Bibliographie Introduction





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5- Les principes d'aménagement


En France, où l'aménagement du territoire est conçu et réalisé par l'État national, le géographe Jacques Lévy distingue "quatre attitudes vis-à-vis- de la ville et de l'aménagement en France" (Lévy J et Lussault M 2001, 66-67) :

- Les Physiocrates, dont la logique d'action est le corporatisme et la valeur fondatrice est l'indifférenciation inégalitaire. La ville est une atteinte au principe d’harmonie par égalité des densités qu’il faut corriger

- Les Étatistes, dont la logique d'action est le dirigisme et la valeur fondatrice est l'indifférenciation égalitaire : uniformisation du territoire ou égale accessibilité au bien urbain.

- Les Libéraux, dont la logique d'action est celle du marché dérégulé et pour qui la valeur fondatrice est la différenciation inégalitaire

- Les Urbanophiles ou les développementalistes dont la logique d'action est portée par les Acteurs, et pour qui la valeur fondatrice de cette action est la différenciation égalitaire (Lévy, 2003). La ville est une configuration spatiale productive qu’il faut encourager

Parmi les principes d'aménagement, le polycentrisme, l'idée qu'un territoire doive s'organiser autour de plusieurs pôles, est un des plus récurrents alors le monocentrisme est plutôt rare à part les capitales (Brésil,..).

L’aménagement est avant tout une politique de réorganisation volontaire de l’espace en vue de répondre au mieux aux besoins d’un groupe social donné.

6 Aménagement et géographie
Il ne faut pas faire l’amalgame entre la géographie et l’aménagement même si les géographes ont beaucoup contribué à ce domaine et ce champ disciplinaire.
a- Deux champs séparés
Il ne faut pas confondre les deux champs disciplinaires qui sont totalement distincts même si certains prétendent que l’aménagement n’est que le volet appliqué de la géographie.

La géographie pourrait être définie comme la science de la dimension spatiale des sociétés, l’aménagement pourrait être défini comme la science de l’ingénierie spatiale qui étudie les projets et les opérations. Les termes anglais sont, à ce titre, plus explicites : Town planning, Land planning, Country Planning.

La géographie serait une science fondamentale tandis que l’aménagement s’occupe plutôt de l’action, il ne se réduit pas à une « géographie active ». C’est la science de la conception de l’espace des sociétés dont l’objet n’est pas l’espace mais les processus e conception et d’organisation (Brunet R et al 1994, 64).
b- L’aménagement : un champ très disputé par les différents corps et disciplines
En effet, les ingénieurs ont été à l’origine prégnants à travers la prépondérance des infrastructures (fortifications, ponts et chaussées…), les architectes et les urbanistes notamment en matière d’urbanisme, les géographes, enfin les écologues se disputent tout à tour le domaine de l’aménagement.
c- La finalité pratique d’une rencontre disciplinaire
L’aménagement est un champ de rencontre de plusieurs champs disciplinaires dont la structuration résulte de sa finalité pratique : organiser les espaces des sociétés à différentes échelles. Il ne se réduit pas à la géographie même si elle est appliquée. L’économie, l’histoire, la sociologie, le droit, l’ingénierie, les finances, l’écologie sont nécessaires à toute opération d’aménagement.

Chapitre 2
Aménagement, espace et société


L'aménagement, vise essentiellement l'utilisation optimale de la structure spatiale, son adaptation ou sa correction au service d'un projet de société qui préside à l'expérience de développement. Il devient nécessaire souvent, lorsque des signes de disfonctionnement du système apparaissent, lorsque l'espace devient un enjeu pour la maîtrise du système en entier ou lorsqu'il ne répond plus aux sollicitations du système socio-politique qui se trouve en continuel dépassement, contrairement à la structure spatiale qui, plus rigide, constitue une force d'inertie.
L'aménagement agit donc, sur une organisation spatiale donnée dans une perspective de développement. Les impératifs d'équilibre ou d'égalité visent en définitive, le dépassement des contradictions internes du système ?

Le futur prend ses racines dans le présent, voire la passé. C'est ainsi que le projet de société, même lorsqu'il s'agit de celui d'un groupe dominant, est une véritable projection, indissociable des forces en présence à une période donnée, il charrie de l'idéologie : une vision du monde qui implique inéluctablement son devenir. L'aménagement de l'espace constitue, à ce titre, un véritable enjeu social ? N'assure-t-il la reproduction de la formation sociale actuelle ?
La structure spatiale est l'une des composantes les plus rigides, celle qui offre le plus d'inertie et de velléités de résistance longtemps après le système socio-économique qui l'a généré. Il est dangereux de laisser donc l'organisation de l'espace à une évolution spontanée ou orientée de l'extérieur notamment pendant la phase de transition. Ce danger est d'autant plus grand que le pays est sous-développé, petit et peu diversifié, dépendant ou laisse libres les mécanismes de marché. L'aménagement exogène vise, dans tous les cas, à encourager la production capitaliste, activer les échanges, la consommation et la monétarisation, d'élever la composition organique du capital, supprimer les autarcies et d'acheminer le pays vers un commerce extérieur déséquilibré, seul garant d'une dépendance durable (M. Santos 1978).

L'insertion à la division internationale du travail (DIT) s'opère par l'intermédiaire de l'organisation de l'espace, en lui conférant une structure extravertie par la localisation des activités productives surtout celles destinées à fournir un excédent exportable d'où le cercle vicieux de la détérioration des termes de l'échange, de l'endettement et de l'extraversion. Les rêves de libération du système se trouvent confrontés aux dures réalités de la DIT capitaliste.
L'espace en transition est un espace encore organisé par le système antérieur dont les caractères ont tendance à se maintenir et s'aggraver d'autant plus qu'en phase transitoire, il y a croissance parallèle des structures héritées (coloniales, néocoloniales...) et des structures naissantes (nationale, socialiste...).

La transformation des structures spatiales a un rôle politique primordial dans la mesure où l’espace représente, à la fois, la structure la plus résistante au changement mais aussi la plus sûre pour orienter, d'une façon durable, le fonctionnement spatial, l'économie et la société7. L'organisation de l'espace constitue un instrument fondamental du projet de société.

L'espace, même celui qui a été considéré souvent peu structuré, a résisté beaucoup plus que les autres secteurs dans les différentes expériences de développement (Tanzanie, Algérie, Démocraties Populaires ...) et le système antérieur contrarie le projet en agissant sur ces structures spatiales qui sont susceptibles de jouer le rôle de forces "contre-révolutionnaires” (M. Santos 1978), de forces d'inertie et de résistance. L'organisation spatiale constitue donc un enjeu de taille qui ne peut être laissée au hasard, ni négligée, la destinée du groupe social en dépend largement.
Les bouleversements subis par la société et l'économie tunisienne depuis 1956, conduisent à poser le problème du projet de société. Les illusions créées par l'indépendance ont laissé la place à la désillusion et à la remise en question des choix dont les implications spatiales constituent un enjeu. Par suite de la croissance démographique soutenue, du développement et de la diversification des activités économiques, de l'amélioration des niveaux de vie et de l'explosion, à la fois qualitative et quantitative des besoins, l'espace est devenu une ressource limitée qu'il convient de planifier et de gérer efficacement.
La diversification de l'économie d'un côté, la polarisation et la complexification croissante de la société, la multiplicité des acteurs et l'incohérence des choix effectués depuis 1956 de l'autre côté font que très souvent l'espace se trouve au centre de conflits et de luttes pour l'affectation, l'attribution et l'appropriation. Les zones de conflit entre l'agriculture et le tourisme, entre ce dernier et l'industrie, les fronts pionniers de l'urbanisation grignotant les espaces les plus riches où la collectivité a placé d'importants capitaux, les transferts de l'eau de l'intérieur au littoral sont autant d'exemples significatifs.
La Tunisie a atteint le point de ne plus se permettre une gestion au jour le jour de l'espace,une ressource devenue, de plus en plus, rare. Il s'agit alors d'assurer une allocation rationnelle et optimale des ressources et de l'espace, d’organiser l’espace de manière à répondre aux besoins matériels et culturels de la collectivité.
Cet espace constitue aussi une méga-structure rigide8 susceptible de contrarier, altérer, voire réorienter les efforts de développement; il convient de réorienter cette méga-structure. Il s'agit alors d'une “mise en condition” de l'espace. L'aménagement constitue donc un enjeu de taille, au service du développement et d'un projet de société global et non un simple exercice graphique. Encore faut-il que ce projet soit clair et que les choix soient appropriés !
Pour cela, l'aménagement doit s'accompagner d'une volonté réelle de maîtrise et de changement. Cette volonté est celle de la communauté et non celle du technicien qui, malgré sa bonne volonté, ne peut s'insérer que dans les interstices du pouvoir établi et de la logique bureaucratique sans en prendre parfois conscience. Cette volonté communautaire s'est trouvée jusque là écrasée, bannie et acculée au silence. Pour pouvoir s'exprimer, une démocratisation socio-politique s'impose dans la mesure où la volonté est inséparable de l'adhésion qui ne peut être que dans la liberté permettant à la communauté d'assumer son sort.

Cette adhésion est indissociable de la participation libre, non seulement dans les discussions mais surtout, dans la prise de décision. La maîtrise est, elle aussi, inséparable du projet de société, d'un consensus qui permet d'accepter le changement, le sacrifice et la participation. A ce titre, l'aménagement est indissociable du pouvoir dans la mesure où on aménage pour assurer et faciliter la reproduction. Mais la reproduction de qui ? La polysémie est inévitable.

L'aménagement est cette restructuration permanente de l'espace sur une base de rationalité, d'économie et d'équité en vue du bien être du groupe. Mais quatre problèmes se posent à ce titre :

- L'approche est fondamentalement contradictoire, elle se fonde sur l'économisme qui consiste à utiliser rationnellement l'espace et les ressources, limiter le gaspillage, utiliser les atouts et les potentialités qui sont différentiels de nature, ce qui conduit à favoriser certains espaces plutôt que d'autres. Elle consiste aussi à assurer l'équité entre les hommes et les espaces, ce qui revient à sacrifier la croissance, d'où le gaspillage et l'utilisation non optimale des ressources.

- D'un autre côté, la rationalité est un paradigme qui permet l'arbitrage, les choix, les priorités, bref le pouvoir... Mais de quelle rationalité s'agit-il ? Celle du producteur, du consommateur, du citoyen, du technicien, du responsable ou de l’ensemble de la collectivité avec des arbitrages à opérer ?

- Enfin, le concept de bien être est tellement flou qu'il prête le flanc à des interprétations multiples, à chacun selon ses intérêts et la polysémie est de règle. Ce bien être est, à la fois, la quantité et la qualité; deux aspects qui ne vont pas forcément toujours ensemble !

- L'explosion des besoins de plus en plus insatiables, à un rythme exponentiel, fait de l'aménagement un processus de réajustements constants et de restructuration permanente comme est le cas du développement d'où la nécessité d'une certaine souplesse et l'intérêt que revêtent les outils de gestion et de régulation.
L'aménagement porte, en soi, une pro-jection de l'avenir, indissociable du projet de société, vision éminemment politique. De ce point, l'aménagement peut être au service d'un groupe (moyennant le voilement) comme de toute la collectivité selon le contenu de cette rationalité, du bien être et la manière dont a été faite cette pro-jection avec ou sans participation des concernés. Cette participation est loin d'être un simple slogan lancé. On ne s'approprie pas un espace imposé, aménagé par les autres ou commandé de l'extérieur; on peut le subir, dans la contrainte tout au plus !
Sur un autre niveau, l'aménagement comme le développement, ne peut-être jugé que sur ses résultats et non sur les intentions souvent pieuses, rationnelles et bénéfiques ! C'est selon le rapport de la population lésée, marginalisée ou laissée pour compte à celle qui en bénéficie qu'on peut juger une opération d'aménagement.

Conclusion
L’aménagement est loin d’être une question d’aménagement physique, une solution technique, il concerne plutôt les rapports sociaux : « Il est vain de vouloir changer seulement l’espace pour transformer la société du quotidien. C’est au contraire en faisant surgir de nouveaux rapport sociaux que ceux-ci pourront modifier la relation des hommes à l’espace ». Langumier J-F, 1974. Vers la fin du fétichisme de la ville, in Projet, 83, p.288. En se basant sur le cas chinois, l’auteur a montré comment les choix politiques de l’époque ont bouleversé l’espace urbain et les relations villes campagnes en Chine en fixant les priorités et en réglementant les normes au niveau des services et du logement9.
La société crée son espace à son image, lequel espace joue le rôle de ciment social qui intervient dans l’organisation sociale dans son ensemble. De ce fait tout changement introduit dans l’espace contribue à désorganiser la société s’il n’est pas intériorisé, assimilé et accepté. L’organisation spatiale porte en elle le germe de la désorganisation sociale même momentanée et limitée lorsqu’elle est parachutée, imposée, non concertée. L’exemple des transferts de populations10 est indicatif à titre dans le cas d’opérations d’aménagement agricole lors de la construction de barrages par exemple (Nebhana, Sidi Saad, Aroussa, Habibia…) où des communautés se trouvent transplantées ailleurs avec le risque de cassures sociales et de fragmentation de groupes sociaux installés depuis des siècles, déclenchée par l’opération de transfert. C’est le cas aussi des opérations d rénovation urbaine où la population d’origine se trouve contrainte de se loger très loin des lieux centraux et métissée à des groupes nouveaux instaurant des sentiments d’étrangéité et d’isolement comme est le cas des opérations de Hafsia, Bab Souika ou Bab Saadoun à Tunis.
Chapitre 3
La finalité et les objectifs

de l’aménagement


L’aménagement du territoire suppose une perception et une conception de l’espace à la fois. Les premiers aménageurs ont été les militaires et les politiques où la défense du territoire est au centre de la problématique. Vauban en France a été au XVII un bâtisseur des places fortes ; de nos jours aussi les espaces frontaliers font l’objet d’aménagements dans un but défensif. L’exemple de Rjim Maatoug en Tunisie est significatif.
Il a pour objet de corriger ou d’accompagner les effets spatiaux des activités humaines et en particulier des agents économiques. L’espace à aménager est souvent perçu comme un espace déséquilibré, désorganisé, mal ou peu équilibré. L’aménagement consiste donc à ré-organiser cet espace.
La finalité et le but de l’aménagement du territoire sont essentiellement la ré-organisation de l’espace.
1- Les objectifs de l'aménagement : un dilemme à résoudre

L’aménagement du territoire peut avoir des objectifs différents qu’il faudrait associer pour en assurer la cohérence, ces objectifs supposent une philosophie de l’agir et non du laisser-aller :

- mieux distribuer les activités et les populations sur le territoire,

- réduire les disparités,

- améliorer la performance globale ou celle de certains lieux
Cette nécessité de l’action s’impose même dans les systèmes les plus libéraux afin de corriger les effets pervers ou les aspects négatifs.

Les deux objectifs majeurs, et parfois contradictoires, des politiques d'aménagement du territoire consistent en l'accompagnement du développement économique des territoires, et en la réduction des inégalités spatiales en termes économiques ou sociaux. Ces objectifs sont réunis dans la formulation d'un développement équilibré du territoire, qui est énoncé dans nombre de documents de planification et de textes de loi

On peut distinguer quatre objectifs complémentaires pour l’aménagement du territoire qui ne sont pas toujours compatibles :

1- Le développement : c’est la recherche d’un développement cohérent et global des espaces en fonction des aptitudes et les données propres.

2- L’équité : il s’agit d’assurer à chaque citoyen un cadre de vie respectable en tant qu’être humain, citoyen, producteur, consommateur…

3- L’éclairage à long terme afin de justifier les décisions et les actions à entreprendre à court et moyen terme.

4- L’amélioration des conditions de vie du citoyen en matière d’habitat, emploi, transport…
La contradiction fondamentale est entre le soutien aux espaces en difficulté (justice spatiale) et l’impératif du soutien aux espaces performants censé consolider la performance globale du pays ce qui n’a de sens que si elle permet une certaine redistribution permettant de réduire les disparités autrement plus elles seraient plus accusées.

De ces deux finalités, il semble que la seconde l’emporte dans les faits et la première dans le discours sur l’aménagement dans la mesure où la seconde est moins contraignante. Peux-t-on aménager le territoire sans différencier les habitants ou aménager la société sans s’occuper de ses territoires ? Qui doit l’emporter : l’égalisation ou la performance ? La différence est-elle toujours productive et quelle différence doit-on préserver, favoriser, limiter ? Doit-on freiner la performance des espaces les mieux situés pour aider les espaces limités, fragiles et peu compétitifs.
Il est certain qu’avec plus de moyens certains espaces saint plus performants sans handicaper totalement les chances des espaces mieux placés. Il est certain aussi que dans les régions favorisées, des moyens supplémentaires accroîtraient la performance tandis qu’ailleurs on a de véritables gouffres à subventions improductives du fait des handicaps structurels et des forces d’inertie. Aucun pays n’a totalement tranché et les politiques ont été souvent changeantes dans le même pays.
Dans une évolution spontanée, les inégalités sont acculées à s’aggraver davantage suite aux forces d’accumulation spatiale et aux forces d’inertie. Le capital fixe appelle le capital frais en instaurant un cercle vicieux difficile à rompre. Nos travaux ont permis d’établir une forte corrélation et largement significative entre l’investissement à un moment donné t et l’investissement postérieur. La relation étroite entre l’investissement privé et l’investissement public aggrave encore plus la tâche (Belhedi A, 1992, 1996).
Les espaces fragilisés se trouvent pénalisés par leur isolement par des coûts élevés de transport, l’absence d’économies d’échelle, la fuite des ressources humaines et des capitaux, l’image négative de ces espaces aussi bien chez les responsables que chez les promoteurs. Le marché exacerbe la situation et les flux spontanés aggravent le bilan. Dans un territoire, la différence creuse la différence (Brunet R et al. 1994, 29) au contraire des vases communicants où les flux tendent à égaliser les stocks : les flux naturels dans un système ouvert

2- A chaque objectif, un aménagement : des choix à faire
Chaque objectif détermine un type d’aménagement. Le développement concerne plutôt les activités économiques tandis que l’équité intéresse plutôt la sphère sociale ce qui permet d’améliorer les conditions de vie et d’assurer le développement socio-économique à la fois. Ce dernier s’opère toujours dans un cadre spatial donné ce qui nécessite un aménagement spatial ou physique qui n’est pas une fin en soi mais se fixe par rapport aux besoins du groupe social.

La finalité de l’aménagement est toujours la même mais les objectifs et les moyens et les méthodes varient en fonction de l’espace considéré, de l’échelle et des problèmes posés, des aptitudes et des contraintes, des rapports de force en présence et des acteurs en jeu.
Plusieurs raisons se trouvent derrière l’aménagement d’un territoire, on peut en citer certaines :

La présence d’une capitale hypertrophiée, trop peuplée qui concentre l’essentiel de l’activité ou des pouvoirs comme est le cas de Paris ou Tunis à une moindre échelle.

Le déséquilibre inter-régional qui risque de bloquer le développement d’un pays, une région ou une ville peut être à l’origine de cet aménagement. Le cas de la Tunisie, de plusieurs gouvernorats ou régions, de Tunis sont des exemples.

La mise en valeur de certaines régions peut être à l’origine de l’aménagement territorial avec des fronts pionniers dans les cas extrêmes : l’Amazonie brésilienne en constitue un exemple, la Sibérie un autre…

Dans les nouveaux pays issus de la décolonisation, l’aménagement a pour finalité d’assurer la cohésion d’un territoire, de créer l’identité nationale nécessaires à la jeune nation : le cas de la Tunisie ou de l’Algérie durant les années 1960 est indicatif. Le cas de la Mauritanie est significatif : faisant partie de l’Afrique occidentale la Mauritanie a été longtemps reliée au Sénégal, elle a été organisée tardivement autour d’une nouvelle capitale créée en toutes pièces : Nouakchott et du littoral alors que le fleuve Sénégal est devenu une frontière. L’aménagement avait pour but de créer une identité et une économie nationale viable avec le re-dessin des réseaux en faveur du nouveau centre, la route de l’espoir construite ne 1974, relie les grands centres et évite les anciens tracés trop proches du Sénégal ?
L’aménagement du territoire peut être défini comme une mise en valeur volontaire d’un espace en tenant compte des rapports internes et externes. Les motivations peuvent être diverses et multiples, de nature économique, politique, culturelle… Les travaux entrepris par F Roosevelt dans le cadre du New Deal débouchent sur l’aménagement du Tennessee mais le but était purement économique dans le cadre de la politique keynésienne pour résoudre la crise.
Les collectivités sont en compétition, les mieux dotées sont souvent les mieux placées dans le jeu compétitif. Toute la collectivité supporte le gouffre des transports urbains publics dans les très grandes villes qu e ce soit Paris ou Tunis. Il est certain que des actions ont été entreprises au profit des régions défavorisées ou éloignées mais celles à proximité des grands centres, celles qui se trouvent bien placées sont mieux dotées.
Les exemples de soutien aux espaces mal placés existent certes (Sud de l’Italie, Nord Canadien…) mais la tendance générale ne semble pas en faveur du traitement direct de l’inégalité par l’aménagement du territoire. Le désenclavement autoroutier est certain mais le réseau irrigue toujours les espaces bien placés en premier leur permettant de creuser davantage l’écart et l’avance. Le schéma autoroutier français ou tunisien en est un exemple. Ce qui est valable pour le réseau routier, l’est aussi pour les autres réseaux : NTIC, Téléphonie mobile (réseau Tunisiana en Tunisie…).
La décentralisation est présentée souvent comme une démarche pour réduire les inégalités mais n’y a-t-il pas là une occasion pour profiter de ces réservoirs de main d’œuvre, non organisée et facile à exploiter en plus des avantages octroyés par les collectivités locales pour attirer ces entreprises ?

3- Les véritables questions
Outre l’aménagement spatial qui ne constitue que le vecteur ou le support, il s’agit de se poser les véritables questions qui sont inhérentes aux deux principales finalités de l’aménagement territorial : le développement socio-économique et le bien être d’un côté, l’équité socio-spatiale de l’autre dans une prospective temps.

- Le développement : La question fondamentale se résume en trois termes centraux : le développement de qui ? De quoi ? Comment ? Selon la réponse à ces trois questions le type de la société et de l’espace correspondant sont différents : une société industrielle, de service ou agricole…

Le bien être : le cadre de vie a été jusqu’ici détruit au nom du développement économique, au moyen de la technique qui a détruit l’environnement et épuisé les ressources rares (nature, espace vert, paysage…) dont la rareté les élève d’un coup au niveau de privilèges dont l’accès n’est plus à la portée de tout le monde. La préservation de l’environnement est-elle antiéconomique et comment rallier les deux finalités ? Dans un Plan directeur de transport d’une ville on peut envisager un schéma routier ou/et autoroutier qui favorise la voiture et le système bus comme on peut envisager un transport en commun en site propre comme le métro. Dans un cas comme dans l’autre, c’est le bien être d’une catégorie sociale qui est envisagé11 ?

En fait, il s’agit de combiner les deux dimensions et parler plutôt de développement durable qui associe à a fois l’aspect quantitatif et qualitatif.
- L’équité : le sens de l’équité varie selon qu’on est en haut de l’échelle sociale (spatiale) ou en bas de cette échelle. Pour les uns, il s’agit de bien préserver les acquis, garder l’avantage acquis sous prétexte de donner à chacun sa chance. Pour les seconds, il s’agit plutôt d’accéder à ce dont ils sont encore privés, de leur donner leur chance ? La question se pose aussi bien au niveau social qu’au niveau spatial et territorial.

En plus de l’intervention différentielle, l’aménagement s’accompagne toujours d’un transfert de richesses. Il enrichit les uns et appauvrit d’autres à travers un simple COS, CUS, un zoning, une emprise ou une servitude… Bien que inévitable, ce transfert ne doit pas être dans le sens de l’iniquité sociale : un aménagement qui appauvrit encore plus les démunis et profite aux plus riches ?
- La projection territoriale de la société nous impose de tenir compte des besoins actuels de l’homme d’aujourd’hui mais surtout des besoins de l’homme de demain qui sont forcément différents de ceux d’aujourd’hui ? L’échelle du changement social est de plus en plus courte avec l’accélération de la circulation, de la communication et de l’innovation : une décennie est désormais suffisante pour voir naître de nouveaux besoins insoupçonnés auparavant. Ces exigences sont la conjonction des données externes et internes à la fois : il s’avère difficile de prévoir les besoins réels de la capitale des années 1980 au même titre que ceux des années 2010 une décennie auparavant malgré les progrès en matière de planification? Il n’y à penser au problème d’environnement dont le souci est de plus en plus pressant alors que c’était un luxe il y a moins de deux décennies. En Europe, les Verts sont devenus un lobby gênant aussi bien pour la gauche que la droite classique au niveau politique réel et non seulement au niveau de l’aménagement physique des villes ou des régions.

Un véritable déphasage perpétuel se trouve entre les aménagements opérés et les besoins à un moment donné. Ce décalage est d’autant plus important que la société se trouve en pleine mutation économique, sociale, culturelle et technique. La véritable question se situe au niveau de l’intervention, du suivi, du contrôle et de la gestion et non de la planification seulement (Belhedi A, 1978, op. cité) qui doit avoir un rythme plus accéléré et un contenu plus souple que dans les pays avancés où les mutations spatiales sont paradoxalement plus lentes. Ce qui est fondamental, c’est la gestion et la révision des objectifs, des moyens et des actions chaque fois que c’est nécessaire de manière à en faire de l’aménagement un outil d’intervention positive, d’adaptation de l’espace aux besoins du groupe social et non une contrainte permanente qui bloque toute volonté de changement.
- La volonté d’action et l’opposabilité des aménagements : Sans la volonté réelle et la concertation requise l’aménagement reste souvent de simples prescriptions (verbales ou cartographiques) donnant lieu paradoxalement à des privilèges dans le cadre du droit de dérogation qui devient la règle, l’exception est celle du respect du plan ? Cette opposabilité peut être tacite ou inscrite clairement dans les textes régissant l’aménagement.

Cette volonté pose la question des moyens d’intervention qui se situent à trois niveaux : le niveau juridique avec des textes appropriés et opposables au tiers, le niveau foncier permettant de constituer des réserves foncières et le niveau financier assurant les moyens nécessaires pour intervenir lorsque les parties concernées sont défaillantes.
En Tunisie, jusqu’en 1979, les différents plans établis ne s’appuient sur aucun texte, le Code de l’Urbanisme n’a été promulgué qu’en 197912 et il a fallu attendre 1994 pour élaborer le Code de l’Aménagement du Territoire. Une bonne partie des plans d’aménagement communaux mais aussi directeurs ont été élaborés sans texte qui les régisse si ce n’est par imitation de ce qui se passe dans d’autres cieux13 ?
Ces finalités doivent être prises en considération à plusieurs échelles à la fois ce qui conduirait à une intégration des différentes actions d’aménagement.

Chapitre 4
Les échelles de l’aménagement

Ces finalités aussi diverses que contradictoires de l’aménagement du territoire doivent être prises en considération à plusieurs échelles à la fois ce qui conduirait à une intégration des différentes actions d’aménagement. L’aménagement est avant tout une action multiscalaire qui touche plusieurs échelles à la fois ce qui pose le problème de l’échelle de l’action et l’imbrication des différentes échelles.
Plan

1- Plusieurs échelles

2- L’échelle d’action

3- Echelle antécédente et échelle conséquente

1- Plusieurs échelles
L’aménagement du territoire est multiscalaire, il touche plusieurs échelles à la fois. C’est le cas d’un quartier, d’une ville, d’une région, du pays, voire même à l’échelle continental comme est le cas européen à travers les axes routiers, les réseaux de conduite…

Cet emboîtement des échelles pose un double problème : le problème de la compétence, le pouvoir des différents aménageurs et des acteurs. Le second problème est celui de la concurrence : un schéma autoroutier peut se heurter à un choix communal ou régional ce qui nécessite une volonté commune, un consensus des différents acteurs impliqués et un arbitrage constant entre les choix et les intérêts.
L'aménagement du territoire existe :

- à l'échelle nationale comme c'est le cas par exemple en France (cf. l'Aménagement du territoire en France) ;

- à l'échelle supra-nationale comme dans le cas de la politique spatiale européenne telle qu'elle est définie dans le Schéma de Développement de l'Espace Communautaire (SEDEC);

- aux échelles sub-nationales, l'aménagement du territoire fait partie des compétences sur lesquelles les Régions, les gouvernorats ou départements (en France) interviennent conjointement avec l'État.

A l'échelle plus réduite des agglomérations, on entre dans le domaine de l’aménagement urbain ou l'urbanisme.

Selon le degré de décentralisation, les actions majeures se déplacent du niveau national au régional et au local parallèlement aux moyens d’actions mis en œuvre.
Si le processus d’aménagement doit partir de la base, au niveau territorial il faudrait inverser le sens et partir du sommet : c’est une fois qu’une politique d’aménagement national se trouve arrêtée qu’on pourrait attaquer l’échelon régional, ensuite local…C’est une fois que les objectifs globaux se trouvent précisés qu’on peut arrêter plus facilement ceux assignés à une région donnée. On ne peut guère définir ce qu’il faudrait faire au Sahel indépendamment des objectifs fixés au niveau national, autrement ce serait la négation même de la notion de territoire qui exige solidarité et l’interdépendance, le devenir commun ou la communauté de destin ? La .place des villes comme Sousse, Monastir, Mahdia ou Ksar Helal sera ensuite plus facile à définir une fois les objectifs régionaux sont précisés. Le même processus s’applique aux différents espaces de chacune de ces villes et des différents espaces ruraux qui les entourent dans le cadre du PAU, du schéma de Zone ou du Plan d’aménagement de détail. C’est un schéma en cascade descendant qui régit l’aménagement territorial ce qui permet de tenir compte chaque fois des choix opérés au niveau ascendant14.
D’autre part, l’aménagement pose la question de l’échelle spatiale du problème posé et celle de la solution apportée, les deux échelles sont souvent séparées.
2- L’échelle d’action
Les problèmes qui se posent au niveau de la ville ne sont pas toujours dans la ville même, mais en dehors d’elle, ils prennent naissance dans la campagne, à l’échelle régionale, voire nationale. Ainsi, les problèmes que vit la ville de Tunis sont liés à l’économie tunisienne dans son ensemble, aux disparités régionales et aux déséquilibres du système urbain tunisien (Belhedi A, 1992).

Quelle est l’échelle appropriée d’intervention ?

  • Celle de la ville ?

  • Celle de la campagne ?

  • Celle des deux à la fois

- Celle d’une échelle intermédiaire qui concerne la couronne des petites et moyennes villes qui jouent le rôle de relais et de tampons permettant à la fois de rénover la campagne, restructurer la ville et favoriser son ancrage territorial ?
La question, posée souvent ainsi, est mal formulée dans la mesure où l’unicité de l’espace dicte l’unicité de la solution et toute solution partielle reste tronquée et inachevée puisqu’elle ne résout qu’une partie du problème ou se limiterait à la forme sans toucher aux racines du problème. Toute extension urbaine, si limitée soit-elle, s’opère toujours dans l’espace rural : zone industrielle, ensemble résidentiel, zone touristique, parc urbain…, Encore faut-il regarder les deux facettes de la même réalité ? Toute solution conçue d’un seul côté, porte en elle les germes de son échec dans la mesure où elle ne tient compte que de certains acteurs, répond à certains intérêts et épouse une conception bien déterminée en évacuant ou en laissant les autres au second plan.
3- Echelle antécédente et échelle conséquente
Il est important de signaler que très souvent, l’échelle des antécédents est différente de l’échelle des conséquents. Causes et conséquences se situent rarement à la même échelle, dans la même aire territoriale. L’espace est souvent ouvert même l’échelle nationale qui se trouve dotée de frontières et limites plus ou moins étanches dont le contrôle est serré en matière de flux de biens de capitaux e de personnes.

Même si l’aménagement physique proposé ne concerne qu’une portion de l’espace, le cadrage et l’analyse et le diagnostic doivent tenir compte de la totalité du territoire, du moins de l’ensemble des espaces en rapport.
Le problème des inondations prend ses origines dans les espaces amont au niveau des bassins versants et des cours d’eau dénudés ou entravés dans leur lit. La question du logement clandestin et du chômage sont liés à l’exode des masses rurales et au sous-emploi dans toute la région, voire l’ensemble du pays. Le cas de Tunis est typique dans ce cas.
La plupart des problèmes posés en ville, se concrétisent certes dans la ville, mais ont souvent une origine externe à la ville : le problème de l’emploi, du logement, des services, des infrastructures de base ou des loisirs sont autant d’exemples dont la solution en vase clos ne résoudrait pas la question quelque soit l’importance des moyens mis en œuvre. Au contraire, certaines tentatives de solutions circonscrites dans l’espace ne font que déclencher en amont des flux de convergence et d’attrait sur les masses lointaines de manière à inhiber les effets de l’action entreprise quelque soit l’échelle d’action considérée : quartier, zone, ville, région. Un programme de réhabilitation urbaine d’un quartier par exemple serait inefficace si on ne prenait pas les mesures appropriées pour canaliser les effets vers les bénéficiaires réels et éviter l’afflux de nouveaux arrivants et les dérapages d’une action ponctuelle. Toute intervention est susceptible de générer de nouveaux flux de demandeurs potentiels de nature à annuler les effets escomptés de l’action entreprise : emploi, zone d’activité, logements…
Chapitre 5

Les moyens d’action

L'aménagement du territoire mobilise tout un ensemble de secteurs d'intervention pour parvenir aux objectifs énoncés ci-dessus :

- le développement économique

- les politiques sociales spatialisées

- les politiques du logement

- le développement des infrastructures, notamment de transport et de communication

- la disponibilité des ressources en eau et leur gestion intégrée afin d'assurer leur durabilité

- la préservation et la mise en valeur de l'environnement comme on la conçoit par exemple dans la Gestion intégrée des zones côtières.
1- Aménagement et système d’énergie spatial
L’aménagement dispose de moyens d’action qui correspondent à la structure du système d’énergie des espaces : aides, prêts et dégrèvements différenciés, formation, aie à l’innovation, équipements et infrastructures, parcs et espaces protégés…

Il peut aider ou freiner la mobilité mais reste souvent limité dans la plupart des pays. Il ne contraint pas les acteurs, l’entreprise va avec ses salariés, ses établissements font des dégâts à l’installation, encore plus à la fermeture. Le problème spatial se transforme en un problème social ?
2- Aménagement imposé et aménagement concerté
Il faut distinguer les pays où l’aménagement est imposé des pays où il est concerté selon les cas.

Dans le premier cas, l’Etat dispose de moyens importants utilise un aménagement autoritaire selon des choix qui répondent aux intérêts du pouvoir en place et à l’échelon national. Christaller a conseillé à Hitler de refaire le réseau des villes polonaises, le cas soviétique est aussi instructif d’un Etat puissant qui mobilise tous les moyens au service es choix opérés à un échelon national selon une géostratégie qui soutien la guerre froide et les choix internes à la fois. La mise en valeur de la Sibérie est à ce titre instructive : déportation de populations, déplacement d’entreprises, mise en place d’un réseau de communication à l’échelle continentale : le Baïkal Amour Magistral (BAM) et la création de grands centres urbains ex nihilo… niant tout déterminisme naturel et constitue à ce titre un cas extrême du volontarisme : détournement des fleuves sibériens et création d’une véritable mer intérieure ? Dns les années 1950, le programme des « Terres vierges » développe la céréaliculture dans les régions trop sèches et peu fertiles du Kazakhstan selon les conseils de l’agronome Lyssenko, fondateur de « la biologie prolétarienne » qui avait décrété la génétique de « boukharinienne, trotskiste et bourgeoise » (Baud, Bourgeat et Bras, 2008). L’échec de ces aménagements montre que l’aménagement doit tenir compte du milieu et le volontarisme excessif est porteur de traumatismes des populations et de la nature.
Dans certains cas, le volontarisme peut être symbolique à travers le transfert de capitales : Berlin capitale de l’Allemagne réunifiée Brasilia est choisie pour rééquilibrer l’espace brésilien vers l’ouest. Le choix de Yamoussoukro comme capitale de la Côte d’Ivoire répond plutôt à un choix personnel du président Houphouët-Boigny.

Dans les pays démocratiques, l’aménagement est plus concerté ; en France, la municipalité organise son territoire à travers un Plan Local d’Urbanisme (PAL) qui remplace l’ancien POS (Plan d’occupation des Sols) qui fixe les zones d’urbanisation, les espaces agricoles… L’Etat agit par des plans spécifiques sectoriels comme les schémas directeurs des transports (SDT)… et de schémas directeurs à l’échelle régionale et nationale. Faut-il favoriser les TGV ou la desserte routière par omnibus ? L’Etat peut intervenir à travers le financement direct des actions à entreprendre : le cas du Mezzogiorno est instructif dans l’Italie du Sud sur la base de subventions nationales importantes.

Dans le cadre de l’Europe, le Fonds européen de développement régional (FEDER) a contribué à subventionner de nombreuses régions en fonction d’un certain nombre d’indicateurs et d’objectifs. L’objectif territorial consiste à rattraper le retard en matière de développement. Le second objectif territorial consiste à aider à la reconversion économique et sociale dans les zones en difficulté ou en crise comme les pays noirs. Le troisième objectif est plutôt thématique vise la modernisation des systèmes de formation et la promotion de l’emploi. Au total, trois quarts des régions françaises ont bénéficié de ces aides qui ont été stoppées en 2007 suite à l’élargissement de l’UE vers l’Est qui a aggravé les disparités économiques et sociales au sein de l’Union Européenne. Dans le cadre de la politique régionale (2007-2013), les régions d’Europe de l’Est qui ont un PIB inférieur à 75% de la moyenne européenne bénéficient de la plupart des subventions dans le cadre d’un « Objectif de convergence ».
L’aménagement du territoire est en rapport étroit avec les choix politiques dominants opérés ou arbitrés. Le même diagnostic territorial peut donner lieu à des aménagements différents. Le poids écrasant de Paris est perçu depuis plus de deux siècles mais l’idéologie jacobine dominante conduit à la centralisation qui reste de mise en dépit des mesures de déconcentration et e décentralisation depuis les années 1970
3- La vision fonctionnelle de l’espace
L’aménagement se fonde sur la vision fonctionnelle et fonctionnaliste de l’espace, sur la base la différenciation et de la polarisation où les rapports spatiaux et les flux jouent un rôle central. L’espace est aménagé sous forme de zones économiques polarisantes autour de nœuds et de centres qui sont les agglomérations, les villages, les bourgs, le centre ou la métropole régionale ou nationale, de centralités urbaines sous forme de centres secondaires ou d’appui…

Sur cette base, l’espace est subdivisé en zones différenciées au niveau du paysage et de la fonction assumée. Chaque portion de l’espace est dotée de potentialités et asservies par des contraintes qui lui permettent d’assurer certaines fonctions plus que d’autres.
Sur un autre plan, l’espace à aménager est à considérer en relation avec l’espace extérieur, les complémentarités qu’il génère en tant que système ouvert dont la structure et la dynamique ne sont saisissables que par rapport à aux autres espaces. On ne peut guère aménager la capitale indépendamment du reste de l’espace national et en faisant abstraction des rapports qu’elle entretient avec les autres régions, sa place dans l’économie tunisienne. Le système relationnel joue ainsi un rôle central dans la problématique de l’aménagement : les axes, les nœuds, les convergences et les polarisations, les barrières et les frontières, les couloirs, les champs et les gradients son à prendre en compte, valoriser, exploiter…

L’aménagement est une optimisation quadruple à deux niveaux mettant en rapport les moyens, les objectifs et les contraintes et les choix entre quatre sphères au moins : économique, technique, spatiale et temporelle.

Il n’ y a pas d’aménagement sans « déménagement » du territoire mais il faut que ce déménagement soit acceptable et supportable. Un territoire en vie est un territoire en constant déménagement en temps de crise comme en temps de croissance, il n’est pas figé. Les rentes, les hiérarchies changent, les places se trouvent dé-placées. Il faudrait « ménager » les réemménagements (Brunet R et al 1995, 30).

Chapitre 6

Les étapes de l’aménagement

L’aménagement passe par plusieurs étapes nécessaires quelque soit l’échelle considérée (locale, régionale ou nationale) ou la nature de l’aménagement (urbain, rural, industriel, touristique…).

On peut distinguer, en gros, cinq étapes : le bilan-diagnostic, les prévisions et scénarios, les objectifs et les partis d’aménagement, les implications et le montage comme l’indique le schéma suivant.
Schéma de la procédure de l’aménagement
IV

I Diagnostic Prévisions Finalité


Prise en compte des aptitudes et des spécificités
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