Depuis que j’ai commencé mon journal, je me demandais comment je pourrais l’utiliser et à quoi surtout ? J’ai un blog sur un autre site, dans lequel je passe





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titreDepuis que j’ai commencé mon journal, je me demandais comment je pourrais l’utiliser et à quoi surtout ? J’ai un blog sur un autre site, dans lequel je passe
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je veux préciser ici que je n’ai jamais changé quoi que ce soit sans en parler à mon fils et si pour cette requête comme pour celles qui suivront Alexandre m’avait dit « non » je n’aurais rien fait.

Alexandre se moque de ce qui est écrit sur les papiers, ce qu’il veut c’est, comme cela a été convenu, venir une fois par an en Israël et que je rentre en cours d’année en France de façon à ce que nous nous voyions au moins deux fois, les absences devant être plus ou moins comblées par des lettres et coup de fil de part et d’autre. ; comprenant la demande de Guy, je remplis les papiers pour le changement de garde et pour l’appartement.

J’aurais dû savoir, j’aurais dû me méfier mais ou bien trop occupée par mes nombreuses démarches, ou encore parce que le temps efface les souvenirs, je n’ai pas pensé que Guy nous jouerait un tour, c’est pourtant ce qu’il va faire. Une fois qu’il aura récupéré la garde de son fils il va complètement changer d’attitude envers lui, maintenant qu’il n’a plus rien à craindre de moi,  il devient ce qu’il n’a jamais cessé d’être : un père dur, qui refuse, qui exige, qui punit et très vite je reçois par lettres et par téléphone des nouvelles d’un petit garçon en plein désarroi, qui ne comprend pas ce changement. Nelly, elle, suivra Guy dans cette même attitude, certaines lettres qui me sont destinées ne me parviendront jamais, certaines conversations téléhoniques seront coupées.

Mais je sais aussi que tout le temps que je serai touriste, je ne pourrai rien faire de sérieux car un juge ne me rendra pas mon fils, si je ne suis pas en position de force avec, citoyenneté, appartement, travail etc… alors je demande à Alexandre de patienter jusqu’aux grandes vacances et quand il sera avec moi, nous discuterons sérieusement du problème et essayerons de faire au mieux.

Cela fait un moment que je rumine le projet de me convertir mais comme je suis croyante et que je respecte D-ieu et les religions en général, je ne veux pas me servir de cette démarche pour régler mes problèmes. Cette conversion doit être exempte de tout raison matérialiste. Je dois donc réfléchir.

J’ai rencontré, par l’intermédiaire de Fortuné, l’employée de librairie, Geneviève, une femme qui a vécu à Paris en tant que petite fille pendant la deuxième guerre mondiale, qui a porté l’étoile jaune, mais qui a eu la grande chance de passer au travers des mailles du filet. A la libération, ses parents sont venus en Israël où elle y vit depuis. Lorsque je me suis confiée à elle, elle a parlé de moi à un grand rabbin qu’elle connaît très bien et qui parle français. Il me convoque et me demande de raconter mon histoire. Il va m’écouter pendant au moins une heure, sans m’interrompre, puis, lorsque j’ai terminé, il me dit que je peux aller en paix, il va arranger pour moi un rendez-vous avec l’école religieuse qui s’occupe des conversions.

Il vient de me donner sa bénédiction.

J’ai terminé l’oulpan, j’ai eu mon second diplôme, il m’arrive aussi de travailler (au noir) comme dame de compagnie dans des familles françaises ce qui m’aide bien sur le plan financier et j’attends la convocation promise et comme Fortuné vient de recevoir un logement social, elle me cède celui qu’elle occupe et pour lequel le bail court encore quelques mois.

J’ai aussi fait la connaissance de Jessy, une française, non juive, au départ, mariée à un israëlien et qui vient de se convertir pour valider son union. Elle me décrit les études comme très dures, la religion injuste, les profs méchants. Heureusement, cela ne m’influence pas, je me ferai mon opinion moi-même.

 Enfin la convocation arrive  et lorsque je me présente, je suis reçue très froidement et on me fait comprendre que les pressions faites pour m’accueillir ne sont pas appréciées mais que comme on ne peut pas aller contre, on m’accepte pour les cours, mais pour l’examen et les rites de la conversion, je devrai me débrouiller seule

Heureusement, comme je ne sais pas ce que cela veut dire exactement, je ne me formalise pas plus que ça. On verra bien.

A la même époque je travaille (toujours au noir) chez une femme atteinte d’un cancer en phase terminal. Je fais le jour et je dispose de 3 heures par jour pour me rendre au cours, étudier et revenir juqu’à l’arrivée de Fortuné qui fait les nuits pour arrondir ses fins de mois. Nouvelle situation, nouveau défi, nouvelle aventure, le sort en est jeté. LES 2 + 22/09/2012

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24EME PARTIE (23)

Nous sommes en Septembre 1982. Alex à 14 ans. Mes cours de conversion commencent.

Cette année là, il y a trois classes : une en Allemand, une en Anglais, une en Hébreu. L’année précédente il y en avait une en Français car suffisamment d’élèves mais là, je suis la seule à parler cette langue, je choisis l’hébreu que je parle couramment mais que j’écris très mal, lentement et avec beaucoup de fautes.

Malgré cet handicap (qui en fait va me sauver la vie) j’ai bien fait de choisir cette classe Car le rabbin  est exceptionnel. La quarantaine, grand et fort, il porte avec lui l’amour, l’amour des autres, l’amour de la religion, l’amour de la vie et pendant 7 mois il va nous apprendre le B.A.BA du judaïsme.Tout y passe, les prières, les commandements au nombre de 613, les règles concernant la nourriture, les lois de la famille et du couple, sans oublier l’histoire des hébreux vieille de plus de 2.000 ans .

 J’ai beaucoup de mal à suivre car je dois, sur mon cahier, faire de la traduction simultanée. J’écris à chaque phrase deux mots en hébreu, trois en français, un en phonétique et le soir je n’arrive pas à me relire. Je comprends alors que je ne passerai jamais l’examen de fin de cours car je n’aurai pas suffissament appris pour connaître les réponses.

Un jour, je passe devant un magasin d’électro-ménager tenu par un religieux, je rentre, et je raconte à ce monsieur que je ne connais pas, mon problème et lui demande pour terminer s’il ne connaitrait pas une famille religieuse, parlant français et qui accepterait de m’expliquer, dans ma langue, ce que j’apprends à l’école. L’homme me prie de repasser dans quelques jours et quand je reviens, il me donne un papier sur lequel sont inscrits un nom et une adresse et devinez où ? un immeuble en face de mon école.

Régine, une jeune femme de 35 ans religieuse, mariée avec 3 enfants accepte avec plaisir de m’aider et une fois par semaine elle me recevra chez elle plusieurs heures pour revoir avec moi ce que j’ai étudié.

 Un jour qu’elle ne peut pas me recevoir et qu’elle ne sait pas comment me prévenir car elle n’a pas mon adresse, elle passe à mon  école et explique à la personne qui lui ouvre la porte la raison de sa visite. L’homme à qui elle s’adresse lui dit qu’il fera la commission. Je suis en effet prévenue par mon prof. Quelques jours après, je suis convoquée à la direction. Le Rabbin qui veut me parler est celui la même qui m’avait reçue sèchement le premier jour. Il m’annonce que compte tenu de ma conduite depuis de dèbut des cours, j’ai prouvé que je voulais vraiment me convertir, qu’il s’agissait d’un idéal et que par conséquent, il levait la sanction qu’il avait imposée et que je passerais l’examen et le rituel de conversion sous l’égide de l’école.

 J’apprendrais plus tard que c’est grâce à la visite de Régine qui a expliqué les difficultés que je rencontrais ainsi que son rôle auprès de moi, ce qui prouve à quel point je voulais réussir.

Etant croyante, je n’ai aucun mal à m’imprégner de sujets qui, pour d’autres, paraissent rébarbatifs et je veux dire ici que la religion juive est (comme les autres d’ailleurs) très belle quand elle est expliquée avec amour comme le fait notre rabbin. Toutes ces règles et commandements sont en fait autant de parapets, de rampes de sécurité qui nous protègent des écarts de conduite toujours possible dans un monde où tout va si vite et où il n’y a plus de place pour le pur, le vrai, le beau.

De plus, nous obligeant sans cesse à réfléchir, cela nous amène à penser à notre entourage, à notre prochain, à le respecter comme il le mérite, à l’aider s’il est dans la peine, tout ceci vécu dans la joie. Hélas les temps où les gens vivaient ainsi sont  révolus et c’est bien dommage.

 Les cours se terminent, puis c’est l’examen. Il est pratiqué par trois rabbins  venus de l’extérieur. Nous sommes tous assis sur une seule rangée, nous les élèves des 3 classes et chaque religieux assis face à nous vont poser, à tour de rôle, une question au premier en partant de la droite, puis au second etc… Je suis à peu près au milieu du rang. On reviendra sur moi, comme sur chaque élève 3 fois, avec des questions différentes et j’aurai de la chance car à chaque fois je connaitrai les réponses. Reçue à cette première partie, c’est au tour de mon appartement d’être cachérisé c’est à dire nettoyé de toutes les impuretés appartenant à ma vie précédente, celle où tous les mélanges de nourriture étaient permis.

Puis, estimant que je suis maintenant prête à endosser la responsabilité de devenir juive, je suis convoquée au « mikvé » soit le bain rituel qui se passera dans une autre ville « Nazareth »

 Le lendemain de ce jour mémorable, je me réveille et je me sens si légère ; je suis débarassée de cette chape de plomb qui était posée sur mes épaules pendant si longtemps ; j’ai du mal à réaliser que ça y est, j’ai réussi, je suis juive, je suis israëlienne, fini le ministère de l’intérieur avec les visas, fini les sorties obligatoires du pays, fini le travail au noir.

Je viens de renaitre, ce jour là, le 6 juin 1983, j’ai un jour.

Lorsque je vais pour la dernière fois au ministère de l’intérieur pour faire entériner ma conversion et recevoir sur place ma carte d’identité, j’ai seulement pris un nouveau prénom mais j’ai gardé mon nom de famille, celui que je porte depuis prsque 45 ans et que je n’ai pas jugé utile de changer.

Durant ces 2 années passées en Israël, j’étais en correspondance avec mes parents, chacun séparément puisqu’ils sont divorcés. lorsque j’ai écrit que j’apprenais l’hébreu, on m’a répondu : « c’est bien » quand j’ai dit que j’avais réussi l’examen on m’a dit « c’est très bien » alors quand j’ai réussi ma conversion j’ai écrit cette nouvelle en faisant connaître aussi mon nouveau prénom « Yaël »

De ma mère, je ne recevrai aucune réponse, elle la garde pour plus tard. De mon père, je recevrai la lettre suivante :

 « Ma fille,

Je viens de recevoir ta lettre qui ne me fait pas plaisir du tout. Alors comme çà, tu as fait rentrer un juif dans une famille tellement française !!!!! qu’est-ce que la France t’a fait pour que tu la renies à ce point? tu as été bien contente de la trouver pour élever tes enfants.

 Quant à ton nouveau prénom, je l’ai oublié, je l’ai déchiré et je l’ai jeté à la poubelle. »

La soit disant acceptation par mes parents de ma réussite  m’avait toujours étonnée, cette lettre là par contre, était tout à fait dans l’esprit que je connaissais de mon père. Alors j’ai pensé : « Si c’est aussi sale que ça de faire entrer un juif dans une famille aussi française, c’est peut-être aussi sale de faire entrer un nom aussi français dans la grande famille juive. Je n’ai pas hésité une seconde, je suis retournée au ministère de l’intérieur et en 5 minutes j’ai changé mon nom d’AVRANCHE en AVRAHAM. Je n’ai rien dit à mon père car non seulement on n’éduque pas ses parents, mais je le savais très malade. Ma mère elle, a attendue l’occasion et quand celle- ci est arrivée, elle aussi m’a dit à sa façon ce qu’elle en pensait. C’était encore pire que mon père.les 2 + 23/09/2012

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25eme partie 24

En Mars 1983, la personne dont je m’occupais est morte et j’ai retrouvé une nouvelle place. Je travaille maintenant tous les matins chez un vieux monsieur atteint d’un cancer de la prostate, Monsieur Rhinco. Il est né en Yougoslavie, est venu en Israël en 1945 avec son épouse et un petit garçon de quelques années ; dentiste de son état, il a cessé toute activité depuis qu’il est souffrant.

Rhinco fait partie de ces hommes intelligents, évolués, instruits et qui estiment que grâce à toutes ces qualités, tout leur est dû. De plus, atteint d’un cancer à la prostate, donc touché dans une partie de son être très importante, certaines de ses tendances sont décuplées.

L’aide soignante qui s’occupait de lui depuis des années part en Amérique car sa fille vient d’avoir un bébé, le premier, et elle veut remplir son rôle de grand-mère. Nous nous rencontrons et elle me parle de « son » Rhinco  cet homme pour qui elle a été  infirmière, amie, épouse, amante. J’entends tous ces mots mais au lieu de leur donner leur juste sens, je préfère croire que pour certains, j’ai mal entendu, pour d’autres, il y a exagération de la part de celle qui parle, très émue et triste, de devoir quitter son malade.

Les premiers jours, tout se passe bien mais  je vais très vite déchanter. Lorsqu’il parle de lui, il emploie toujours le mot « Docteur » racontant son passé dans lequel il joue un rôle de choix, parfois de héros, puis petit à petit, il en arrive à son sujet favori, celui de ses conquêtes féminimes ; il est bien entendu à chaque fois le casanova de service, les femmes étaient à ses pieds et l’adoraient. Toutes ces conversations l’exitent et alors son regard ressemble fortement à celui de schlomo (le Levy aux cartes postales) ses mains aussi s’égarent mais ce genre de personne sait très bien jusqu’où aller pour retourner la situation et faire du plaignant celui qui a créé le problème, si on se plaint de ses agissements..

Sans beaucoup d’explications, je lui donne ma démission sous le prétexte que je ne peux pas répondre à toutes ses demandes ; je lui dis de chercher ma remplaçante après quoi, je partirai. Le « Docteur » à un problème car il connaît mon honnêteté et intégrité et il sait très bien que jouer avec son aide soignante, c’est se mettre en position de dépendance et que très vite l’intéressé ne contrôle plus rien. Alors il va prendre la décision d’engager une autre femme qui, elle, fera les nuits et qui, si elle accepte, saura exactement ce qu’elle aura à faire.

« Iori » est une jeune femme d’environ 35 ans, d’origine yéménite venant d’un milieu défavorisé, mariée très jeune, mère de 6 enfants qu’elle élève seule, elle travaille de jour et pour faire face aux nombreux frais qu’engendre une aussi grande famille, elle cherche un travail de nuit. Au début, je ne la rencontre pas et quand Rhinco me raconte ce qu’ils font ensemble, c’est vrai que j’ai une très mauvaise opinion d’elle ; et puis un jour, elle passe nous dire bonjour dans la journée et je vais découvrir une fille exceptionnelle. C’est une « Linda », belle, charismatique et l’intelligence livresque qu’elle n’a pas est avantageusement remplacée par une intelligence naturelle.

Pour elle, faire l’amour c’est comme aller chercher du pain, elle n’en fait pas toute une histoire, de plus le « docteur » l’a embobinée en lui disant que ses jours étaient comptés, et elle l’a crû. Si Rhinco avait su se taire, je pense que je serais restée mais comme c’est plus fort que lui il faut qu’il raconte et qu’il en rajoute, je m’en vais.

Aout 1983, Alexandre est venu me voir en Israël.Son père à fait tout ce qu’il a pu pour empêcher son départ mais à la fin il a cédé. Pendant les premiers jours, j’ai en face de moi un petit garçon que je ne connais pas ; rien de naturel chez lui, des phrases stéréotypées, une attitude la plus part du temps figée,  et puis au bout de quelques jours il redevient lui-même, parle, rit et nous nous faisons beaucoup de calins. Sans poser de questions j’apprendrai que papa ne veut pas ceci ni cela, que Nelly fait tout ce que papa dit, qu’ils se disputent beaucoup et qu’il n’y a que dans sa chambre que l’enfant se sent bien.

Il est l’heure de retourner en France, Alex est très triste, il voudrait bien rester car avec moi c’est « cool » alors je promets de rentrer pour Pâques et qu’ensuite il reviendra de nouveau et là on discutera de l’avenir.

J’ai quitté l’appartement de Fortuné et j’habite maintenant rue Dizengoff ,les champs élysées des Israëliens, du moins c’est ce qu’ils disent ; néanmoins, c’est en plein centre et comme maintenant je travaille à temps complet, j’achète ici et là quelques meubles, la télé, je commence à remonter la pente.

Je vois Iori de temps en temps et même quelquefois je sors avec elle, on va  prendre un pot et là on discute, de quoi, de qui, de Rhinco bien sûr, puis on va danser, moi j’adore cela et cela fait des années que je ne suis pas sortie ; elle m’emmène dans une boite pour célibataires, années 70/80 orchestre, chanteur de charme tout ce qu’il faut pour me réplonger dans un passé lointain.

Une nouvelle vie commence pour moi, une vie que je n’aurai jamais dû vivre. Les 2 + 24/09/2012

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26EME PARTIE (25)

Le gros problème que je rencontre dans mon métier c’est que m’occupant de personnes en fin de vie, je ne peux faire aucun plan ne sachant jamais combien de temps je vais travailler dans la place que je viens de trouver. Il m’est arrivé de ne faire que trois jours chez quelqu’un puis trois semaines chez un autre et comme les lois en la matière ne sont pas bien définies, je n’ai droit à aucune indemnités, c’est pourquoi le pense parfois m’orienter vers autre chose mais je ne sais pas quoi.

 En France, les nouvelles ne sont pas très bonnes, Alexandre n’est pas heureux et n’attend qu’une chose, c’est de revenir me voir pour m’expliquer , les lettres entre nous ne passent presque plus, les miennes n’arrivent jamais et les siennes, uniquement s’il peut lui-même les poster mais comme souvent il n’a pas d’argent pour acheter le timbre …….Un jour que nous arrivons à parler au téléphone, je lui demande de me fournir le numéro de téléphone de la maman d’une de ses amies de classe dont il me parle souvent, de façon à lui parler et voir ce que je peux organiser avec elle ; lorsque je reçois les coordonnées de la personne en question je lui téléphone. Nous convenons donc que d’une part, je vais lui envoyer un chèque pour les enveloppes et timbres dont alexandre à besoin, et d’autre part ,que le courrier que mon fils m’écrit sera posté par elle. Cette femme va beaucoup nous aider et va le payer très cher.

Iori et moi sommes devenues de très bonnes copines ; elle me raconte bien sûr comment les choses se passent avec Rhinco mais dans sa bouche, l’histoire prend un sens beaucoup plus beau ; Rhinco est fou amoureux d’elle, il ne peut plus faire grand chose mais sont narcissisme est si grand qu’il se prend pour un amant exceptionnel et elle le lui laisse croire. Assez souvent, nous allons danser dans cette boite qui se nomme « Or ve Aféla » ce qui veut dire « lumière et obscurité » La musique est très bonne, les danseurs aussi et petit à petit je deviens une habituée des lieux, jusqu’au jour ou je serai suffisamment sûre de moi pour y aller seule.

Aout 1984, Alexandre à presque 15 ans et il est avec moi pour un mois.Il a bien failli cette fois encore ne pas venir car son père trouve toujours un prétexte pour ne pas tenir ses engagements, mais devant le chagrin de l’enfant, au dernier moment il cède.

J’ai devant moi presque un homme, et là encore il lui faut quelque jours pour se détendre et redevenir lui-même et cette fois-ci les conversations sont sérieuses : il ne veut plus rester avec son père et Nelly, il en a marre d’être puni pour un rien, d’être traité comme un petit garçon, de plus son père boit de plus en plus et quand il est saoul, ses réactions sont désolantes, cela va de crier après tout et n’importe quoi en répétant 10 fois la même chose  à vomir là où il se trouve et même quelquefois devant des invités.

Alors c’est décidé, je vais entreprendre les démarches pour récupérer la garde de mon fils. J’ai d’abord besoin d’une lettre de lui, lettre écrite et postée de France me demandant officiellement ce changement et expliquant le mieux possible ce qui le motive. Chez Fortuné, je trouve un ami avocat qui parle français et qui a fait toutes ses études avec un copain qui, diplôme en poche, est parti s’installer ……. Dans la ville où habite le sieur Guy. Il accepte de s’occuper de l’affaire et m’indique tous les documents que je dois fournir pour mettre la procédure en route et ensuite réussir.

En premier lieu, je dois fournir la lettre de l’enfant et ma propre demande de changement. Je recevrai ensuite une convocation officielle du juge pour enfant et quand je viendrai au rendez-vous je devrai être munie de tous les documents prouvant que je suis citoyenne israëlienne, que j’ai gardé ma nationalité française, que j’ai du travail, un salaire, un compte en banque, le plus possible de références venant d’employeurs, commerçants, amis….indiquant qui je suis et comment je suis. Tous les documents devront être des originaux et ceux écrits autrement qu’en français seront traduits par un homme de loi assermenté auprès de l’ambassade de France en Israël. Entre temps Alexandre doit retourner en France, se tenir le mieux possible de façon à ne pas géner la transaction et aussi le pauvre chou être très fort et tenir le coup quoi qu’il arrive. C’est là que la maman de la petite copine va être très utile car elle sera notre  boite aux lettres ; sans elle nous ne serions arrivés à rien car à partir du moment ou Guy et Nelly ont su que j’allais redemander la garde ils ont cernés Alex à ce point qu’il ne pouvait plus faire un pas sans eux, il n’allait plus à l’école seul mais accompagné, on l’attendait à la sortie, le téléphone était interdit ce qui fait qu’au bout d’un moment les « parents » se sont demandés comment il se faisait que malgré tout, certaines informations arrivaient à passer. Quand ils le sauront, la brave femme qui nous aide passera un sale quart d’heure.

Je ne sais pas si je vais gagner mais je vais tout faire pour récupérer mon fils. La lutte est commencée.LES 2 + 25/09/2012
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26

La convocation du juge est arrivée, le rendez-vous est prévu dans son cabinet le 12 décembre 1984.
Quelques jours avant cette date j’arrive à Paris, je descends chez Linda, je profite de mon passage pour aller voir ma mère chez elle ; au téléphone, elle m’a paru bizarre comme si elle ne voulait pas me voir puis finalement accepte que je vienne…. pour le café.
Là, j’ai la surprise de trouver mon père ; mes parents se voient de temps en temps  depuis qu’Yvonne est partie de la maison, ce dernier vient de subir une très grande opération, il me montre sa poitrine qui est parcourue, de l’épaule droite à la hanche gauche d’une cicatrice encore fraiche. Je ne saurai jamais ce qu’il a exactement car le mot « cancer » est banni de son vocabulaire mais c’est la dernière fois que je le verrai.
Les deux heures passées chez ma mère sont d’une tristesse sans fin, elle ne parle pas, sa petite bouche pincée comme elle le fait si souvent. Dans deux jours je saurai pourquoi. Le café avalé je repars chez Linda. Je ne reverrai jamais ma mère.
 Le lendemain je prends le train. Quand j’arrive dans la ville des corsaires, La maman de l‘amie d’Alex que nous appellerons Claire est venue me chercher à la gare et m’emmène directement chez elle où le déjeuner m’attend. Elle a prévenu mon fils que je serai chez elle et il viendra s’il peut s’échapper de la maison sans donner l’éveil. (en effet, je le verrai quelques minutes le visage défait, les larmes aux yeux). Puis elle me conduit à mon hôtel et nous nous quittons mais je l’invite le  lendemain  soir avec sa fille dans une crêperie puisqu’ensuite je retourne à Paris.

De là j’ai rendez-vous avec mon avocat que je ne connais pas. Là, nous discutons de la marche à suivre et il m’explique comment les choses se passeront chez le juge. Il est très confiant car mon dossier est bon et solide.
De retour à l’hôtel, j’ai rendez–vous dans la soirée avec David que je suis arrivée à joindre. Lorsqu’il arrive dans ma chambre, je suis devant un homme de grande taille, bien habillé ; nous sommes gauches tous les deux ne sachant pas trop de quoi parler et puis la conversation démarre et il me fait part de ses projets et je dois dire que je ne comprends pas grand chose à ce qu’il me raconte, il passe d’un projet d’élevage de lapins à celui de passer des mercédes en fraude en direction du Liban et me dit-il « comme ça je pourrai venir te voir » !!!. Je crois qu’il ne réalise pas qu’il s’agit d’un trafic de voitures volées, à mon avis il divague complètement et je lui dis alors que je préfère les lapins car c’est plus sûr ce à quoi il me répond : « peut-être mais c’est moins bien payé ». !!! On se quitte sans savoir de quoi au juste on a parlé, moi je suis vidée et je sais que le lendemain une dure journée m’attend.
Arrivée dans le palais de justice, nous attendons devant la porte du juge, Guy, son avocat, le mien et moi. La porte s’ouvre. Une fois assis, les avocats remettent chacun leur dossier que le juge, homme jeune et impassible consulte. La lecture terminée, il nous dit alors les phrases traditionnelles en pareil cas puis reprend le dossier de Guy et sort trois lettres qu’il lit à haute voix : la première vient d’un voisin qui explique qu’il voit Alexandre chaque jour, qu’il lui fait l’impression d’un enfant bien élevé et bien dans sa peau. Le deuxième vient d’une couple connu en Afrique et qui passe ses vacances chaque année dans la ville de Guy et Nelly et qu’ils constatent les changements, en bien, survenus d’année et année. La troisième, c’est la cerise sur le gâteau une lettre de ma mère qui écrit ceci :
 « Mon cher Guy,
Je suis bouleversée par ce que vous m ‘écrivez. C’est vrai, ma fille a toujours été une enfant difficile et une femme à la vie tumultueuse mais ce qui m’a fait le plus de peine, c’est lorsqu’elle a abandonné ses enfants pour partir en Israël. Merci mon petit Guy de ce que vous faites pour les enfants en leur donnant une éducation qu’ils n’ont jamais eue. »
La tête du juge est inexpressive mais par contre celle de mon avocat et la mienne ont changé de couleur. J’ai toujours su que ma mère ne m’aimait pas, qu’elle m’en voulait d’avoir choisi justement Israël, le peuple qui a tué son Jésus, et c’est sa réponse.
Le juge met fin à ce mini suspens et nous disant que de toute façon il ne veut pas prendre de décision avant la fin de l’année scolaire en juin, soit dans 6 mois et qu’alors il nous fera part de sa décision
Dehors et profitant de la présence de mon avocat à mes côtés, je demande au père l’autorisation d’emmener avec moi Alex au restaurant le soir même puisque je repars le lendemain et pour faire bonne figure, il accepte, surtout que le lendemain, il épouse Nelly !!!!! la veille il a dû enterrer sa vie de garçon car il pue l’alcool à plein nez.
Cette soirée qui aurait dû être gaie est d’une tristesse à mourir, Alex ne mange rien et retient ses larmes comme il le peut. Nous mettons alors une stratégie en place pour que tout changement ou toute chose importante transite par claire, par lettre, par téléphone peu importe mais surtout que les nouvelles circulent entre nous pour qu’il n’y ait pas de mauvaises surprises. L’avocat est également prévenu et a les coordonnées de claire.
Le lendemain je rentre chez Linda à qui je raconte ce qui s’est passé. Pour ma mère, j’ai décidé de ne plus lui donner signe de vie jusqu’à la décision du juge car elle est devenue à mes yeux trop dangereuse et pourrait répéter à Guy tout ce qui pourrait me nuire et surtout nuire au désir d’Alexandre qui lui, ne lui a rien fait pour mériter une telle conduite de sa part.
Par contre, une fois revenue de mon périple, j’ai appelé mon père, sachant qu’il voyait ma mère, pour lui raconté ce que j’avais découvert et que c’était la raison pour laquelle elle n’entendrait plus parler de moi jusqu’à l’issue du procès. Et j’ai entendu la chose suivante : « moi aussi Guy m’a demandé de faire une lettre mais je suis trop malade et je n’en ai pas eu la force ». (Merci cancer).
Quand je rentre à Tel-Aviv je raconte bien sûr mes aventures et pour me sortir un peu de ma tristesse, Iori m’emmène une fois de plus danser. Qu’y-a-t-il d’autre à faire ?les 2 + 27/09/2012

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28eme partie (27)
Que va-t-il se passer pendant ces six mois ? David n’a ni élevé des lapins ni livré des voitures au moyen-orient ; un de ses amis a travaillé dans un restaurant. Que s’est-il passé exactement? je ne le sais pas mais il a été viré sans toucher ce qui lui était dû. Alors il a décidé de se venger et d’attendre le propriétaire, le soir, très tard, quand il ferme son commerce avec la caisse et de la lui prendre. David est le chauffeur (je repense à Raymond) le coup est mal monté, ils se font tous prendre. Guy usera de ses relations haut placées pour que son nom de famille ne soit pas cité dans les journaux. Un peu plus tard David sera jugé et condamné à, je crois, un an et demi de prison avec sursis.

Alexandre tient le coup, du moins au début, la surveillance s’est un peu relachée du fait que l’on dispose de 6 mois pour…. Voir. J’ai donc des nouvelles assez régulièrement et notre petite ruse marche jusqu’au jour ou Claire m’appelle : elle ne peut plus nous aider, Guy l’a menacée et bien sûr l’étau s’est resserré sur Alex.

Claire est seule pour élever sa fille et dans une petite ville c’est dur car le « qu’en dira-t-on » marche bon train mais c’est aussi dans ce genre de cité qu’il y a du travail pour des personnes comme elle : un peu de couture, des ménages chez les huppés. Guy n’a pas eu grand chose à faire, chercher chez qui elle travaille, ensuite aller la trouver et la menacer de lui faire perdre son gagne pain chez Pierre, Paul et Jacques si elle continue à nous aider. Elle n’a pas le choix et je la comprends, seulement maintenant je n’ai plus personne et je ne peux même pas lui écrire car c’est par le facteur qu’elle a été dénoncée !!!!! alors, il me reste le téléphone, je l’appellerai à chaque fois que je le pourrai car en Israël, je n’ai pas le téléphone à la maison.

Nous sommes à quelques jours du verdict, Alexandre m’appelle chez mes voisines, il est en pleurs, hystérique, je ne comprends rien de ce qu’il me dit, enfin j’entends : « Papa m’a dit hier que si le juge ne change rien à la situation actuelle tout ira bien mais s’il dit que je peux venir avec toi, papa préfère me tuer plutot que de me voir partir Qu’est ce que je fais ?

Je lui ai dit d’appeler immédiatement notre avocat de tout lui raconter et de faire ce qu’il lui dira. Dès que l’enfant a raccroché j’appelle l’avocat et je lui raconte.Deux jours après, Alexandre est convoqué, seul, chez le juge, C’est la première fois qu’ils se voient ; le juge lui, est habitué à ce genre de situation mais pas Alex. Il me dira après, que lorsqu’il a répondu aux questions du juge celui-ci avait l’air très sévère et surtout de ne pas le croire, il disait toujours : c’est vrai ce que tu me racontes là ? tu es sûr que tu n’en rajoutes pas un peu ? dans la tête du gosse, le juge ne le croit pas.

De retour à la maison Alexandre est questionné jusqu’à ce qu’il dise pourquoi il était convoqué et quand Guy apprend la raison, il comprend qu’une fois encore il y a eu relation entre nous et que je lui ai soufflé de parler à l’Avocat.Il est très en colère après l’enfant, le bat, surement comme jamais il ne l’a fait

La veille du verdict Alexandre va, parce qu’il est mort de peur, écrire un mot à son père dans lequel il dit renoncer à venir vivre avec moi. Je suis mise au courant et je préviens immédiatement mon avocat.

Le lendemain il n’y aura pas de jugement puisqu’il n’y a plus de demande et le juge indiquera donc sur son compte rendu, que l’enfant reste chez son père, celui-ci étant tenu de le laisser venir  me voir une fois par an, un mois, aux grandes vacances.

C’est fini, on s’est battu pour rien, et pourtant je crois qu’on était à deux doigts de gagner, c’est mon avocat qui me l’a laissé entendre, plus une petite phrase à mon avantage dans le compte rendu, phrase qui n’avait pas sa raison d’être, un peu comme si le juge avait voulu amoindrir la peine que cette situation me causait.

Je sais depuis toujours qu’Alexandre n’a pas une nature de combattant et qu’il préfère et préfèrera toujours le compromis à la lutte et ce n’est pas seulement parce que, lors de cet épisode de sa vie, il n’a que 15 ans, c’est sa nature qui est faible. En 1997, il fera une fois de plus la même chose et aussi pour la dernière fois, en 2008.

J’ajouterai ici, car ce livre est aussi pour moi une façon de régler certains comptes, que du fait que j’ai une nature totalement différente de la sienne, que je n’ai peur de rien ou plutôt que même si j’ai peur, je ne cède pas pour autant si j’estime que j’ai raison, je ne serais pas fière de moi si j’étais  à sa place.

En Aout il vient me voir, il craint ma réaction car il sait très bien que tout ce que j’ai fait c’était parce qu’il me l’avait demandé et qu’il m’a abandonnée au dernier moment mais je ne lui dirai rien, j’ai trop de peine et je ne veux pas gacher ce petit mois que nous avons à passer ensemble car avec tous les frais que j’ai engagés pour ce procès, je n’ai plus les moyens de rentrer en France une fois par an comme prévu au départ. C’est vrai que j’ai touché ma part de l’appartement lorsque celui-ci a été vendu, mais une grande partie s’en est allée dans cette affaire et je ne suis pas le genre à dilapider ce que j’ai ; je n’ai pas encore une situation bien assise et je dois garder une poire pour la soif.

Alexandre veut pourtant encore croire qu’il me rejoindra lorsqu’il sera majeur. Je le laisse dire, moi je ne veux plus rien croire car cela fait trop mal quand on se réveille. Cette année là, il va faire connaissance de Iori et d’une de ses filles à peu près du même âge que lui, et il va tomber amoureux fou d’elle, amour platonique certes car il est encore vierge et elle aussi, mais une  histoire d’amour belle à voir même si on sait que cela ne durera pas, les tourtereaux eux y croient. Quand il retourne en France, il est décomposé par le chagrin et il commence à comprendre qu’il a fait une grosse bétise.Mais quelle vie aurait-il eue s’il était venu vivre avec moi ? Personne ne peut répondre à cette question. Les 2 + 28/09/2012

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29eme partie(28)
Fin Aout 1985, Alex est retourné en France ; la pression des parents à son encontre a cessé puisque maintenant il n’y a plus de risques

Moi, je suis allée à l’agence du travail pour voir quelles études je peux entreprendre car en tant que nouvelle immigrée, je reçois beaucoup d’aides comme par exemple participation au loyer, et aussi possibilité de me reconvertir dans un autre métier. Le psychologue chargé de dresser mon profil me propose 7 mois d’études dans une école hôtelière qui débouchent sur un examen permettant d’être intendante dans un hôtel, un internat ou encore une maison de retraite et j’accepte.

L’école se trouve très loin de chez moi et le bus ne passe qu’une fois toutes les heures, il ne faut donc pas le rater. Les études se composent de théorie et de pratique car il y a sur les lieux un hôtel restaurant et les élèves sont tour à tour cuisiniers, serveurs, femmes de ménages. Les études sont très dures et le travail encore plus. Après quelques mois je sais déjà que je ne ferai pas carrière dans l’hôtellerie, mais par respect pour les services de l’état qui paient pour moi, j’irai jusqu’au bout et je décrocherai le diplome avec mention.

J’ai aussi écrit à ma mère une lettre très froide lui demandant si elle était fière de ce qu’elle avait fait à son petit fils. La réponse : « Guy me l’avait demandé » Au procès de Nurenberg, les nazis, à qui on avait demandé s’ils se rendaient compte de ce qu’ils avaient fait avaient répondu la même chose !!!! J’avais également ajouté dans ma lettre que malgré tout, nous étions mère et fille et que j’étais d’accord pour lui écrire de temps en temps si elle le souhaitait. Réponse : oui, aux conditions suivantes : pas d’entête à mes lettres, pas de formule de politesse, pas le mot « maman » rien d’écrit sur l’endroit où je vis, ni sur ma vie de femme……. Il est bien évident que très vite je n’ai plus rien trouvé à dire et que j’ai arrêté de correspondre. J’aurai des nouvelles  par Alexandre qui a gardé quelques contacts avec elle jusqu’au jour où, lui aussi, cessera de la voir. C’est elle en fait qui ne veut plus voir ses petits enfants mais ça, nous comprendons pourquoi plus tard.

Cette histoire ainsi que le procès, m’ont profondément marquée, je me sens très fatiguée, au début je crois que c’est à cause des études mais très vite je comprends que c’est le moral qui ne va pas. J’ai 47 ans, je suis en fin de « carrière amoureuse »et quand je regarde mon passé, tout mon passé, j’ai aimé certes, j’ai été aimée certes, mais au milieu de tout cela, il y a tant de trahisons, de larmes, j’ai l’impression que je dois profiter de mes dernières années de « jeunesse » pour me « tricoter » des souvenirs pour mes vieux jours.

Dans un premier temps, je fais un régime et perds 12 kgs en quelques mois. Je remplace mes lunettes par des lentilles, je me maquille et munie de tous ces atouts, je pars à l’aventure. Lorsque l’on aime danser il est facile de rencontrer des hommes ; de se trouver dans leurs bras éveille les sens et si l’on ajoute la musique langoureuse, il n’en faut pas plus pour passer une bonne soirée qui continue parfois jusqu’au petit matin. Des hommes, je vais en connaître ; des petits des grands des beaux et des laids, très rares seront les bons amants, très nombreux seront ceux qui croient l’être, mais ils auront ceci en commun, c’est qu’ils me donneront, l’espace de quelques jours, quelques mois, l’impression d’être aimée.Et je le serai d’une certaine façon, car au lieu de me prendre pour une fille légère, ils aimeront être en ma compagnie, se confier, me caliner, ce dont j’ai toujours eu besoin.
Mais c’est là aussi que ma vie à changé de direction car je ne pense pas que ce genre d’expérience était celle que je devais vivre, ma venue en Israël, ma conversion devaient me conduire vers quelque chose de plus élevé, je ne sais pas quoi bien sûr mais j’en suis certaine.

 Mes cours se terminent en Avril 1986. Cette année là il y a des problèmes dans l’hôtellerie dus aux évènements et donc très peu de nouveaux postes à pourvoir alors je retourne à mes petits vieux.

Dans cette nouvelle famille , Je travaillerai 4 ans et comme un jour on me demandait de raconter un peu de ma vie en Israël, voici ce que j’ai écrit il y a quelques temps.

"EXTRAIT DU MEPRIS"

......Et puis un jour que je cherche de nouveau une place, je suis mise en contact avec "chochanna" femme d'une soixantaine d'années, veuve, travaillant le matin dans le secrétariat d'un hopital et ayant pris en charge son père qui habite chez elle et qui est agé de 92 ans. Je travaillerai chez eux 4 ans 1/2;

Très vite je vais me rendre compte que je suis tombée dans une famille de "parvenus" très imbus d'eux-mêmes, le tout enrobé de fausse modestie et de paternalisme avec en prime une bonne dose de malhonneteté et radinerie.; et le "roman d'amour" commence entre nous, je ne vous énumèrerai pas ici le nombre de fausses gentillesses,les phrases aigres-douces, me faisant bien comprendre où était leur place et où était la  mienne, pas plus que je ne m’étendrai sur les gestes déplacés que ce vieux Monsieur avait envers moi, un droit de cuissage en quelque sorte, jusqu'au jour de "l'histoire de la poubelle"

Un jour, la poubelle est placée devant la porte d'entrée et Chochanna me dit, avant de partir "très vite" : soyez  gentille de descendre la poubelle en partant.

Je ne suis pas à une poubelle près mais nous avons déjà eu un accrochage à son sujet car celle-ci n'est jamais nettoyée et au lieu de mettre un sac nylon et de jeter dedans les ordures, on met celles-ci à même le seau, qu'il faut de toute façon remonter, donc je lui avais dit que j'acceptais de descendre la poubelle en partant à condition que les saletés soient dans un sac et que la poubelle soit nettoyée (ce n'était pas mon travail) mais rien n'avait été fait et chochanna revenait  ce jour là à la charge. En partant, je laisse "la chose" dans l'entrée.

Le lendemain même scène, la poubelle m'attend et Michael le père y va de son laïus ; je ne réponds rien et ne fais rien. Le lendemain, chochanna est déjà partie lorsque j'arrive ce qui n'est pas habituel et je pressens une matinée "particulière" Michael m'attend
de pied ferme dans le salon (ce qui n'est pas habituel non plus) et me prie de m'asseoir :

"Il est vraiment regrettable que vous m'obligiez à mettre certaines choses au point ; ma fille et moi avons essayé de le faire avec tact mais vous ne semblez pas comprendre la différence qu'il y a entre vous et nous : nous sommes des intellectuels, bourrés de diplomes, qu'avez-vous fait comme études vous? Nos relations appartiennent à l'élite de la société et vous, qui fréquentez-vous ? Sachez que des gens comme vous n'ont droit qu'à 2 choses : obéir aux ordres et dire merci ! Vous pouvez disposer.". 

Savoir ce qu'ils pensaient de moi n'était pas nouveau mais l'entendre dire c'est autre chose; l'insulte vous saute au visage et vous envahit, vous êtes tétanisé ; je ne sais pas comment j'ai fini ma matinée, dans le silence le plus complet je pense puis je  pars.

Dans la rue je marche comme une automate, j'ai du mal à respirer et puis tout à coup je sens, à l'intérieur de mon cerveau, comme un feu clignotant qui vient de très loin et qui, petit à petit, s'approche de ma "compréhension" encore un peu plus près et je comprends ce que ce spot me dit à chaque clignotement : MEPRIS.....MEPRIS.....MEPRIS. et parce que cette lumière vient de très loin, je déchiffre qu'elle a un rapport avec quelque chose vécue dans le passé, et ce quelque chose c'est : l'Afrique, la Cote'd'Ivoire où j'ai vécu de 1973 à 1979 et où j'ai vu comment une "race" (les blancs) méprise une autre "race" (les noirs). A peine rentrée à la maison, une envie impossible à contrôler m' envahie avec la force d'un raz-de-marée : je devais écrire quelque chose sur l'afrique.

Ce que j'ai écrit s'appelait dans un premier temps : l’ENTONNOIR » mais lorsque le livre a été publié, j’ai dû changer le titre car celui-ci était déjà utilisé et cette histoire est devenue : « UNE ETOILE AU FOND DU CŒUR »je vous en écrirai un petit bout tous les jours à partir d'aujourd'hui ou peut-être demain et j'espère que cela vous plaira. J'ai employé un style très très ironique mais avec le recul je comprends que c'était pour moi la seule  façon d'écrire quelque chose qui m'avait fait très mal

Avant de vous quitter , vous voulez peut-être savoir comment s'est terminé l'épisode "Chochanna-Michael ", une fois de plus j'ai attrapé mon dictionaire et une fois de plus j'ai préparé mon discours qui était très court :" je sais exactement qui je suis et aussi qui vous êtes et c'est pour cela que je  vous confirme que je ne viderai pas la poubelle, ni aujourd'hui ,ni demain, ni un autre jour, quand à vous monsieur le Docteur Michael, il est regrettable que lorsque vous descendez de la branche sur laquelle vous êtes perché, ce soit pour avoir des gestes déplacés envers moi, c'est indigne de vous ! je vous laisse le soin de donner à cette situation, la suite qui vous conviendra le mieux.

Il n'a plus jamais été question ni de poubelle ni de rien d'autre et c'est presque dans mes bras que Michael est mort.les 2 + 29/09/2012

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30eme- (29)

Que s’est-il donc passé de 1986 et 1991 ? tout et rien. J’ai travaillé chez ces gens si peu sympathiques. Alexandre est venu me voir et a passé chaque année un mois en Israël. Comme ce n’est plus un enfant, il visite le pays, fait des connaissances, tombe amoureux une autre fois et fait toujours le projet de venir me rejoindre quand il aura terminé ses études. Il est maintenant interne, loin de chez lui et essaye de décrocher un BTS dans le bâtiment.

Il travaille quand il n’a pas classe et peut maintenant se payer son billet d’avion. C’est toujours un gentil garçon, plein d’amour, il semble heureux ; Il me donne aussi des nouvelles de David qui semble s’être calmé, il est chauffeur poids lourds et ses bureaux se trouvent dans la région parisienne.

Mon père n’est plus. J’ai reçu un télégramme « père décédé » sans signature.

Est-ce ma mère, ma belle-mère, une de mes sœurs qui m’a prévenue ? la rancune est tenace dans cette famille.

Je sors beaucoup. J’ai rencontré un homme adorable, il est marié mais semble avoir une grande liberté. Il a aussi un ami qui le suit partout et qui se sert de lui comme alibi car lui aussi a une épouse. Ce que nous n’avions pas prévu, c’est que notre liaison prenant une tournure passionnée, nous allons moins sortir car nous voulons profiter de chaque instant de liberté pour nourrir notre amour ; le copain lui aussi sort moins, il devient jaloux et pour se venger de ce qu’il va considérer comme une trahison de la part de son « meilleur » ami, il va dévoiler l’affaire à l’épouse. Il s’agit d’une méditerranéenne grande gueule, grand bruit et nous frolons le scandale.

Puis l’infidèle retourne chez lui et tout rentre dans l’ordre. Mon petit cœur en prend un bon coup au passage mais il est tellement habitué….

J’ai encore un problème à régler, celui du logement. En Israël, les loyers sont libres et en dollars, l’aide que je reçois comme nouvelle immigrante va bientôt prendre fin, et je serai incapable de payer de telles mensualités, quant à acheter quelque chose, il vaut mieux ne pas y penser. Par contre il existe une possibilité de palier à cet inconvénient : « le pas de porte » il s’agit de donner une certaine somme fixée par le propriétaire de l’immeuble et discutable. Une fois payée on a obtenu le droit « à vie » d’habiter l’appartement et l’assurance que le loyer ne sera augmenté qu’une fois par an, augmentation fixée par le gouvernement. Je cherche, je trouve et je rentrerai dans ma maison deux jours avant la fin de mes droits. J’ ai obtenu un prêt gouvernemental de 95% de la somme demandée, prêt étalé sur 25 ans et indexé sur l’augmentation du coût de la vie. La boucle est bouclée.En 1991, quand éclate la guerre du golfe, j’ai un peu plus de 52 ans.

Ma première guerre, et vue de près, puisque des éclats d’obus vont tomber à 1mètre 50 de mon immeuble, arrachant au passage les pylones électriques et mettant le feu aux voitures garées devant les immeubles, c’est d’ailleurs je crois ce qui m’a sauvé la vie car ces voitures ont empêché les projectiles d’entrer dans la cour de la maison, là où se trouvent, disposées en rang d’oignons les bouteilles de gaz.

L’immeuble a tremblé sur ses bases, la lumière s’est éteinte et pendant une ou deux secondes j’ai attendu que la maison m’engloutisse. Et plus rien et très vite, les pompiers, la police, qui grimpent quatre à quatre les escaliers pour voir s’ils y a des blessés. Je suis seule dans l’immeuble car les autres locataires ont tous de la famille chez qui ils ont pu se réfugier puisque c’est surtout Tel-Aviv qui est visée.

On veut me faire sortir de chez moi  mais je refuse car j’ai à l’époque 6 chats et il n’est pas question que je les laisse seuls ; on accepte que je reste car la fumée provoquée par les incendies des voitures a envahi les appartements du devant, mais le mien est situé à l’arrière et il y a peu de risque pour que celle-ci arrive jusqu’à chez moi. La télévision est aussi arrivée sur les lieux. Les projecteurs sont braqués sur moi, l’espace d’un instant je suis la vedette et on me demande de raconter ce qui est arrivé ; je trouve la question ridicule car tout le monde sait ce qui arrive, ce n’est pas le premier missile qui nous a été offert par Saddam mais un des derniers, par contre je me surprends à dire. « Si un jour je m’étais posée la question de savoir pourquoi je suis venue ici, pourquoi je me suis convertie, j’ai aujourd’hui la réponse : Saddam peut me tuer s’il le veut, je mourrai juive et c’est l’essentiel  pour moi ». Je ne sais pas pourquoi j’ai dit cela, j’ai l’impression que je n’ai pas peur mais ce n’est surement qu’une impression.

Quelques jours après je serai invitée à une émission télévisée pour raconter, ma vie, je recevrai des lettres, des déclarations d’amour, des invitations  à participer à d’autres émissions que je refuserai, on me reconnaitra très longtemps après dans la rue, dans les magasins puis, petit à petit je redeviendrai l’anonyme parmi les anonymes.les 2 + 30/09/2012

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31eme partie (30)

Aux environs de 1991, après la guerre du golf, je vais prendre une grande décision : J’ai bien dansé, j’ai bien aimé, mais maintenant c’est fini, je dois quitter la scène pendant que je suis au mieux de ma forme pour rester sur la meilleure image qui soit.

Depuis très longtemps, je m’intéresse à l’astrologie et j’ai demandé à Alexandre de me trouver des cours par correspondance ce qu’il a fait. Je me suis donc attelée à la tâche et ces cours vont être pour moi un dérivatif tel, que je ne me rendrai même pas compte que j’ai changé de vie totalement.

Mais avant, j’ai un petit truc à faire : dédier à tous ces hommes que j’ai connus et surtout à ceux qui ont été en dessous de tout, quelques petites lignes de mon crû ; voici à peu près ce que cela donne :

 

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