Régularités et intégration du «techno-push» et du «demand pull» dans l’approche en terme de paradigme technologique et de trajectoire





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Des approches interactionnistes de l’innovation



  1. Régularités et intégration du « techno-push » et du « demand pull » dans l’approche en terme de paradigme technologique et de trajectoire



Dosi (1982) commence son article en analysant en profondeur les insuffisances respectives, au niveau théorique et empirique, des approches de l'innovation "poussée par la science et la technologie" (Techno Push) et "tirée par la demande" (Demand Pull). Devant certaines incohérences théoriques internes à chacune d'elle, et leur difficulté à rendre compte de nombreux faits empiriques relatifs à l'innovation (voir chapitre 1), Dosi conclut que la seule voie possible de progrès théorique consiste en l'intégration des approches Techno Push et Demand Pull via la prise en compte théorique des phénomènes centraux d'interaction entre "science" et "marché" : « il y a une structure complexe de feed backs entre l'environnement économique, et les directions des changements technologiques ». Il rajoute qu’ « une théorie visant à comprendre le changement technique doit définir - sous une forme aussi générale que possible- la nature de ces mécanismes interactifs » (Dosi, 1982, p 151). C'est, dit-il, en partant du concept d'apprentissage que l'on pourra fonder un soubassement théorique à de telles interactions.

Nous avons présenté les approches Techno Push et Demand Pull et leur critiques dans le chapitre 1, en y incluant beaucoup des analyses de Dosi, et ne les reprendrons donc pas ici.

Nous nous attacherons par contre à présenter les concepts de paradigmes et trajectoires technologiques en vue de mettre en évidence leurs apports et leurs limites pour l'analyse d'un processus et d'une dynamique de l'innovation intégrant une figure active de l'utilisateur.

  1. Le paradigme comme intégration et dépassement des approches Techno Push et Demand Pull


Dans sa "tentative de construire une théorie du changement technique non néoclassique" (p. 159), plus cohérente avec les résultats empiriques, l'auteur synthétise en cinq points certains faits établis dans les processus d'innovation :


  1. Le rôle croissant, au 20e siècle, du rôle des inputs scientifiques dans le processus d'innovation;

  2. Une forte corrélation entre investissement en Recherche et Développement, et innovation;

  3. La complexité croissante de la Recherche et Développement qui fait dépendre le processus d'innovation d'une planification à long terme, plutôt que d'une adaptation ponctuelle au contexte ( notamment en réponse à la variation de la demande).

  4. "La nature intrinsèquement incertaine de l'activité inventive qui joue contre l'hypothèse d'un ensemble limité et connu des choix et issues." ( p. 151);

  5. L'absence de corrélation évidente inter-pays entre caractéristiques de la demande ou du marché d'une part, et output technologique d'autre part;


Le point 1, fait l'objet, particulièrement depuis la moitié des années quatre-vingt-dix, de nombreuses recherches empiriques, notamment à travers l'analyse diachronique de citations concernant des articles scientifiques (surtout académiques) dans les brevets déposés par les industriels. Bien que la majorité des résultats des tests économétriques concluent à une corrélation importante, certains auteurs (dont Meyer, 1999) mettent en doute la validité d'une telle approche. L'auteur, à partir de l'examen qualitatif du contenu des articles cités, met en évidence la relation souvent lointaine qui existe entre l'article scientifique auquel il est fait référence et le contenu du brevet. Cette hypothèse continue, du fait de ces études économétriques, à faire l'objet d'un relatif consensus dans la communauté des économistes. Cette affirmation contenue dans le point 1 constitue un élément potentiel de dominance d'un effet de "poussée par la science" dans la dynamique d'innovation.

Le point 2 peut constituer aussi un élément plutôt favorable à une analyse en terme de techno push. Les points 3 et 4 sont porteurs d'une critique profonde envers l'approche demand pull, en ce que celle-ci suppose une réactivité et une rapidité d'adaptation de la recherche et développement (notamment aux variations de la demande) qui revient en fait à un postulat d'un "ensemble limité et connu des choix et issues" d'innovations, sans commune mesure avec la réalité scientifique et industrielle. La relative inertie au changement dans les investissements scientifiques et technologiques renforce donc potentiellement un cadre d'analyse à dominance "techno push".

Le point 5 est supposé donner un coup fatal à toute analyse s'inspirant du "demand pull" : les résultats économétriques sont censés prouver une absence de lien causal entre caractéristique de la demande et innovation technologique. On s'aperçoit cependant en étudiant ces études testant la traction exercée par la demande qu'elles se limitent pour la plupart, conformément au cadre théorique auxquelles elles se réfèrent, à tester une relation entre innovation et caractéristique quantitative de la demande (son volume, la "quantité de demande", la taille du marché). Or, comme le souligne Lundvall (1988), s'il y a une influence pertinente de la demande sur l'innovation, elle doit être cherchée en terme de qualité de la demande. Cet auteur identifie le critère selon lequel, au-delà des variables de taille du marché, le caractère "exigeant et compétent" d'une communauté de consommateurs-utilisateurs constitue une variable discriminante pour qualifier la localisation territoriale d'innovations technologiques1.
Les notions de paradigme et de trajectoire technologique, en se fondant sur ces critiques du Techno Push mais surtout du Demand pull, finissent ainsi par fonder un cadre théorique assez empreint de "poussée" scientifico-technologique. Le concept d'apprentissage" y est presque exclusivement valorisé par rapport à l'activité de production du bien innovant (learning by doing) du coté de l'offre. Il participe notamment du fait que les acteurs de l'offre d'innovation, en explorant une trajectoire technologique circonscrite, bénéficient de l'accumulation des connaissances permises par l'apprentissage. Le learning by using ne semble pas vraiment intégré. La « demande » est limitativement identifiée au « marché ». L'utilisateur, comme dans l'approche Techno Push, est réduit à un simple consommateur, principalement passif, dont le rôle théorique se résume à l'émission de signaux de prix et de quantités sur un produit déjà mis sur le marché. Ce néo-séquentialisme (et néo-déterminisme) trouve un bon résumé dans l'expression de Callon (1989) : dans l'approche en terme de paradigme technologique, « La technologie propose et les contextes [économiques et sociaux] disposent » (op. cit., p. 69)..
  1. Paradigme technologique et trajectoires technologiques


Dosi précise que son concept de paradigme technologique est inspiré de celui qu'a développé l'épistémologue Kuhn (1983). Mais ce dernier parlait de paradigme scientifique, et Dosi doit donc établir tout d'abord une définition correspondante de la technologie.

Dosi (1982) rappelle l'approche traditionnelle (néoclassique) de la technologie en ces termes : c'est "un ensemble donné de combinaison de facteurs, définie (qualitativement et quantitativement) en relation avec certains outputs." Le progrès technique y est vu alors comme "une courbe de possibilité de production qui bouge [moving]" (p. 151).

Cette approche donne une vision statique de la technologie: dans sa conceptualisation, rien ne permet de construire un discours raisonné sur ses possibilités et ses perspectives d'évolution. Cette définition implique une vision créationniste des avancées scientifique et technologique, ou du moins, leur caractère exogène par rapport à la sphère de l'économie. Pourtant ,d'un point de vue empirique, la technologie apparaît, surtout depuis le 20ème siècle, en continuelle évolution. De plus, Dosi s'inscrit, à l'instar de l'approche évolutionniste, dans une perspective d'endogénéisation du progrès technique et de l'innovation.
Il propose ainsi une conception alternative de la technologie. Il définit "la technologie comme un ensemble de morceaux [pieces] de connaissance, tout autant directement "pratique" (lié à des problèmes concrets et outils) et "théorique" (mais applicable dans la pratique, sans être nécessairement déjà appliqué), savoir-faire, méthodes, procédures, expérience de succès et d'échec et bien sûr, outils et équipements physiques" (p 151-152). Il complète sa définition en précisant que la technologie est "constituée d'expertises particulières, d'expériences de tentatives passées et de solutions technologiques passées, associées avec la connaissance et les réalisations de "l'état de l'art" (p. 152).

Trois points peuvent être mis en exergue dans sa définition :

  1. la technologie est tout d'abord définie comme connaissance, comme un mode d'existence particulier de la connaissance. Ainsi, elle ne se réduit pas aux équipements qui parfois la matérialisent. Elle inclut aussi une dimension plus immatérielle sous forme de connaissance qui trouve en partie à s'incorporer dans des individus, ou dans des supports purs d'information (documents). On retrouve ici la distinction opérée par Rosenberg (voir supra) concernant les connaissances incorporées ou non dans des machines ; Nelson et Winter (1982), qui la mentionnent aussi, y rajoutent l'élément possible d'incorporation dans des routines, tant individuelles que collectives.

  2. Loin d'une vision scientiste, Dosi positionne la technologie au croisement de la connaissance et de l'expérience, empruntant en cela à Kuhn (1983). En conséquence, des formes non entièrement abstraites ou codifiées de la connaissance, comme du savoir-faire, des pratiques, voire même des "tours de main" de l'ouvrier, peuvent être intégrées dans son concept de la technologie. On retrouve ici les apports de Nelson et Winter (1982), repris plus récemment par Nonaka (1996) qui distinguent les connaissances tacites et explicites, codifiées et non-codifiées, contextuelles et a-contextuelles.

  3. Enfin, Dosi s'affranchit d'une vision statique de la technologie en y intégrant son histoire ("les expériences passées") et en la définissant aussi comme perspectives (outlook ) : "Les paradigmes sont aussi des "outlooks" (p 158). Ainsi, "la technologie, dans cette perspective, inclut la "perception" d'un ensemble limité de possibilités technologiques possibles" (p. 151-152). La technologie, de par sa définition, contient donc en elle - même certaines de ses possibilités d'évolution.


Cette définition est d'importance pour notre problématique car elle ouvre la voie à une valorisation théorique de la connaissance technologique produite par la pratique et, ce faisant, à la valorisation possible de la figure de l'utilisateur d'une technologie. Ce 3ème point de la définition va être central pour l'articulation avec le concept complémentaire de paradigme technologique.
Dosi définit un paradigme technologique "comme un "modèle" et un "profil structuré" ["pattern"] de solution d'une sélection de problèmes technologiques, basés sur une sélection de principes dérivés des sciences naturelles et sur une sélection de technologies matérielles" (p 152).

A travers la répétition du terme "sélection", appliqué notamment aux "problèmes technologiques", on note l'importance d'un aspect déjà souligné par Kuhn pour la science et que Dosi reprend pour la technologie : un paradigme définit les problèmes considérés comme pertinents pour l'investigation, la recherche, et le développement, parmi tout un ensemble de problèmes possibles bien plus nombreux. Un paradigme est alors un jugement et une affirmation de ce qui est pertinent comme objet et piste de recherche (ici, technologique). A ces problèmes sélectionnés comme pertinents sont associés, dans le paradigme, des voies de résolution, qui constituent eux aussi une sélection des pistes de résolution du problème posé, parmi d'autres possibles.

Une fois cette définition donnée, il en découle qu' "un paradigme technologique incorpore de fortes prescriptions sur les directions du changement technique à poursuivre et celles à négliger. "( p 153). Il a ainsi un fort "pouvoir d'exclusion" ( p 153) sur des nouvelles technologies de substitutions candidates (par exemple, le moteur à combustion versus l'électricité pour l'automobile). Cette idée doit directement se relier à celle de contrainte de sentier (path dependency) 2 : une firme ou une industrie, engagée sur une trajectoire technologique, aura du mal à s'en défaire pour emprunter, et encore plus pour développer une trajectoire alternative. Cet effet provient notamment, dans le cadre du dilemme entre exploitation et exploration, du processus nommé trappe à compétence (March, 1991 ; Marengo, 1993 ; Foray, 1994) selon lequel, quand une équipe ou une industrie, a développé des compétences d'excellence et une compétitivité avérée sur un domaine technologique donné, elle aura naturellement tendance à continuer dans cette voie où elle excelle plutôt que d'emprunter des chemins dans lesquels ces connaissances sont faibles.

Ainsi, Dosi souligne "le rôle de la science et de la technologie en tant qu’il favorise le développement de l'innovation le long d'un chemin [particulier] menant des avancées scientifiques initiales au produit/process innovateur final" (1982,p. 150-151) 3.
Cette conception est intéressante dans la perspective d'endogénéisation du progrès technique : de par la nature prescriptive du paradigme, l'identification d'un paradigme particulier pourra théoriquement permettre d'expliquer (voire d'anticiper) des évolutions technologiques et des développements industriels4. Par contre, du fait de la sélection opérée en amont du processus de développement technologique (le "choix" d'un paradigme particulier, décliné suivant un nombre limité de trajectoire) le progrès technique pourra être, théoriquement, sous-optimal. Ce fait est un des éléments du "dilemme" théorique en économie de l'innovation, énoncé notamment par David et Foray (1994) : il oppose, d'un côté, la "focalisation" sur un paradigme, une trajectoire, voire un produit technologique, qui permet des économies d'échelle et des rendements pour un temps croissant, et de l'autre, la variété technologique qui, repoussant le moment de la sélection, autorise potentiellement un niveau de progrès technique plus élevé, mais réduit les économies d'échelle et les rendements croissants à court terme.

Ce dilemme est particulièrement aigu dans l'industrie informatique, du fait d'un processus de standardisation de facto(voir infra la section de la partie dévolue aux renouvellements théoriques soulevés par la rupture paradigmatique des TIC).

Cette définition trouve une application intéressante pour le cas du paradigme informatique (ou méta-paradigme comme le qualifie Bennani (1999). Le paradigme scientifique de l'informatique peut, comme le suggère Breton (1990), être considéré comme fondé par Von Neumann (1958). Ce chercheur a établi le "modèle" de la première machine informatique (virtuelle, c'est - à - dire dont seuls les principes théoriques et analytiques ont été établis). La science qui fut principalement utilisée dans un premier temps pour développer ce modèle fut la mathématique, et plus particulièrement la logique booléenne. Le paradigme technologique qui lui fut associé focalisa la recherche et les développements sur l'instrumentation de la logique binaire (codage des informations sous forme de 0 et de 1), sélectionnant tout d'abord comme technologie matérielle associée les diodes, puis les transistors. Nous sommes si habitués à l'association entre informatique et binaire que, comme le théorise Dosi, nous oublions que cette trajectoire technologique n'en est qu'une parmi bien d'autres possibles (Breton, 1990), et qu'elle a bien fait l'objet d'une sélection, relative à un paradigme donné. Ainsi, la firme Intel a annoncé, en début 2000, qu'elle était en train de développer une technologie basée sur des transistors multivalents, capable non plus de coder seulement deux états (0 et 1) mais plusieurs. Cette action est motivée par la perspective d'un "épuisement" du paradigme technologique basé sur l'association la plus dense possible d'éléments de base (les transistors) les plus simples possibles (le binaire), laquelle commence à poser des problèmes difficiles d'amélioration (La Recherche, 1999).
Le paradigme technologique structure, certes, des recherches et développements, car il dégage des problèmes pertinents et leurs perspectives de résolution; mais il laisse tout de même place à des solutions variées concernant le développement et l'industrialisation effectifs. Ainsi, pourra se développer, au sein d'un paradigme donné, un large ensemble de trajectoires technologiques, qui constituent autant de déclinaisons possibles du paradigme. Seules certaines d'entre elles feront l'objet d'un développement effectif technologique et industriel, car leur nombre est trop important pour qu'elles soient toutes poursuivies.

Pour prendre l'exemple de l'informatique, à l'intérieur du paradigme défini par Von Neumann, seule une sélection de trajectoires s'est développée : celle du "gros système", celle du "mini-ordinateur", éventuellement celle de l'ordinateur personnel, etc. On observe qu'elles n'ont pas été exclusives l'une de l'autre, puisque leur développement a été, en partie, parallèle. La question se pose cependant de savoir si, depuis le milieu des années quatre-vingts, l'affirmation tant au niveau scientifique, technologique, qu'économique, d'une informatique focalisée sur les réseaux, constitue un nouveau paradigme "de l'informatique" ou simplement une nouvelle trajectoire, au sein du paradigme existant. La première hypothèse peut trouver un argument dans les limites du "modèle analytique" de l'ordinateur élaboré par Von Neumann. Malgré sa puissance explicative passée concernant la majeure partie de l'informatique, ce modèle ne permet plus de comprendre le parallélisme ni la computation distribuée, alors même que ceux - ci sont devenus des éléments centraux de "l'informatique orientée réseau" ouvert (dont Internet). Dans ces conditions, s'il y a plusieurs paradigmes informatiques, il devient nécessaire de se référer à une notion de méta-paradigme informatique5. Or, le cadre conceptuel défini par Dosi ne fournit pas une telle articulation.
Ce problème soulève celui de la conceptualisation du passage d'un paradigme à l'autre, et de l'émergence d'un nouveau paradigme.

  1. Applicabilité et critères de description


Qu'en est-il de l'applicabilité de ce modèle théorique ? Dosi mentionne quatre dimensions selon lesquelles un paradigme technologique peut être caractérisé, et qui permettent tout d'abord de l'identifier, en prenant exemple sur le cas de la microélectronique et de l'industrie des composants informatiques. Ce sont :

  1. "les tâches génériques auquel il est appliqué" (p 150) (par exemple amplifier et commuter des signaux électriques);

  2. la technologie matérielle qu'il sélectionne (par exemple, le semi-conducteur);

  3. les propriétés physique et chimique qu'il exploite (ex "l'effet transistor" et "l'effet de champ");

  4. "les dimensions et compromis technologiques et économiques sur lesquels il se focalise (densité des circuits, vitesse, bruit … coûts unitaires ...)" (p. 150).


L'intérêt pour l'économiste, c'est qu'une fois un paradigme identifié, on obtient "une idée du "progrès" en tant qu'amélioration des compromis reliés à ces dimensions" (p. 150). On reconnaît ici, sans que Dosi l'ait mentionnée, la "règle" de progrès technique qui se réalise depuis la fin des années soixante-dix dans l'industrie des microprocesseurs et que l'on connaît sous le nom de "loi de Moore": la densité des circuits intégrés double tous les dix-huit mois. Dosi parvient ainsi à proposer un cadre théorique permettant d'endogénéiser, en partie, la dynamique d'innovation et le progrès technique qu'elle permet dans une industrie. Elle ouvre également la voie à l'appréhension des cycles économiques longs en les reliant avec des ruptures ou mutations de paradigme technologique (les paradigmes techno-économiques)(voir Freemann et Perez-1986)

Appliqué au cas du paradigme (ou méta-paradigme) informatique, ce modèle trouve quelque pertinence, concernant en particulier le point 4 : l'informatique peut ainsi être caractérisée comme se focalisant sur les dimensions technologiques de "plus de vitesse" (fréquences d'horloge des microprocesseurs toujours plus élevées, "canaux" de transmissions toujours plus importantes) et "plus de capacité de stockage" (mémoire de masse et mémoire vive toujours plus grande). En se concentrant de manière quasi exclusive jusqu'aux années soixante-dix, sur ses dimensions (à travers notamment la trajectoire du "gros système"), il n'est pas certain qu'elle ait emprunté une voie proche de l'"optimal", ainsi que le "ratage" initial d'IBM sur les trajectoires de l'ordinateur individuel puis du réseau ouvert (tel Internet) peut le laisser penser.
L'application pour l'analyse empirique des concepts de paradigme et trajectoire technologique requiert selon Dosi trois tâches :

  1. l'identification des caractéristiques de chaque large paradigme technologique ( définies plus haut) et l'aptitude à les différencier les unes des autres;

  2. le repérage chronologique des périodes de technologie "normale" , et de "recherches extraordinaires";

  3. l'identification des ""puzzles difficiles" et les difficultés non résolues d'une technologie" (p. 161) qui suscitent souvent leur remplacement par une nouvelle .


Le point 2. semble d'une applicabilité douteuse pour l'industrie informatique. En effet, celle -ci étant prise dans un mouvement d'innovation permanente, et pas uniquement dans le cadre des innovations incrémentales de la microélectronique marquées par la loi de Moore, la distinction entre technologie et recherche "normale" et "extraordinaire" semble assez ardue.

En terme de "puzzle difficile", l'un d'entre eux peut être mentionné comme susceptible de faire sortir l'informatique de son "paradigme standard" de l'algorithmique. Il porte, dans le cadre de l'approfondissement des capacités de réflexivité de l'automate ordinateur (Weissberg, 2000), sur la difficulté actuelle de la recherche à développer les capacités d'auto-apprentissage de la machine (par exemple, en matière de reconnaissance du langage). Une des voies, véritablement alternative à l'algorithmique actuelle, est par exemple l'approche en terme de réseaux neuronaux (virtuels et non pas bioniques). Certaines applications industrielles, portant notamment sur la reconnaissance de formes, sont déjà développées, et s'avèrent supérieures à l'algorithmique "classique" pour certaines catégories de problèmes.

  1. Une endogénéisation partielle du progrès technique : la distinction entre recherche "normale" et recherche "extraordinaire"


La tentative d'endogénéisation du progrès technique poursuivie par Dosi s'avère partielle, comme celui - ci l'admet volontiers, du fait du champ circonscrit du progrès technologique qu'il entend expliquer. Celle-ci se limite en effet à l'explication des avancées de la "recherche normale" par opposition à la "recherche extraordinaire". La première correspond aux développements scientifiques, technologiques et industriels se réalisant dans le cadre d'un paradigme technologique donné. La seconde est à la source de l'apparition de nouveaux paradigmes. Dosi précise qu'il est nécessaire de "différencier "le processus de recherche et de sélection sur de nouveaux paradigmes technologiques, et le progrès technique sur un chemin défini"(p. 157). L'un est "incertain et radical" (p. 157), l'autre est cumulatif, progressif, et peut être endogénéisé dans un modèle économique intégrant le progrès technique. Ainsi l'opposition classique de l'économie de l'innovation entre "les innovations "incrémentales" et les innovations "radicales" peut être réinterprétée en terme de procès technique "normal", face au nouveau paradigme technologique émergent" (p. 58).

Au sein d'un ensemble complet de potentiels technologiques, le progrès technique apparaît non pas aléatoire, mais cadré par des paradigmes et des trajectoires qui expliquent en partie la cumulativité de l'avance technique, et une certaine régularité dans sa direction et son rythme. Le concept de "trajectoire naturelle" de Nelson et Winter (1982) se trouve ainsi assez proche de celui de paradigme technologique .

Essai d'endogénéisation de l'émergence de nouveaux paradigmes
Ces concepts apportent donc un cadre d'analyse intéressant pour l'appréhension des phénomènes réguliers de progrès technique dans une voie donnée. Soucieux de relier cette forme de progrès technique à celle relative à des avancées de rupture, Dosi évoque (sans les approfondir) deux sources de ruptures paradigmatiques : "Des tentatives de technologie "extraordinaire" … émergent soit en relation avec de nouvelles opportunités ouvertes par des développements scientifiques, soit du fait de la difficulté croissante d'avancer selon une direction technologique donnée" (p. 156). La première constitue en fait un retour à une certain exogeneité de la science, vis-à-vis de la dynamique technologique et économique. Le second, par contre, fait référence à l'épuisement d'un paradigme donné, qui peut constituer une incitation pour les différents acteurs du processus d'innovation à rechercher et développer des "technologies extraordinaires".
Ces deux pistes explicatives nous semblent assez peu convaincantes, du moins en ce qui concerne l'industrie informatique. L'avènement de l'ordinateur personnel, à partir du milieu des années soixante-dix, puis sa diffusion généralisée, ont constitué, du point de vue économique de leur impact sur le système productif, une véritable rupture. L'on sait que nulle avancée scientifique ( et même technologique) particulière n'a présidé à son apparition et à sa diffusion (Breton, 1990). Peut-on considérer que son émergence fut le fruit d'un "épuisement" du "gros système" ? La vitalité renouvelée du marché de celui-ci depuis la fin des années quatre-vingt dix, avec son hybridation comme gros serveur pour applications Internet, fait douter de cette hypothèse.
Ainsi, autant ce cadre conceptuel, à travers la cumulativité des connaissances scientifiques et technologiques, les phénomènes d'apprentissage, et la dépendance de sentier au sein de trajectoires technologiques, permet d'expliquer en partie une certaine régularité du progrès technologique dans une période donnée, dans son rythme et sa direction, autant il ne permet pas de rendre compte d'un changement de paradigme, et moins encore de l'apparition de nouveaux paradigmes. Dans ce dernier cas, on reste peu ou prou dans une vision d'exogénéité de la science vis-à-vis de l'économie.

Pourtant, l'épistémologue et scientifique Kuhn, auquel Dosi se réfère, avait avancé dans cette voie, et donné quelques pistes de recherches. Mais celles-ci requéraient, d'après Kuhn, d'intégrer et de développer fortement les dimensions sociologiques du processus d'avancée scientifique et technologique. Or, comme Callon et Latour l'ont fort bien mentionné (1990), la science économique, considérant que la sociologie doit rester affaire de sociologue, répugne le plus souvent à intégrer au cœur de sa démarche des dimensions sociologiques. Pourtant, peut-être n'est ce qu'à ce prix qu'elle parviendra à appréhender les ruptures paradigmatiques et leur contexte d'émergence, la nature de leurs origines et leurs impacts économiques.

  1. La rétroaction de l'économique sur la technologie


Jusqu'à maintenant, les modalités d'interaction entre l'économie et la technologie n'ont pas été explicitées dans cette approche. Bien que Dosi ait posé la centralité des interactions comme modalité privilégiée pour sortir de l'opposition stérile entre Techno Push et Demand Pull, on s'aperçoit que ces interactions sont en fait d'une assez faible intensité, en tout cas pour ce qui concerne la rétroaction de l'économique sur la technologie : l'auteur souligne lui-même "la faiblesse des mécanismes de marché dans la selection ex ante des directions technologiques" (p. 155)

En effet, l'économie n'intervient dans le processus d'innovation que principalement comme opérateur de sélection ex post sur une innovation déjà mise sur le marché, développée dans le cadre d'un paradigme et d'une trajectoire : "Les forces économiques … opèrent comme un opérateur de sélection (instrument de focalisation de Rosenberg)" (p. 153). C'est en cette opération de sélection ex post que consiste principalement le " mécanisme de rétro-action, "remontant" [upward] de l'environnement économique vers la technologie" (p. 156). Il précise cependant, mais sans développer, qu'un effet de rétroaction plus macroéconomique porte sur "le changement des prix relatifs et la répartition des richesses" (p. 156).
La faiblesse de la rétroaction

La faiblesse de la rétroaction de l'économique sur la technologie provient de la "relative autonomie [des développements technologiques] vis à vis des ajustements de court terme du système économique" (p. 156), autonomie qui a elle-même pour origine le fait que "les producteurs réagissent bien sûr à ces signaux [de quantités et de prix] … mais dans les frontières d'une trajectoire technologique donnée" (p 156). Ainsi, une firme ou une industrie intégrera bien certains signaux de quantités et de prix consécutifs à la mise sur le marché de son innovation, mais elle le fera surtout en adaptant son produit dans le cadre de la trajectoire technologique particulière dans laquelle elle s'est engagée. Par exemple, ce n'est pas le relatif échec commercial de l'automobile novatrice urbaine à deux place Smart qui va pousser Mercedes à lancer un véhicule urbain populaire électrique. Comme on peut l'observer, la firme va adapter et différencier plutôt son produit (changement du réseau de distribution, version décapotable ... ) dans le cadre du paradigme du moteur à combustion pour l'automobile, et de sa trajectoire particulière de voiture haut de gamme.
La "nature" du mécanisme rétroactif

Sur quelles variables vont reposer la nature positive ou négative des rétroactions provenant de l'environnement économique ? Dosi soutient que "les facteurs économiques sociaux et institutionnels opèrent des sélections sur les différents "chemins" d'après des critères plutôt évidents que sont la faisabilité, la commerciabilité et la profitabilité" (p. 155). On peut être surpris par l'usage du mot "évident", pour peu qu'il s'applique à l'utilisation même de ces critères : la qualification de la faisabilité et de la profitabilité d'un projet technologique (le "technology assessment") n'a rien d'évident et, pourrait-on dire, tout le problème d'une appréhension économique de l'innovation technologique repose justement là. Les études empiriques sur les processus effectifs d'innovation, notamment menées par Latour (1992) en intra-organisationnel, montrent en effet que même la faisabilité technologique d'un projet innovant, loin d'être une "donnée techno-économique", fait l'objet de controverses et de remises en causes récurrentes tout au long du processus d'innovation (voir chapitre 3). Ainsi, l'économique, loin de n'intervenir principalement qu'ex ante, une fois l'innovation mise sur le marché, joue un rôle à tous les stades du processus d'innovation, intégré en partie à la démarche scientifique ou ingénierale elle -même.
Incertitude, et "pari" technologique

Dans une telle perspective théorique où la principale rétroaction de l'économique sur la technologie se réalise en extrême aval du processus, l'incertitude quant au succès de l'innovation s'en trouve augmentée. Dosi s'en explique ainsi :

"Sur ce terrain très général, il peut rester bien des paradigmes technologiques possibles. Etant donné l'incertitude intrinsèque associée à leur issue [outcome], en terme de succès économique et de succès technologique, il est presque impossible de les comparer et de les classer ex ante " (p 155). Cette diversité de possible technologique va faire que "des firmes ou individus vont "parier " sur des solutions technologiques différentes." (p.155).

Ainsi, Dosi parvient à produire dans son cadre théorique une variété technologique.
La dynamique de l'innovation se déroule in fine selon un processus proche de celui tracé par Schumpeter, mais plus approfondi : "Au moment où de nouvelles technologies émergent, on peut observer souvent des nouvelles entreprises ("schumpeteriennes") essayant d'exploiter différentes innovations technologiques" (p.156). L'efficience économique en terme d'innovation se réalise ainsi "d'une façon plus darwinienne, (i. e ; une sélection ex post entre des essais et erreurs "schumpeteriens")" (p. 156)

On peut noter que le modèle théorique de l'innovation proposé par Dosi conduit le processus à se caractériser par une profonde incertitude, qui induit un risque considérable pour la figure de la firme "schumpeterienne". De façon similaire au Techno Push strict, l'économique, qui conditionne le succès du processus global d'innovation, n'y rentre en jeu qu'au niveau de la phase "ultime", lors de sa mise sur le marché. Il est vrai que Dosi rajoute à cette version "poussée par la technologie" un élément d'importance, la rétroaction du marché vers la firme innovante. Celle-ci est théoriquement dotée de l'aptitude à modifier son innovation en fonction des signaux ainsi émis par le marché, et à "retenter sa chance avec une innovation modifiée". Mais il reste que la firme, pour accomplir la modification, n'a de marge de manœuvre qu'au sein de la trajectoire particulière dans laquelle elle s'est engagée. Or, si la sélection de cette trajectoire n'a pratiquement subi aucune influence de critères économiques (ainsi que le modèle du paradigme et de la trajectoire technologique le laisse penser) alors, elle pourra souvent s'avérer incapable de fournir des changements adaptatifs suffisants pour que le produit innovant de la firme finisse par recevoir un accueil positif du marché.

Ainsi, malgré son intérêt pour la dynamique endogène strictement technologique de l'innovation, le modèle de Dosi associe au processus d'innovation un succès économique si incertain que l'on pourrait douter de l'existence théorique même de firmes volontaires pour l'adopter.

La rétroaction de l'économique sur la science

A ces rétroactions de court terme entre l'économique (ici, le marché) et la technologie (la variété de produits technologique offerts dans le cadre de trajectoires), que l'on peut rapprocher des feedback courts de Kline et Rosenberg (1986), s'ajoutent des rétroactions plus "longues" : il existe "une influence à long terme de l'environnement économique et technologique sur la science elle-même." (p. 153). Mais celle-ci, précise l'auteur, est relativement faible, et se réalise selon une temporalité plutôt de long terme. Cependant, il n'en précise pas vraiment les modalités de relation, au-delà de celles qui sont en jeu pour le "bouclage court".

Car les différents paradigmes technologiques, liés à des choix scientifiques, se caractérisent eux aussi par une forte variété potentielle : concernant la science, les programmes de recherche réellement poursuivis sont en nombre bien plus limité que le "nombre total de problèmes et de puzzles que les techniques scientifiques autoriseraient potentiellement" et encore plus limité pour les problèmes "passés" à la science appliquée. (p. 153). La sélection ex ante qui est opérée à ce niveau en amont du processus d'innovation, d'après l'article de Dosi, se réalise de façon plutôt indépendante de l'économique.
Un "modèle de l'entonnoir" du processus d'innovation ?

Ainsi, le "modèle" de processus d'innovation proposé par l'auteur, en terme de paradigme et trajectoire, pourrait se prêter à la métaphore de "l'entonnoir" : 1) parmi une variété de possibles , des paradigmes scientifique émergent à certaines époques selon une logique de sélection propre à la science; 2) dans leur cadre, des paradigmes technologiques se forment, eux aussi, parmi une variété et multiplicité de possibles, sélectionnés principalement selon des logiques spécifiques à la technologie; 3) enfin, ces paradigmes se déclinent selon un nombre limité de trajectoires technologiques, dont la sélection provient de "paris" de firmes, qui mettent ainsi sur le marché quelques produits innovants, selon une logique "entrepreneriale" de type schumpeterien. 4) Sur cette variété, limitée, de produits technologiques innovants, à la fin, le marché "dispose" (Callon & Latour, 1990),et n'en sélectionne qu'un sous groupe.

Ce processus d'innovation qui s'opère au sein de l'"entonnoir central" (pour plagier l'expression de Kline et Rosenberg), se voit complété, mais à la marge, par une série de feed back, bouclages courts qui constituent les rétroactions du marché sur les firmes, et bouclages plus longs, de long terme et de faible amplitude, vers les paradigmes technologiques et la science.
On voit ainsi que la "chaîne centrale en entonnoir" de l'innovation proposée par l'auteur se caractérise par une forte dominance du Science et Techno Push. Cette prédominance de la séquentialité du processus crée, comme on l'a vu, un facteur d'incertitude très important dans le processus, puisqu'il ne se voit "sanctionné" par le marché qu'à la fin du processus.
Les "dérives" innovationnelles

Mais les effets, théoriquement probables, induits par un tel modèle, le sont en termes de dérive innovationnelle ou, selon les mots de l'auteur, "d'innovation insatisfaisante". Car une fois le paradigme technologique établi, il s'autoentretient, en devenant "l'activité de recherche "normale" (laissant même de côté les évaluations par le marché des résultats, mais considérant seulement les indicateurs technologiques purs)"6 (p. 154-155). Il semble pertinent en effet de lire ainsi le fait que la firme IBM, quasi-monopolistique pendant des dizaines d'années sur le secteur informatique, se soit focalisée sur le seul "gros système", qui lui fera perdre son leadership lors de l'irruption des ordinateurs personnels, puis de l'informatique centré réseau ouvert (Internet). Plus encore, la firme Bull qui, non seulement manqua le tournant des ordinateurs personnels puis d'Internet, mais aussi celui de la montée des services. Longtemps, ces firmes ont continué à "parier" sur le paradigme (ou la trajectoire ?) de la grande informatique et de la production "matérielle", centrées sur les "indicateurs technologiques purs" de puissance de traitement et de stockage.
          1. Sous-estimation de l'utilisateur
Bien que Dosi ait posé le phénomène interactif (notamment à travers l'apprentissage) comme élément central d'une sortie de l'opposition théorique stérile entre traction par la demande et poussée par l'offre technologique, son modèle reste dominé par le techno et science push, et les rétroactions s'avèrent bien faibles et marginales dans son processus théorique d'innovation. Notamment, la demande y devient synonyme de "marché" et l'utilisateur , non mentionné dans l'article, n'y est conçu que comme simple consommateur, essentiellement passif.


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