On peut définir le processus de mondialisation comme





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L’acculturation peut se définir comme l’ensemble des changements résultant des contacts entre cultures différentes.
« Ce ne sont jamais les cultures qui se rencontrent mais leurs porteurs, qui par leur dynamisme, y introduisent de nouveaux paramètres ».
Carmel CAMILLERI, Professeur à Paris V.
Une culture n’existe pas en tant que telle, isolée des autres cultures. Même dans les temps plus anciens où les transports, et donc les échanges, demandaient plus de temps, il y a toujours eu des contacts entre cultures. Et ce sont ces contacts qui contribuaient à transformer, et donc à construire, la culture. C’est bien ainsi que se sont construites les langues, par exemple, et l’on sait l’importance de la langue pour la culture.
Il y a donc d’abord des emprunts réciproques, même quand une culture est dominante et impose certains de ses éléments. Les échanges ne sont jamais à sens unique. Ainsi les Italiens ont-ils réussi à imposer aux Etats-Unis la pizza (alors qu’ils y constituent une minorité). Cet exemple de la pizza peut très bien le montrer que ces emprunts à une autre culture sont réinterprétés en fonction des habitudes, des normes et des valeurs caractéristiques de la culture qui importe l’élément (la pizza américaine n’a plus grand chose à voir avec la vraie pizza italienne). Ces réinterprétations finissent par intégrer la nouveauté à la culture, de manière à ce qu’elle ne soit plus une nouveauté, c’est à dire qu’elle fasse partie intégrante de la culture commune.
Si la mondialisation contribue bien à la diffusion de la culture occidentale, on peut donc penser que les autres cultures vont petit à petit « acclimater » ces nouvelles caractéristiques culturelles en les transformant, de manière à ce qu’elles fassent système avec leur propre culture sans que celle-ci disparaisse réellement.
Les exemples de ces réinterprétations sont nombreux, dans le domaine de la musique par exemple, ou dans des façons différentes d’utiliser les mêmes biens. Autrement dit, on est encore loin d’une culture mondiale unique. Les différences restent grandes, même quand les objets utilisés sont communs. Ainsi, le cinéma indien, le plus prolifique au monde, n’a pas disparu malgré le succès des superproductions hollywoodiennes ! On peut dire la même chose de la musique.


  1. La standardisation s’accompagne d’une revendication de différenciation


Le mouvement de « standardisation » que l’on a observé précédemment déclenche en retour une volonté marquée dans certains groupes de se différencier.



On peut distinguer deux niveaux dans cette volonté de différenciation, mais dans les deux cas il s’agit d’une affirmation identitaire.


  • D’abord, dans des sociétés qui s’uniformisent sur certains aspects, des groupes vont revendiquer leur différence. Les exemples en sont nombreux : on peut penser aux Noirs aux Etats-Unis, aux homosexuels, aux Bretons ou aux Corses en France, etc. En général, ces groupes affirment à la fois leur respect des règles fondamentales en vigueur dans la société à laquelle ils appartiennent et leur revendication de pouvoir être différents sur certains points, ce qui suppose souvent une adaptation du droit. Le phénomène peut se comprendre : le sentiment d’appartenance est essentiel pour la construction de l’identité de l’individu. Si « appartenir », c’est « ressembler », on peut penser que c’est tout autant « se différencier ». Quand tout le monde se ressemble, par exemple parce que tout le monde s’habille de la même manière, on peut avoir le désir de se différencier, à la fois pour montrer qu’on existe en tant qu’individu et pour signifier qu’on se trouve des points communs avec ceux qui vont faire de même. C’est la même chose qui se passe pour les groupes dont on a parlé plus haut.




  • Mais, poussé à son extrême, la volonté de différenciation peut déboucher sur le rejet de la société dans laquelle on vit. On peut ainsi comprendre tous les intégrismes : devant une évolution de la culture qui menace certaines valeurs, religieuses par exemple, des groupes vont se former qui rejettent ces évolutions et proclament la nécessité du retour en arrière. Ces groupes sont en général très repliés sur eux-mêmes et sont parfois violemment hostiles à la société qui les entoure.


REMARQUE : la revendication de la différence et le maintien des spécificités culturelles peuvent être assurés par des décisions politiques. Ainsi, par exemple, en Europe, on applique le principe de l’exception culturelle qui consiste à garantir un minimum de produits européens à la radio, à la télévision, au cinéma, etc.
C) Y a t il des exclus de la mondialisation culturelle ?
En d’autres termes, y a-t-il des pays qui sont en marge de cette tendance comme il y a des pays exclus ou marginalisés par la mondialisation économique. La répons est oui !
Seule une minorité de la population mondiale est concernée par la mondialisation culturelle. De nombreux pays ne sont pas connectés aux réseaux mondiaux de communication et ne consomment pas ou très peu de produits mondiaux. À l'inverse, l'accélération des progrès techniques dans l'informatique et l'audiovisuel, la frénésie de consommation sont au cœur des modes de vie des pays développés.
La distance, ainsi aggravée, entre « Sud », et « Nord », se double d'un fossé grandissant, au sein de chaque société, entre les groupes sociaux favorisés qui accèdent de plus en plus facilement à la culture mondiale et les défavorisés qui en sont exclus. La mondialisation n'apparaît pas, de façon paradoxale, comme un facteur d'uniformisation, d’homogénéisation, mais tend à accroître les différences entre régions du monde, entre groupes sociaux, créant une société duale à l'échelle planétaire.
Si l’on voit bien qu’il y aujourd’hui une tendance à la mondialisation culturelle, on peut dire que celle-ci n’est pas forcément synonyme d’uniformisation. Le poids des pays occidentaux, et des Etats-Unis en particulier, peuvent laisser craindre un affaiblissement des autres cultures. Mais il ne faut pas négliger le fait que les cultures ont toujours su intégrer des éléments d’autres cultures et que, parce qu’elles sont le ciment de la société, elles ont une force qui leur permet de résister à certains changements.
Cependant, la montée de la contestation de la mondialisation et des conflits à son propos montre bien la nécessité d’une régulation qui ne va pas sans poser de nombreux problèmes.
IV/ La mondialisation : conflits et recherche d’une régulation
Le phénomène mondialisation est loin de faire l’unanimité : il suscite tantôt l’enthousiasme, tantôt la crainte voire même le rejet pur et simple. Après avoir montré plus particulièrement la multiplication des conflits liés à la mondialisation et leurs enjeux, nous présenterons les caractéristiques de la recherche d’une régulation pour la mondialisation.
A) La multiplication des conflits et leurs enjeux
Après avoir montré la montée des conflits depuis une dizaine d’années, nous essaierons de cerner quels enjeux se cachent derrière eux.


  1. La multiplication des conflits


On peut observer deux sortes de conflits :


  • Des différends internationaux non réglés : ainsi un certain nombre de négociations n’ont pas débouché sur un accord, alors que c’était la règle avec le GATT, par exemple. Ainsi, l’A.M.I. (accord multilatéral sur les investissements) n’a-t-il jamais été signé alors qu’il aurait dû l’être en 1998. De même, le protocole de Kyoto sur la réduction de l’émission de gaz à effet de serre n’a pas été suivi d’effet du fait de l’échec de la Conférence de La Haye en 2000. Enfin, on peut citer l’échec des négociations au sein de l’OMC à Cancun en 2003. Ces échecs, qui ne sont pas les seuls, montrent que les pays n’arrivent plus à se mettre d’accord dans un certain nombre de domaines. Il faudra essayer de comprendre pourquoi.




  • Une contestation des effets de la mondialisation de plus en plus organisée : tout le monde a entendu parler des altermondialistes (que l’on appelait encore il y a peu les anti-mondialistes) qui sont le fer de lance de cette contestation. Quelles sont les caractéristiques de ces mouvements de contestation ?


- Ils portent d’abord sur des thèmes extrêmement divers : protection de l’environnement, disparition d’emplois dans les pays subissant les délocalisations, sécurité alimentaire ( OGM), protection des traditions culturelles, etc. On peut étendre la liste à l’infini.
- Ils se fédèrent internationalement en agissant ensemble contre, essentiellement, les organisations internationales. Celles-ci sont remises en cause parce qu’elles ont privilégié la réalisation du libre-échange, sans le subordonner aux nécessités du développement sur le long terme et en laissant le terrain libre pour les firmes transnationales.
- Ils agissent de manière de plus en plus radicale : manifestations massives sur les lieux de réunion des organisations internationales, par exemple.


  1. Quels enjeux se cachent derrière ces conflits ?


On peut en voir au moins deux : des enjeux de pouvoir, d’une part, et une discussion sur les limites du fonctionnement de l’économie mondiale par le libre jeu du marché, d’autre part.


  • La question du pouvoir : le fonctionnement du libre-échange montre que la théorie économique justifiant le libre-échange par le fait que tous les pays y gagnaient n’est que partiellement vraie. Toutes les spécialisations ne sont pas également avantageuses et certains pays sont gagnants alors que d’autres n’y gagnent pas grand chose. Résultat : les pays peu ou pas avantagés, en général les pays en développement, vont vouloir modifier les règles du jeu et ne vont plus accepter aussi facilement de se laisser imposer un fonctionnement de l’économie mondiale qui n’est pas favorable à leur développement. D’où, dans certaines négociations, une coalition de ces pays contre les positions des pays développés et un échec de la négociation. La question du pouvoir se pose également entre les pays développés : on sait à quel point les Etats-Unis, par exemple, sont chatouilleux quand ils pensent que leurs intérêts nationaux sont touchés.




  • La mise en évidence des limites du fonctionnement de l’économie mondiale par le marché : il est des domaines où le libre jeu du marché ne peut pas régler les problèmes sur le long terme. Il s’agit en particulier de tout ce qui touche à l’environnement, à la question de l’énergie et des matières premières. Sur un autre plan, l’absence d’autorité politique mondiale rend très difficile l’adoption de règles sociales pour la protection des personnes. Comme dans un pays, et pour les mêmes raisons, il est nécessaire de discuter, au niveau mondial, des rapports entre marché et Etats.




  1. La mondialisation peut-elle être régulée ?


Cette question peut être abordée en voyant d’abord quels sont ou pourraient être les acteurs de cette régulation, puis en réfléchissant sur que pourrait être la gouvernance mondiale.


  • L’émergence de nouveaux acteurs transforme les acteurs traditionnels.


- Les nouveaux acteurs : il s’agit d’une part des pays intervenant plus directement sur la scène internationale pour fédérer les pays en développement, comme l’Inde et le Brésil ; il s’agit d’autre part de très nombreuses O.N.G. (organisations non gouvernementales) qui portent les conflits dont on a parlé dans le paragraphe précédent et/ou qui font pression sur les pouvoirs politiques nationaux ou les organisations internationales.
- Des instances internationales qui évoluent : La transformation des acteurs traditionnels de la régulation que sont les organisations internationales comme le F.M.I., la Banque mondiale ou l’O.M.C. : les succès engrangés par certains pays émergents comme le Brésil ou l’Inde sur la scène de la mondialisation obligent les acteurs traditionnels à tenir davantage compte de leurs revendications. Le discours du F.M.I ou de la Banque mondiale vis à vis des pays en développement s’est transformé, leurs préconisations aussi : on est passé d’une affirmation pure et simple de la nécessité de s’intégrer aux échanges internationaux à des affirmations plus nuancées, valorisant l’intervention de l’Etat, en particulier en matière d’éducation.


  • La gouvernance mondiale.


La mondialisation se réalise dans un monde d’Etats nations politiquement autonomes mais économiquement interdépendants. C’est bien tout le problème : comment maintenir l’indépendance politique des Etats tout en adoptant des règles s’imposant à tous ?
L’objectif de la gouvernance mondiale est de se mettre d’accord sur des procédures diverses permettant l’adoption de principes et de pratiques communs, concourant à la formation de normes collectives s’imposant aux Etats.
- Ces normes sont d’abord des normes environnementales qui visent à protéger notre planète sur le long terme. L’adoption de ces normes environnementales pose un réel problème entre les pays du nord et les pays du sud : les pays riches veulent que l’on édicte ces normes qui sont coûteuses et qui empêchent de faire certaines choses que les pays riches ont fait dans le passé ; les pays pauvres n’ont pas les moyens financiers de respecter ces normes et, en plus, ils n’auront pas les mêmes facilités que les pays aujourd’hui riches pour se développer, ils résistent donc…
- La question de l’adoption de normes sociales est également posée. On entend par là des normes visant à protéger les personnes les plus fragiles. On peut penser par exemple à interdire le travail des enfants. On retrouve ici le même problème que pour les normes environnementales : les pays aujourd’hui développés ont fait travailler leurs enfants au 19ème siècle, et si les enfants travaillent dans les pays en développement, c’est justement du fait de leur grande pauvreté. On voit bien que l’adoption de normes sociales serait coûteuse spécialement pour les pays les plus pauvres, dans l’incapacité de payer leur coût. Si on veut qu’elles soient adoptées, il faudrait aussi voir comment on finance leur mise en œuvre effective.


  • La question des procédures n’est pas facile non plus : est-ce l’O.M.C. qui doit intégrer ces normes, extérieures au champ de l’échange, dans ses accords commerciaux ? Ou bien ces normes doivent-elles être discutées et décidées par d’autres institutions ou par la coopération de ces institutions ? Mais quelles institutions et qui fera respecter ces règles ?



La mondialisation n’est pas sans poser des problèmes. En même temps, c’est un processus en marche, qui se poursuit et se poursuivra. Il faut donc parvenir à la réguler pour qu’elle produise les meilleurs effets possibles, en particulier qu’elle soit au service du développement, et en particulier du développement durable. Les questions autour de la mondialisation sont donc aujourd’hui posées mais restent malheureusement bien souvent sans réponse !



THE END


Source : à partir d’un cours disponible dans B.R.I.S.E.S

Banque de Ressources Interactives en SES

www.brises.org
P. Bailly – 04/2005.



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