On peut définir le processus de mondialisation comme





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Délocalisations et nombre d’emplois.


On parle de délocalisation quand une entreprise décide de déplacer tout ou partie de sa production dans un autre pays. On peut également parler de délocalisation quand une entreprise abandonne un sous-traitant dans le pays en s’adressant à un sous-traitant étranger.
Cette décision relève de la gestion de l’entreprise, dans une optique de maximisation du profit. Les éléments qui vont entrer en ligne de compte dans la décision peuvent être multiples : les coûts de production (coût du travail, coût du capital) peuvent être moindres dans le pays d’implantation, mais ce peut être aussi les frais d’accès au marché (pour vendre des automobiles aux Etats-Unis, les entreprises japonaises auront moins de frais en les fabriquant sur place qu’en les exportant, par exemple).
Les conséquences sur la vie économique et sociale du pays où la délocalisation se réalise peuvent être considérables : montée du chômage, pression à la baisse sur le coût du travail, et en particulier sur la protection sociale, effets indirects sur la demande, etc. Le pays semble « subir » la délocalisation, c’est une contrainte qui paraît s’imposer à lui.
Cependant, il faut bien dire que les effets des délocalisations ne sont pas forcément aussi négatifs qu’ils peuvent l’apparaître de prime abord : des emplois sont supprimés dans le pays mais d’autres sont créés ailleurs. Les salariés du pays d’accueil vont donc recevoir davantage de pouvoir d’achat et cela permettra au pays d’acheter davantage, en particulier au pays où s’était faite la délocalisation, ce qui permettra de créer des emplois. Les études statistiques, très compliquées sur ce sujet, montrent dans l’ensemble que le nombre d’emplois créés est presque équivalent au nombre d’emplois supprimés.
Le problème, c’est que ce ne sont pas les travailleurs qui ont été licenciés qui occuperont ces nouveaux emplois. Il y a donc un réel problème social lié aux délocalisations.


  • Mondialisation, transformation des emplois et montée des inégalités dans les pays développés.


Les stratégies des firmes transnationales face à la mondialisation ont des effets sur la qualification des emplois proposés dans les pays développés. Dans le cas de la différenciation des produits, les produits deviennent de plus en plus complexes, incorporant de plus en plus de technologies et les incorporant de plus en plus rapidement. Cela nécessite une main d’œuvre de plus en plus qualifiée, excluant ainsi les travailleurs les moins qualifiés de l’emploi dans les firmes transnationales mais aussi dans leurs sous-traitants qui ont les mêmes exigences au niveau de la qualité. Les délocalisations aboutissent à peu près au même résultat : en transférant les emplois les moins qualifiés dans d’autres pays, se développent dans le pays d’origine des emplois de gestion, de contrôle, etc., tous emplois nécessitant des qualifications élevées.
Quels sont les effets de ces transformations des emplois sur les inégalités ?
Au même titre que le progrès technique, la mondialisation supprime dans les pays développés les emplois les moins qualifiés pour développer d’une part les emplois en amont du processus productif lui-même et ceux qui gèrent la complexité de la répartition des tâches entre les pays, d’autre part des emplois dans lesquels la flexibilité exigée des travailleurs s’accroît pour permettre de varier l’offre quand la demande varie. Résultat : les travailleurs ne pouvant présenter des qualités sur un de ces deux plans ne trouvent plus d’emploi. Cela accroît donc les inégalités puisque un travailleur peu qualifié, désavantagé sur le plan du salaire, sera de plus menacé sur le plan de l’emploi, avec peu de perspective de sortir du chômage s’il a été licencié. Ces travailleurs vont donc constituer le noyau dur du chômage.
Enfin, la recherche de la compétitivité à tout prix débouche sur une remise en cause de ce qui peut élever le coût du travail (protection sociale, en particulier) et/ou de ce qui peut limiter sa flexibilité (réglementation du travail, par exemple). Elle augmente aussi le stress au travail donc sa pénibilité, comme le montrent toutes les études statistiques sur le sujet. Sur tous ces plans, la mondialisation accroît la pression sur les travailleurs les plus fragiles et contribue donc à l’augmentation des inégalités.
Les Etats sont évidemment interpellés par les conséquences sur l’emploi des stratégies des firmes face à la mondialisation. Leur action n’est cependant pas facile.


    1. IDE et développement dans les P.E.D.


L’explosion des I.D.E. pose une question essentielle pour les pays les plus pauvres : ces investissements peuvent-ils servir le développement du pays et à quelles conditions, étant entendu que l’essentiel des I.D.E. concerne cependant les pays développés ?


  • Il y a évidemment des effets positifs…


- d’une part, les I.D.E. créent des emplois, donc permettent la distribution de revenus et la hausse du pouvoir d’achat. Ce sont des éléments qui semblent favorables à la croissance économique et, donc, au développement.
- De plus, les I.D.E. permettent aux pays en développement de bénéficier de la technologie moderne par le biais des transferts de technologie entre la maison-mère et la filiale dans le pays. Ainsi, la Chine, par exemple, reçoit une masse considérable d’I.D.E. qui explique pour une large part son taux de croissance exceptionnellement élevé.


  • qui doivent être nuancés


- en effet, il y a aussi une grande incertitude sur les effets réels, à long terme. Certes les I.D.E. génèrent des exportations et distribuent des revenus, mais ils génèrent aussi des importations, d’abord celles correspondant aux échanges intra-firmes, ensuite celles correspondant à l’augmentation de la consommation intérieure. Les transferts de technologie ne sont pas toujours très importants et souvent, ils ne concernent pas le cœur même du produit, la firme transnationale souhaitant garder du pouvoir sur le plan technologique. Enfin, les I.D.E. peuvent être réalisés dans des branches qui ne sont pas les plus porteuses sur le plan de la croissance et maintenir une spécialisation peu avantageuse pour le pays.
- Enfin, il faut redire que les I.D.E. ne se dirigent que très peu vers les pays les plus pauvres, comme ceux d’Afrique, qui sont donc de plus en plus marginalisés. Les inégalités entre pays s’accroissent donc puisque certains pays n’accueillent pratiquement aucun investissement extérieur.
On sent bien que pour que les I.D.E. soient favorables au développement du pays d’accueil, il est nécessaire qu’ils soient plus ou moins contrôlés, en tout cas encadrés, par les autorités politiques. C’est ce qu’a bien compris la Corée, par exemple. On retrouve ici la nécessité d’une régulation dont nous reparlerons plus loin.


    1. Firmes transnationales et autonomie des Etats.


- Certains se demandent si les Etats ont encore du pouvoir face aux firmes transnationales : le poids économique de ces entreprises est parfois énorme (le chiffre d’affaire de certaines firmes transnationales serait équivalent au budget de certains Etats !), leurs décisions stratégiques semblent ne pas pouvoir être contrôlées, ce qui fait apparaître les Etats comme impuissants à exercer une quelconque activité de contrôle.
- De plus, les politiques économiques ont un cadre national. Non seulement elles ne peuvent pas s’imposer aux firmes transnationales mais elles sont parfois contrecarrées directement par les décisions des firmes transnationales : quand un Etat décide de lutter contre le chômage dans une région spécialement touchée et qu’une firme transnationale décide la délocalisation d’une de ses unités de production située dans cette région, que peut faire l’Etat ?
- Enfin, les exigences de compétitivité et de flexibilité sont parfois présentées, en particulier par le patronat, comme des nécessités auxquelles les Etats doivent se plier sans discuter en les imposant à la nation toute entière (par la modification de la législation du travail ou l’abaissement des charges sociales, par exemple). Les pays du nord de l’Europe, dans lesquels le poids de la fiscalité est très lourd et qui ont pourtant de bonnes performances économiques, montrent sans doute que les choses ne sont pas si simples et qu’il y aurait matière à discussion.
On voit bien, finalement, que l’Etat national est mis en cause au travers de la mondialisation et des stratégies des firmes transnationales. Mais les décisions politiques doivent-elles être subordonnées aux nécessités économiques ? C’est normalement le contraire qui devrait se passer. A l’heure actuelle, il n’y a pas de cadre politique convenant au contrôle des firmes transnationales. Il faudrait qu’il soit mondial, comme les firmes transnationales le sont. On retrouve ici la sempiternelle question de la régulation de la mondialisation !!!

III/ La mondialisation et les spécificités socio-culturelles
Nous avons déjà vu à quel point la mondialisation, phénomène a priori présenté comme économique, était aussi de nature politique et sociale. Nous avons aussi vu son effet sur les inégalités à l’intérieur des pays comme entre pays. Nous allons maintenant nous demander quels sont les effets de la mondialisation sur les différences culturelles dans le monde : peut-on parler d’un processus d’uniformisation culturelle ?
A) La tendance à l’uniformisation culturelle
On rappelle que la culture, c’est ce qui cimente une société, ce qui permet aux hommes de vivre ensemble, et cela se traduit par des valeurs et des manières de se comporter et de réfléchir communes. La culture se construit dans une société au fil de l’histoire et des contacts avec les autres cultures, elle n’est pas immuable, même si les changements peuvent être relativement lents, souvent. On peut donc penser que la mondialisation, qui affecte les conditions de vie des hommes, va avoir des effets sur leur culture. Et comme elle unifie les marchés et la vie économique, on peut se demander si ses effets sur la culture ne seront pas du même ordre, c’est à dire une uniformisation des différentes cultures. C’est donc la question que nous allons nous poser ici. Après avoir montré qu’il existe des éléments qui peuvent faire penser à une uniformisation culturelle, nous montrerons que les spécificités socio-culturelles se maintiennent mais en se transformant.


  1. Pourquoi peut-on parler d’occidentalisation de la culture ?


Un certain nombre d’éléments, que nous allons étudier, montrent que se répand à travers le monde une certaine façon de vivre, et même de penser, qui est très largement marquée par la culture des pays économiquement dominants, c’est à dire les pays occidentaux. On parle parfois « d’occidentalisation de la culture » en même temps que de mondialisation.
On va voir que les différentes composantes de la culture (manières de sentir, de penser et d’agir qui sont communes à une société et transmises par la socialisation) sont affectées par la mondialisation.
Certains biens et services sont consommés dans tous les pays du monde, comme le coca-cola, les jeans ou les séries télévisées américaines. On se rappelle d’ailleurs que c’est un des intérêts de la mondialisation que d’étendre les marchés, ce qui permet entre autres la réalisation d’économies d’échelle. Le nombre de ces produits diffusés dans le monde entier ne cesse de s’accroître. Il est clair que cela transforme la consommation dans tous les pays et, au fur et à mesure que le pouvoir d’achat augmente, les populations consomment les mêmes biens issus du progrès technologique né dans les pays occidentaux.
Le modèle d’organisation de la production qui se répand sur la planète est celui qui a été conçu dans les pays développés : le système capitaliste avec la recherche du gain individuel maximum, le réinvestissement des profits, l’intensification de la production par la division du travail, la salarisation croissante, etc. Les relations de travail, fondamentales dans une société, sont de plus en plus souvent les mêmes, en particulier sous l’influence des firmes multinationales. Ces relations véhiculent certaines valeurs, les mêmes sur tout le globe. On comprend que les façons de penser, de sentir ou d’agir puissent s’en trouver modifiées. (EX : Le hors série, n°29 de Sciences Humaines de juillet 2000 relate les effets de l’implantation d’une entreprise d’aluminium nippo-brésilienne en Amazonie, où l’on voit les ouvrières importer chez elles les principes d’hygiène mis en œuvre dans l’entreprise).
Des valeurs, qui peuvent apparaître comme universelles, se diffusent malgré des résistances parfois très fortes : affirmation des droits fondamentaux des êtres humains, du bien-fondé de la démocratie en particulier. Ces valeurs se traduisent dans des normes qui, elles aussi, se diffusent : on peut citer les réticences de plus en plus grandes vis-à-vis de la polygamie, la pratique généralisée d’élections (plus ou moins libres, cependant …), les débuts de mise en pratique de l’égalité hommes-femmes, la réduction du nombre d’enfants par famille. Ces valeurs comme ces normes viennent de la culture occidentale.


  1. Les vecteurs de l’occidentalisation ou comment les valeurs occidentales se diffusent.


La question est ici de savoir comment se passe ce phénomène de diffusion de la culture occidentale : un vecteur est un moyen, un intermédiaire, de diffusion. On peut en citer au moins deux qui ont joué un grand rôle, les firmes transnationales et les médias.


  • Les firmes transnationales ont contribué à répandre l’organisation et les méthodes de gestion qu’elles pratiquaient dans leurs pays d’origine. Elles ont aussi bien sûr diffusé leurs produits, par des campagnes publicitaires bien ciblées, aux quatre coins de la planète, autant qu’elles le pouvaient. Ainsi, les règles d’organisation d’un MacDo sont-elles, dans le monde entier, les mêmes. Certains produits sont strictement identiques, avec un cahier des charges très précis, imposant aux producteurs locaux des règles très contraignantes.




  • Les médias ont également joué un rôle majeur (Ex : CNN). La télévision est aujourd’hui visible à peu près partout dans le monde grâce aux satellites. Les informations sont donc connues dans le monde entier en même temps et très rapidement. Mais il faut bien dire que les images retransmises proviennent pour l’essentiel des pays développés, en particulier des Etats-Unis, en partie pour des raisons techniques. Or on sait bien que les images ne sont jamais « neutres », elles véhiculent une façon de voir et des valeurs propres à ceux qui font le reportage. On peut aussi dire la même chose des séries télévisées ou des films. Ainsi, certains pensent que si la famille conjugale avec un nombre restreint d’enfants devient de plus en plus la norme universelle, c’est au moins en partie du fait des modèles transmis par les films et les séries télévisées.


Les médias jouent aussi un grand rôle dans l’uniformisation des musiques (EX : la chaîne MTV). Enfin, le développement d’internet renforce la dépendance technologique vis-à-vis de l’occident, en même temps qu’il contribue à généraliser l’usage d’une langue, l’anglais, comme moyen de communication universel.
On peut donc penser qu’une culture mondiale se développe, très fortement marquée par la culture occidentale, nord-américaine surtout. Cependant les spécificités, les particularités, socio-culturelles n’ont pas disparu, on va le voir, même s’il est probable qu’elles sont transformées par le processus de mondialisation.
B) Le maintien des spécificités socioculturelles
On observe cependant que les cultures sont encore loin d’être partout les mêmes et que le mouvement de transformation d’une culture du fait de la rencontre avec une autre culture a toujours existé. On peut également observer qu’il se développe aujourd’hui un mouvement de différenciation, en tout cas une revendication de la différence, qui montre aussi que la mondialisation ne débouchera pas obligatoirement sur l’uniformisation culturelle.


  1. L’acculturation a toujours existé.

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