Ouverture n°8 – Boucle locale et multimédia Jean-Philippe Allamandy





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date de publication14.12.2016
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Ouverture n°8 – Boucle locale et multimédia




Jean-Philippe Allamandy




LA BOUCLE LOCALE



Qu’appelle-t-on boucle locale ?
Le terme de boucle locale, ou boucle d’abonné, est utilisé pour désigner la partie capillaire en fils de cuivre du réseau téléphonique. En effet, le raccordement d’un usager au réseau téléphonique se fait par une boucle de courant constituée par les deux fils de cuivre de la paire d’abonné, l’impédance du poste et l’impédance de l’interface ligne côté commutateur. Le poste téléphonique d’un usager est téléalimenté en énergie depuis le commutateur au moyen d’une tension d’entrée de 48 V. La signification du terme « boucle locale » s’est progressivement élargie au fil des années avec l’apparition de nouveaux réseaux et de nouveaux services. On l’emploie pour distinguer le lien raccordant un usager à son autocommutateur, quelle que soit la technologie utilisée : optique, radio, coaxiale ou autre.
Quels sont les différents acteurs présents dans la boucle locale ?
On trouve trois types d’acteurs dans la boucle locale : l’opérateur historique qui est à la fois opérateur téléphonique et F.A.I. (Fournisseur d’Accès à Internet), et les opérateurs concurrents auxquels l’opérateur historique est contraint de louer tout ou partie de la boucle locale s’ils le désirent. Ces opérateurs concurrents peuvent être F.A.I. et/ou opérateurs téléphoniques.
Pourquoi a-t-elle pris tant d’importance pour les opérateurs ?
La boucle locale a pris de l’importance pour des raisons économiques, réglementaires et technologiques. Du point de vue économique, il est possible pour les opérateurs de gagner beaucoup d’argent au niveau de la boucle locale. Rappelons qu’il y a en France 36 millions de boucles d’abonné. Un opérateur qui est en mesure d’offrir un abonnement mensuel d’accès au réseau téléphonique, par exemple à 20 €, réalise sans compter la facturation des communications un chiffre d’affaires mensuel de plus de 700 M€ ! Avec la mise à disposition d’Internet pour le grand public grâce aux navigateurs comme Netscape ou Internet Explorer, l’intérêt d’accéder à la boucle locale est encore accru. Il y avait au premier trimestre 2003 presque dix millions d’abonnés à Internet en France, dont deux millions d’abonnés à Internet haut débit ; les revenus générés par Internet se montaient à 400 M€ au premier trimestre 2003 (chiffres CJBMI&Ass). On imagine l’intérêt économique de la boucle locale dans ces conditions.

Cet intérêt économique est d’autant plus grand que depuis 2000, et par décision des instances européennes, la boucle locale est ouverte à la concurrence. On appelle dégroupage « l’obligation faite à un opérateur historique de louer tout ou partie de son infrastructure afin de permettre l’interconnexion de sa boucle locale avec le réseau d‘un opérateur alternatif » (cf. ci-dessous). Gagner de l’argent sur la boucle locale devient donc possible pour tout opérateur.

La seule condition est de disposer d’un réseau compétitif ce qui engendre une course à la rentabilité des équipements et des protocoles. C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles la boucle locale a pris une telle importance, dans un contexte où émergent de nouvelles technologies : B.L.R. (Boucle Locale Radio), Internet haut débit, câble, C.P.L. (Courant porteur de ligne).
LES NOUVEAUX OPERATEURS
Qui sont-ils ?


Opérateur

Téléphonie

Haut débit

F.A.I.

Nationalité

Groupe

Tele2

×







Finlandais




Cegetel

×







Français

Vivendi

Marconi

×













AOL







×







Club Internet







×




DeutschTelecom

OneTel

×










Iliad

KerTel

×










Iliad

Free

×

×

×

Français

Iliad

9Telecom

×

×




Français

LouisDreyfus

Tiscali







×







Nerim







×







EasyNet







×








Fig. 1 – Les nouveaux opérateurs
Quelle est leur stratégie ?
Le point commun aux stratégies des nouveaux opérateurs est la concurrence sévère qu’ils font à l’opérateur historique. Cette concurrence s’exerce premièrement sur les services offerts, la plupart des nouveaux opérateurs proposant le Triple Play, c’est-à-dire à la fois l’Internet haut débit, la voix (téléphone classique) et la vidéo. Par exemple, Free a lancé fin août 2003 la Freebox et propose des abonnements haut débit ADSL (Asynchronous Digital Subscriber Line) à partir de 29.99 €/mois1. Pour le prix de cet abonnement on peut donc se connecter à Internet, mais aussi téléphoner (nouveau service de téléphonie sur ADSL) et depuis le 1er décembre accéder à une vingtaine de chaînes de télévision2.

Les nouveaux opérateurs font également concurrence aux opérateurs historiques en adoptant une stratégie de prix très agressive, grâce à la modernité des technologies qu’ils utilisent alors que l’opérateur historique a une technologie ancienne à gérer et doit se soumettre aux règles tarifaires édictées par l’A.R.T (Autorité de régulation des Télécommunications).
Comment survivent-ils à la crise ?
De nombreux opérateurs alternatifs ont disparu depuis le début de la crise du secteur des télécommunications à l’hiver 2000. Seuls ceux qui avaient le plus d’atouts et qui ont choisi la bonne stratégie ont réussi à survivre.

Le premier des atouts nécessaires est la solidité financière. Par ailleurs il est nécessaire d’optimiser sa technologie, son implantation géographique et son offre de service. LDCom, filiale du groupe Louis Dreyfus pour la téléphonie fixe, s’est par exemple doté de son propre réseau optique, ne relie que les villes de 50000 habitants et plus, et offre des services voix, données et Internet. Cet opérateur déclare également disposer d’un actionnariat stable et solide, ce qui lui a permis avec 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires d’investir 200 M€ dans la boucle locale en 2002-2003.


Méthodes et stratégies de déploiement dans le temps
Pour les nouveaux opérateurs, technologie et compétitivité ne sont pas les seuls maîtres-mots. Les questions d’ordre réglementaires sont également capitales et c’est pourquoi leur stratégie de déploiement dans le temps intègre tout d’abord une phase de négociations et de tractations avec l’opérateur historique et avec l’A.R.T.

Réponse des opérateurs historiques



Les opérateurs alternatifs ne sont pas les seuls à diversifier leur offre de service. L’opérateur historique français, France Télécom, a très tôt fait en sorte d’être présent dans la course à l’Internet, ne serait-ce qu’en adoptant un logo renvoyant désormais l’image d’une activité centrée sur l’offre de service Internet. Wanadoo, filiale de France Telecom pour les activités Internet, est le premier fournisseur d’accès français et propose également des connexions ADSL. Même en ce qui concerne la vidéo sur ADSL F.T. n’est pas de reste, qu’on se rappelle l’accord signé avec T.P.S. pour la diffusion d’un bouquet de programmes TV.

LES ASPECTS REGLEMENTAIRES ET LE DEGROUPAGE



Expliquer le rôle d’un organisme de régulation comme l’ART en France.
L’A.R.T. (Autorité de Régulation des Télécom) a plusieurs rôles. D’une part, c’est elle qui fixe les prix et décide des pratiques de l’opérateur historique. Ainsi, par décision de l’A.R.T., quand F.T. installe un réseau A.D.S.L. pour son propre compte, il est obligé de fournir à tout opérateur qui le demande un accès à ce réseau ADSL pour le même prix.

D
’autre part, elle fournit à tout un chacun un grand nombre d’informations importantes concernant le monde des télécommunications, en particulier grâce au site www.art-telecom.fr. Il est ainsi possible de consulter la liste des 64 opérateurs actuellement autorisés à commercialiser des services de téléphonie, ou de télécharger un contrat d’interconnexion dans le cadre du dégroupage.

Fig. 2 – Les opérateurs déclarés auprès de l’ART en France, lettres F et G.

Présenter les différents types de licence d’opérateurs en France


« Des directives européennes ont spécifié une ouverture à la concurrence du marché des télécommunications à partir du 1er janvier 1998 pour ce qui est des réseaux longue distance. Il existe deux types de licence. La licence L34-1 permet à un nouvel entrant d’installer un POP (Point Of Presence) connecté à l’un des CT (Centraux Téléphoniques) de l’opérateur historique. Dans ce cas une compensation financière est reversée à l’opérateur historique. La licence L33-1 permet à un nouvel opérateur de mettre en place sa propre infrastructure de commutation et de transmission » (C. Paquet, Boucle locale et nouveaux opérateurs, Wanadoo-ENST Bretagne, Novembre 2003).

Expliquer le dégroupage et présenter les différentes options possibles


« On désigne par dégroupage l’obligation faite à un opérateur historique de louer une partie de son infrastructure afin de permettre l’interconnexion de sa boucle locale avec le réseau (POP) d’un opérateur alternatif. Une recommandation européenne de novembre 1999 a imposé le dégroupage dans tous les pays de l’Union avant le premier janvier 2002. Il existe deux types de dégroupage, le dégroupage total, où l’opérateur cède la totalité des services et le dégroupage partiel, où l’opérateur historique garde pour lui le service téléphonique classique », (C. Paquet, Boucle locale et nouveaux opérateurs).

Il existe trois options de dégroupage possibles. Dans l’option 1, l’opérateur alternatif vient installer un DSLAM (Digital Subscriber Line Access Multiplexer) dans les locaux de l’opérateur historique. Le dégroupage se fait donc au niveau de l’accès à la boucle d’abonné. Dans l’option 3, le dégroupage se fait au niveau de la collecte et du transport, et l’opérateur alternatif collecte donc des données ATM (Asynchronous Transfert Mode). Dans l’option 5, l’opérateur alternatif collecte des flux IP et le dégroupage se fait donc au niveau de l’accès au réseau Internet.
SERVICES ET TECHNOLOGIES ASSOCIEES
Quel type de service les opérateurs doivent-ils pouvoir offrir dans la boucle locale ?
Ils doivent désormais pouvoir offrir un accès haut débit à Internet, un accès au RTC (Réseau Téléphonique Commuté) pour la téléphonie classique, et éventuellement un accès à des programmes TV et multimedia voire à des réseaux de données pour les entreprises.
Quelles technologies trouve-t-on dans la boucle locale ?
Actuellement, la boucle locale est constituée d’une paire de fils de cuivre. Du point de vue matériel, la boucle locale met en jeu des équipements modem (côté client) et carte modem (côté opérateur).

En ce qui concerne les protocoles, prenons l’exemple d’une liaison internet entre l’ordinateur personnel d’un consommateur et le DSLAM de l’opérateur. Cette liaison suppose une couche réseau IP (Internet Protocol) et, au-dessous, une couche PPP (Point to point Protocol). A son tour cette couche peut être supportée par une couche ATM (PPPoA) ou par une couche Ethernet (PPPoE). Le PPPoE, très présent en Asie, est encore rare en France. On parle dans ce cas du protocole Ethernet in the First Mile (EFM). Ethernet tend à remplacer ATM actuellement.

A l’avenir, il est possible que la fibre optique remplace le cuivre jusque chez l’abonné, on parle de FTTH (Fiber To The Home). Dans ce cas le DWDM (Dense Wavelength Division Multiplexing) permettra d’atteindre des débits très importants.

Comment les différents opérateurs s’y prennent-ils pour déployer leur offre de services ?
L’exemple du groupe LDCom, présent sur l’ensemble du marché des télécommunications fixes, permet de présenter une architecture possible. Le groupe LDCom comprend un opérateur d’opérateurs (LDCom), un opérateur grandes entreprises (Siris), un opérateur entreprises et particuliers (9Télécom) et un opérateur hébergement (Jet Multimedia).
Qu’entend-on par convergence télécom-datacom ?
Le monde de la téléphonie et plus largement des télécommunications et celui des réseaux de données et plus largement d’Internet sont en passe de devenir une seule et même chose. En effet, la téléphonie s’est tellement transformée qu’elle est devenue un type de transmission de données parmi d’autres en particulier grâce à l’étape importante de la téléphonie numérique. De leur côté les réseaux de données informatiques autrefois réservés aux institutions et aux entreprises sont désormais aussi répandus que le téléphone. Lors des dernières élections présidentielles certains candidats ont d’ailleurs estimé que l’internet haut- débit devait devenir aussi commun que le téléphone.

On peut donc parler de convergence télécom-datacom. Les données, les protocoles, les supports et les matériels de la téléphonie d’une part, et des réseaux informatique d’autre part, sont désormais quasi-indiscernables.

Dans le graphe ci-dessous on suggère qu’un troisième monde va s’agréger aux deux précédents, celui des télécommunications mobiles.



Fig. 3 – Convergence télécom-Datacom (Eurescom, Dublin, Février 20023)


1 Le Figaro, novembre 2003.

2« Plusieurs organisations représentant des producteurs audiovisuels estiment [d’ailleurs] que l’offre de télévision par ADSL proposée par l’opérateur de télécom Free constitue une infraction au code de la propriété intellectuelle », Le Figaro économie, mercredi 10 décembre 2003.

3 http://www.eurescom.de/~public-seminars/2000/MTM/15Kennedy/15aKennedy/15Kennedy.pdf

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