadenat à Castelnaudary, Lasvignes à Salies-de-Salat, Pouyanne à Orthez, ou Rouget à Pamiers, dans le Piémont pyrénéen. Elle jouait le rôle de maison de réescompte de plusieurs banques de la région ou de Toulouse même, y compris la Banque populaire coopérative de Toulouse. À la Belle Époque, Courtois entretenait un fonds de commerce solide : « Bonne clientèle comprenant les principaux établissements industriels et commerciaux de la région » (1907), avec un « compte très élastique » à la Banque de France, ce qui dénotait la qualité des effets escomptés.
Les deux frères Armand et Louis Courtois, « richement mariés tous les deux » (1912), « passent pour posséder plus de 2 millions de fortune » (1912). Famille riche et honorable, banque solide et honorée : les Courtois achevaient leur parcours d'avant-guerre avec discernement et talent, même si le niveau de leur fortune paraissait bien inférieur à la situation des années 1870-1880 ; au niveau des quatrième (Franck II) et cinquième générations (Armand II et Louis II) bancaires, la famille n'a pas accumulé depuis les années 1890 les gains qui lui auraient permis d’égaler l’accumulation de capital obtenue pendant les trois premiers quarts du 19e siècle. Si elle plaçait sa banque au premier rang sur Toulouse (loin devant Klehe), son capital propre (900 000 francs) et son envergure limitaient son accession parmi les banques provinciales symbolisant la deuxième révolution bancaire ; ses choix stratégiques (pas d’agences, pas de collecte de dépôts, pas d’activité de placement de titres) en faisaient une grosse banque locale, plutôt traditionnelle et rattachée à la première révolution bancaire.

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