Bibliographie Introduction





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4- La crise actuelle de l’aménagement
a- Un aménagement de crise
Si l’aménagement repose sur les mouvements des entreprises, la création d’établissements nouveaux, son action perd d’efficacité en période de crise lorsque les effectifs se réduisent et les régions se battent pour conserver les emplois ou attirer les créations nouvelles, il n’y a pas de croissance à se répartir ? Les problèmes globaux deviennent plus importants et prioritaires (emploi, équilibre extérieur, modernisation du système productif, subvention d’une activité en crise). L’aménagement devient ainsi une sorte de luxe désormais impossible.
b- La petite entreprise

Les dynamiques actuelles ne reposent plus sur les grandes entreprises, les emplois nouveaux sont plutôt crées par les petites entreprises, les initiatives locales semblent plus prometteuses. L’aménagement doit se décentraliser ? La grande entreprise n’est plus le levier de l’action spatiale.
c- De l’aide à l’entreprise à l’aide à l’espace
D’une aide aux entreprises, on doit aller à une aide aux régions pour leur permettre de créer les opportunités sur place et encourager les initiatives locales. Il faut passer d’un modèle de diffusion extérieure à un modèle de développement endogène. La décentralisation des responsabilités serait alors un préalable à l’aménagement adapté aux temps actuels. S’il n’y a pas de politique régionale claire au profit des régions faibles, il faudrait obtenir un consensus sur les régions à aider au moins : les régions agricoles pauvres ou les vieilles régions industrielles en crise ?
d- Contradiction Etat-Région
Avec la crise, le besoin de solidarité nationale se heurte à une double contradiction : la cri de l’Etat-Providence incapable de maintenir les taux de transfert en période de crise, le conflit avec la décentralisation qui suppose la possibilité aux régions de conserver le fruit de leur effort.
5- Des résultats ambigus
a- Les inégalités centres-périphéries peu entamées
L’aménagement ne règle directement pas les disparités centres-périphéries quelque soient les efforts fournis. Le poids réel des grands centres n’a pas cessé de se renforcer : Londres, Paris, Moscou ou Tunis n’ont rien cédé de leur pouvoir de commandement si ce n’est l’affinage de leurs activités les moins nobles. Au contraire, elles sont encore plus fortes maintenant en dépit de la complexité croissante des activités et de l’espace, la réduction de la distance-temps et la hausse de la mobilité, le désenclavement des territoires et la diffusion des équipements, voire les actions de développement régional et local. Paris et Tunis gardent toujours tous les sièges sociaux à commencer par l’administration de l’aménagement du territoire. A Tunis, les entreprises dé-localisées y ont gardé leur service commercial le plus dynamique. L’analyse de la diffusion des entreprises NTIC et à multi-établissements montre qu’elle se trouve toujours au centre de l adynamique territoriale (Belhedi A, 2007).
b- Aménagement et aptitudes spatiales
Il est dangereux de penser, ou de concevoir, que l’aménagement du territoire doit se fonder sur les « aptitudes propres » de chaque espace, sur une division spatiale du travail et une spécialisation des territoires qui est fonction de leur « dotation en facteurs », de leurs caractéristiques « supposées » notamment naturelles. La division spatiale du travail n’est jamais définitive, ni réglementée ; elle ne peut être que spontanée en fonction de la situation économique du pas et du système de relations dans lequel il s’insère. Il n’y a pas une seule rationalité des systèmes territoriaux.

Il n’y a pas de localisation aberrante mais des localisations inégalement coûteuses pour la collectivité. La notion de vocation est à manier avec toute prudence, elle peut figer les territoires dans une fatalité inacceptable. Quelles sont les vocations qui n’ont pas changer depuis un demi-siècle à toutes les échelles : mondiale (Japon, Asie du Sud Est…), nationale et sectorielle (Bled Gamouda, tourisme balnéaire ou saharien, industrie…). Le zonage définitif des potentialités est dangereux : le tourisme en est exemple qui ouvre des espaces désenclavés jusque là (la côte du golfe de Lion en France, zone de Matmata…), le commerce transfrontalier anime des espaces figés jusqu’ici, le cas de Ben Guerdène est indicatif. La vocation sidérurgique du Bas Rhône (Fos, étang de Berre) est devenue une erreur de jugement, le cas de Sfax en est un cas avec les phosphates (NPK et Siape). La moyenne montagne européenne, longtemps prisée, se trouve délaissée au profit de la haute montagne et du Ski…
c- Aménagement et mailles de gestion
L’aménagement du territoire ne se fa réellement que dans « les mailles » normales de sa gestion. Il s’agit de délimiter des périmètres d’action appropriés aux programmes envisagés avec une autorité territoriale et un statut bien défini pour ne pas rester au niveau des simples prescriptions. Ces nouvelles institutions se heurtent toujours aux pouvoirs et attributions des institutions territoriales organisées et elles n’ont pas souvent triomphé ? La maille, dans un système démocratique et avec des élus, organise l’expression des citoyens et arrive souvent à obtenir quelques revendications.
Références 
Aydalot Ph – 1978 : L’aménagement du territoire en France, une tentative de bilan. L’Espace Géographique.

Aydalot Ph -1981 : Politique régionale et stratégie spatiale de la grande entreprise. UNRISD regional Series, 11

Aydalot Ph (édit.) – 1984 : Crise et espace. Economica
Chapitre 9


L'aménagement du territoire

entre le discours et la pratique

Communication au Colloque du Département de Géographie, mars 1995

Texte publié dans la Revue Tunisienne de Géographie, 1996, n° 27, pp. 9-35

Le discours que véhicule l'aménagement du territoire est souvent ambivalent, il est présenté à la population en des termes fascinants qui font l'unanimité tout en véhiculant une stratégie voilée favorable aux différents états-majors en place à savoir l'Etat, la firme et les acteurs socio-économiques. Ce discours est tellement fascinant, qu'il finit par être intériorisé par les techniciens et les aménageurs, ils en deviennent même les fervents défenseurs. La confrontation avec la réalité engendre des échecs, des ambiguïtés, des polémiques et des ruptures qui découlent du fait que le discours est souvent stratégique.

L'aménagement de l'espace met toujours en jeu un rapport à l'espace. A travers les techniques, les technologies et les choix que l'aménagement charrie, les modèles redistributifs explicites ou implicites qu'il met en place, le type de conflit qu'il entend résoudre comme ceux qu'il engendre, il peut être considéré comme l'un des indicateurs privilégiés du changement social et de l'organisation spatiale de la société.

Le discours sur l'harmonie, les équilibres à (re-)trouver ou l'équité, sert souvent à masquer les diverses stratégies permettant aux entreprises capitalistes, en particulier les plus puissantes, d'accroître leurs bénéfices; à l'Etat et aux centres de décision de resserrer davantage l'encadrement des hommes et des espaces.

L'aménagement du territoire a pour but de maximiser le profit, mais aussi et probablement plus, d'organiser stratégiquement l'espace économique, social et politique de manière à ce que l'appareil d'Etat puisse être en mesure d'asseoir son autorité, contrecarrer les contre-pouvoirs et encadrer les hommes et les espaces; que celui de la firme organise l'espace économique de production et de distribution, et que les acteurs socio-économiques occupent et s'approprient l'espace à leur manière. Ces préoccupations stratégiques se trouvent à l'origine même et au fond de l'organisation spatiale de très nombreux pays et espaces.

Le découpage administratif, la localisation des activités de production et d'encadrement, la hiérarchisation urbaine, la création de centres et de centralités ou la mise en valeur sont autant de volets stratégiques que économiques dont la finalité est de donner à l'espace une organisation stratégique au même titre que de minimiser les coûts.

L'objet de ce papier est d'éclairer ces lignes de clivages et ces points de rupture entre le discours et la pratique de l'aménageur en se référant plus particulièrement à quelques exemples tunisiens.
I - De l'espace au territoire : Appropriation, spécificité et dénomination
Le territoire est cette étendue qui incorpore le temps et se trouve chargée de sens et de symbolique. Ce sens donne à l'espace le statut de territorialité qui est l'ancrage du temps dans l'espace. Privilégier le territoire sur l'espace, c'est privilégier le sens qu'a l'étendue que l'étendue elle-même.

Le territoire est cette appropriation de l'espace, cette symbolique qui crée des enjeux sociaux, politiques et économiques conduit forcément à des conflits. C'est aussi cette entité juridico-administrative, donc une production idéologique, appropriation étatique traduisant un mode particulier de gestion et d'appropriation qui entre forcément en conflit avec d'autres modes de gestion.

Aménager le territoire, c'est prendre en compte la territorialité des habitants. On se trouve ainsi d'emblée dans une situation conflictuelle, de quelle territorialité s'agit-il : celle de l'individu, de la communauté ou celle de l'Etat.

Parler de développement territorial, c'est prendre un parti existentiel au détriment du parti productiviste et fonctionnaliste, privilégier le cadre de vie, l'aménagé et non l'aménageur. On retrouve au moins 5 principes qui guident ce développement territorial:

- L'équité territoriale: il s'agit de rompre le schéma centre-périphérie même si les écarts subsistent.

- L'équité sociale.

- La croissance endogène par le bas d'où la mobilisation des ressources locales et la prise en charge locale.

- L'écodéveloppement et le "développement durable" dans le sens de ne pas hypothéquer l'avenir par l'utilisation actuelle.

- L'autonomie territoriale qui est la condition et la finalité du développement territorial.
Le local et le territoire : L'enjeu
Si l'échelle micro-régionale est souvent porteuse de développement local, elle est souvent absente au niveau des textes. Le local n'existe que lorsque le central le tolère (syndicat de quartier, coopération intercommunale...). Le développement local passe par la négation de tout ce qui est normatif et standard et la reconnaissance des spécificités or standardisation et normalisation sont le fondement même du pouvoir central. Il s'exprime par la création et l'appropriation de l'espace local, de ce qui relève de la quotidienneté. Cette création de territorialité passe nécessairement par des conflits dans la mesure où, à la différence de l'espace, tout territoire est objet d'enjeux.
La toponymie : Nommer c'est créer la territorialité, passer de l'espace au territoire.
Nommer un espace c'est produire un acte de naissance du territoire dans l'étendue indifférenciée, c'est permettre son appropriation. Nommer l'espace, c'est produire le territoire, créer un ordre symbolique et faire un acte territorialisant. C'est le cas de pays colonisés, régions, gouvernorats ou de quartiers urbains, des rues... De nouvelles territorialités se sont crées. L'émergence de la territorialité passe nécessairement par la dénomination. Nommer, c'est donner la vie, l'identité et la spécificité, c'est un acte de naissance et de reconnaissance.

En Tunisie, on continue dans la plupart des cas à appeler les régions par leur chef-lieu politico-administratif, les quartiers ou les rues par des numéros. C'est dire la centralité de la logique de contrôle et de fonctionnalité. Il n'est pas surprenant de constater qu'à travers l'évolution historique, on est passé des pays au pays et le retour du/au régional s'opère à travers l'Etat, le central.

On a beaucoup parlé de régions et de régionalisation mais on n'a jamais accepté promulguer l'acte de naissance de ces territoires régionaux à travers la dénomination au moins c'est au contraire, pour nier la spécificité, promulguer l'acte de décès qu'on n'a jamais accepté de nommer.
II - Le verso et le recto

L'aménagement du territoire est cette organisation volontariste du territoire, prendre des décisions réfléchies sur la manière dont une population donnée doit (ou non) utiliser son espace où la l'intervention s'inscrit dans une logique théoriquement explicite en fonction des objectifs énoncés et des conditions connues ou prévues. En réalité, la logique explicite recouvre et cache même une logique implicite que l'aménageur ne veut pas ou ne peut pas formuler.

A chaque étape de l'aménagement15, la représentation spatiale est centrale et elle intervient à deux niveaux : la représentation des décideurs ou des groupes de pression lors de la première et l'antépénultième phase, représentation qui a plus de chance d'être traduite spatialement. On retrouve là, à titre d'exemple, le fameux schéma ou projet des "pôle de développement" des années 1960 ou des "métropoles d'équilibre" des années 1980, des Offices de mise en valeur au niveau régional, des "Centers" urbains au niveau de quelques villes importantes (Sfax, Tunis, Gabes, Sousse...). D'autres représentations n'ont pas la possibilité de s'imposer, voire de s'exprimer même. Lors des consultations, on voit d'autres représentations se manifester même si elles paraissent ponctuelles, déconnectées et timides. Tout discours, quel qu'il soit (graphique ou verbal), formalise une certaine représentation spatiale.

Chaque objectif présenté dans les documents de l'aménagement peut être interpéé en termes d'ambivalence. En effet, voilement et dévoilement sont de règle et les objectifs explicités sont souvent le revers d'une seconde catégorie d'objectifs, implicites et voilés cette fois, difficiles à discerner clairement dans le discours. L'implicite, le voilé et le non-dit est plus important que l'explicite, le déclaré et ce qui est dit. Ce processus caractérise les divers aspects de l'aménagement comme la décentralisation, le découpage spatial, l'équilibre inter-régional, la hiérarchisation urbaine, la création de pôles régionaux, de centres ou de réseaux.... On s'attardera, ici, un peu sur certains de ces volets comme la déconcentration, le découpage spatial ou la place de Tunis...
a - La déconcentration
La décentralisation16 ou plutôt la déconcentration constitue un exemple très significatif dans la mesure où elle répond à un double impératif à savoir la lutte contre les déséconomies de concentration et l'inégal développement régional.
* Elle représente le moyen de lutte contre la concentration excessive des activités dans certains foyers par suite de la force agglomérative, des économies externes et d'échelle, l'instrument idéal pour limiter les déséconomies. Présentée dans ces termes, personne ne peut méconnaître et ignorer sa nécessité au nom de l'intérêt collectif et du bien-être du groupe. Ainsi, de simples citoyens, collectivités territoriales, firmes et Etat sont d'accord pour limiter l'excessive concentration des hommes et des activités, concentration génératrice de déséconomies, de nuisances et d'inégalités cumulatives.

* Elle constitue aussi un moyen pour limiter les inégalités régionales et spatiales et atteindre plus d'équité spatiale. Le problème se présentait ainsi en termes de justice spatiale vis à vis des espaces défavorisés, intérieurs pour la Tunisie, qui manquent d'industrie et souffrent du chômage d'où la dynamique migratoire qui a été à l'origine de flux importants en destination du littoral, à la recherche de l'emploi, en particulier vers les centres qui ont connu l'implantation d'unités industrielles ou touristiques.

Pour assurer à cette politique industrielle et de développement, la chance de réussir, il fallait limiter ces importants flux grandissants venus de l'Ouest et secondairement du Sud gonfler les rangs des chômeurs, réduire les chances de succès de ces réalisations et alourdir les charges des collectivités locales notamment les communes et celles des citoyens afin de donner plus de chances aux populations de l'intérieur restées un peu à l'écart de cet effort de développement qui ne pouvait, compte tenu des impératifs de croissance, être que littoral et centré sur les grands centres; il faudrait encourager la déconcentration voire la décentralisation.

C'est en ces termes de maîtrise de la croissance des agglomérations du littoral en particulier la Capitale, de lutte contre les déséconomies de concentration, d'équilibre inter-régional et d'équité spatiale que s'est présentée la politique suivie en la matière en Tunisie depuis le début des années 1970 comme d'ailleurs un peu partout dans de nombreux pays notamment industrialisés. La déconcentration s'imposait comme une nécessité impérative. La création du Fonds de Promotion et de Décentralisation Industrielle (FOPRODI) en 1974, le découpage du pays en trois zones (1977) et en cinq zones (1981) à la suite d'études17. La loi de 1987 a modifié le découpage et a institué un nouveau découpage en distinguant trois types d'espaces18. Plus récemment le Code (unifié) des Investissements (1994) a intégré le développement régional comme une de ses principales composantes à côté de l'exportation ou de l'impératif technologique...
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