Bibliographie Introduction





télécharger 0.66 Mb.
titreBibliographie Introduction
page4/21
date de publication03.07.2017
taille0.66 Mb.
typeBibliographie
e.20-bal.com > économie > Bibliographie
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   21

Plus l'action motrice est centrale et moins les résultats attendus sont optima, ceci est d'autant vrai au niveau de l'étude et de l'analyse que de l'investissement. On l'a vu, en centrant sur le barrage comme élément moteur, on perd de vue l'essentiel : le bassin-versant en amont et le périmètre en aval. De la même façon, en centrant sur la planification physique et réglementaire (plans, règlements) on oublie l'essentiel : les finances, le temps, les agents et on fige la ville dans des normes rigides ôtant ainsi à la cité son caractère essentiel : la culture, le changement et l'innovation, on oublie ainsi la gestion, la régulation urbaine et la préparation de la population pour laquelle on aménage ?
L'aménagement de l'espace n'est autre que l'expression spatiale du concept de l'optimisation : c'est l'allocation optimale de l'espace qui est à la fois un lieu d'activité et un cadre de vie ce qui débouche sur la contradiction principale de l'espace dans la mesure où chaque terme procède d'une logique différente et d’un rapport inégal et dont le dépassement ne peut s'opérer qu'avec une participation effective de la population concernée.

3- Le paradigme fonctionnaliste et l’impératif technique
L’aménagement se trouve souvent appuyé sur le paradigme fonctionnaliste et l’impératif technique.
a- La vision fonctionnaliste
Il se trouve que la fonction première de l'espace est devenue produire - consommer et rien que cela à tel point que tout le système se dérègle et l'espace se marchandise. Cette idéologie dominante qui confère à la ville et à l'espace une fonctionnalité et rien que cela, approche encouragée par l'administration parce qu'elle lui facilite la gestion de l'espace et des hommes, fait que l'homme n'a que des besoins insatiables mais standardisés et point d'aspirations. Les seules créations tolérées sont celles qui expriment le prestige et le pouvoir et non la culture et la rentabilité (E. Le Blanc-Bazou et al 1971, préface de J Canaux). Que la ville devienne un espace de formation et de création, le pouvoir et la responsabilité ne peuvent que se distribuer !
C'est cette conception fonctionnaliste de l'urbanisme qui marque toujours nos villes, au mépris des aspirations et de l'art populaire qui a donné lieu au modèle urbanistique approprié et compétitif de nos médinas. Le mode de composition urbaine ordinaire ou populaire (Belhedi A. 1989, vol II) se trouve totalement réservé au monde rural. Ce paradigme fonctionnaliste ne correspond-t-il pas à un voilement technique de la prise en main de la ville ou de l'espace rural par le biais du technique ? Sinon, pourquoi dédaigner toute la technique maîtrisée qui s'est avérée enfin plus compétitive et que représente la petite hydraulique à laquelle on commence à songer maintenant vu l'impasse que représente l'usage de toute technologie non maîtrisée ? Comment expliquer le retour au style mauresque ? S'agit-il d'une nostalgie réservée aux autres ou une véritable prise de conscience ? Comment expliquer la réhabilitation de l’auto-construction des logements pour devenir la condition même dans certains programmes ?
b- La centralité du technique
On retrouve au niveau de l'aménagement, la centralité de l'impératif technique des modèles de développement (Belhedi A. 1992). Là aussi, on confère à la technologie le rôle déterminant et moteur des transformations spatiales : créer un barrage, aménager un parcours, créer une zone industrielle, élaborer un plan d'aménagement ou tracer les voies sur les cartes sont autant d'exemples de cette primauté du technique oblitérant les aspects sociaux et débouchant sur la perte de maîtrise de l'espace, la dévalorisation des aménagements traditionnels (micro-hydraulique, logement type Dar...) où l'homme maîtrise et s'approprie l'espace.
Ces problèmes sont inhérents à la contradiction, citée plus haut, mais aussi au problème de la dépendance et de l'acculturation. Le problème dépasse la simple allocation de l'espace pour toucher le projet de société. On ne peut aménager le territoire que lorsqu'on a une idée claire de ce qu'on veut faire, on se projette dans l’avenir et on a des projets. A-t-on réfléchi sur la ville de demain, sur le fellah de demain ou sur le logement approprié ? Dans ce cas, l'aménagement ne peut qu’être que coup par coup, naviguant à vue. La liaison entre développement et aménagement est si étroite qu'on ne peut les dissocier et à l'ambiguïté de l'un correspondent les hésitations de l'autre. Cette centralité du technique conduit à évacuer l'essentiel et ne retenir que le résidu. Cette technique charrie du pouvoir, d'où l'aliénation, la non maîtrise du cadre de vie et la perte de l'appropriation.

Cette technique n’instaure pas de nouvelles territorialités face à l’effritement des anciennes ?


Chapitre 8

Bilan des politiques de l’aménagement du territoire
On s’accorde partout sur les limites des résultats des politiques et des actions de l’aménagement du territoire, en Allemagne, en France, Italie ou en Tunisie… On constate fois le résultat inverse, certains pays qui n’ont pas de politique ou une action tardive comme l’Allemagne offrent une structure spatiale plus équilibrée mais on ne doit pas oublier la structure politico-administrtive du pays qui intervient fortement à ce niveau.
Cependant, il ne faut pas négliger les résultats obtenus à ce niveau : en Italie le taux de croissance d Sud est plus élevé que le Nord, en France on a relevé près de 500000 emplois décentralisés (Aydalot Ph 1985) ce qui n’est pas négligeable… En Tunisie, la part de la Capitale s’est beaucoup réduite.

La relation action/résultat n’est pas toutefois certaine, ni évidente, il y a de nombreux facteurs qui interviennent et il est difficile d’affirmer que tel ou tel phénomène est le résultat direct de l’aménagement du territoire. Il y a beaucoup de reclassement dont on ne comprend pas facilement les tenants et les aboutissements et l’efficacité des action doit être jugée à plusieurs niveaux.
1- Le statut mineur de l’aménagement
Un peut partout, l’aménagement est conçu pour intervenir après coup pour corriger les effets sociaux, spatiaux ou économiques les plus négatifs de l’évolution qui est « pour l’essentiel acceptée ».
a- Une intervention après coup
Des politiques variées sont menées, une planification globale fixe les orientations générales et sectorielles, l’action des agents décentralisés s’exerce sur la base des lois du marché, les incitations et s orientations des pouvoirs publics que ce soit au niveau national, régional ou local. C’est à ce niveau que les effets négatifs apparaissent dans l’espace où des blocages à cette politique se précisent ce qui nécessite la formulation d’une nouvelle politique d’action spatiale pour limiter les effets négatifs au niveau spatial, la pénalisation de certains villes ou régions.

L’intervention après coup nécessite des moyens importants pour pouvoir contrecarrer les coups partis ce qui limite l’action de l’aménagement du territoire dont l’administration se trouve souvent dépourvue de moyens suffisants et acculée à intervenir à posteriori.

Dans la plupart des cas, l’aménagement n’intervient pas efficacement dans les choix essentiels opérés par les différentes administrations, il est souvent consulté en cas de blocage ou d’action trop flagrante. En outre, l’espace se trouve souvent structuré par l’intervention contingente des différents agents en fonction des lois du marché dont les implications spatiales ne se précisent que tardivement : l’investissement étranger, la décentralisation…


b- Les choix sectoriels sont spatialisés ensuite
Ce qui crée l’inégalité spatiale, c’est toujours la logique même du fonctionnement du mode de production et non pas les accidents inattendus ou les effets contingents. Le redéploiement sectoriel de l’économie, en ruinant certains secteurs et en donnant le ton à d’autres activités plus rémunératrices, affecte négativement ou positivement les espaces qui les abritent ou appelés à les accueillir. L’ouverture à l’investissement étranger privilégie certains secteurs et d’un coup des espaces bien déterminés aux dépens d’autres. Arrêter une priorité sectorielle, c’est avant tout fixer un ordre spatial, privilégier certains centre au détriment d’autres moins pourvus ou mal placés.
Tout choix sectoriel s’exprime directement par des choix spatiaux. L’espace se trouve souvent en seconde position, il n’est pas choisi en soi mais à travers ses performances à assurer certains résultats plutôt socio-économiques :

- La priorité donnée au tourisme oriente l’investissement vers les espaces dotés de potentialités paysagères, culturelles et physiques. Donner la priorité au tourisme balnéaire, c’est privilégier les côtes à plage situées à proximité de centres attractifs et équipés, accessibles à une distance limitée des aéroports…

- Réconforter le rôle de capitale à Tunis, revient à l’alléger d son industrie polluante ce qui a été opéré à travers le desserrement industriel du centre vers la périphérie et la banlieue à travers la création des zones industrielles dans les années 1970. La consolidation de son statut international va passer à travers le port roulier de Rades, l’aménagement des berges du lac, le lancement de la Cité sportive, la création de technopoles et plus récemment de centres financiers (Sama Dubai, Financial Harbor de Raoued…).

- Le souci de confirmer le rôle international de Paris a dicté le départ des activités industrielles moins porteuses…
c- Un partenaire privilégié : les grandes entreprises
La nécessité de l’efficacité conduit souvent l’aménagement à s’associer aux grandes entreprises, la réussite de l’action en dépend largement comme la planification, de là à se plier souvent à leur logique. 24% des emplois décentralisés en France concernent 10 entreprises , 85% des décentralisations faites par des entreprises de plus de 5000 salariés ont été aidées conte 33% de celles réalisées par des entreprises de moins de 50 (Aydalot Ph 1985,).

La décentralisation ou la déconcentration s’opère à travers les instances de l’Etat (administrations régionales ou locales, services délocalisés…) et les grandes entreprises publiques ou semi publiques : Sfax-Gafsa, Meublatex, Groupe Chimique…
d- Une part limitée des dépenses ou de l’investissement
On peut dire que l’action de l’aménagement est souvent limitée au niveau des dépenses publiques que ce soit en France (la DATAR ou la DIACT actuelle en France) ou en Tunisie (la DAT ou la DGATU actuelle). Ainsi, dans des études antérieures, nous avons montré que l’action régionale (PRD et PRD…) ne représentent en Tunisie que moins de 5% de l’investissement (Belhedi A, 1996, MDE 1996).
Devant la faiblesse des moyens, le risque de n’être qu’un discours, un alibi est élevé.


2- Des bases théoriques fragiles et changeantes
La base théorique de l’aménagement change d’une période à une autre ce qui accroit sa fragilité. En de quelques années, on peut passer d’une théorie à une autre, le cas de la France est significatif mais celui de la Tunisie est aussi instructif.
a- La France : des métropoles aux pays
En France, on a prôné dans les années 1960, une politique des « métropoles d’équilibre » inspirée de la théorie des pôles de croissance de F Perroux et de Boudeville. Il y a eu le choix de huit métropoles dont certains en binôme pour être équipées afin de juguler le poids écrasant de Paris.

Devant la difficulté d’équipement de certains centres, les coûts imputés à la taille des villes et les déséconomies d’échelle, La DATAR a lancé au début des années 1970, une politique des villes moyennes relevant plutôt d’une conception classique de la dimension optimale des villes.

Enfin, elle vient d’adopter une conception du développement « à la base » à travers la politique des « pays » avec les années 1990.
Or pendant toute cette période, c’est la France de l’Ouest qui est la plus concernée. L’Est et le NE se trouvent plus dotés en ressources minières et en matière d’industrie de base. En dépit de la crise du charbon dés le début des années 1960 et la stagnation de a consommation de acier, l’action s’est orientée vers la création de nouveaux complexes sidérurgiques comme Dunkerque au Nord Ouest ou Fos au Sud.

Ce n’est qu’à l afin des années 1970 que la crise a été perçue : les régions les plus touchées sont celle du Nord et du Nord Est et non l’Ouest ?

En 1981, on minimisait la gravité des reconversions qui allaient être imposées au Nord et la Lorraine.
b- Régions périphériques ou régions industrielles anciennes ?
L’idée qui fait que les régions périphériques sont par nature les plus pauvres est fausse mais qui est loin d’être abandonnée ? La communauté européenne tient encore ce discours alors que depuis des décennies la crise touche les régions les anciennement industrialisées notamment en grande Bretagne : la grève des mineurs et Teatcher du début des années 1981. L’action régionale actuelle a essayé de prendre en compte des indicateurs plus rationnels : moins de 75% du PIB moyen.
c- Tunisie : des pôles de croissance à la métropolisation
En Tunisie, l’aménagement a commencé par les « pôles de croissance » lancés dans les années 1960 à travers le pays censés assurer le rééquilibrage du pays mais la crise de Bizerte et le développement du tourisme ont privilégié le littoral. La libéralisation des années 1970 consolide le littoral avec le tourisme, l’industrie et les infrastructures implantées (aéroports, ports, autoroutes…).

Le schéma de 1985 a mis l’accent sur l’équilibre et les métropoles bien que le choix des centres reste hésitant et dispersé à l’intérieur et au sud tandis que celui de 1998 préconise la métropolisation et l’ouverture mondiale avec l’assistance et la compensation à l’intérieur.

d- Discours et pratique

Cette ambiguïté fait que l’Etat et les collectivités territoriales sont résolus dans leur discours et déclaration alors qu’en pratique, ils sont acculés à être plus souples, pragmatiques, plus changeants, voire hésitants au niveau des interventions. L’art du compromis l’emporte dans la plupart des pays sur la science ou les principes (Lévy J et Lussault M, 2001).

3- Des ambitions qui doivent être limitées et réalistes
Les moyens limités et la nature de l’intervention nécessitent que une prise de conscience claire du champ d’action pour qu’elle soit plus efficace. L’ambition doit être limitée en rapport avec les moyens alloués.
a- Un avantage marginal de l’incitation à la localisation
Une prime limitée ne fléchit que marginalement une décision de localisation : deux sites comparables au niveau du bilan économique, le choix de l’un dépendra de la prime ou la possibilité d’avoir un terrain bien desservi et peu coûteux… Ces avantages ne jouent pas lorsque le bilan localisationnel est négatif ou moins avantageux.
b- Une différenciation spatiale limitée de l’aide
La différenciation spatiale de l’aide accordée à l’entreprise est très limitée pour un constituer un instrument efficace malgré l’effort fait jusque là. La différenciation subventionnelle est d’autant plus pertinente que les infrastructures de desserte et de communication se généralisent.

En Tunisie, la zone C du Foprodi (1977-1981) est vaste, la zone V de l’API entre 1981-1993 est très large, celle concernée par le développement régional prioritaire depuis est très vaste aussi.
c- La nature ambiguë de l’aménagement
Dans une économie de marché, l’entreprise est capable de déceler la localisation la mieux adaptée à ses besoins. La pousser à choisir une autre, c’est lui imposer à supporter des pertes qui doivent être prises en charge par la collectivité à travers les aides et les incitations. L’aménagement est ainsi « une machine à créer des décisions anti-économiques » selon les règles du marché puis à les socialiser (Aydalot Ph, 1985). Ce type de politique ne peut être que marginal dans une économie de marché.

L’aménagement est ainsi un ensemble de « coups de pouce » qui limitent ici et là les effets socialement néfastes de la concurrence. Il a des services innombrables mais il ne peut pas inverser les tendances lourdes de l’économie et des choix politiques d’ensemble.
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   21

similaire:

Bibliographie Introduction iconBibliographie 1- introduction

Bibliographie Introduction iconBibliographie Introduction

Bibliographie Introduction iconUne introduction à sa bibliographie

Bibliographie Introduction iconBibliographie Introduction à la théorie des jeux

Bibliographie Introduction iconBibliographie : livre d’introduction général au droit de Magnan (puf)

Bibliographie Introduction iconBibliographie 64 Annexes 73 Introduction Par la circulaire interministérielle...

Bibliographie Introduction iconBibliographie 14 Introduction Le Code de l’environnement définit...

Bibliographie Introduction iconBibliographie : F. Duboeuf «Introduction aux théories économiques»
«chrématistique», c’est l’accumulation de richesses, la recherche sans fin de l’accumulation de richesses

Bibliographie Introduction iconBibliographie les filieres energetiques a travers les methodes d’entrainement...

Bibliographie Introduction iconBibliographie : T. Massart «droit commercial, Introduction, acte...
«droit commercial, Introduction, acte de commerce, commerçant, fonds de commerce»






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
e.20-bal.com