Semaine 8 : Éduquer À l'environnement et au dÉveloppement durable





télécharger 27.02 Kb.
titreSemaine 8 : Éduquer À l'environnement et au dÉveloppement durable
date de publication03.07.2017
taille27.02 Kb.
typeDocumentos
e.20-bal.com > économie > Documentos

Semaine 8 : Éduquer À l'environnement et au dÉveloppement durable


Ce document contient les transcriptions textuelles des vidéos proposées dans la partie « Les outils » de la semaine 8 du MOOC « Environnement et Développement durable ». Ce n’est donc pas un cours écrit au sens propre du terme ; le choix des mots, l'articulation des idées et l’absence de chapitrage sont propres aux interventions orales des auteurs.

La pédagogie de projet
au cœur de l’éducation pour
un développement durable

Francine PELLAUD
Professeur – Haute école pédagogique de Fribourg


Nous savons tous ce qu’est un projet. Nous avons tous des projets de vie, de voyages, de maison, voire même de recherche. Il s’agit toujours d'une projection dans le futur, d’une construction concrète, de quelque chose de tangible que l'on désire réaliser.

  • Un projet ne s'obtient jamais clé en main. L'un des éléments qui lui est propre est sa construction. Ce processus qui permet à une idée de devenir réalité.

  • La réalisation d'un projet s'inscrit dans le temps ne serait-ce que parce qu'il faut chercher des informations, parfois réunir du matériel ou faire appel à des spécialistes.

  • Ce temps vécu permet aux idées de s'affiner, voire de se réorienter.

  • Cet ensemble d'étapes loin d'ennuyer ou de démotiver, participe au développement d'une volonté forte d'arriver à nos fins.

  • Renoncer à un projet quelle qu'en soit la cause, est presque toujours vécu comme un échec.

  • Il y a donc dans l'idée de projet quelque chose de l'ordre de l'intrinsèque, de l'intime.

Qu'en est-il lorsque cette idée se décline en pédagogie ?

  • Si le projet peut être initié par l'enseignant, il ne peut être purement et simplement imposé par lui. La participation à son élaboration, à la définition de ces étapes, aux éléments dont il faudra tenir compte, font partie intégrante de la motivation qu’auront ou non les élèves à sa réalisation.

  • JORNOD sur le site de l'université de Genève, dans un document destiné aux étudiants, explique que « la mise en projet est une approche pédagogique qui donne une finalité, un but aux apprentissages rencontrés, mais touche aussi de manière plus vaste au projet personnel que peuvent construire les élèves ».

  • A l’école, la pédagogie par projets s’inspire de cette définition.

  • L'un de ses pères est certainement FREINET et son imprimerie.

  • De nos jours, si le journal ou la réalisation d'un autre outil de communication peut toujours être l'enjeu d'un projet, il peut prendre de multiples formes.

  • Il peut s'agir d'une exposition, qu'elle soit destinée aux parents ou aux autres élèves ;

  • De l'installation de panneaux solaires sur le toit de l'école ;

  • De la création d'un jardin potager ;

  • De la participation à un concours ;

  • Ou de la confection de gâteaux pour collecter des fonds, que ceux-ci soient destinés à une œuvre d'entraide ou pour financer une activité particulière.

  • Bref un produit fini qui nécessite un investissement de l'ensemble de la classe.

En résumé, un projet doit remplir 4 caractéristiques :

  • Il doit permettre à chacun de s'impliquer dans le processus, de participer, de s’investir tant dans les choix que dans sa réalisation ;

  • Il est donc par essence interdisciplinaire ;

  • Puisqu'il doit conduire à une réalisation concrète ;

  • Et il doit s'inscrire dans un laps de temps donné.

  • Ce dernier point n'est pas anodin. En plus de permettre aux élèves d'avoir la fierté d'arriver à un produit fini, cette gestion du temps induit de multiples compétences.

  • Parmi celles-ci, notons l'anticipation, qu'il s'agisse du temps nécessaire, des ressources dont on aura besoin pour la réalisation du projet, les étapes de celles-ci et leur ordre etc.

  • Un corollaire à cette anticipation est la sélection des éléments pertinents (par éléments pertinents, j’entends les informations et donc les connaissances mais également l'ampleur du projet car il arrive que l'on se laisse emporter par un certain enthousiasme et que l'on se dissipe trop.

  • Dans cette idée de sélection, il y a donc également la capacité à hiérarchiser en fonction de critères précis, qu'il s'agisse de critères scientifiques dans la recherche d'informations notamment, de l'importance de certaines actions par rapport aux projets envisagés mais également de l'urgence dans la réalisation de telle étape ou de telle autre.

  • Pour aider à cette anticipation, la réalisation d'une carte conceptuelle avec les élèves peut être un outil de gestion tout à fait pertinent.

  • Il permet cette anticipation, cette gestion dans le temps, cette clarification des étapes et des ressources.

  • Par exemple, pour réaliser un jardin potager, il est peut-être nécessaire d'obtenir l'autorisation de la commune. Il faudrait éventuellement chercher des outils pour le jardinage, avoir des connaissances sur ce que l'on pourrait y faire pousser et à quelle saison, demander de l'aide à un jardinier expérimenté, trouver de l'argent pour financer les semences et établir un planning afin d'entretenir les plates-bandes et d'anticiper sur les récoltes.

  • Ce premier travail effectué, il permet de définir des taches et de les attribuer. Cette définition des tâches permet de donner du sens à des apprentissages disciplinaires.

  • Par exemple, écrire une lettre, qui plus est à des personnalités différentes mobilise des connaissances langagières importantes, idem pour la recherche documentaire qui demande également la maîtrise d'outils informatiques ou des compétences relationnelles comme dans la recherche d'outils de jardinage prêtés.

  • Pour obtenir de l'argent, on peut envisager la vente de pâtisseries, qui va à son tour nécessiter de faire un budget, de prévoir des prix de vente et sollicite des compétences encore bien différentes pour leur réalisation.

  • L'établissement d'un planning et sa gestion en tenant compte des impératifs de chacun, oblige une communication et une coopération qui participent au développement d'une intelligence collective.

  • Il est important de prendre conscience qu'il n'est pas nécessaire que tout le monde réalise toutes les étapes, au contraire, c’est l’occasion de faire de la différenciation, d'adapter les objectifs en fonction des compétences des élèves ou de celles que justement ils doivent développer.

Si nous tentons de résumer ce que nous pourrions appeler les plus de la pédagogie de projet, nous pouvons dire à, l'instar de PERRENOUD, que le projet place les élèves dans des situations qui ne peuvent être surmontées, y compris de nouveaux apprentissages.

  • Mais c'est justement parce que l'apprentissage d'une grammaire et d’une orthographe correcte est nécessaire pour écrire une lettre indispensable au projet, que les élèves vont être motivés à améliorer leurs compétences dans cette discipline.

  • Il en va de même avec des connaissances en biologie, en environnement, en géographie, en histoire etc.

  • Rapidement, les élèves vont découvrir qu'on est plus intelligents à plusieurs et qu’un partage du travail permet une efficacité plus grande.

  • Cette collaboration se double souvent d'un esprit critique qui fait que les élèves impliqués n'acceptent pas de leurs camarades qu’ils bâclent la tâche qui leur est dévolue puisque cela participerait à dévaloriser l'ensemble du projet.

Un projet ayant une finalité concrète, des compétences ou des savoirs qui ne sont pas toujours scolaires sont mobilisés. Ceci permet souvent aux élèves les moins adaptés au système de reprendre confiance en eux à travers des travaux qui les mettent en valeur.

  • Voilà une belle manière de mettre en œuvre une vraie pédagogie différenciée.

  • Enfin, dans une perspective entrepreneuriale, une telle pratique offre l'opportunité de se confronter à ce que représentent la conception et la conduite d'un projet dans ce qu'on peut appeler la vraie vie.

Pour conclure, quel lien direct entre la pédagogie de projet et l'éducation en vue d'un développement durable pouvons-nous tirer ?

  • Comme le rappelle MEIRIEU, la démarche de projet suppose de rendre l'élève actif et surtout acteur.

  • Cela est en lien avec la formation de futurs citoyens qui sachent se prendre en charge, affirmer leur liberté et l'utiliser.

  • Au-delà des objectifs précis du programme, être en projet vise également certaines compétences transversales qui tiennent plus du savoir-être.

  • Cette citation ainsi que les différents éléments que nous avons mis au jour font directement référence aux compétences relevées par MAJOU et MULNET.



  • Il y a d'abord et surtout tout ce qui tient du collectif, mais nous trouvons également des apports non négligeables liés à la systémique, ne serait-ce que par la gestion de la complexité inhérente à la réalisation d'un projet.

  • Comme vient de le rappeler MEIRIEU, les aspects de responsabilité et d'éthique sont également présents, auxquels nous ajouterons volontiers le développement d'un esprit critique et constructif.

  • Enfin, la prospective et les changements vont bien sûr dépendre du projet lui-même.


Les cartes mentales en éducation au développement durable

Jean-Yves LENA
Maître de conférences – ESPE Toulouse




Nous allons évoquer les cartes mentales et l’éducation au développement durable.

  • Alors qu'est-ce qu'une carte mentale ? Commençons tout de suite par ça. Une carte mentale c'est constitué d'un ensemble d'éléments, des mots, des dessins, des signes, et ça va constituer en fait une représentation graphique d'un objet, d'une pensée, ou d'un problème.

  • Cette représentation graphique, elle va avoir des tas de qualités, mais aussi des limites.

  • La première qualité qu’elle a, c'est qu'elle va être rapidement lisible.

  • La deuxième qualité, c'est qu'elle a un fonctionnement assez analogique avec le fonctionnement cérébral qui fonctionne par association d'idées.

  • Donc il existe plusieurs noms pour représenter et pour signaler, pour signifier ces objets-là, et donc nous on va prendre le terme de cartes mentales.

  • Alors ces cartes mentales s'opposent à un autre type d'écrit qui est le texte linéaire.

  • Le texte linéaire, il a des qualités extrêmement importantes pour préciser sa pensée, pour décrire un état intérieur etc., pour archiver et transmettre des informations, mais dès qu'il faut repérer une information rapidement, celui-ci n'est pas complètement efficient.

  • La carte en revanche, elle, va être extrêmement efficace de ce point de vue-là.

Alors, ce qui est important pour les cartes, c'est qu'il va falloir en fabriquer, on le verra par la suite, mais surtout on va commencer par s'attacher à voir comment on les lit et comment on les analyse.

  • Lire et analyser les cartes, une fois qu'elle a été produite, donc on part d’une représentation sous forme dite « cartes mentales », donc une représentation de quelqu'un sur un objet de développement durable, il va être constitué de mots et de mots distribués dans un espace.

  • Donc on va faire une double analyse : une analyse graphique et une analyse sémantique.



  • L'analyse sémantique, elle s'appuie sur le sujet qui est étudié, donc en l'occurrence là c’est le développement durable et on va essayer de repérer les différentes catégories qui composent le développement durable.

  • Donc environnement, social, économie et on va repérer chez le produit, en tout cas chez la carte produite, s'il y a une catégorie qui est préférentiellement citée par rapport à d'autres et comment celle-ci est citée, ça nous renseignera sur l'état de la question par le sujet sur cette question-là.

  • La représentation graphique, elle s'intéresse à la disposition spatiale des objets.

  • Là, en l'occurrence, il n’y a plutôt que des mots, on va partir d'une représentation la plus simple dite solaire et aller vers quelque chose qui est le plus complexe, le plus en interaction les unes avec les autres donc on qualifie cette chose-là de système.



  • Il y a des tas d'états intermédiaires.

Ces objets lus et qualifiés vont permettre à la fois de mieux les comprendre et de mieux surtout en situer l'usage.

  • Une chose également sur cette lecture à rajouter qui est la relation assez forte des cartes mentales à l'activité cognitive et notamment, elle peut s'exprimer par ces liens que l'on dit inter catégoriels entre des mots qui sont de catégories différentes.

  • Une fois que l'on a constitué un peu ces axes de lecture et d'analyse, on peut mieux positionner l'usage dans les projets d'éducation au développement durable.

  • Évidemment, chaque carte va répondre à des conditions d'usage particulières.

  • Soit on veut préciser sa pensée et à ce moment-là on va faire un écrit pour soi qui va s’inscrire dans une dynamique ;

  • Soit on veut réaliser un projet collectif et à ce moment-là, la finalité sera radicalement différente, il s'agira plutôt de constituer, d'avoir un outil qui permet à des acteurs de faire des priorités, de hiérarchiser les informations et ensuite de s'organiser dans le temps et dans l'espace.

Je rappelle que l'éducation au développement durable a des objets qui lui sont propres et qui sont extrêmement intéressants.

  • Sa finalité c'est bien de requestionner le lien que l'on est en train de fabriquer, de constituer avec les objets qui nous entourent, que ce soit des lieux, des temporalités, ou des êtres vivants.

  • Dans ce cadre-là, ces liens sont renouvelés, ce lien est renouvelé puisqu'aujourd'hui les crises sont nombreuses, profondes et extrêmement diverses.

  • Donc il s'agit à l'espèce humaine de revoir et de requestionner sa propre posture au regard du monde qui l'entoure.

Donc on va fabriquer des cartes avec plusieurs finalités.

  • Une des premières finalités, ça va être d'imaginer par exemple quelles sont les représentations, les représentations sociales ou les représentations initiales d'une personne ou d'un groupe de personnes sur un sujet.

  • Pour faire ça, c'est assez simple, on peut le positionner : par exemple un mot au centre d'une feuille et à partir de ce mot là, ça va être le mot enclencheur qui va permettre à la personne de rajouter les autres concepts ou les notions qui lui viennent à partir de ce mot là.

  • Donc c'est le cas que l'on a vu au début du diaporama et qui permet donc de connaître comment une personne envisage un sujet.

  • Une autre façon d'utiliser et de mobiliser ces cartes, c'est à des moments dans un processus participatif, c'est d'utiliser un logiciel qui s'appelle Freeplane - mais il y en a d’autres aussi également qui remplissent cette fonction-là -, qui vont disposer les mots sur un espace, donc là dans un écran et qui vont permettre d'à la fois rendre compte de manière assez rapide des objets qui vont être étudiés, qui ont été étudiés pendant la réunion mais également de montrer les hiérarchies qui s’opèrent.

  • L’avantage du numérique, c'est qu'on va avoir un objet qui va être partageable, qui va être mobilisable de multiples façons par rapport à une feuille de papier qui a d'autres qualités.

  • Donc ça c'est aussi une autre procédure.



Enfin, et on pourra conclure par ça, c'est que cet objet - carte, réellement il faut le prendre comme un élément qui est à la fois écrit mais à la fois qui est une image et dès qu'on parle d'écriture, on va aller sur des choses qui concernent le langage et ça va être quand même extrêmement intéressant de requestionner aussi le lien qu’on a au langage, c'est-à-dire la façon dont on choisit ses mots, dont on les utilise dans des projets et sur des problématiques diverses et variées.

Donc, les cartes mentales sont, nous pensons, un outil pour rendre plus efficace les projets d'éducation au développement durable.

MOOC UVED EDD – Éduquer à l’EDD – Les outils

similaire:

Semaine 8 : Éduquer À l\Semaine 8 : Éduquer À l'environnement et au dÉveloppement durable
«Les compétences» de la semaine 8 du mooc «Environnement et Développement durable». Ce n’est donc pas un cours écrit au sens propre...

Semaine 8 : Éduquer À l\Semaine 6 : Les objets du dÉveloppement durable
«L’écologie industrielle» de la semaine 6 du mooc «Environnement et Développement durable». Ce n’est donc pas un cours écrit au sens...

Semaine 8 : Éduquer À l\Developpement durable
«De l'écodéveloppement au développement durable» de la semaine 1 du mooc «Environnement et développement durable». Ce n’est donc...

Semaine 8 : Éduquer À l\Developpement durable
«De l'écodéveloppement au développement durable» de la semaine 1 du mooc «Environnement et développement durable». Ce n’est donc...

Semaine 8 : Éduquer À l\Semaine 4 : les clÉs d'entrÉe pour comprendre le dÉveloppement durable
«L'analyse systémique» de la semaine 2 du mooc «Environnement et développement durable». Ce n’est donc pas un cours écrit au sens...

Semaine 8 : Éduquer À l\Semaine 4 : les clÉs d'entrÉe pour comprendre le dÉveloppement durable
«L'analyse systémique» de la semaine 2 du mooc «Environnement et développement durable». Ce n’est donc pas un cours écrit au sens...

Semaine 8 : Éduquer À l\Semaine 7 : L'opÉrationnalitÉ du dÉveloppement durable, de la rse a la rso
«La rse : analyse conceptuelle» de la semaine 7 du mooc «Environnement et Développement durable». Ce n’est donc pas un cours écrit...

Semaine 8 : Éduquer À l\Semaine 7 : L'opÉrationnalitÉ du dÉveloppement durable, de la rse a la rso
«Les stratégies de rse» de la semaine 7 du mooc «Environnement et Développement durable». Ce n’est donc pas un cours écrit au sens...

Semaine 8 : Éduquer À l\Semaine 7 : L'opÉrationnalitÉ du dÉveloppement durable, de la rse a la rso
«La rse : analyse conceptuelle» de la semaine 7 du mooc «Environnement et Développement durable». Ce n’est donc pas un cours écrit...

Semaine 8 : Éduquer À l\Semaine 7 : L'opÉrationnalitÉ du dÉveloppement durable, de la rse a la rso
«Environnement et Développement durable». Ce n’est donc pas un cours écrit au sens propre du terme; le choix des mots, l'articulation...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
e.20-bal.com